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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 07:00

Le Figaro-Histoire, n° 30, février-mars 2017.

1917, suite...

Le numéro de février-mars du magazine Le Figaro-Histoire donne une large place au centenaire de la Révolution russe. C’est l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse qui débute ce dossier par l’évocation du règne de Nicolas II, un tsar qu’elle présente à la fois comme celui qui essaya de réformer et de moderniser l’Empire mais dont les faiblesses, l’indécision et l’incapacité à asseoir son autorité conduisirent finalement à la fin de la monarchie tricentenaire des Romanov. Jean-Christophe Buisson trace quant à lui le portrait d’Alexandre Kerenski, un avocat idéaliste, opportuniste et charismatique qui dans le chaos qui emporte la Russie après février 1917 parvient à se hisser à la tête du pouvoir, se rêvant même Bonaparte. Son ambition le mène finalement à sa perte puisque tous ceux qui l’ont soutenu l’abandonnent, le forçant à rejoindre « les poubelles de l’Histoire ».

Jean-Pierre Arrignon retrace les grands moments de la Révolution depuis les événements de février à Petrograd jusqu’au début de la guerre civile en passant par la montée des bolcheviks, l’échec du putsch de Kornilov et l’incapacité de Kerenski face à Lénine. Pour l’auteur, la chute du tsarisme, œuvre des libéraux et des socialistes modérés, ouvre de façon presque inéluctable la voie à Octobre présenté comme un coup d’État minoritaire. Alexandre Jevakhoff traite de la guerre civile russe, un épisode mal connu en France et inséparable du moment révolutionnaire qui la précède. Événement d’une ampleur à l’égal de la taille de la Russie, la guerre civile ne se résume pas à une lutte entre des armées monarchistes et des troupes bolcheviques. Allemands et Alliés interviennent en effet dans ce conflit tandis que le camp blanc est hétérogène, rassemblant des socialistes modérés, des libéraux et des militaires. La défaite de ces derniers s’explique, selon l’auteur, par leur incapacité à se hisser à la hauteur des bolcheviks notamment dans le domaine de la répression.

Stéphane Courtois dresse un portrait au vitriol de Lénine qu’il qualifie d’inventeur du totalitarisme, un homme assoiffé de pouvoir, implacable dictateur, d’abord au sein de son parti puis de toute la Russie, promoteur du terrorisme d’État, les mains pleines de sang. C’est oublier que Lénine fut souvent mis en cause et contesté par ses camarades, aussi bien avant qu’après la prise du pouvoir. C’est oublier également la violence sociale et politique qui se déchaîne en Russie bien avant Octobre et la puissance des adversaires coalisés des bolcheviks.

Ce numéro du Figaro-Histoire est ainsi symptomatique d’une vision libérale et conservatrice de l’histoire de la Révolution russe qui fut à son apogée dans les années 1990. Pour ce courant, la Russie de Nicolas II avait pris le chemin de la modernité, un chemin juste entravé par l’incapacité du tsar à comprendre la nécessité de réformer le système politique pour l’adapter à l’émergence de la Russie capitaliste. Cette voie heureuse fut, hélas, brisée en 1917 par une révolution, certes démocratique en février, mais qui ouvrit le pouvoir à la dictature bolchevique, un projet totalitaire et sanguinaire. L’article d’Irina de Chikoff sur la vision qu’avait Soljenitsyne de la révolution russe et qu’il délivra dans le cycle romanesque de la Roue rouge résume parfaitement cette lecture historique en noir et blanc largement dépassée comme le montrent des travaux historiques récents comme ceux d’Orlando Figes.

Ce numéro richement illustré, doté d’une solide chronologie et d’un article présentant les grands films ayant pour décor la Russie en révolution, contient également un passionnant entretien avec Olivier Wievorka sur la résistance en Europe occidentale.

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 07:00

L’Histoire, « Les Révolutions russes. Février-Octobre 1917 », n° 432, février 2017.

La Russie en révolution

Centenaire oblige, la rédaction du magazine L’Histoire propose dans son numéro de février un dossier sur les Révolutions russes de 1917. L’ensemble s’ouvre par un entretien avec Marc Ferro, grand spécialiste de l’histoire de cette période. Ce dernier dresse le tableau de la Russie en révolution, ses moments forts et ses évolutions qui conduisent finalement à la prise du pouvoir par les bolcheviks. Sur ce point, Marc Ferro montre finement que si la révolution d’Octobre est techniquement un coup d’État, elle s’appuie sur un soutien important dans la population de Petrograd et ne peut donc se réduire à un simple putsch.

Au-delà de l’histoire des événements qui ponctuent l’année 1917, ce numéro privilégie des éclairages précis sur certains aspects de la révolution russe. L’article de Boris Kolonitskii montre ainsi le lien qui existe entre politique et religion à travers la Pâque rouge, la résurrection du Christ étant confondue dans les discours et l’iconographie avec celle de la Russie. Nicolas Werth étudie la place des soldats dans la révolution. Loin des idées reçues, il montre que les phénomènes de désertions sont relativement rares sur le front contrairement à ce qui se passe à l’arrière et dans les garnisons. L’écroulement de l’armée survient surtout après la tentative de putsch de Kornilov quand les désertions prennent un caractère massif, les soldats irriguant tout le pays d’une violence de guerre qu’ils transportent avec eux depuis le front. Catherine Goussef porte son regard sur le quotidien des classes aisées, la bourgeoisie, à Petrograd, un quotidien qui ne cesse de s’aggraver entre les pénuries, les perquisitions et les arrestations arbitraires.

Plus politique, Catherine Merridale revient sur les circonstances du retour de Lénine en Russie à travers l’Allemagne et la façon, dès son retour, dont il définit les grandes lignes de sa stratégie politique jusqu’à la prise du pouvoir d’octobre. Dominique Colas, dans un court article, s’interroge sur les raisons qui ont permis à Lénine de l’emporter sur ses adversaires, à la fois au sein du Parti bolchevik et en dehors. Emilia Koustova revient quant à elle sur l’histoire du soviet de Petrograd entre février et octobre 1917 tandis que Sabine Dullin fait découvrir la formidable frénésie démocratique qui s’empare de la Russie à l’occasion de l’élection de l’Assemblée constituante, un élan qui se prolonge au-delà de la prise du pouvoir par les bolcheviks avant de se fracasser sur la dispersion de l’Assemblée dès sa première séance.

Alexandre Sumpf interroge la postérité d’Octobre à travers les productions cinématographiques soviétiques. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la révolution inspire peu les cinéastes qui, lorsqu’ils traitent de ce sujet, répondent le plus souvent à des commandes étatiques à l’occasion de commémorations dans des films qui ne rencontrent jamais le succès public. Emilia Koustova termine ce dossier de L’Histoire avec un article qui met en parallèle la façon dont est célébré le premier anniversaire de la Révolution et le malaise des autorités russes face au centenaire qui approche. En effet, la Révolution russe, synonyme de déchirement national, de révolte contre les autorités et de bouleversement social, correspond mal aux valeurs prônées par la Russie de Poutine.

Ce numéro de L’Histoire, loin de brosser un simple récit de la Révolution russe dont les grandes lignes sont bien connues, porte un éclairage original sur certain des aspects de ce grand bouleversement qui inaugure le siècle des communismes.

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communismeetconflits - dans Union soviétique et Russie Révolution russe
7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 07:41

Alexander Rabinowich, Les bolcheviks prennent le pouvoir. La révolution de 1917 à Petrograd, La Fabrique, 2016.

Les bolcheviks et la Révolution d’Octobre

Le centenaire, l’an prochain, de la Révolution russe sera certainement l’occasion de nombreuses publications où le meilleur côtoiera le moins bon. Espérons néanmoins que la majorité puisse avoir la qualité du livre d’Alexander Rabinowitch. Cette étude, devenue un classique de l’histoire de la Révolution russe depuis sa publication en 1976, enfin accessible aux lecteurs francophones, bouscule bien des idées reçues sur la prise du pouvoir par les bolcheviks.

 

L’auteur, s’appuyant sur une documentation ample et diversifiée, concentre son étude sur les événements qui se déroulent à Petrograd de juillet à octobre 1917. Dans les premiers jours de juillet, la capitale de la Russie est la proie d’une tentative insurrectionnelle vite maîtrisée par les autorités qui accusent les bolcheviks d’être à l’origine des désordres. En réalité l’insurrection est largement spontanée et les bolcheviks sont fortement divisés quant à son opportunité. Si la majorité des dirigeants des organisations locales du parti ainsi que l’Organisation militaire bolchevik soutiennent et participent au mouvement, la majorité des dirigeants se montre réservée à l’instar de Lénine qui prône le calme. L’échec de juillet entraîne une violente répression contre les bolcheviks de la part du gouvernement provisoire et une condamnation unanime des partis socialistes du Soviet.

 

L’insurrection ratée de juillet entraîne en réaction une effervescence de la droite qui se cristallise autour de la personne du général Kornilov. À la fin août, ce dernier se sent assez fort face à Kerenski pour déclencher un coup d’État. Devant cette situation et alors que le 6e congrès du parti a vu l’adoption des thèses de Lénine refusant toute coopération avec les autres formations socialistes, les bolcheviks de Petrograd s’allient aux socialistes révolutionnaires et aux mencheviks pour lutter contre Kornilov. Ils jouent un rôle important dans l’échec de l’aventure kornilovienne par l’agitation qu’ils mènent au sein des troupes du général et en paralysant le trafic ferroviaire.

 

Remis en selle par sa participation à la défense de Petrograd contre Kornilov, le parti bolchevik reste encore le champ de divergences. D’abord, Lénine, début septembre, adopte des positions jugées trop modérées par certains avant qu’il ne révise son jugement pour appeler à l’insurrection armée immédiate. Cette position est vivement condamnée par le comité central et Lénine est obligé de se rendre en personne à Petrograd pour imposer le vote d’une résolution prônant l’insurrection immédiate.

 

La conjoncture est favorable aux bolcheviks. Leur influence ne cesse de progresser au sein des soviets ce qui leur permet d’ailleurs de prendre la direction de celui de Petrograd. La crainte d’une offensive allemande contre la capitale mobilise la garnison qui multiplie les résolutions en faveur de la défense de la ville et du soviet et condamne fermement le gouvernement provisoire. Pour organiser la défense de Petrograd, le soviet met sur place un comité militaire révolutionnaire que les bolcheviks transforment peu à peu en organe préparant et dirigeant l’insurrection. Finalement, au moment où s’ouvre le 2e Congrès des Soviets, le 25 octobre, les bolcheviks ont de leur côté les troupes de la garnison et une grande partie des ouvriers de la capitale. Sans défenseurs, le gouvernement provisoire s’écroule dans une certaine indifférence lors d’une journée historique dont l’auteur retrace avec soin tous les détails.

 

Précis et détaillé le livre de Rabinowich est véritable référence pour se guider dans les faits qui conduisent à l’Octobre rouge. Il montre également que le parti bolchevik, loin d’être une organisation monolithique, est traversé de débats, de désaccords où souvent Lénine est en minorité. Surtout il fait un sort à l’idée, trop largement répandue et fausse, que la Révolution d’octobre fut un simple coup d’État organisé par une minorité. Au contraire, les ouvriers et les militaires de Petrograd ont reconnu leurs aspirations dans le programme bolchevik et lui ont accordé leurs soutiens sans lequel la prise du pouvoir aurait été impossible.

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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 07:01

André Gounot, Les mouvements sportifs ouvriers en Europe (1893-1939), Presses universitaires de Strasbourg, 2016.

Le sport rouge

André Gounot, spécialiste de l’histoire du mouvement sportif ouvrier, offre avec son dernier livre la première synthèse sur cet aspect peu connu de l’histoire du mouvement ouvrier. S’appuyant sur les nombreux travaux universitaires existant, il offre un panorama des différentes organisations qui, de la fin du 19e siècle au début de la Seconde Guerre mondiale, essayèrent de promouvoir des pratiques et un encadrement sportif issu et à destination du monde ouvrier.

 

A la croisée de l’histoire politique, sociale et culturelle, l’auteur montre la profonde hétérogénéité des mouvements sportifs ouvriers. Le phénomène apparaît et se développe prioritairement dans l’Europe germanique c’est à dire en Allemagne et dans les provinces allemandes et tchèques de l’Empire austro-hongrois. Ces pays voient, avant 1914, l’essor et l’implantation d’organisations sportives ouvrières de masses tandis qu’il faut attendre l’Entre-deux-guerres pour que des mouvements similaires apparaissent en Scandinavie ou en Espagne. Malgré ce développement inégal, qui laisse largement à l’écart la France et la Grande Bretagne, les mouvements sportifs ouvriers se regroupent en 1913 au niveau international dans l’Association socialiste internationale d’éducation physique (ASIEP).

 

La fragile unité du sport ouvrier international ne résiste pas aux bouleversements de la guerre et à la scission entre socialistes et communistes. Dans chaque pays les organisations sportives ouvrières sont l’objet d’une compétition entre les deux tendances. Si la social-démocratie garde le contrôle de l’organisation en Allemagne, en France ce sont les communistes qui l’emportent ce qui provoque le départ des socialistes qui fondent leur propre organisation. Si le rapport de forces est profondément différent dans chaque pays, il se joue également au niveau européen avec la reconstitution de l’ASIEP à Lucerne en 1920 tandis qu’à Moscou est formé l’Internationale rouge sportive en 1923.

 

La compétition est tendue entre les deux organisations internationales, surtout à partir du moment où le mouvement communiste adopte la stratégie classe contre classe. Les contacts et rencontres sportives entre clubs socialistes et communistes sont interdits et les organisations encore unifiées se scindent comme en Allemagne. La confrontation se donne pleinement à voir en juillet 1931 quand chaque internationale organise une Olympiade. Les socialistes se retrouvent à Vienne tandis que les communistes organisent les Spartakiades à Berlin. C’est aussi à ce moment que le sport ouvrier est confronté à la montée du fascisme. Si certains sportifs ouvriers répondent à cette menace par la résistance armée, notamment en Autriche, ils ne forment le plus souvent qu’une minorité ce qui démontre les limites de la volonté affirmée par certains de faire du sport ouvrier une sorte d’entraînement militaire prolétarien.

 

Les défaites ouvrières face au fascisme en Autriche et en Allemagne entraînent en réaction des rapprochements entre sportifs socialistes et communistes. Anticipant la stratégie de Front populaire, les organisations sportives ouvrières françaises fusionnent en 1934 au sein de la Fédération sportive et gymnique du travail. L’arrivée au pouvoir du Front populaire en Espagne s’accompagne d’un impressionnant développement du sport ouvrier, notamment en Catalogne. C’est d’ailleurs dans cette région que sont organisées en juillet 1936 des Olympiades populaires en réaction contre les Jeux Olympiques qui se déroulent alors à Berlin. Même si cet événement ne pourra se tenir en raison du déclenchement du soulèvement nationaliste, socialistes et communistes ont activement collaboré à son organisation. Le Front populaire sportif débouche finalement sur la dissolution de l’Internationale sportive rouge en 1937 tandis que des sportifs soviétiques participent à l’Olympiade ouvrière d’Anvers organisée par les socialistes.

 

Au-delà d’une histoire uniquement centrée sur les organisations, André Gounot analyse également la nature du sport ouvrier, cette recherche d’une alternative au sport « bourgeois » considéré comme élitiste et trop préoccupé par les performances et la compétition. Il en montre surtout les limites. Dés ses débuts, le sport, contrairement à d’autres activités de loisirs ou artistiques, se prête mal aux tentatives de politisation. Les sportifs ouvriers, s’ils sont pour la plupart membres ou sympathisants des partis ouvriers, ne donnent pas un contenu politique à leurs pratiques. L’auteur remarque d’ailleurs que la majorité des ouvriers pratiquant un sport le font au sein de clubs « bourgeois ». Le mouvement sportif ouvrier est d’ailleurs obligé, pour ne pas perdre des adhérents, de s’aligner sur les pratiques du sport « bourgeois », notamment dans le domaine des compétitions ou la valorisation des performances. Ce processus est parallèle à celui qui voit les équipes sportives soviétiques s’intégrer peu à peu aux circuits officiels du sport international.

 

La Seconde Guerre mondiale met fin aux aspirations du mouvement sportif ouvrier qui, s’il continue à exister à travers de nombreuses organisations nationales, ne se distingue plus par ses conceptions et ses pratiques du sport « bourgeois » au moment où l’URSS entre au CIO et que le culte de la performance sportive devient une caractéristique des démocraties populaires.

 

La synthèse d’André Gounot, claire et bien documentée, apparaît déjà comme un livre de référence sur l’histoire du sport ouvrier.

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 07:00

Gérard Soufflet, Maquisards russes en Bourgogne. Histoire du détachement Léningrad, 1943-1944, Éditions de l’Armançon, 2016.

Résistants soviétiques en Bourgogne

La participation de Soviétiques à la Résistance en France est encore un sujet mal connu qui, à notre connaissance, n’a pas encore été l’objet d’une étude systématique. L’ouvrage de Gérard Soufflet représente de ce point de vue une avancée historiographique en retraçant le destin d’un groupe de maquisards russes entre la Saône et Loire, la Nièvre et la Côte d’Or de 1943 à 1944.

 

Ces maquisards sont pour la plupart d’anciens soldats de l’Armée rouge fait prisonniers par la Wehrmacht sur le front de l’Est et envoyé en France, principalement dans les bassins miniers du Nord et de Lorraine, pour servir de main-d’œuvre. Parmi ces groupes de prisonniers des organisations de résistance voient le jour et des évasions ont lieu. Il revient à la MOI, la structure du PCF chargée d’encadrer les étrangers, de prendre en charge et d’organiser ces évadés soviétiques.

 

Dés l’été 1943, la MOI envoie des Soviétiques dans la région de Montceau-les-Mines où existe un groupe de FTP polonais assez actif. En octobre 1943, suite à des arrestations, les Soviétiques accompagnés de certains Polonais forment un maquis au nord de Chalon-sur-Saône. Ce maquis sovieto-polonais, qui maintient des contacts permanents avec la direction de la MOI à Paris par le biais d’agents de liaison, rayonne sur la région jusqu’en mars 1944. La coexistence en son sein est difficile, les Russes se montrent parfois brutaux avec les civils et n’hésitent pas à se livrer à des actes de banditisme provoquant le mécontentement des Polonais. Un jeune Polonais est même abattu par un camarade soviétique pour avoir trop protesté contre les brutalités russes.

 

Finalement, en mars 1944, les Polonais quittent le maquis Léningrad tandis que les Soviétiques rejoignent le sud de la Nièvre. En réalité, ils combattent encore quelques mois cote à cote en tant que troupes de choc du maquis FTPF Valmy et participent à de nombreux combats entre la Nièvre et la Saône et Loire. La séparation a définitivement lieu en août 1944. Les Polonais forment des unités qui sont conçues comme les noyaux de la future armée de la Pologne libérée. Les Soviétiques quant à eux rejoignent la Côte d’Or et intègrent le maquis Maxime Gorki qui regroupe des combattants étrangers. Ils participent alors aux attaques contre les colonnes allemandes en retraite ainsi qu’à la libération de Châtillon-sur-Seine, quelques jours avant que les troupes alliées venant de Normandie et de Provence ne fassent leur jonction à quelques kilomètres de là, le 12 septembre 1944.

 

L’auteur s’appuie sur un riche corpus archivistique, aussi bien des témoignages, parfois inédits, que les fonds des archives départementales, du service historique de la Défense ou de l’Institut de la mémoire nationale à Varsovie pour retracer ce morceau de l’histoire de la Résistance étrangère en France. Surtout il démontre que l’étude locale de la Résistance permet tout à la fois d’ébranler certains mythes et d’éclairer des lignes politiques élaborées au niveau national voire international. Pour ce qui est des mythes, le livre de Gérard Soufflet montre que le maquis soviétique a bénéficié au moins une fois d’un armement provenant d’un parachutage britannique contredisant la vulgate d’une résistance communiste défavorisée par Londres. Il écorne d’autres légendes en mettant en lumière les dérives vers le banditisme, les tensions entre les différentes nationalités, les méprises tragiques lors d’embuscades.

 

Les tribulations des maquisards soviétiques en Bourgogne mettent aussi en lumière la place particulière de la MOI dans le dispositif communiste en tant que courroies de transmission de la politique soviétique en France. C’est sur son ordre que les maquisards soviétiques se séparent de leurs camarades polonais qui en prévision de l’après-guerre sont destinés à rentrer en Pologne former l’armature du nouveau pouvoir communiste. A ce moment, les Soviétiques, plutôt que de rejoindre les FTPF, se regroupent pour se placer sous les ordres des résistants gaullistes. Pour l’auteur cette décision, qui prive la résistance communiste de l’appui de combattants expérimentés, montre que dès l’été 1944 Staline a abandonné l’idée d’une prise de pouvoir par les communistes français.

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18 juillet 2016 1 18 /07 /juillet /2016 07:00

Philippe Sidos, La guerre soviétique en Afghanistan, Economica, 2016.

La dernière guerre de l’Armée rouge

L’invasion de l’Afghanistan par les troupes soviétiques en 1979 est un tournant majeur, aussi bien pour l’Union soviétique que pour le développement de l’islamisme radical, dont les effets se font encore sentir de nos jours. Si le contexte géopolitique de cette intervention est bien connu, il manquait une étude précise sur son aspect proprement militaire. Le livre de Philippe Sidos comble ce manque.

 

L’auteur, ancien attaché militaire en Russie, dresse d’abord l’historique des relations entre l’URSS et l’Afghanistan et les mécanismes de l’engrenage qui conduit à l’intervention de décembre 1979. Sur ce point il montre les hésitations au sein de la direction soviétique quant à son bien-fondé et les éléments qui firent pencher la balance en sa faveur. Il retrace ensuite les différentes phases du conflit tant sur le plan militaire que politique, les difficultés du retrait soviétique, le rôle du Pakistan ainsi que les péripéties de la guerre civile qui déchire le pays jusqu’à l’intervention de la coalition alliée en 2001.

 

Dans un second temps, Philippe Sidos décrit l’adaptation de l’armée soviétique à un conflit asymétrique. Si les débuts furent difficiles, les Soviétiques surent adapter leurs méthodes, utilisant des moyens puissants, notamment aériens, afin de porter des coups sévères aux insurgés et de maintenir ouverte les lignes de communication avec l’URSS et entre les grandes villes d’Afghanistan. Les parachutistes et les forces spéciales, les spetsnatz, sont également largement utilisés dans le cadre d’opérations aéroportées et cela avec une grande efficacité.

 

Rapidement, les militaires soviétiques sont néanmoins conscients que les grandes opérations interarmes ne peuvent venir à bout d’un ennemi très mobile, connaissant parfaitement le terrain et bénéficiant d’un soutien dans la population. Lorsque les troupes soviétiques quittent une région dont elles ont pris le contrôle suite à une de ses opérations, les moudjahidines, dont les lignes d’approvisionnement depuis le Pakistan n’ont jamais été coupées, reprennent le terrain abandonné. Les Soviétiques sont vite conscients que la réponse militaire est insuffisante pour résoudre le conflit afghan. Ils cherchent donc à trouver une solution politique en consolidant le pouvoir afghan, notamment en créant et en développant le potentiel des forces de sécurité afghanes, mais également en cherchant un interlocuteur dans les rangs des moudjahidines. Des négociations et des trêves sont ainsi conclues avec le commandant Massoud, des liens qui perdureront puisque dans les années 1990, l’armée russe lui fournira des armes pour combattre les talibans.

 

Contrairement aux idées reçues, l’armée soviétique démontra en Afghanistan de véritables capacités opérationnelles et sut ainsi remarquablement s’adapter à une guerre contre-insurrectionnelle. Si sur le plan militaire, elle fut prés de remporter la victoire, ce fut sur le plan politique que l’intervention fut un désastre. L’image de l’URSS fut irrémédiablement dégradée sur la scène internationale tandis que la mauvaise gestion du conflit sur le plan intérieur lui aliéna l’opinion. Pour sortir de l’impasse, les Soviétiques décidèrent de se retirer d’Afghanistan dès 1985, avant l’utilisation par les moudjahidines des missiles sol-air Stinger livrés par les Américains.

 

Le livre de Philippe Sidos, extrêmement documenté, apporte un regard neuf, loin des lieux communs, sur le dernier conflit militaire mené par l’armée soviétique. Ce n’est pas là l’une de ses dernières qualités puisque l’auteur réussit avec brio à montrer l’écho et la proximité de l’intervention soviétique en 1979 avec les conflits les plus récents qui touchent l’Afghanistan et plus largement le Moyen Orient. 

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 07:26

Georges Vidal, Une Alliance improbable. L’armée française et la Russie soviétique, 1917-1939, Presses universitaires de Rennes, 2015.

L'armée française face à l'URSS

Avec Une Alliance improbable Georges Vidal nous offre la seconde partie de son impressionnant travail, issu de son HDR, sur la perception du communisme par l’armée française durant l’Entre-deux guerres. Alors que son précédent ouvrage, L’Armée française et l’ennemi intérieur, examinait cette question dans le cadre national, dans celui-ci l’auteur s’attache à scruter et à analyser le regard porté par les militaires français sur l’URSS et notamment l’Armée rouge. Pour cela, il met à profit de nombreuses sources que ce soit les archives du 2e Bureau, de l’État-major ou la collection de La France Militaire. À cela s’ajoute des fonds peu connus comme celui des attachés militaires ou des officiers stagiaires dans l’armée soviétique.

 

Dans un premier temps l’auteur analyse la représentation de l’URSS par les militaires. Si ces derniers sont unanimement hostiles au régime politique soviétique, ils parviennent néanmoins à faire la distinction entre le régime et son potentiel militaire et stratégique. C’est notamment le cas en 1918 où la mission militaire française en Russie négocie avec Trotski une alliance militaire contre l’Allemagne. Ils perçoivent également les bouleversements qu’induit l’industrialisation stalinienne sur le plan militaire.

 

Georges Vidal étudie ensuite la perception que l’armée française a de son homologue soviétique. Durant les années 1920, l’Armée rouge est vue comme un instrument essentiellement défensif dont les limites techniques empêchent qu’elle puisse sortir de ses frontières. Ce point de vue change durant les années 1930 notamment en ce qui concerne les progrès de l’aviation ou la professionnalisation de l’encadrement. Les purges de l’Armée rouge en 1937-1938 réactivent néanmoins les appréciations négatives sur le potentiel militaire soviétique qui reste toujours perçu comme essentiellement défensif.

 

Dans une dernière partie, l’auteur étudie la place de l’URSS dans la vision stratégique de l’armée française. Pendant longtemps c’est la crainte d’une alliance entre l’Union soviétique et l’Allemagne qui domine avant que le rapprochement diplomatique de 1934-1935 n’entraîne l’émergence de l’idée d’une alliance militaire contre le IIIe Reich. Mais la France dispose déjà d’une alliance de revers contre ce dernier avec la Pologne. Une division se fait alors jour au sein de la direction de l’armée entre ceux qui privilégient l’alliance polonaise et ceux qui lui préfèrent une alliance soviétique. L’URSS n’ayant pas de frontière commune avec l’Allemagne, c’est le choix polonais qui est finalement préféré et cela dès 1935. En 1939, quand la France cherche un appui à l’Est contre Hitler il est déjà trop tard, les Soviétiques ne font plus confiance aux Français.

 

L’étude de Georges Vidal fait date, car elle balaye une idée largement répandue, celle d’un aveuglement anticommuniste des militaires français. L’appréciation de l’URSS et de son potentiel militaire n’est pas déformée par les préjugés idéologiques même s’il n’existe aucune complaisance pour le régime communiste. Elle répond essentiellement à des critères stratégiques qui placent comme ennemi principal l’Allemagne et confèrent donc un rôle marginal à l’Union soviétique. Voici donc un livre essentiel pour comprendre l’image de l’URSS dans la France de l’Entre-deux guerres et sa place dans la réflexion stratégique française à la Seconde Guerre mondiale.

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 07:00

Marcus Klingberg, Le dernier espion, Nouveau Monde, 2015

Klingberg, le savant israélien au service de l’URSS

Marcus Klingberg est certainement le plus important agent soviétique ayant opéré en Israël. Ses mémoires sont parus en France en avril 2015, quelques mois seulement avant son décès à l’age de 97 ans en novembre de la même année, sont un témoignage précieux pour comprendre ce qu’a pu représenter le communisme pour les générations nées au début du 20e siècle.

 

Klingberg est né en 1918 dans une famille juive orthodoxe de Varsovie. En réaction à l’antisémitisme qu’il découvre concrètement lorsqu’il entame ses études de médecine en 1935, il se positionne politiquement à gauche. En 1939, il fuit la Pologne occupée par la Wehrmacht pour rejoindre l’URSS et poursuivre ses études à Minsk. C’est dans cette ville qu’il est surpris par l’attaque allemande du 22 juin 1941. Le jour même, il s’engage dans l’Armée rouge comme médecin militaire avant d’être blessé en octobre. Il reprend ses études et devient épidémiologiste en 1943. À la fin de la guerre il est capitaine de l’Armée rouge et chef du département d’épidémiologie de la République soviétique de Biélorussie.

 

De retour en Pologne où il apprend que sa famille a disparu dans le camp de Treblinka, il se marie et devient un responsable du département d’épidémiologie du ministère de la Santé. Son épouse, survivante du ghetto de Varsovie, ne souhaitant plus vivre en Pologne, le couple s’installe dès 1946 en Suède. Deux ans plus tard, il part pour Israël où il sert comme médecin dans l’armée. En 1957, Klingberg devient le directeur adjoint de l’Institut de recherche biologique qui travaille en particulier sur les armes chimiques et biologiques. Scientifique reconnue, il devient professeur à l’Université de Tel-Aviv et participe à des commissions internationales de chercheurs.

 

Cette brillante carrière est soudainement interrompue en 1983 par son arrestation par le Shin Beth, le service israélien de contre-espionnage, à la suite des révélations d’un agent double. Longuement interrogé, Klingberg craque et reconnaît son activité d’espionnage au profit de l’URSS. Il a été contacté à la fin des années 1950 par le KGB par un certain Victor qui devient son agent traitant. Jusqu’en 1967, Klingberg livre des renseignements ultra-secrets aux Soviétiques sur le programme d’armement biologique et chimique en Israël. Il perd le contact avec le KGB après la guerre des Six-Jours qui entraîne la rupture des relations diplomatiques entre Moscou et Tel-Aviv. Il renoue avec les Soviétiques au début des années 1970 lors de différents voyages en Europe dans le cadre de l’Organisation mondiale de la Santé.

 

Jugé par la Cour Suprême d’Israël, Klingberg est condamné à 30 ans de prison. Pendant une dizaine d’années, il est au secret sous un faux nom dans une prison de haute sécurité. En 1998, il est libéré mais assigné à résidence. Il ne retrouve sa liberté qu’en 2003 et quitte alors Israël pour s’établir auprès de sa famille à Paris où il termine ses jours.

 

Le livre de Marcus Klingberg ne se lit pas comme un roman d’espionnage, car la réalité de l’espionnage est bien plus prosaïque que la fiction. C’est d’ailleurs ce qui fait la force de ce livre. L’auteur raconte ainsi en détail les étapes de son recrutement qui se déroule de manière progressive sur plusieurs années alors que Klingberg n’a pas encore accès à des secrets d’État. Il révèle également les différents procédés de communication utilisés entre lui et son agent traitant, procédés qui peuvent parfois apparaître rudimentaire mais qui n’en sont pas moins efficaces. En effet si dès 1963, le Shin Beth soupçonne Klingberg de travailler pour l’URSS, il n’aura assez d’élément pour l’arrêter qu’au début des années 1980.

 

L’aspect le plus intrigant de l’ouvrage de Klingberg concerne les motivations de son auteur. Citoyen israélien ordinaire et scientifique de renommée internationale, il est un modèle de réussite sociale au-dessus de tout soupçon. Il n’espionne pas pour l’argent, n’est l’objet d’aucun chantage, ni n’agit par haine de son pays. À l’instar des grands espions comme Kim Philby ou Klaus Fuchs, Klingberg a agit par idéalisme et par reconnaissance envers une Union soviétique qui a vaincu le nazisme et qui, lui offrant un abri en 1939, lui a sauvé la vie. Cela au risque de tout perdre mais sans regret, ni remords.

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14 mars 2016 1 14 /03 /mars /2016 07:17

Nicolas Ross, Koutiepov. Le combat d’un général blanc, de la Russie à l’exil, Éditions des Syrtes, 2016.

Koutiepov, général blanc

Sans son mystérieux enlèvement en 1930, le nom du général Koutiepov serait largement ignoré, si ce n’est de quelques spécialistes de l’émigration russe blanche. En effet, tous les ouvrages traitant de l’histoire des services secrets soviétiques relatent, avec plus ou moins de précisions, l’opération menée par la Guépéou qui aboutit à « l’évaporation » du général blanc. Mais le récit qu’ils donnent des derniers moments de liberté de Koutiepov fait généralement l’impasse sur la figure et l’histoire de cet homme. Le livre de Nicolas Ross comble ce manque.

 

Issu d’une famille modeste, Koutiepov intègre dans son adolescence le corps des cadets et débute une brillante carrière militaire. Décoré par Nicolas II pour son action lors de la guerre russo-japonaise en 1904-1905, il commande pendant la Première Guerre mondiale le régiment Preobrajenski de la Garde impériale. Avec la prise du pouvoir par les bolcheviks en novembre 1917, Koutiepov rejoint les unités blanches dans la région Don. Officier déterminé et excellent tacticien, il lutte contre les Soviétiques dans le sud de la Russie jusqu’à l’évacuation des troupes blanches en 1920. Une grande partie des restes de l’armée blanche trouve refuge dans la péninsule de Gallipoli où Koutiepov tente de lui conserver une force opérationnelle et une discipline rigoureuse. Peu à peu, les unités de l’armée blanche quittent Gallipoli pour s’établir principalement en Bulgarie et en Yougoslavie. Koutiepov suit ses hommes en Bulgarie puis en Serbie en 1922 avant de s’établir en France.

 

Koutiepov devient un élément central de l’émigration blanche par son activité au sein de deux associations qui la structurent, l’Union des anciens de Gallipoli et l’Union générale des combattants russes. C’est à partir de ce moment qu’il se lance dans l’organisation de l’action clandestine et subversive en URSS. Sur ce terrain dangereux, Koutiepov subit de nombreux revers, la GPU veille et les Soviétiques se montrent de redoutables adversaires face à des Blancs naïfs et crédules. Pourtant, à l’heure où la collectivisation bat son plein en URSS les Soviétiques craignent que l’émigration blanche ne représente un possible débouché pour les résistances et les révoltes des victimes de la politique de Staline. La disparition de Koutiepov est alors ordonné et conduit à son enlèvement en plein cœur de Paris en janvier 1930.

 

Le livre de Nicolas Ross est une intéressante plongée dans le monde de l’émigration blanche des années 1920, un monde dispersé, précaire, nostalgique où apparaissent rivalités et dissensions. L’auteur, s’appuyant sur une riche documentation, fait revivre cette émigration, ces grandes figures, ses structures, les lieux où se retrouve cette diaspora. Les chapitres concernant les opérations clandestines en URSS se lisent comme un roman d’espionnage et démontrent la supériorité des Soviétiques dans cette bataille de l’ombre où les manipulations, les retournements, les trahisons sont légion. Sur ce sujet regrettons néanmoins la minceur et la faiblesse des sources utilisées.

 

Au final, voici un livre indispensable pour appréhender l’émigration blanche et la lutte qu’elle livra contre l’Union soviétique. Si nous aurions aimé que les passages sur la guerre civile soient plus développés et que l’auteur consacre quelques pages sur la mémoire de Koutiepov dans la Russie actuelle, le livre de Nicolas Ross lève un coin du voile sur un aspect mal connu de l’histoire russe.

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 07:18

Les pilotes soviétiques au combat.

Les unités aériennes nationalistes volant sur des I-15 et I-16 ne peuvent entrer en action qu’après la formation des pilotes c’est-à-dire à partir de février-mars 1938. Ce délai et la situation militaire catastrophique des Chinois obligent les équipages soviétiques à entrer en action dés leur arrivée en Chine. Le premier groupe de chasse est ainsi engagé dès le 21 novembre lors d’un combat contre 20 appareils japonais. Les 7, I-16 engagés abattent ce jour-là au-dessus de Nankin deux chasseurs et un bombardier nippons. Le lendemain le groupe Prokoviev entre en action et subit sa première perte avec la mort du lieutenant Nejdanov. Peu à peu, les escadrilles soviétiques s’organisent et s’aguerrissent sous la direction du capitaine A. Blagoveschenski et sous la supervision du commandant Rychagov. Le 1er décembre 1937, 20 avions japonais sont abattus par 7 chasseurs soviétiques I-16 près de Nankin.

 

Les escadrilles de bombardiers entrent eux aussi rapidement en action. Au milieu de novembre, les SB sont largement déployés à l’intérieur de la Chine. Le 13 novembre, il y en a ainsi 13 à Xian et le 18 décembre, 18 appareils sont opérationnels. Parmi eux volent deux groupes de combat formés par des aviateurs soviétiques. Le groupe de Machine est déployé à Nankin et le 2 décembre, 9 de ces SB conduisent une attaque contre la base aérienne japonaise et le port de Shanghai. Depuis Nankin les appareils suivent la rive droite du Yang-Tsé-Kiang puis prennent la direction du nord-est pour voler 30 à 40 km au-dessus de la mer. Une douzaine d’avions ennemis sont ainsi détruits, 6 navires endommagés et un croiseur auxiliaire coulé. Peu après, le même groupe lance une attaque sur les navires japonais qui empruntent le Yang-Tsé-Kiang. Selon les sources soviétiques un croiseur aurait alors été coulé. C’est aussi dans les premiers jours de décembre que le groupe de Machine perd son premier appareil lors d’un raid japonais contre l’aérodrome d'Hankou.

 

En novembre 1937 un second groupe de 150 hommes à bord de bombardiers SB, sous les ordres de Polynine, arrive du district militaire de Transbaïkalie en inaugurant la voie Irkoutsk- Lanzhou-Hankou à travers les steppes de la Mongolie. Ce groupe ne commence à opérer qu’en janvier 1938.

Le commandant Polynine au centre

Le commandant Polynine au centre

Après la chute de Nankin.

Le 13 décembre 1937, les troupes japonaises s’emparent de Nankin, la capitale de la Chine nationaliste. Le gouvernement chinois, qui s’est réfugié à Hankou, demande alors à Moscou d’accroître son aide. Les livraisons soviétiques permettent de reconstituer la flotte aérienne chinoise qui compte au début 1938 prés de 400 appareils, la plupart de fabrication soviétique. Au printemps 1938, les pilotes chinois volent en majorité sur des avions soviétiques.

 

Sur le terrain, les pilotes soviétiques défendent Hankou en janvier 1938. Le groupe de bombardiers de Machine est déplacé à Nanchang et leur ancien aérodrome de Nankin devient une de ses nouvelles cibles. Le raid qu’il lance contre la base aérienne japonaise de Taïwan reçoit un grand retentissement. Il se déroule le 23 février, jour anniversaire de l’Armée rouge. Les aérodromes ennemis ne sont pas les seules cibles des bombardiers qui attaquent également les ponts, les gares, les postes militaires japonais. En février 1938, un groupe de 13 SB attaque l’une des grandes gares sur la voie ferrée Tianjin-Pukou et bombarde trois trains. Le jour suivant, un détachement japonais traversant le Huanghe est attaqué. Les radeaux et les bateaux sont bombardés tandis que l’infanterie est attaquée par des tirs de mitrailleuses.

 

Le 18 février 1938, les 3 groupes de chasseurs I-15 commandés par Blagoveschenski abattent 18 avions japonais, en majorité des bombardiers, près d'Uchan. Ils participent également à la plus grande bataille aérienne de la guerre sino-japonaise qui se déroule le 29 avril 1938 au-dessus de Wuhan. Face aux appareils japonais, se trouve aux côtés des Chinois 19 I-15 et 45 I-16 pilotés par des Soviétiques. Dans la journée, 11 chasseurs nippons et 10 bombardiers sont abattus. Chinois et Soviétiques perdent 12 pilotes. Après cette défaite les Japonais n’attaquent plus Wuhan pendant un mois. Le 31 mai, 36 chasseurs et 18 bombardiers nippons volent vers Whuhan. Pour les affronter, 31 appareils pilotés par des Soviétiques et 18 chasseurs chinois s’envolent. Au final 14 appareils japonais sont abattus alors que Chinois et Soviétiques ne perdent qu’un pilote chacun.

 

Jusqu’en juin 1938, les Soviétiques ne combattent que dans la zone des grandes villes de Nankin, Nanchang et Wuhan, délaissant la Chine du Sud et les régions du Nord près de la Mandchourie. À l’été, les Chinois craignant un débarquement japonais au sud près de Canton, des pilotes soviétiques sont envoyés dans cette région. Mis au courant, les Japonais prennent soin de bombarder les aérodromes ennemis. En réponse les Soviétiques bombardent le port d'Aomyn à Macao. Le débarquement japonais ne venant pas, une partie du groupe demeure néanmoins sur place tandis que le reste retourne à Nanchang.

Pilotes soviétiques sur la base de Wuhan

Pilotes soviétiques sur la base de Wuhan

Les Soviétiques participent alors aux combats de l’été lors de l’offensive nippone contre Wuhan. Le bilan des combats aériens de juillet est lourd pour les Soviétiques. Durant ce mois 11 pilotes et membres d’équipage sont tués, soit plus de 10% des pertes au combat pour la période 1937 à 1939. Mais les Soviétiques infligent aussi des pertes sévères aux Japonais. Ainsi le 18 juillet, Dadonov abat l’as japonais Nango dont la mort provoque un choc au Japon. Le 12 août, à Wuhan, 40 chasseurs soviétiques dirigés par Nikolaenko affrontent 120 appareils japonais perdant 5 avions et abattant 16 appareils adverses.

 

Les principales missions des pilotes soviétiques lors de ces combats consistent dans le soutien des troupes au sol et le bombardement des aérodromes japonais, des gares, des routes et des transports. Les combats les plus féroces ont lieu dans le cadre de l’opération défensive d'Uchan en juillet-octobre 1938 40 chasseurs soviétiques I-15 et I-16 commandés par le capitaine E. Nikolaenko affrontent prés de 200 avions japonais.


 

Le turn-over des équipages soviétiques.

L’Armée rouge organise à l’été 1938 le remplacement des équipages épuisés par prés de six mois de combats tout en renforçant sa présence en Chine. Le premier groupe de pilotes de chasse retourne alors en URSS. Mais dès le printemps précédent sont arrivés en Chine 73 volontaires dont 26 pilotes sous les ordres du capitaine Nikolaenko puis en juin le groupe du capitaine Yakouchine avec 10 I-15bis. Pour les bombardiers, le groupe de Polynine retourne à Lanzhou en juin pour effectuer une révision des appareils. Là il est remplacé par un nouveau groupe sous les ordres de T. Khryoukine qui est arrivé par la route du sud. De nouvelles unités arrivent également par la route du nord. Le 3 juin, le colonel Tkhor, qui a déjà combattu en Espagne, conduit 13 SB arrivant d’Oulan-Bator et un autre groupe de 15 appareils arrive le 7 juin. Le capitaine S. Sliousarev prend le commandement du groupe formé avec ces nouveaux arrivants. À travers la Mongolie est acheminée également un autre groupe dirigé par G. Titov pour être déployé à Wanxian alors qu'Hankou est victime de sévères attaques aériennes japonaises.

 

La principale activité de ces groupes de bombardiers est l’attaque du trafic fluvial sur le Yang-Tsé-Kiang, une artère vitale pour le ravitaillement des troupes nippones. Les Japonais notent ainsi une forte augmentation des bombardements du 14 juin au 28 juillet sur cet axe avec 49 attaques contre des navires et des troupes le long des rives. Les chasseurs japonais sont alors principalement occupés à escorter les bombardiers attaquant Hankou, Wuchang et Nanchang et ne peuvent donc qu’en de rares occasions intercepter les SB volant au-dessus du fleuve. Les Soviétiques endommagent ainsi 16 navires nippons et en coulent 92, obligeant les Japonais à prendre des mesures de défense antiaériennes : des batteries sont installées sur les berges, les navires de transports sont armés de mitrailleuses et des aérodromes sont construits le long du fleuve. Les équipages soviétiques commencent alors à subir des pertes importantes notamment avec l’arrivée des nouveaux chasseurs japonais Nakajima Ki-27 plus rapides.

 

En novembre 1938, les volontaires soviétiques reçoivent l’ordre de cesser temporairement leur participation au combat. Les pilotes sont en effet épuisés. Tous les avions sont envoyés à Lanzhou pour subir une révision. Au début de 1939, les Chinois n’ont plus qu’une centaine d’appareils en état de combattre. Grâce à l’aide soviétique ce nombre atteint les 200 et le 18 juillet 1939 arrive à Lanzhou 30 I-15bis puis le 3 août 30 I-16.

 

Après la chute de Wuhan, le 25 octobre 1938, les bases aériennes chinoises se concentrent autour de Chengdu et Chongqing qui deviennent alors les cibles de l’aviation japonaises. Fin 1938 et début 1939, les Japonais lancent également des attaques sur Lanzhou défendue par les pilotes soviétiques. Le groupe de S. Souproune composé d’environ 50 pilotes devient rapidement l’une des principales forces contenant les Japonais. En décembre 1939 ce groupe est transféré dans le sud où la bataille pour la province du Yunnan devient plus intense, se déplaçant le long de ce qui sera nommé la « route de la Birmanie ». Les pilotes soviétiques protègent alors les aérodromes et les lignes de communications contre les attaques aériennes.

 

En 1939, l’aviation soviétique en Chine a accumulé de nombreuses victoires malgré la supériorité numérique des Japonais qui sont capables de lancer des attaques aériennes sur les villes chinoises et les installations militaires mal défendues. En réponse à ces attaques aériennes mais également pour remonter le moral aux troupes chinoises, les pilotes soviétiques organisent un raid sur le territoire japonais. Il s’agit aussi de tester les capacités de la défense antiaérienne nippone. Après une mission de reconnaissance le 21 février 1939, le 23, un groupe de 28 bombardiers SB dirigé par Polynine attaque la base aérienne japonaise prés de Taipei sur l’île de Formose détruisant 40 appareils japonais au sol mais également les dépôts de carburants et les défenses antiaériennes. Les Soviétiques ne perdent aucun appareil lors de ce raid. Le lendemain, un petit groupe de bombardiers soviétiques revient attaquer des cibles secondaires sur Formose et ne rencontre qu’une résistance sporadique de la chasse japonaise et de la défense antiaérienne. Le 20 mai 1939, les Soviétiques lancent une nouvelle attaque aérienne sur l'île japonaise avant de retourner, sans avoir subi de pertes, en territoire chinois.

 

Le groupe de bombardiers dirigé par Sliousarev participe quant à lui à la contre-offensive chinoise de Laoshang. Maintenant protégé par une couverture aérienne composée de I-16 chinois, il bombarde principalement l’infanterie et l’artillerie nippones. Par la suite les équipages sous les ordres de Sliousarev transportent de nouveaux bombardiers depuis Irkoutsk. Au printemps 1939, ils ont en livrés environ 60 qui sont remis à l’armée de l’air chinoise.

Stepan Souproune

Stepan Souproune

Le baptême du feu des Iliouchine DB-3.

Dans l’été 1939, le DB-3, un nouveau bombardier longue portée reçoit son baptême du feu en Chine. Il n’a pas eu en effet l’occasion d’être essayé en Espagne, car il n’était pas alors suffisamment au point et seules quelques appareils étaient sortis des usines de fabrication. Il est donc décidé de le tester dans le ciel chinois. Cet envoi répond aussi à une nécessité sur le terrain. Les opérations des pilotes soviétiques puis chinois contre les aérodromes japonais ont forcé l’ennemi à les déplacer loin derrière les lignes de front ce qui a pour conséquence de réduire l’efficacité des attaques avec des bombardiers SB.

 

Le premier groupe de 12 DB-3 sous les ordres du capitaine G. Koulichenko prend la route Moscou-Orenbourg-Alma Ata en juin. Un second groupe de 12 DB-3 commandés par N. Kozlov le suit peu après. Le plus grand succès de Koulichenko est l’attaque de l’aérodrome d'Hankou, loin derrière les lignes japonaises, le 3 octobre 1939. Les SB ne pouvant atteindre une cible si lointaine, la surprise des Japonais est totale. Le jour de l’attaque la base japonaise se préparent à recevoir de nouveaux avions venus du Japon et pour l’occasion sont présents des représentants du commandement de la flotte et des autorités de la ville. Neuf DB-3 volent en formation serrée et maintiennent le silence radio. Ils attaquent alors que la cérémonie officielle est en cours. Depuis une altitude de 8 700 mètres, ils larguent des bombes explosives et des bombes incendiaires. La DCA nippone reste silencieuse et un seul chasseur japonais réussit à décoller mais sans parvenir à intercepter les bombardiers soviétiques.

Bombardier soviétique DB-3

Bombardier soviétique DB-3

Sur l’aérodrome, 64 appareils japonais sont détruits ou endommagés, il y a 130 morts et 300 blessés. Parmi les victimes on compte 7 officiers supérieurs tués et 12 blessés dont le contre-amiral Tsukahara commandant de la flottille aérienne. Les réserves de carburant de l’aérodrome brûlent durant plus de trois heures. Une période de deuil est déclarée tandis que le commandant de l’aérodrome est exécuté.

 

L’attaque est répétée le 14 octobre avec 12 DB-3, à nouveau dirigés par Koulichenko. Mais peu après avoir largué leurs bombes, causant la destruction de 36 appareils ennemis, le groupe est attaqué par des chasseurs japonais. Trois bombardiers sont endommagés. Blessé, Koulichenko parvient à rejoindre Wangxian, mais son avion s’abat dans le Yang-Tsé-Kiang où il est finalement repêché. Le commandant soviétique décède néanmoins peu après de ses blessures.

 

Si les opérations contre Hankou sont des succès, l’attaque contre l’aérodrome de Yuncheng le 31 octobre est un échec complet. Cette base est située à environ 25 kilomètres derrière la ligne de front mais à la limite du rayon d’action des DB-3 stationnés à Chengdu. Selon le renseignement chinois, la base japonaise abrite alors une centaine d’appareils ce qui en fait une cible de choix. Le conseiller militaire soviétique pour l’aviation, Anisimov prend la décision d’engager tous les DB-3 disponibles dans ce raid et il y participe personnellement en remplaçant le canonnier dans l’appareil que pilote Kozlov. Les conditions météorologiques sont mauvaises et les navigateurs des deux groupes engagés ne parviennent pas à trouver leur chemin. Aucun bombardier n’atteint finalement l’aérodrome de Yuncheng. Les appareils, à court de carburant, atterrissent où ils peuvent le long du trajet de retour. Environ une dizaine sont ainsi perdues.

La tombe du pilote de bombardier Koulichenko.

La tombe du pilote de bombardier Koulichenko.

Le retrait soviétique.

Le nombre d’équipages soviétiques luttant sur des SB chute fortement à la fin de 1939 même si les derniers d’entre eux restent en Chine jusqu’en mai 1940. Parallèlement le nombre d’unités chinoises volant sur des appareils soviétiques ne cesse de croître. Pour former ces équipages, un centre de formation est créé sur l’aérodrome de Chengdu avec un pilote instructeur soviétique et du personnel technique. Au milieu de 1939, ce centre a déjà formé 120 équipages chinois. En septembre 1939, le 19e escadron du 6e groupe aérien chinois est totalement composé de SB qui sont jetés dans la bataille de Guinang. À l’été 1939, les combats entre Soviétiques et Japonais à la frontière de la Mongolie entraînent un déplacement du centre de gravité de l’aviation japonaise ce qui permet à l’armée de l’air chinoise de souffler et de se réorganiser.

 

À la fin de 1939 et au début de 1940, les relations entre l’URSS et Tchang-Kaï-chek se détériorent. La raison officielle avancée est la fin de l’approvisionnement militaire fourni par les nationalistes à la 8e armée et à la 4e armée communistes qui s’accompagne également d’escarmouches armées entre nationalistes et communistes. Il s’agit plus certainement d’une conséquence de la signature du pacte germano-soviétique du 23 août 1939. La proposition allemande d’intégrer Moscou dans l’axe Berlin-Rome-Tokyo dépend de la signature d’un traité de non-agression entre le Japon et l’URSS. Dans ces circonstances, Moscou cesse temporairement l’envoi d’armes et de matériels militaires à la Chine. À l’été 1940, l'ensemble des aviateurs soviétiques sont rappelés. Pourtant quelques conseillers, des instructeurs et une unité technique restent en Chine jusqu’en 1942-1943. La livraison d’avions par l’URSS est reprise par la suite et continue jusqu’au début de la guerre avec l’Allemagne puisque les derniers appareils sont remis aux Chinois en juin 1941. Pour faire face à l’arrivée des Mitsubishi A6M japonais, les fameux Zeros, l’URSS envoie ainsi aux Chinois en novembre 1940 des I-153. Parmi les avions livrés au début de 1941 figurent également des bombardiers SB de la dernière série avec des moteurs M-103 et des tourelles MV-3.


 

Conclusion.

De 1937 à 1939, ce sont près de 200 pilotes soviétiques qui sont tués en Chine dont le lieutenant Gubenko qui le 31 mai 1938 écrase volontairement son appareil sur un chasseur japonais Mitsubishi A5M2. Sur ce total, 111 sont morts lors d’accidents causés par les conditions météorologiques difficiles et l’inexpérience de jeunes pilotes dans un environnement mal connu. Environ 80 appareils japonais ont été abattus par les Soviétiques lors de combats aériens. Parmi les pilotes soviétiques en Chine, 14 reçoivent le titre de Héros de l’Union soviétique et prés de 400 militaires sont décorés. En janvier 1940 la majorité des équipages a finalement quitté la Chine après avoir formé une génération de pilotes chinois et en leur laissant le matériel expédié depuis 1937.

 

L’efficacité du soutien soviétique se mesure à la réaction japonaise qui demande officiellement dés avril 1938 à l’URSS de retirer ses pilotes de Chine. La demande est rejetée par Moscou sous le prétexte que les pilotes soviétique servants en Chine sont des volontaires. Comme en Espagne, si l’aide de Moscou, ne permet pas de modifier le rapport de forces en Chine, elle donne néanmoins aux Chinois les moyens de résister et d’éviter un effondrement militaire. L’URSS profite aussi de son intervention pour à la fois tester son matériel militaire en situation de combat et aguerrir ses officiers, notamment les pilotes dont certains joueront un rôle important durant le conflit avec l’Allemagne. Elle en profite également pour approfondir ses connaissances sur le matériel ennemi. Ainsi quand les Soviétiques capturent 2 A5M2, ces appareils sont immédiatement envoyés en URSS et étudiés à l’Institut scientifique de l’armée de l’air.

 

De 1937 à 1941, l’URSS aura livré à la Chine 563 chasseurs (I-15, I-15 bis, I-16 et I-153) et 322 bombardiers (292 SB, 24 DB-3 et 6 TB-3) ce qui représente 1/3 des bombardiers et la moitié des chasseurs reçus par les Chinois durant l’ensemble de la guerre contre le Japon. Le relais sera pris ensuite par les Américains qui jusqu’en 1945, dans le cadre du Lend-lease, fourniront les nationalistes chinois en matériel militaire livrant ainsi par exemple 1038 chasseurs.


 

Bibliographie.

-Ray Wagner, Prelude to Pearl Harbor: The Air War in China, 1937–1941, San Diego Aerospace Museum, 1991.

-John Erickson, The Soviet High Command: A Military-Political History, 1918–1941, Routledge, 2001.

-Tomas Polak, Christhoper Shores, Stalin's Falcons : The Aces of the Red Star, 1999 Grub Street, 1999.

-Mikhail Maslov, Polikarpov I-15, I-16 and I-153 Aces, Osprey Publishing, 2010.

-Dmitry Shevchuk, « Soviet Planes and Pilots in China », Small Air Forces Observer, 3, octobre 1997.

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9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")