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12 septembre 2016 1 12 /09 /septembre /2016 07:19

Pino Adriano, Une mort de plomb, qui a tué Mauro Brutto ? Vuibert, 2016.

Un journaliste face aux années de plomb

Le 25 novembre 1978, un journaliste du quotidien communiste milanais, L’Unità, Mauro Brutto, trouve la mort dans ce qui semble être d’abord un simple accident de la route. Ce drame est le point de départ d’une fascinante enquête de Pino Adriano qui plonge le lecteur dans les arcanes des années de plomb de l’Italie des années 1970. Brutto n’est pas en effet un journaliste ordinaire mais un véritable enquêteur qui s’est, en particulier, spécialisé dans l’investigation concernant les nombreux enlèvements contre rançon qui ravagent le nord de l’Italie. Et il est doué puisque grâce à ces informations la police appréhende un chef mafieux responsable de nombreuses séquestrations. Il découvre également des trafics d’armes organisés conjointement entre les néofascistes et la Mafia, les relations troubles entre certains autonomes et néofascistes pour le contrôle de la vente de drogues. Et bien sur, au fil de ses enquêtes, il ne cesse de se faire des ennemis, suffisamment pour laisser penser que sa mort n’est pas purement accidentelle, d’autant qu’elle est revendiquée par un groupe gauchiste.

 

Le récit du parcours de Brutto, de sa mort, de l’enquête judiciaire qui suit celle-ci, permet à Pino Adriano de plonger le lecteur dans les arcanes et les entrelacs des années de plomb, expression de la souveraineté limitée de l’Italie dans le contexte de la Guerre froide. Après la chute de Mussolini, les États-Unis, mais également le Vatican, sont en effet obsédés par la crainte que l’Italie ne bascule à gauche alors que le Parti communiste italien est le plus puissant des PC en Europe occidentale. Le maintien de la Démocratie chrétienne au pouvoir devient alors la garantie de l’attachement solide de la péninsule au giron atlantiste. Pourtant, dans le climat de détente du début des années 1960, apparaît au sein de la DC une aile gauche incarnée par Fanfani et Aldo Moro, favorable à un rapprochement avec la gauche. C’est plus que ne peuvent en supporter les Américains qui, s’appuyant sur leurs plus solides soutiens au sein de l’appareil d’État italien, alimentent une stratégie de la tension visant toujours à éloigner la gauche du pouvoir.

 

Tentatives de coups d’État, attentats sanglants, meurtres, enlèvements vont dés lors marquer le quotidien de l’Italie jusqu’aux années 1980. Le paroxysme de cette flambée de violence sera l’enlèvement et le meurtre du président du Conseil, Aldo Moro, en 1978, quelques mois seulement avant la mort de Brutto. La Mafia, les groupes néofascistes, les services de renseignements sont les principaux instigateurs de ces tragédies, n’hésitant pas à infiltrer les organisations gauchistes pour faire retomber sur l’ensemble de la gauche l’horreur légitime que ces violences inspirent. C’est ce que Brutto découvre peu à peu au fil de ces investigations.

 

A travers le destin de ce journaliste mort à seulement 32 ans, Pino Adriano dissèque avec brio les mécanismes de cette stratégie de la tension, ses mobiles, les liens entre ses acteurs. Il réussit surtout à rendre compréhensible une histoire passablement compliquée dont les principaux protagonistes ont cherché à brouiller et effacer leurs traces. Son livre, qui se lit comme un fascinant roman policier, permet ainsi d’appréhender une période charnière de l’histoire italienne et européenne. Une époque de violence qui ne manque pas de rappeler celle que nous vivons.

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communismeetconflits - dans Terrorisme Italie Guerre froide
17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 07:17

Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, Camarade, la lutte continue ! De la Résistance à l’espionnage communiste, Robert Laffont, 2015.

Un réseau d’espionnage communiste en France dans les années 1950

Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, auteurs d’ouvrages remarqués sur la Résistance communiste, délaissent quelque peu, dans cet ouvrage, leur période de prédilection, pour explorer les arcanes du renseignement communiste en France dans les années 1950, en livrant une passionnante enquête sur un réseau polonais. Pour cela, comme à leur habitude, ils exploitent de nombreux dossiers issus de divers fonds d’archives : Archives nationales, archives de la Préfecture de police de Paris, de la Justice militaire, du Service historique de la Défense mais surtout de l’Institut polonais de la mémoire nationale (IPN).

Au cœur du récit de Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, se tient Jerzy Bryn, né dans une famille juive de Varsovie en 1916 avant d’adhérer à une organisation sioniste de gauche et d’émigrer en Palestine alors sous mandat britannique. Bryn milite parmi les communistes palestiniens et rejoint les Brigades internationales lors de la guerre civile espagnole. Après un passage dans les camps d’internement français il regagne la Palestine qu’il quitte en 1947 pour rejoindre la Pologne communiste. Il est recruté par les services de renseignements pour former un réseau d’espionnage en France. Il accomplit sa mission entre 1949 et 1952. De retour en Pologne, il effectue différentes missions pour l’armée avant de rejoindre le ministère des Affaires étrangères en 1957. C’est dans ce cadre qu’il se rend au Japon où il décide en 1958 de passer à l’Ouest.

Hélas pour Bryn, les services américains ne le croient pas sincère et le soupçonnent de vouloir les infiltrer pour le compte des Polonais. Il décide donc de retourner en Pologne où il affirme, pour expliquer son absence, avoir été kidnappé par les Américains. Mais les Polonais sont persuadés qu’il a été retourné par la CIA et travaille pour eux. Bryn est arrêté, jugé en 1961 et condamné à mort en 1962. Sa peine est commuée en prison à perpétuité et il meurt derrière les barreaux en 1976.

C’est dans les archives de l’IPN que les auteurs ont retrouvé les pièces de l’instruction et du procès de Bryn leur permettant une plongée dans les arcanes du réseau d’espionnage que ce dernier a mis en place en France. Un réseau existe déjà à son arrivée, qu’il reprend et cherche à développer après s’être soigneusement constitué une couverture. Les agents français qu’il recrute sont avant tout des militants communistes sincères le plus souvent anciens des FTP et de la MOI. Des communistes français sont aussi recrutés mais sans que le PCF ne soit mis au courant.

Les auteurs racontent en détail le fonctionnement de ce réseau, son étendu, les moyens de communication entre les agents et Bryn, les informations recherchées, le plus souvent de nature scientifique ou militaires. Le réseau sera finalement démantelé par la DST durant les années 1950 et ses participants, dont Adam Rayski qui fut pendant la guerre l’un des chefs des FTP-MOI, seront jugés par un tribunal militaire en 1962.

Le livre de Berlière et Liaigre, qui se lit comme un roman policier, s’il lève le voile sur l’espionnage polonais en France après la guerre, un sujet mal connu, interroge surtout le lecteur sur la porosité des frontières entre convictions idéologiques, militantisme politique et espionnage au sein du mouvement communiste.

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 07:17

Odd Arne Westad, La guerre froide globale, le tiers-monde, les États-Unis et l’URSS (1945-1991), Payot, 2007.

Le Tiers-monde, champ de bataille de la Guerre froide

Odd Arne Westad, professeur à la London Scholl of Economics de Londres et spécialiste de l’histoire de la guerre froide, livre une vaste étude sur la place du tiers-monde dans le conflit qui opposa les États-Unis et l’URSS dans la seconde moitié du 20e siècle. Un conflit qui repose sur deux messianismes opposés, l’américain qui repose sur la croyance en l’universalité de valeurs comme la liberté individuelle ou l’économie de marché, le soviétique arc-bouté sur l’idée d’un socialisme synonyme de modernité et d’émancipation. L’auteur remarque avec justesse que ce sont là deux héritages différents des Lumières qui s’affrontent.

 

En 1945, les deux superpuissances sont unies dans leur hostilité aux vieux empires coloniaux européens et leur volonté de contrôler et de faire sortir du sous-développement un Tiers-monde qui commence à secouer les chaînes du colonialisme. Les Américains font ainsi pression sur leurs alliés européens pour qu’ils accélèrent la décolonisation notamment sur les Néerlandais en Indonésie ou les Français en Indochine et ils n’hésitent pas à condamner l’expédition de Suez en 1956. Mais l’anticommunisme qui guide la politique internationale américaine pousse aussi les États-Unis à soutenir le colonialisme comme en Malaisie ou à intervenir dans le Tiers-monde comme en Iran et au Guatemala au début des années 1950.

 

L’interventionnisme soviétique dans le Tiers-monde ne se développe réellement qu’après la mort de Staline. De nombreux pays se tournent alors vers l’URSS que ce soit Nasser en Égypte ou Castro à Cuba. Cela ne signifie d’ailleurs nullement que ces pays deviennent des marionnettes de Moscou. Le schisme sino-soviétique ou les critiques du Vietnam ou de Cuba contre l’URSS explique qu’après le départ de Krouchtchev, la direction soviétique se montre plus prudente dans sa politique vis-à-vis du Tiers-monde. Les années 1960 sont donc une période où l’influence américaine progresse avec la chute de Sukarno en Indonésie, l’arrivée de Mobutu au pouvoir au Congo ou la mort de Che Guevara en Bolivie.

 

La situation se renverse au début des années 1970 avec l’échec américain au Vietnam. L’Union soviétique se fait plus offensive dans un Tiers-monde qui se retrouve au cœur de la guerre froide. L’intervention cubaine en Angola à partir de 1975, les conflits entre la Somalie et l’Ethiopie à partir de 1977 minent la politique de détente car l’interventionnisme « rouge » inquiète de plus en plus les Américains. C’est aussi à la fin des années 1970 que l’ingérence sovieto-américaine dans le Tiers-monde connaît de graves revers. La révolution iranienne en 1979 et la désastreuse intervention militaire soviétique en Afghanistan sont en effet des échecs de taille pour les deux superpuissances et annonce la montée en puissance d’un islamisme qui rejette aussi bien le marxisme que le libéralisme occidental.

 

La décennie 1980 est marquée par un regain de tension entre Américains et Soviétiques, qui s’exprime en premier lieu dans le Tiers-monde que ce soit en Afghanistan, au Cambodge ou au Nicaragua. Mais la crise en Union soviétique pousse, à partir de 1985, Gorbatchev à se désengager du Tiers-monde pour concentrer son attention sur les problèmes internes tandis que l’amélioration des relations avec les États-Unis à partir de 1987 aboutit à la signature d’accord de paix en Asie du Sud-Est, en Afrique australe et au retrait des Soviétiques en Afghanistan mettant fin à une guerre froide dont le Tiers-monde fut l’un des théâtres les plus sanglants.

 

Le livre de Westad, qui s’appuie sur un ensemble de sources impressionnants, est captivant et passionnant. Il a également une résonance très contemporaine. Westad montre en effet que la guerre froide a particulièrement déstabilisé le Tiers-monde, à la fois économiquement, socialement et culturellement provoquant en retour un large ressentiment des populations du Sud contre un Nord englobant à la fois les Occidentaux et les pays de l’ancien camp socialiste. L’Afghanistan, champs de bataille des superpuissances, livrée à elle-même après 1990 et terreau du djihad global le démontre amplement.

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communismeetconflits - dans Guerre froide Tiers-monde
11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 07:41

Christian Rol, Le roman vrai d’un fasciste français. Vie et mort de l’homme qui tua Pierre Goldman et Henri Curiel, La Manufacture de livres, 2015.

L’assassin de Pierre Goldman et Henri Curiel dévoilé ?

Le 4 mai 1978, Henri Curiel, militant communiste et anticolonialiste, est abattu dans l’ascenseur de son immeuble à Paris. Le 20 septembre 1979 c’est au tour du militant gauchiste Pierre Goldman d’être assassiné en plein cœur de Paris. Jamais la police et la justice ne sont parvenus à résoudre ces crimes, à retrouver les coupables.

 

L’intérêt du livre de Christian Rol est d’avancer un nom, celui d’un même tueur pour les deux meurtres et de reconstituer le parcours de cet assassin. L’homme dont il est question se nomme René Resciniti de Says. Né en 1951 d’un père marquis italien qu’il voit peu, il grandit dans le quartier des Champs-Élysées, à la fois dandy dont on remarque l’élégance et voyou flirtant avec le Milieu. A la fin des années 1960 il s’engage à l’Action française qui le séduit par la solidité de son corpus théorique et comble son besoin d’action.

 

Cette soif d’action Resciniti de Says l’étanche chez les paras puis en partant au Liban en 1976 combattre aux cotés des phalangistes chrétiens. En 1977, il devient mercenaire et travaille pour Bob Denard lorsque celui-ci organise le renversement du pouvoir marxiste qui gouverne le Bénin. Le coup d’État de Cotonou est un terrible fiasco. En France, Resciniti de Says connaît les grandes figures de l’extrême-droite hexagonale mais également européenne comme Stefano Delle Chiaie qu’il fréquente quand ce dernier est clandestin à Paris. Autour de ce milieu gravitent aussi des truands, des policiers ripoux, des barbouzes. C’est par ces contacts, qu’il participe aux assassinats de Curiel et Goldman. Il confiera plus tard à Christian Rol que le donneur d’ordre fut Pierre Debizet, patron du SAC gaulliste, avec des armes venant de la Préfecture de police de Paris.

 

Il est pour l’heure impossible de confirmer l’aveu de Resciniti de Says, aveu qu’il a déjà fait, mais de manière anonyme et le visage flouté dans un documentaire diffusé par Canal Plus en 2010. Aucun document, ni même témoignage ne permettent de l’infirmer ou pas. Mythomanie ou confession sincère, seule l’ouverture de fonds d’archives encore fermés apportera la réponse. Resciniti de Says n’est plus là pour préciser ses déclarations puisqu’il est décédé en 2012 dans un certain dénouement.

 

Le livre de Christian Rol, qui laisse transpirer une certaine l’indulgence de l’auteur pour les idées professées par Resciniti de Says, est donc à lire avec un regard critique. Néanmoins, d’une lecture agréable, il permet de replonger dans un passé pas si lointain où l’assassinat à l’ombre du pouvoir n’était pas l’apanage des seules dictatures.

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communismeetconflits - dans Guerre froide Terrorisme Fascisme-antifascisme
22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 09:16

Florin Aftalion, Alerte rouge sur l'Amérique : Retour sur le maccarthysme, JC Lattés, 2007.

Quand l’Amérique voyait rouge

La peur du rouge, le Red Scare, qui s’empare des États-Unis aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale est au cœur du livre de Florin Aftalion. Loin de voir dans cet épisode une réaction fantasmatique de l’opinion américaine conduisant à une chasse aux sorcières contre des intellectuels coupables d’opinions de gauche, l’auteur insiste plutôt sur la faiblesse des capacités de défense des États-Unis face à l’espionnage soviétique.

 

L’auteur montre que, profitant de la présidence Roosevelt et de l’alliance soviéto-américaine durant la Seconde Guerre mondiale, les Soviétiques infiltrent les milieux intellectuels, l’administration et le monde scientifique américains. Cela aussi bien dans un but d’espionnage que d’influence. Cette infiltration est révélée peu à peu à partir de 1945 notamment grâce aux déclarations de Whittaker Chambers devant la commission sur les activités antiaméricaines. L’auteur décrit de manière claire le déroulement des multiples affaires qui font suite à ces découvertes, de celle concernant Alger Hiss, fonctionnaire au Département d’État, aux enquêtes dans les milieux du cinéma hollywoodiens où s’illustre le jeune Ronald Reagan. Il s’attarde aussi longuement sur l’espionnage atomique, les affaires Fuchs et Rosenberg, montrant la culpabilité de ce dernier.

 

L’hystérie anticommuniste qui s’empare alors de l’Amérique s’incarne bientôt dans la figure du sénateur Joseph McCarthy, un personnage médiocre qui fait carrière en dénonçant l’infiltration de l’administration démocrate par les communistes. Lorsqu’il entre en scène, l’épuration des administrations a déjà été réalisé et les grandes affaires d’espionnage de l’après guerre sont terminés. McCarthy fait malgré tout beaucoup de bruits pour décrédibiliser l’administration Truman mais dès qu’il commence à attaquer l’armée il ne trouve plus seulement face à lui la gauche américaine. L’administration républicaine, après l’élection d’Eisenhower en 1952, décide de se débarrasser de l’histrion dont la carrière est rapidement ruinée et qui meurt prématurément en 1957.

 

L’auteur insiste longuement tout au long de son livre sur la difficulté de combattre l’espionnage dans un État de droit. Les responsables américains ont très vite découvert, grâce au programme Venona de déchiffrement des messages codés soviétiques, l’ampleur de l’espionnage de l’URSS aux États-Unis. Mais le caractère secret-défense de l’opération Venona interdit que le programme ne soit rendu public et surtout que les informations qui en sont issus soient présentés devant des tribunaux. Faute de ces éléments, le FBI peut difficilement traduire en justice et faire condamner les suspects. La publicité des débats, inhérente à une justice démocratique, s’accorde mal avec les nécessités de la guerre secrète. Une situation qui semble toujours d’actualité.

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communismeetconflits - dans Espionnage Guerre froide
20 février 2015 5 20 /02 /février /2015 07:27

Stéphane Mantoux, Les guerres du Tchad, 1969-1987, Lemme Edit, 2015.

Tchad, champs de bataille.

Après un ouvrage sur l’offensive du Têt paru chez Tallandier en 2013, Stéphane Mantoux publie un nouvel opus où il conduit cette fois-ci le lecteur au cœur du continent africain pour étudier la série de conflits qui ébranla le Tchad depuis son accession à l’indépendance.

 

L’auteur prend soin d’abord de présenter l’histoire, mal connue, du Tchad depuis la préhistoire. Le lecteur découvre ainsi que la région a vu se développer des structures étatiques d’ampleur comme l’empire de Kanem-Bornou et une division territoriale entre un nord qui est le domaine de chasseurs guerriers et un sud agricole plus pacifique. C’est sur ce territoire, qui n’a rien d’homogène, qu’à la fin du 19e siècle, la France s’implante et transforme le Tchad en une colonie qui ne prend son indépendance qu’en août 1960.

 

Le premier président du Tchad, Tombalbaye, instaure rapidement un parti unique et favorise les populations du Sud aggravant les tensions qui déchirent le pays. Les opposants s’organisent et s’arment. En 1966 naît le FROLINAT, le Front de libération national du Tchad, qui porte des coups de plus en plus sévère au gouvernement. La montée en puissance du FROLINAT oblige la France à intervenir militairement pour soutenir le pouvoir tchadien avec l’opération Limousin en 1969.

 

Les années 1970 ne voient pas une accalmie dans les conflits qui ensanglantent le Tchad. La situation devient même de plus en plus complexe avec la mort de Tombalbaye, les divisions au sein du FROLINAT, l’intervention de puissance extérieure comme le Zaïre, le Nigeria, le Soudan mais surtout la Libye. Et toujour la France dans le cadre des opérations, Tacaud, Manta et Epervier.

 

Dans les années 1980, le conflit tchadien est devenu un mélange de guerre civile et de guerre international. Le FROLINAT de Oueddeï, soutenu par les Libyens affronte les FANT d’Hissène Habré soutenu quant à eux par la France, l’Égypte et les États-Unis. Un conflit de guerre froide en plein cœur de l’Afrique puisque la Libye est armée et reçoit une aide logistique du bloc de l’Est. La situation semble se débloquer quand les FANT s’empare de la base libyenne de Fada, puis de Ouadi Doum et d’Aouzou en 1987.

 

Le coup de grâce à l’intervention libyenne ne se joue pas au Tchad mais dans le sud de la Libye, près de Koufra, quand la base militaire de Maaten as-Sarra est victime d’un raid des FANT en septembre 1987. C’est l’occasion pour Stéphane Mantoux de montrer les méthodes de combat utilisées avec succès dans cette région sahélienne, la fameuse guerre des Toyotas. Ces véhicules utilitaires sont transformés avec des armes relativement anciennes et parfois équipés de matériels modernes comme les missiles Milan. Ils permettent aux troupes d’organiser des raids au long cours jouant sur l’effet de surprise, la puissance de feu et l’extrême mobilité de ces colonnes motorisées. C’est un raid de ce type qui est mené contre Maaten as-Sarra, poussant la Libye a abandonné ses prétentions sur le Tchad.

 

Le livre de Stéphane Mantoux est une synthèse utile sur l’histoire des conflits tchadiens des années 1960 à la fin des années 1980. S’il s’intéresse aux interventions militaires françaises dans cette ancienne colonie, il ne fait pas l’impasse sur les dissensions qui, au-delà de la colonisation, fracturent ce territoire et conduisent à une guerre civile qui dura plus de 30 ans. Le vainqueur de ce combat, Hissène Habré est encore au pouvoir en 2015 et a réussi à faire de son pays une puissance régionale et un pôle de stabilité dans un environnement de plus en plus incertain.

 

L’ouvrage de Stéphane Mantoux, bien illustré et possédant quelques cartes en couleur, est incontournable pour ceux qui souhaitent découvrir l’histoire du Tchad, des conflits dont ce pays fut le théâtre, de l’affrontement entre la France et la Libye qui s’y joua et qui n’était également qu’une partie d’un conflit plus vaste opposant l’Est et l’Ouest.

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communismeetconflits - dans Guerre froide Tchad Afrique Libye
21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 07:28

Alain Frerejean, Tito, Truman. Le coup d’arrêt à Staline, La Bisquine, 2014.

Tito et Truman

La biographie parallèle est un genre ancien qui connaît toujours la faveur des auteurs comme le prouve le livre d'Alain Frerejean. Ce dernier n'est d'ailleurs pas à son coup d'essai puisqu'en 2013 il fut l'auteur d'une biographie croisée de Churchill et Staline. Ici il s'attaque à deux personnages moins flamboyants, Tito le chef partisan puis dirigeant de la Yougoslavie et Harry Truman, le 33e président des États-Unis. Leur point commun réside dans leur opposition aux desseins expansionnistes de Staline aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale.

 

L'auteur axe la première partie de son ouvrage sur Tito dont il décrit l'enfance, la jeunesse, les tribulations dans l'Europe en de la Grande Guerre, le parcours de militant communiste et enfin le rôle de chef des partisans. Puis il s'attache à Truman, un homme modeste du Midwest, un petit boutiquier qui connaît la faillite avant de se lancer dans la politique où il se fait remarquer pour son intégrité et son pragmatisme. Voici donc deux destins bien différents. C'est la guerre et l'occupation allemande de la Yougoslavie qui propulse Tito chef des partisans. Il est reconnu par les Alliés occidentaux comme un partenaire ce qui lui permet de marginaliser ses adversaires nationalistes. Lors de l'effondrement de l'Allemagne, ses partisans libèrent la plus grande partie du pays sans l'aide des Soviétiques et Tito prend en main le pays.

 

Pour Truman ce sont les combinaisons de la machine démocrate qui le propulse vice-président des États-Unis lors du 3e mandat de Roosevelt. Il faut le décès de ce dernier pour que Truman devienne, presque accidentellement président. C'est lui qui prend la décision de lancer des bombes atomiques sur le Japon, c'est lui qui négocie avec Staline à Potsdam. Peu à peu la Guerre froide se profile. Si dans un premier temps Truman se montre conciliant, rapidement il prend conscience des desseins soviétiques. Le coup de Prague le décide à s'engager plus avant contre l'URSS. Il soutient le gouvernement monarchiste grec contre les communistes et met sur pied le plan Marshall pour relever les économies de l'Europe. Surtout il affronte avec courage l'épreuve de force avec Staline lors du blocus de Berlin en 1948.

 

Après 1945 Tito impose son pouvoir en Yougoslavie et se montre plus radical que les autres démocraties populaires. Mais rapidement il refuse la tutelle soviétique ce qui conduit en 1948 à la rupture avec Moscou. Si Staline essaye de déstabiliser la Yougoslavie, organise des projets d'attentat contre Tito, il ne recourt pas à la force armée contrairement à ce qui se passera en 1956 à Budapest et en 1968 à Prague. 1948 marque ainsi le rapprochement, au départ improbable entre les États-Unis et la Yougoslavie socialiste. L'auteur retrace ensuite avec détail le reste de la présidence Truman, notamment la guerre de Corée, puis plus succinctement sa vie jusqu'à sa mort en 1972 ainsi que celle de Tito.

 

L’intérêt de ce livre est de se concentrer sur deux personnalités mal connues mais dont le rôle fut essentiel. Néanmoins l'auteur fait preuve d'un certain manichéisme en présentant face à face un Truman bon mari, intègre, voué exclusivement à la défense du monde libre face à un Tito mégalomane, mauvais père, coureur de jupons, retors et criminel. Surtout le lecteur peut regretter que l'auteur ne développe pas plus la question des liens entre Américains et Yougoslaves face aux Soviétiques.

 

Le livre d'Alain Frerejean, d'une lecture agréable et aisée, s'il n'évite pas les clichés et reste trop souvent factuel, est néanmoins une bonne introduction pour ceux qui veulent découvrir la genèse et le début de la Guerre froide.  

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 07:34

Artemy Kalinovsky, A Long Goodbye: The Soviet Withdrawal from Afghanistan, Harvard University Press, 2011.

L'adieu soviétique à l'Afghanistan

Le livre d'Artemy Kalinovsky s'interroge sur les raisons qui ont poussé les Soviétiques à quitter l'Afghanistan en 1989 après 10 ans de présence militaire. Retrait forcé sous la pression de contraintes intérieures et extérieures ou bien choix délibéré de Gorbatchev ? Pour l'auteur ce départ d'Afghanistan ne fut pas imposé par des raisons militaires ou économiques mais une décision consciente du Kremlin qui choisit alors d'abandonner la politique d'expansion initiée par Brejnev.

 

Les deux premiers chapitres de l'ouvrage retracent les étapes de l'intervention soviétique avant 1985. Cette dernière n'était qu'une partie d'un plan plus large afin de répandre le communisme dans le Tiers-Monde même si l'auteur insiste sur le fait que les Soviétiques ne visaient pas à contrôler le Golfe Persique. Il montre qu'à plusieurs reprises l'URSS à envisager de retirer ses troupes comme en 1982 quand le soutien américain aux moudjahidines empêche finalement une solution diplomatique.

 

Lors de sa première année à la tête de l'URSS, Gorbatchev laisse la guerre se poursuivre, agissant avec prudence pour se laisser toutes les portes ouvertes. Il fait néanmoins savoir au régime afghan que la présence soviétique ne sera pas éternelle et laisse se développer dans les médias une critique publique du conflit. De 1986 à 1988 la direction soviétique envisage de plus en plus un retrait à moyen terme. Pour cela les Soviétiques demande au régime afghan de gagner une plus grande légitimité tout en cherchant une solution négociée avec les États-Unis et le Pakistan. A ce moment le Kremlin est surtout préoccupé par les conséquences possibles d'un retrait sur l'attitude des États qui lui sont proches dans le Tiers-Monde.

 

En 1988-1989, bien que la décision de retrait des troupes fût prise, devant la constatation que le régime de Najibullah ne pourrait tenir, des divisions apparaissent dans la direction soviétique entre les tenants d'une ligne dure qui souhaitent une nouvelle intervention et les réformateurs qui veulent un retrait immédiat. Gorbatchev hésite mais résiste finalement aux faucons qui demandent encore une nouvelle intervention après février 1989. Néanmoins les Soviétiques continuent à fournir une aide militaire et civile jusqu'en 1991.

 

Le travail de Kalinovky est une excellente introduction pour mieux appréhender l'intervention soviétique en Afghanistan et sa place dans la désagrégation de l'URSS. Mais l'auteur lui-même reconnaît que son étude a une portée limitée puisqu'elle néglige le contexte international de ce conflit. Surtout les archives disponibles sur le sujet sont encore limitées et souvent partiales. Le lecteur peut ainsi regretter que Kalinovsky ne dise mot sur les réactions des démocraties populaires d' Europe de l'Est sur l'évolution de la situation en Afghanistan et le dangereux précédent que représente le retrait des troupes soviétiques.

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communismeetconflits - dans Guerre froide Union soviétique et Russie
14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 07:17

Andrew Meier, The Lost Spy: An American in Stalin's Secret Service, W. W. Norton and Co, 2008.

Le premier espion américain au service de l'URSS

Voici l'histoire d'un homme dont le destin, longtemps caché, aurait pu rester encore longtemps enfermé dans des archives poussiéreuses. Isaïah Oggins, intellectuel new-yorkais, assassiné en 1947 sur ordre de Staline fut longtemps un inconnu avant qu'en 1992, le président russe de l'époque, Boris Eltsine, ne remette à la Maison-Blanche le dossier le concernant, dossier jusqu'alors conservé dans les archives du KGB.

 

Basé sur 6 ans d’enquête, le livre d'Andrew Meier, révèle les secrets de cet homme qui fut probablement le premier Américain à faire de l'espionnage pour le compte de l'URSS. Oggins, né en 1898 dans le Connecticut et fils d'un immigrant russe, est étudiant à l'université de Columbia, un haut lieu de l'activisme de gauche dans les années 1920. Il rencontre alors sa femme Nerma, une militante communiste de Manhattan. Captivés par l'idéologie socialiste et l'expérience communiste en Russie, il rejoint le Parti communiste des États-Unis avant d’intégrer, par le biais des réseaux clandestins du Komintern, les services secrets soviétiques en 1928. Oggins quitte alors le continent américain pour parcourir le monde au gré des missions qui lui sont confiées, allant de Berlin à Paris pour espionner les membres de la famille Romanov puis en Mandchourie pour recueillir des renseignements sur les agissements japonais. Sous la couverture d'un couple de bourgeois américains indifférents à la politique, le couple Oggins n'éveille pas la suspicion. Après 11 ans de service, Oggins est convoqué en février 1939 à Moscou où il est arrêté et envoyé au Goulag où il reste 8 ans.

 

En 1942, alors que l'URSS et les États-Unis sont alliés dans la guerre contre l'Allemagne, le Département d’État apprend par hasard l'existence d'Oggins. Le secrétaire d’État, Cordell Hull demande confirmation de sa présence en URSS, les raisons de son emprisonnement et la possibilité qu'un représentant américain puisse le rencontrer. Les Soviétiques commencent par ignorer cette demande puis au bout de six mois, ils fournissent à Oggins un meilleur régime alimentaire et des soins médicaux avant de le faire venir à deux reprises au siège du NKVD à Moscou. Lorsque les États-Unis demandent la libération d'Oggins, les Soviétiques refusent simplement. Le malheureux retourne alors au Goulag pour accomplir l'intégralité de sa peine. A l'expiration de celle-ci, il est finalement exécuté par le NKVD d'une manière horrible, une injection de neurotoxique qui paralyse progressivement le corps alors que la victime reste consciente. Nerma, qui a réussi à rejoindre Paris en 1938 avant de rentrer en Amérique, reste seul avec son fils Robin, aujourd'hui professeur à la retraite et qui a confié à Meier une boîte de photos et des documents concernant son père.

 

La vie d'Oggins était destiné à être effacé de l'Histoire s'il n'y avait eu l'ouverture partielle et brève de son dossier au début des années 1990. A partir de ce dossier l'auteur a traqué de nouveaux éléments, des témoignages, des pistes nouvelles afin de faire sortir Oggins du néant de l'histoire.

 

L'auteur retrace précisément le destin d'un couple de jeunes idéalistes attirés par le communisme au nom de la justice sociale qui se retrouve impitoyablement broyée par la machine répressive stalinienne. Ont-ils eu des doutes, des regrets sur le choix qu'ils ont fait de se donner totalement à leur idéal ? Le livre ne donne pas de réponse claire sur ce sujet mais il suggère que Nerma Oggins est morte en 1995 toujours fidèle à la cause communiste.

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communismeetconflits - dans Guerre froide Communisme aux Etats-Unis
10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 07:12

Frederick Taylor, Le mur de Berlin, Perrin, coll. Tempus, 2011

Le Mur de Berlin, point chaud de la Guerre froide en Europe

Le mur de Berlin reste toujours le symbole incontournable de la guerre froide en Europe. Il est surtout celui d'un drame qui affecta pendant prés de 30 ans une ville, séparant des habitants, des familles, des époux, des amis. Dans Berlin divisés c'est avec une clarté aveuglante que se laisse apercevoir les liens multiples qui se tissent entre tragédies personnelles et passions internationales et politiques.

 

Frédéric Taylor s'attache à raconter cette histoire en essayant de faire la part entre le mythe et l'histoire. Par sa présence physique et sa signification concrète, l'interdiction faite aux hommes et aux femmes de se déplacer librement, le Mur fut une abomination. Mais l'auteur montre que sur le plan géopolitique les choses furent plus ambiguës et que pour de nombreux dirigeants occidentaux le Mur apparaissait comme un élément de stabilisation de la situation. Comme les Berlinois, ils apprirent à vivre avec.

 

Dans le jeu compliqué que se livrèrent l'Est et l'Ouest, Berlin fut un pion sur un échiquier dont les joueurs se trouvaient à Moscou et à Washington. Si le Mur fut érigé en une nuit, son origine remonte à la partition de l'Allemagne en 1945 et au développement rapide de la guerre froide qui fait de la question allemande un potentiel déclencheur de conflit mais aussi un problème insoluble. Symbole de cette division, Berlin-Ouest, ilot capitaliste au milieu d'une république stalinienne, focalise les tensions et les crispations de la Guerre froide.

 

La tentative de Staline de déloger les Occidentaux de Berlin par l'instauration d'un blocus en 1948 est un échec qui ouvre une phase de coexistence dans l'ancienne capitale allemande. La population circule à peu prés librement entre les secteurs de la ville et des services publics sont communs à l'ensemble de Berlin. Mais cette situation est précaire notamment en raison des agissements des dirigeants communistes de l'Allemagne de l'Est. Walter Ulbricht réussi ainsi en janvier 1953 à faire accepter par les Soviétiques l'idée de créer une frontière fortifiée pour séparer la RDA de Berlin-Ouest. Mais la mort de Staline remet le projet en question.

 

La révolte des ouvriers de Berlin-Est en 1953, suivi par une vague d'émigration légale et illégale vers l'Ouest remet à nouveau à l'ordre du jour la question de la frontière puisque l'État est-allemand court le risque de se vider de sa population et de s'écrouler. Ce n'est qu'en 1961 que les Soviétiques donnent à nouveau leur accord pour fermer la frontière. La partie la plus intéressante du livre est justement la préparation de ce bouclage, qui reçoit le nom de code de projet Rose. Le plan est audacieux puisqu'il s'agit, dans le plus grand secret de couper toute possibilité de circulation entre Berlin-Est et Ouest. Le moment choisi est un week-end tranquille au cœur de l'été. Ce qui semblait impossible à beaucoup se réalise en quelques heures le 14 aout 1961.

 

Commence alors la période héroïque du Mur comme dit l'auteur. D'un côté les autorités est-allemandes essayent de rendre le Mur le plus étanche possible en remplaçant les premiers barbelés par des constructions en béton de plus en plus perfectionnées. De l'autre des habitants de la RDA tentent par tous les moyens possibles de s'enfuir vers l'Ouest. Pour cela ils peuvent compter sur l'aide de groupes de Berlinois de l'Ouest, souvent des étudiants, qui organisent des passages et construisent des tunnels sous le Mur.

 

Rapidement le Mur devient une barrière infranchissable et s'installe durablement dans le quotidien des Berlinois. Khrouchtchev et Kennedy ne veulent, pour différentes raisons, faire de Berlin le déclencheur d'un nouveau conflit. L'auteur retrace les drames qui émaillent l'existence du Mur mais aussi des moments plus légers comme la venue à Berlin du vice-président américain Lyndon Johnson. L'Occident reconnaît peu à peu l'existence du Mur à l'exemple de Willy Brandt qui se montra violemment opposé à la construction du Mur en 1961 alors qu'il était le maire de Berlin.

 

La situation semble figée dans les années 1980 dans une situation même de détente avec la visite d'Erich Honecker dans sa région natale de la Sarre en 1987. Dans le même temps le Mur devient un système perfectionné quasiment infranchissable et les tentatives d'évasion deviennent rarissimes. L'auteur décrit avec précision et d'une manière passionnante les semaines précédant la chute du Mur en novembre 1989. Événement inattendu, nait en partie lors d'un malentendu lors d'une conférence de presse et qui ouvre les vannes de la débâcle de la RDA.

 

L'auteur a eu la bonne idée de poursuivre son récit au-delà de 1989. Il montre ainsi la sous-estimation par le chancelier Kohl du coût de la réunification et les désillusions des Allemands de l'Est confrontés à un monde capitaliste inconnu. Ironie de l'histoire, dans une Allemagne dont la chancelière est née en RDA, Berlin est de nos jours dirigé par une coalition formée de communistes réformateurs et de sociaux-démocrates. Voici donc un livre précieux pour découvrir l'un des symboles les plus forts de la Guerre froide en Europe.

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communismeetconflits - dans Communisme allemand Guerre froide

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GuideICSerge Wolikow, Alexandre Courban, David François, Christian Oppetit, Guide des archives de l'Internationale communiste, 1919-1943, Archives nationales-MSH Dijon, Paris-Dijon, 2009. 

9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")