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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 07:00

Liouba Vinogradova, Les Combattantes. Les aviatrices soviétiques contre les as de la Luftwaffe, Editions Heloïse d’Ormesson, 2016.

Les Sorcières de la nuit

La participation des femmes soviétiques à la guerre contre l’Allemagne au sein d’unités de combat est un phénomène bien connu, notamment grâce à des ouvrages anglo-saxons dont celui de Bruce Myles paru en français en 1993. Le livre de Liouba Vinogradova revient sur l’histoire de ces femmes qui servirent dans l’armée de l’air soviétique que ce soit comme pilotes, mécaniciennes ou navigatrices.

L’initiative d’enrôler des femmes dans l’aviation revient à Marina Raskova, célèbre pilote soviétique des années 1930, détentrice du record de la plus longue distance parcourue en avion en 1938. Forte de sa célébrité et de ses entrées au Kremlin, elle parvient à convaincre Staline de former le 122e groupe d’aviation composé exclusivement de femmes. Ce groupe comprend par la suite trois régiments d’aviation, le 586e régiment de chasse, le 587e régiment de bombardement et le 588e régiment de bombardement de nuit. Il est composé de volontaires issues de tous les milieux sociaux, ouvrières, étudiantes, techniciennes.

C’est à travers le regard de ces femmes que Liouba Vinogradova s’attache à décrire le destin particulier de quelques-unes, aussi bien des anonymes que celles qui firent la une des journaux comme Lidya Litvak. Pour cela, l’auteur s’appuie à la fois sur des documents d’archives, des correspondances et des souvenirs et fait ainsi entendre la voix de celles qui sacrifièrent une partie de leur jeunesse, voire leur vie pour défendre leur pays.

Liouba Vinogradova, dans un style clair et particulièrement agréable, retrace ainsi le quotidien de ces femmes aviatrices. De leur apprentissage militaire à Engels aux différentes batailles auxquelles elles prennent part, elle décrit les multiples facettes du vécu de ces femmes, leurs difficultés matérielles, les peurs, les amitiés, les amours, les rapports avec leurs familles à l’arrière, la volonté, aussi, de conserver des signes de féminité dans un univers où les normes dominantes sont masculines. Liouba Vinogradova montre également les divisions qui s’installent entre elles, notamment en raison des différences de grades et de la hiérarchie qui existe entre mécaniciennes et pilotes.

L’auteur ne fait pas l’impasse sur les difficultés que rencontrent les femmes au sein de l’armée. La hiérarchie militaire, si elles acceptent de les employer dans l’armée, rechigne néanmoins à les mettre en première ligne. C’est en effet l’extrême gravité de la situation militaire de l’Union soviétique de juin 1941 au début de 1943 qui permet de briser la division traditionnelle des genres face à la guerre. Les femmes volontaires doivent néanmoins faire la démonstration de leur capacité à combattre à l’égal des hommes. Cela ne se passe pas toujours sans difficultés. Elles subissent les quolibets et moqueries des hommes tandis que la hiérarchie cherche à les isoler, aussi bien des combattants masculins que des combats dont elles sont peu à peu éloignées au fil du temps, à fur et à mesure que l’Armée rouge prend le dessus sur la Wehrmacht. Celles qui parviennent néanmoins à se battre en première ligne, à l’image de Lidya Litviak, la plus célèbre d’entre elles, ne déméritent pas et surpassent bien souvent leurs camarades masculins.

L’ouvrage se termine avec la mort de Lidya Litvak en juillet 1943 qui marque le moment où les femmes dans l’aviation soviétique sont retirées des premières lignes pour réaliser des missions de soutiens et de protection à l’arrière. Les victoires soviétiques qui suivent la bataille de Stalingrad réinstallent la division des genres. L’URSS, de plus en plus assurée d’aller à la victoire, n’a plus besoin de femmes pour combattre les armes à la main.

Le livre de Liouba Vinogradova, offre ainsi à voir, vu d’en bas, ce que fut le destin, les souffrances, mais aussi les joies des centaines de femmes qui démontrèrent par leur courage l’absurdité de l’expression « sexe faible ». Était-il besoin d’une guerre pour cela ?

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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 07:00

Olivier Wievorka, Une histoire de la Résistance en Europe occidentale, Perrin, 2017.

L’armée des ombres en Europe

Après la publication d’un ouvrage remarqué sur l’histoire de la Résistance française, Olivier Wieviorka élargit son champ d’observation à l’ensemble de la résistance en Europe occidentale soit la France, l’Italie, la Belgique, les Pas-Bas, le Danemark et la Norvège. A l’opposé d’une juxtaposition ou d’un catalogue qui décrirait à tour de rôle chaque résistance nationale, il adopte, pour analyser son sujet, une position résolument comparatiste particulièrement fructueuse et riche d’enseignements.

Le pari d’Olivier Wieviorka pouvait se révéler périlleux tant la situation de chaque pays est contrastée à la suite de l’invasion allemande du printemps 1940. Les souverains et les gouvernements de Norvège et des Pays-Bas se réfugient à Londres à l’instar du gouvernement belge dont le roi reste néanmoins au pays. Le Danemark, qui n’est pas entré officiellement en guerre, conserve quant à lui ses institutions tandis que la France est coupée en deux avec le régime de Vichy en zone sud. Quant à l’Italie, elle demeure membre de l’Axe jusqu’en septembre 1943. Cette diversité conditionne le développement de résistances nationales selon des modalités et des chronologies différentes. Pour contourner la difficulté que représente cette hétérogénéité, Olivier Wieviorka se place en surplomb et privilégie l’étude des relations qu’entretiennent les Alliés anglo-saxons avec ses résistances nationales.

À l’été 1940, les Britanniques, qui se retrouvent seules face à l’Axe, sont conscients des possibilités que peut leur apporter le développement d’une guerre subversive en Europe occupée, mais ne disposent d’aucune structure, ni de doctrines concernant son emploi. Churchill fonde alors un service destiné à organiser et animer ce nouveau front, le SOE, rejoint avec l’entrée en guerre des États-Unis par l’OSS, deux services qui vont à la fois soutenir les mouvements de résistance mais également essayer de leur faire appliquer les directives de l’État-major allié.

Olivier Wieviorka montre avant tout que la résistance, phénomène endogène aux pays occupés, n’aurait pu se développer sans le soutien anglo-saxon, notamment en moyens matériels et en armes mais aussi par la propagande. Les relations ne sont pas toujours faciles entre les résistances et les Alliés d’autant qu’elles sont souvent parasitées par les conflits entre services alliés, entre les Anglo-saxons et les pouvoirs en exil, entre ces derniers et la résistance.

Malgré ces difficultés, les Alliés apportent un appui substantiel aux résistants et cela sans faire de discrimination selon leur couleur politique, malgré ce que diront beaucoup de résistants après la guerre. Les incompréhensions qui s’installent entre les Alliés anglo-saxons et les résistances résultent avant tout d’une divergence entre les partenaires quant à leurs objectifs. Si les premiers sont animés par une logique de victoire militaire, les secondes privilégient une logique de libération. Cette divergence est à la base de la controverse entre partisans de l’action immédiate et attentistes. Elle n’empêche pas que les résistants se plient finalement aux exigences de la stratégie définie par les Alliés, une stratégie où ils jouent le plus souvent un rôle de second plan sans être néanmoins négligeable.

Le livre d’Olivier Wieviorka est une réussite qui permet tout à la fois d’élargir nos connaissances sur l’histoire de la résistance hors des frontières hexagonales, de mieux appréhender la place des Britanniques et des Américains dans cette histoire, de réfléchir à l’articulation entre guerre conventionnelle et guerre subversive et de remettre en cause certaines idées reçues. Espérons que ce livre donne à un historien l’idée de se pencher sur les relations de l’Union soviétique avec les résistances nationales en Europe, aussi bien orientales qu’occidentales.

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 07:08

Patrick Fort, Après nous, Editions Arcane, 2016.

Un « Espagnol rouge »

Ce n’est pas sans une certaine appréhension que nous avons ouvert le livre que Patrick Fort consacre à Celestino Alfonso. Depuis quelques années, en effet, la fiction s’est emparée des combattants FTP-MOI de la tristement célèbre Affiche rouge. Ainsi depuis 2009, ils ont été les protagonistes d’un film de Robert Guédiguian, d’un polar de Didier Daenincks, du livre d’Alain Blottiére sur Tomas Elek, de celui de Marie-Florence Ehret sur Olga Bancic, d’une bande dessinée sur Marcel Rayman. Cette profusion pouvait laisser craindre l’apparition dans le domaine éditorial d’un « filon » charriant le bon grain mais surtout le mauvais ivraie, celui qui naît de la facilité et de la caricature. Tel n’est heureusement pas le cas du livre de Patrick Fort, ni d’ailleurs des auteurs cités précédemment.

 

L’auteur retrace les derniers mois de la vie de Celestino Alfonso, de son arrestation à sa mort le 21 février 1944. Chaque chapitre est donc l’occasion de décrire une nouvelle étape du chemin qui mène le résistant à sa fin mais également d’analepses qui racontent son parcours avant son arrestation. Et ce destin possède quelques singularités peu connues que l’auteur met en lumière. Ainsi, si Celestino Alfonso est bien né en Espagne, il n’arrive pas en France à la fin de la guerre civile espagnole comme de nombreux compatriotes qui s’engageront dans la Résistance, mais au début des années 1930, avec sa famille, alors qu’il n’est encore qu’adolescent. Il découvre alors la banlieue ouvrière de Paris, en l’occurrence Ivry-sur-Seine, et s’intègre en trouvant un travail et en militant au sein de la Jeunesse communiste à partir de 1934. Mais quand son Espagne natale devient la proie de la guerre civile, Alfonso se porte volontaire dans les Brigades internationales. Quand il rentre définitivement en France, en février 1939, il est interné au camp de Saint-Cyprien dont il s’évade pour rejoindre sa famille.

 

Quand il s’engage dans la Résistance, Alfonso est en effet marié et père d’un petit garçon. S’il n’est pas le seul dans ce cas, cette situation semble plutôt minoritaire au sein des groupes FTP-MOI de la région parisienne. Patrick Fort raconte alors les ennuis d’Alfonso qui, pour cacher ses activités clandestines, doit mentir à son épouse, provoquant ainsi disputes et suspicions. En effet, Alfonso n’est pas un clandestin, il mène une double vie, partagé entre son emploi et ses activités résistantes. Son arrestation a ainsi lieu au moment où il rentre de son travail pour retrouver sa famille, ce qui permet à Patrick Fort d’offrir au lecteur le récit poignant de l’instant où Alfonso aperçoit les siens pour la dernière fois sans même pouvoir leur faire un signe ou leur lancer un au revoir.

 

Loin de tomber dans la facilité de l’héroïsation de son personnage, l’auteur nous dépeint un Celestino Alfonso profondément humain, plein de doutes et d’angoisses, meurtri de ne pas voir les siens, ni de recevoir de leurs nouvelles quand il est en prison. Il revient également sur les différentes actions d’Alfonso dans la lutte armée, notamment l’exécution de Julius Ritter et prend soin de ne pas donner une image totalement négative des Allemands. La bonté de l’abbé Stock « l’archange des prisons » et le courage du sous-officier qui a pris, à la dérobée, des photos de l’exécution des membres de l’Affiche rouge répondent à la brutalité des policiers français qui torturent Alfonso pour montrer que la barbarie et l’humanité n’ont pas de patrie.

 

Au final, voici un livre à la fois sobre, émouvant et bien documenté sur cet « Espagnol rouge » qui donna sa vie pour la France le 21 février 1944 au côté de 21 de ses camarades.

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 07:00

Gérard Soufflet, Maquisards russes en Bourgogne. Histoire du détachement Léningrad, 1943-1944, Éditions de l’Armançon, 2016.

Résistants soviétiques en Bourgogne

La participation de Soviétiques à la Résistance en France est encore un sujet mal connu qui, à notre connaissance, n’a pas encore été l’objet d’une étude systématique. L’ouvrage de Gérard Soufflet représente de ce point de vue une avancée historiographique en retraçant le destin d’un groupe de maquisards russes entre la Saône et Loire, la Nièvre et la Côte d’Or de 1943 à 1944.

 

Ces maquisards sont pour la plupart d’anciens soldats de l’Armée rouge fait prisonniers par la Wehrmacht sur le front de l’Est et envoyé en France, principalement dans les bassins miniers du Nord et de Lorraine, pour servir de main-d’œuvre. Parmi ces groupes de prisonniers des organisations de résistance voient le jour et des évasions ont lieu. Il revient à la MOI, la structure du PCF chargée d’encadrer les étrangers, de prendre en charge et d’organiser ces évadés soviétiques.

 

Dés l’été 1943, la MOI envoie des Soviétiques dans la région de Montceau-les-Mines où existe un groupe de FTP polonais assez actif. En octobre 1943, suite à des arrestations, les Soviétiques accompagnés de certains Polonais forment un maquis au nord de Chalon-sur-Saône. Ce maquis sovieto-polonais, qui maintient des contacts permanents avec la direction de la MOI à Paris par le biais d’agents de liaison, rayonne sur la région jusqu’en mars 1944. La coexistence en son sein est difficile, les Russes se montrent parfois brutaux avec les civils et n’hésitent pas à se livrer à des actes de banditisme provoquant le mécontentement des Polonais. Un jeune Polonais est même abattu par un camarade soviétique pour avoir trop protesté contre les brutalités russes.

 

Finalement, en mars 1944, les Polonais quittent le maquis Léningrad tandis que les Soviétiques rejoignent le sud de la Nièvre. En réalité, ils combattent encore quelques mois cote à cote en tant que troupes de choc du maquis FTPF Valmy et participent à de nombreux combats entre la Nièvre et la Saône et Loire. La séparation a définitivement lieu en août 1944. Les Polonais forment des unités qui sont conçues comme les noyaux de la future armée de la Pologne libérée. Les Soviétiques quant à eux rejoignent la Côte d’Or et intègrent le maquis Maxime Gorki qui regroupe des combattants étrangers. Ils participent alors aux attaques contre les colonnes allemandes en retraite ainsi qu’à la libération de Châtillon-sur-Seine, quelques jours avant que les troupes alliées venant de Normandie et de Provence ne fassent leur jonction à quelques kilomètres de là, le 12 septembre 1944.

 

L’auteur s’appuie sur un riche corpus archivistique, aussi bien des témoignages, parfois inédits, que les fonds des archives départementales, du service historique de la Défense ou de l’Institut de la mémoire nationale à Varsovie pour retracer ce morceau de l’histoire de la Résistance étrangère en France. Surtout il démontre que l’étude locale de la Résistance permet tout à la fois d’ébranler certains mythes et d’éclairer des lignes politiques élaborées au niveau national voire international. Pour ce qui est des mythes, le livre de Gérard Soufflet montre que le maquis soviétique a bénéficié au moins une fois d’un armement provenant d’un parachutage britannique contredisant la vulgate d’une résistance communiste défavorisée par Londres. Il écorne d’autres légendes en mettant en lumière les dérives vers le banditisme, les tensions entre les différentes nationalités, les méprises tragiques lors d’embuscades.

 

Les tribulations des maquisards soviétiques en Bourgogne mettent aussi en lumière la place particulière de la MOI dans le dispositif communiste en tant que courroies de transmission de la politique soviétique en France. C’est sur son ordre que les maquisards soviétiques se séparent de leurs camarades polonais qui en prévision de l’après-guerre sont destinés à rentrer en Pologne former l’armature du nouveau pouvoir communiste. A ce moment, les Soviétiques, plutôt que de rejoindre les FTPF, se regroupent pour se placer sous les ordres des résistants gaullistes. Pour l’auteur cette décision, qui prive la résistance communiste de l’appui de combattants expérimentés, montre que dès l’été 1944 Staline a abandonné l’idée d’une prise de pouvoir par les communistes français.

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 06:59

Sébastien Albertelli, Histoire du sabotage, de la CGT à la Résistance, Perrin, 2016.

Le sabotage, du politique au militaire

L’industrialisation de l’Europe au 19e siècle permet le développement du machinisme, l’apparition et l’extension de réseaux de transports, de communications, d’énergies. La densité et la complexité de ces réseaux sont pour les États, à la fois gage d’efficacité et de puissance tout en constituant leur talon d’Achille. Cette fragilité est bien perçue par deux milieux profondément différents, le mouvement révolutionnaire et l’armée, qui définissent et conceptualisent, dès la fin du 19e siècle, la pratique du sabotage. C’est l’histoire de ce mode d’action que retrace Sébastien Albertelli dans un ouvrage qui étudie la notion et la pratique du sabotage en France de sa naissance au tournant du siècle à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

C’est dans au sein du mouvement syndicaliste-révolutionnaire que la pratique du sabotage est théorisée, notamment par Émile Pouget auteur d’une brochure célèbre sur le sujet. D’abord conçue comme un moyen de rétorsion contre l’exploitation patronale, elle apparaît vite comme une arme au service du projet révolutionnaire et enflamme l’esprit des militants de la CGT mais également des partisans de Gustave Hervé. Mais très rapidement les partisans du sabotage au sein du mouvement ouvrier se retrouvent isolés face à ceux qui prônent l’action de masse comme Jaurès avant 1914 où les communistes durant l’entre-deux-guerres.

 

La pratique du sabotage intéresse également les militaires depuis 1870 et des actions sont prévus en cas de conflit avec l’Allemagne. La Première Guerre mondiale voit donc l’organisation d’opérations de sabotage effectuées par chaque camp avec plus ou moins de succès. Celles menées par les Français préfigurent par bien des points ce qui se passera durant la Seconde Guerre mondiale avec l’utilisation de l’aviation pour déposer des saboteurs derrière les lignes ennemies. Arme du faible contre le fort, les troupes françaises qui occupent la Ruhr en 1923 sont confrontés au sabotage, préfigurant en quelque sorte la situation qui prévaudra dans l’Europe occupée par les armées allemandes à partir de 1939.

 

Sébastien Albertelli accorde une large place à l’étude du sabotage dans la France occupée de 1940 à 1944. Maîtrisant parfaitement son sujet, l’auteur décrit et analyse le rôle des mouvements de Résistance, des services britanniques, notamment le SOE, et de la France libre dans le développement du sabotage, la place qui lui est assignée dans le cadre de la stratégie alliée, son efficacité dans les combats de la Libération. Un ultime chapitre rend compte des tentatives infructueuses du Reich d’organiser à partir de la fin de 1944 l’envoi de saboteurs dans la France libérée.

 

L’émergence du sabotage sur la scène politique et militaire entraîne simultanément l’apparition de la figure du saboteur dont Sébastien Albertelli se fait aussi l’historien. Il montre ainsi que cette figure est utilisée comme un repoussoir pour discréditer la gauche comme le fait Clemenceau en 1906-1908 pour combattre la CGT ou lors de la Drôle de guerre contre les communistes. Si l’image du saboteur politique est donc largement négative, il n’en est pas de même du saboteur patriotique comme le montre l’exemple de la Résistance.

 

Première histoire du sabotage, le livre de Sébastien Albertelli démontre largement l’intérêt et la richesse qu’il est possible de tirer d’un objet d’étude au croisement de l’histoire politique et militaire. D’une lecture agréable et solidement référencé, cet ouvrage qui fait date ne manque pas non plus d’une certaine actualité au regard de la situation sociale tendue que connaît actuellement la France.

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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 07:00

Marcus Klingberg, Le dernier espion, Nouveau Monde, 2015

Klingberg, le savant israélien au service de l’URSS

Marcus Klingberg est certainement le plus important agent soviétique ayant opéré en Israël. Ses mémoires sont parus en France en avril 2015, quelques mois seulement avant son décès à l’age de 97 ans en novembre de la même année, sont un témoignage précieux pour comprendre ce qu’a pu représenter le communisme pour les générations nées au début du 20e siècle.

 

Klingberg est né en 1918 dans une famille juive orthodoxe de Varsovie. En réaction à l’antisémitisme qu’il découvre concrètement lorsqu’il entame ses études de médecine en 1935, il se positionne politiquement à gauche. En 1939, il fuit la Pologne occupée par la Wehrmacht pour rejoindre l’URSS et poursuivre ses études à Minsk. C’est dans cette ville qu’il est surpris par l’attaque allemande du 22 juin 1941. Le jour même, il s’engage dans l’Armée rouge comme médecin militaire avant d’être blessé en octobre. Il reprend ses études et devient épidémiologiste en 1943. À la fin de la guerre il est capitaine de l’Armée rouge et chef du département d’épidémiologie de la République soviétique de Biélorussie.

 

De retour en Pologne où il apprend que sa famille a disparu dans le camp de Treblinka, il se marie et devient un responsable du département d’épidémiologie du ministère de la Santé. Son épouse, survivante du ghetto de Varsovie, ne souhaitant plus vivre en Pologne, le couple s’installe dès 1946 en Suède. Deux ans plus tard, il part pour Israël où il sert comme médecin dans l’armée. En 1957, Klingberg devient le directeur adjoint de l’Institut de recherche biologique qui travaille en particulier sur les armes chimiques et biologiques. Scientifique reconnue, il devient professeur à l’Université de Tel-Aviv et participe à des commissions internationales de chercheurs.

 

Cette brillante carrière est soudainement interrompue en 1983 par son arrestation par le Shin Beth, le service israélien de contre-espionnage, à la suite des révélations d’un agent double. Longuement interrogé, Klingberg craque et reconnaît son activité d’espionnage au profit de l’URSS. Il a été contacté à la fin des années 1950 par le KGB par un certain Victor qui devient son agent traitant. Jusqu’en 1967, Klingberg livre des renseignements ultra-secrets aux Soviétiques sur le programme d’armement biologique et chimique en Israël. Il perd le contact avec le KGB après la guerre des Six-Jours qui entraîne la rupture des relations diplomatiques entre Moscou et Tel-Aviv. Il renoue avec les Soviétiques au début des années 1970 lors de différents voyages en Europe dans le cadre de l’Organisation mondiale de la Santé.

 

Jugé par la Cour Suprême d’Israël, Klingberg est condamné à 30 ans de prison. Pendant une dizaine d’années, il est au secret sous un faux nom dans une prison de haute sécurité. En 1998, il est libéré mais assigné à résidence. Il ne retrouve sa liberté qu’en 2003 et quitte alors Israël pour s’établir auprès de sa famille à Paris où il termine ses jours.

 

Le livre de Marcus Klingberg ne se lit pas comme un roman d’espionnage, car la réalité de l’espionnage est bien plus prosaïque que la fiction. C’est d’ailleurs ce qui fait la force de ce livre. L’auteur raconte ainsi en détail les étapes de son recrutement qui se déroule de manière progressive sur plusieurs années alors que Klingberg n’a pas encore accès à des secrets d’État. Il révèle également les différents procédés de communication utilisés entre lui et son agent traitant, procédés qui peuvent parfois apparaître rudimentaire mais qui n’en sont pas moins efficaces. En effet si dès 1963, le Shin Beth soupçonne Klingberg de travailler pour l’URSS, il n’aura assez d’élément pour l’arrêter qu’au début des années 1980.

 

L’aspect le plus intrigant de l’ouvrage de Klingberg concerne les motivations de son auteur. Citoyen israélien ordinaire et scientifique de renommée internationale, il est un modèle de réussite sociale au-dessus de tout soupçon. Il n’espionne pas pour l’argent, n’est l’objet d’aucun chantage, ni n’agit par haine de son pays. À l’instar des grands espions comme Kim Philby ou Klaus Fuchs, Klingberg a agit par idéalisme et par reconnaissance envers une Union soviétique qui a vaincu le nazisme et qui, lui offrant un abri en 1939, lui a sauvé la vie. Cela au risque de tout perdre mais sans regret, ni remords.

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 07:47

Franck Liaigre, Les FTP: Nouvelle histoire d’une Résistance, Perrin, 2015

Les FTP, nouvelle approche de l'histoire de la Résistance communiste

Organisation incontournable dans l’histoire de la Résistance française, objet de dénigrement ou figure de légende héroïque, les Francs-Tireurs et Partisans ont longtemps été les parents pauvres de l’historiographie. La chose est en partie réparée avec l’ouvrage, issu d’une thèse, que leur consacre Franck Liaigre. Nous disons en partie, car l’auteur concentre l’essentiel de son étude sur la création et l’action des FTP dans les villes de la zone occupée durant la période 1941-1943. Le lecteur trouvera donc peu de choses sur les maquis, l’action des FTP dans le sud du pays ou sur la période de la Libération. Il est vrai que traiter ces sujets aurait nécessité de consulter une masse énorme de documents d’archives en plus de l’impressionnant corpus documentaire déjà utilisé par Franck Laigre.

L’auteur montre avec précision le processus de formation des FTP, issus de la fusion entre l’Organisation spéciale (OS) du PC, les Bataillons de la jeunesse et l’OS de la Main d’œuvre immigrée. Loin d’être le fruit d’une spontanéité militante, les FTP naissent de la volonté de la direction du PCF de répondre à la demande de Moscou de mener une lutte de partisans en France contre la Wehrmacht après l’invasion de l’URSS en juin 1941. Les dirigeants du PCF désignent pour cela certains cadres en raison de leur expérience de la clandestinité comme Charles Tillon ou Pierre Georges pour trouver des combattants en région parisienne et en province et former les premiers détachements de la lutte armée. Ces responsables font alors appel à leurs réseaux militants constitués avant la guerre. Ainsi à Dijon, Lucien Dupont fait appel à ses anciens camarades de classe ou aux membres du club sportif qu’il a fréquenté quelques années plus tôt. Ces premiers noyaux FTP se caractérisent par leur grande fragilité, l’étroitesse de leur recrutement les rend en effet particulièrement vulnérables aux coups de la police, le cloisonnement des groupes est sans effet quand la majorité des combattants sont des vieux « copains » dont les identités sont connues de chacun des membres.

Les FTP ne regroupent au final qu’une petite minorité des militants communiste, quelques dizaines dans les villes de province et même pas une centaine en région parisienne. À la peur de la répression s’ajoute souvent le rejet du terrorisme individuel pour expliquer la réticence des militants à s’engager dans les FTP. La direction du PCF en est particulièrement consciente puisqu’elle prend bien soin de ne pas revendiquer certains attentats comme celui du métro Barbés en août 1941 ou celui de Nantes en octobre qui entraîne la fusillade de nombreux otages dont ceux du camp de Chateaubriand. Cette répugnance militante face aux attentats individuels liée à l’efficacité de la répression anticommuniste, essentiellement menée par les Brigades spéciales de la Préfecture de police de Paris et les brigades régionales de la police judiciaire, maintient les FTP dans un état groupusculaire dans les villes.

La faiblesse numérique des FTP, sans oublier la pauvreté de leurs armements, explique en grande partie le peu d’efficacité de la lutte armée urbaine. Selon Franck Liaigre, seulement 75 soldats allemands sont tués à Paris de juin 1941 à la Libération et moins de 500 pour l’ensemble du pays. Les sabotages, s’ils sont plus nombreux que les attaques directes, ne parviennent pas non plus à perturber le fonctionnement de la machine de guerre allemande. La formation des maquis donnera sur ce point un second souffle aux FTP, la guerre de partisans prenant alors le relais d’une guérilla urbaine anémique.

L’auteur n’oublie pas dans son ouvrage de traiter largement du quotidien des résistants communistes mais également de la question des exécutions des collaborateurs et des « traîtres » au Parti, ainsi que des moyens dont les FTP usent pour survivre matériellement avec les braquages de mairies ou de bureaux de poste, flirtant parfois avec le banditisme pur et simple. Il livre ainsi un tableau documenté de la vie quotidienne des FTP, une histoire au ras du sol où se mêlent sacrifice, héroïsme, maladresse, peur, échec et qui a le mérite de rendre aux combattants des FTP une humanité aussi éloignée que possible des légendes noires ou dorées.

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 07:25

Guillaume Bourgeois, La véritable histoire de l’Orchestre rouge, Nouveau Monde, 2015

L’Orchestre rouge, du mythe à la réalité

Le livre de Guillaume Bourgeois pourrait être sous-titré « histoire d’une mystification historique ». L’histoire de l’Orchestre rouge est entrée dans la mythologie de l’histoire de l’espionnage et de la Seconde Guerre mondiale depuis 1967 avec la parution du livre de Gilles Perrault, objet de nombreuses traductions et éditions ultérieures, la dernière datant de 1989. En 1975, le personnage central de cette histoire, Leopold Trepper livre ses souvenirs dans Le Grand Jeu, là aussi un succès d’édition. Depuis, d’innombrables articles et livre mais aussi des films comme celui de Jacques Rouffio en 1989, perpétuent la mémoire de ce qui fut considéré comme le plus grand réseau d’espionnage soviétique dans l’Europe occupée.

 

Profitant de l’ouverture des archives soviétique dans les années 1990 mais également de la déclassification de dossiers du FBI et du MI5, Guillaume Bourgeois a entrepris il y a une vingtaine d’années de reprendre le sujet en partant de ces sources nouvelles. Reconstruisant méthodiquement l’histoire du mythique Orchestre rouge, il découvre en chemin de nouvelles pistes, de nouveaux protagonistes, de nouveaux témoins. Il découvre surtout la réalité derrière un mythe savamment construit. D’abord l’Orchestre rouge à Bruxelles et Paris n’a jamais livré d’informations stratégiques à Moscou, faute de sources mais également faute de moyens de transmissions. Ensuite certains des membres du réseau, à commencer par son chef lui-même, Trepper, ont fait preuve de légèreté confinant parfois à l’amateurisme. Ainsi, Trepper et Gourevitch n’hésitent pas à se mettre en couple et à avoir des enfants, ce qui ne peut que fragiliser leur sécurité alors qu’ils sont responsables d’un réseau d’espionnage en territoire ennemi.

 

L’auteur démontre que ce sont des imprudences qui font tomber le réseau et que Trepper, une fois pris par les Allemands, n’hésite pas à livrer ce qu’il en reste. La collaboration qu’il conduit avec les Allemands lui vaut un traitement de faveur qu’il utilisera pour s’évader, conscient alors que l’Allemagne va perdre la guerre et qu’il doit se racheter. Il n’en est pas moins responsables de la mort de nombre de ses agents et d’avoir conduit les Allemands bien prés de la direction du PCF. Les Soviétiques en seront parfaitement conscient et le condamneront en 1945 à 10 ans de prison pour haute trahison.

 

Rencontrant Gilles Perrault dans les années 1960, Trepper lui livrera une histoire totalement fausse de son action pendant la guerre mais suffisamment crédible pour apparaître vrai. Fort du succès du livre de Perrault, il écrira son autobiographie, dont certains passages sont de la pure fiction, pour asseoir son image de grands espions capable de berner les Allemands au point que ces derniers livreront des renseignements cruciaux à l’URSS. Jusqu’au travail de Guillaume Bourgeois cette légende fut considérée comme authentique.

 

Le livre de Guillaume Bourgeois est de bout en bout passionnant, tant par les informations qu’il livre, que par l’ampleur de la documentation consultée. Si parfois l’auteur, par manque de sources, reconstruit des faits en s’appuyant sur la logique, l’ensemble est néanmoins solide et marque un réel progrès dans la connaissance des réseaux soviétiques en Europe occidentale où se croisent les Partis locaux, les services de renseignement et le Komintern.

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 07:16

2e Guerre mondiale, n°59, avril-mai 2015.

De la Pologne au Caucase

Le dernier numéro du magazine 2nde Guerre mondiale, paru début avril, livre un dossier et trois articles sur le front de l’Est.

 

Le dossier, sous la plume de Vincent Bernard, décrit et compare l’état des forces de la Wehrmacht et de l’Armée rouge au printemps 1941, à la veille de l’opération Barbarossa. Si le traitement du dossier est classique avec force tableaux et organigrammes, l’auteur montre que l’armée soviétique est alors en pleine transformation et dispose d’un potentiel qui s’il n’apparaît pas lors des désastres de l’année 1941 jouera un rôle essentiel dans la suite du conflit.

 

Jean-Baptiste Murez retrace le parcours de la 16e division d’infanterie allemande, l’unité qui fut engagée le plus profondément dans le Caucase.

 

Stéphane Mantoux décrit et analyse un sujet peu connu, l’invasion et l’occupation de la Pologne orientale par l’URSS en septembre 1939. Il montre que cette invasion ne fut pas une simple promenade de santé pour les Soviétiques qui rencontrèrent une certaine résistance et que l’épisode est un premier avertissement sur les faiblesses de l’appareil militaire soviétique seulement deux ans après les grandes purges. Soulignons que l’auteur ne s’arrête pas aux seuls aspects militaires de l’occupation soviétique en Pologne et montre l’imposition par la force du système stalinien à une société polonaise traumatisée.

 

Parmi les rubriques habituelles dans le magazine, soulignons la fiche personnage qui est ici consacrée à Nikolaï Kouznetsov, commissaire du peuple à la marine pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

Voici donc un numéro de 2e Guerre mondiale intéressant et stimulant en attendant la parution du prochain opus dans une nouvelle formule qui promet tout à la fois de nouvelles rubriques et des dossiers plus importants.

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 06:40

Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Vendémiaire, 2014

Des policiers insurgés.

L’histoire de la police est au cœur de nombreux ouvrages traitant de l’Occupation en France. Instrument de répression au service des autorités de Vichy mais aussi des Allemands, l’institution policière apparaît ainsi fortement compromise. Pourtant à l’été 1944, ce sont les policiers parisiens qui sont les fers de lance de la libération de la capitale.

 

Christian Chevandier montre que cet étonnant retournement s’inscrit dans une évolution souterraine : l’hostilité des policiers contre les Allemands ne cessent de grandir et s’exprime de nombreuses façons. Certains font preuves de mauvaises volontés lors des rafles des Juifs, d’autres n’interviennent pas lors des manifestations du 14 juillet 1944. La Résistance se développe au sein de la police. Des policiers entrent en clandestinité tandis que le 14 août, les représentants des trois principaux mouvement de résistance policier, dont le Front national de la police proche des communistes, lancent une grève générale pour le lendemain, grève qui est largement suivie. Le 19, environ 2 000 policiers en grève occupent la Préfecture de police de Paris et hissent le drapeau tricolore en plein Paris. La police vient de lancer l’insurrection qui conduit à la Libération de la ville. Une course de vitesse s’engage alors entre gaullistes, plutôt hostiles à l’insurrection, et partisans de cette dernière. Chaban-Delmas presse le général Koenig d’envoyer des troupes régulières sur Paris tandis que Parodi, représentant du général de Gaulle, intronise Charles Luizet comme nouveau Préfet de Police.

 

Les policiers combattent aux cotés des FFI puis des soldats français de la division Leclerc. Les combats pour la Libération de Paris font environ 5 000 morts dont 3 200 Allemands et un millier de FFI. La police compte ainsi 152 tués. Le 31 août, le gouvernement s’installe à Paris et a besoin de la police pour asseoir son autorité et mettre au pas les groupes armés issus de la Résistance et souvent proche du PCF.

 

Après la description du rôle de la police dans la Libération de Paris, l’auteur analyse ce groupe particulier, en en dressant un portrait sociologique et politique à travers l’étude des dossiers individuels des 152 policiers résistants tués durant les combats. La plupart sont né dans le nord de la France, dans des familles modestes. Ils sont entrés jeune dans la vie active et ont pour la plupart connu d’autres professions avant d’intégrer la police. Il montre ainsi que ce sont les gardiens de la paix et les petits gradés qui s’engagent le plus massivement dans la résistance, bouleversant au passage les hiérarchies traditionnelles. Leurs motivations ne sont pas idéologiques, la plupart ont subi la défaite et l’occupation comme une humiliation. L’insurrection leur apparaît donc comme un moyen de retrouver une dignité perdue.

 

L’auteur retrace également la mémoire de cette participation policière à la Libération, une mémoire mise à l’honneur par les autorités. De Gaulle a en effet besoin de la police pour assurer le maintien de l’ordre dans un pays en convalescence et cela nécessite d’effacer le souvenir du rôle de la police sous l’occupation pour lui substituer l’image de policiers combattants. La réhabilitation de la police passe par cette exaltation du rôle des policiers dans la Libération.

 

Les policiers français servirent donc à quelques mois d’intervalles à la fois Pétain et de Gaulle et si l’institution policière a collaborée, il est indéniable que des policiers ont résisté. Loin des stéréotypes et des anachronismes, Christian Chevandier met en perspectives et éclaire cette apparente contradiction qui fut alors celle de nombreux Français.

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communismeetconflits - dans Seconde Guerre mondiale Résistance

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GuideICSerge Wolikow, Alexandre Courban, David François, Christian Oppetit, Guide des archives de l'Internationale communiste, 1919-1943, Archives nationales-MSH Dijon, Paris-Dijon, 2009. 

9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")