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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 07:00

Liouba Vinogradova, Les Combattantes. Les aviatrices soviétiques contre les as de la Luftwaffe, Editions Heloïse d’Ormesson, 2016.

Les Sorcières de la nuit

La participation des femmes soviétiques à la guerre contre l’Allemagne au sein d’unités de combat est un phénomène bien connu, notamment grâce à des ouvrages anglo-saxons dont celui de Bruce Myles paru en français en 1993. Le livre de Liouba Vinogradova revient sur l’histoire de ces femmes qui servirent dans l’armée de l’air soviétique que ce soit comme pilotes, mécaniciennes ou navigatrices.

L’initiative d’enrôler des femmes dans l’aviation revient à Marina Raskova, célèbre pilote soviétique des années 1930, détentrice du record de la plus longue distance parcourue en avion en 1938. Forte de sa célébrité et de ses entrées au Kremlin, elle parvient à convaincre Staline de former le 122e groupe d’aviation composé exclusivement de femmes. Ce groupe comprend par la suite trois régiments d’aviation, le 586e régiment de chasse, le 587e régiment de bombardement et le 588e régiment de bombardement de nuit. Il est composé de volontaires issues de tous les milieux sociaux, ouvrières, étudiantes, techniciennes.

C’est à travers le regard de ces femmes que Liouba Vinogradova s’attache à décrire le destin particulier de quelques-unes, aussi bien des anonymes que celles qui firent la une des journaux comme Lidya Litvak. Pour cela, l’auteur s’appuie à la fois sur des documents d’archives, des correspondances et des souvenirs et fait ainsi entendre la voix de celles qui sacrifièrent une partie de leur jeunesse, voire leur vie pour défendre leur pays.

Liouba Vinogradova, dans un style clair et particulièrement agréable, retrace ainsi le quotidien de ces femmes aviatrices. De leur apprentissage militaire à Engels aux différentes batailles auxquelles elles prennent part, elle décrit les multiples facettes du vécu de ces femmes, leurs difficultés matérielles, les peurs, les amitiés, les amours, les rapports avec leurs familles à l’arrière, la volonté, aussi, de conserver des signes de féminité dans un univers où les normes dominantes sont masculines. Liouba Vinogradova montre également les divisions qui s’installent entre elles, notamment en raison des différences de grades et de la hiérarchie qui existe entre mécaniciennes et pilotes.

L’auteur ne fait pas l’impasse sur les difficultés que rencontrent les femmes au sein de l’armée. La hiérarchie militaire, si elles acceptent de les employer dans l’armée, rechigne néanmoins à les mettre en première ligne. C’est en effet l’extrême gravité de la situation militaire de l’Union soviétique de juin 1941 au début de 1943 qui permet de briser la division traditionnelle des genres face à la guerre. Les femmes volontaires doivent néanmoins faire la démonstration de leur capacité à combattre à l’égal des hommes. Cela ne se passe pas toujours sans difficultés. Elles subissent les quolibets et moqueries des hommes tandis que la hiérarchie cherche à les isoler, aussi bien des combattants masculins que des combats dont elles sont peu à peu éloignées au fil du temps, à fur et à mesure que l’Armée rouge prend le dessus sur la Wehrmacht. Celles qui parviennent néanmoins à se battre en première ligne, à l’image de Lidya Litviak, la plus célèbre d’entre elles, ne déméritent pas et surpassent bien souvent leurs camarades masculins.

L’ouvrage se termine avec la mort de Lidya Litvak en juillet 1943 qui marque le moment où les femmes dans l’aviation soviétique sont retirées des premières lignes pour réaliser des missions de soutiens et de protection à l’arrière. Les victoires soviétiques qui suivent la bataille de Stalingrad réinstallent la division des genres. L’URSS, de plus en plus assurée d’aller à la victoire, n’a plus besoin de femmes pour combattre les armes à la main.

Le livre de Liouba Vinogradova, offre ainsi à voir, vu d’en bas, ce que fut le destin, les souffrances, mais aussi les joies des centaines de femmes qui démontrèrent par leur courage l’absurdité de l’expression « sexe faible ». Était-il besoin d’une guerre pour cela ?

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 07:16

2e Guerre mondiale, n°59, avril-mai 2015.

De la Pologne au Caucase

Le dernier numéro du magazine 2nde Guerre mondiale, paru début avril, livre un dossier et trois articles sur le front de l’Est.

 

Le dossier, sous la plume de Vincent Bernard, décrit et compare l’état des forces de la Wehrmacht et de l’Armée rouge au printemps 1941, à la veille de l’opération Barbarossa. Si le traitement du dossier est classique avec force tableaux et organigrammes, l’auteur montre que l’armée soviétique est alors en pleine transformation et dispose d’un potentiel qui s’il n’apparaît pas lors des désastres de l’année 1941 jouera un rôle essentiel dans la suite du conflit.

 

Jean-Baptiste Murez retrace le parcours de la 16e division d’infanterie allemande, l’unité qui fut engagée le plus profondément dans le Caucase.

 

Stéphane Mantoux décrit et analyse un sujet peu connu, l’invasion et l’occupation de la Pologne orientale par l’URSS en septembre 1939. Il montre que cette invasion ne fut pas une simple promenade de santé pour les Soviétiques qui rencontrèrent une certaine résistance et que l’épisode est un premier avertissement sur les faiblesses de l’appareil militaire soviétique seulement deux ans après les grandes purges. Soulignons que l’auteur ne s’arrête pas aux seuls aspects militaires de l’occupation soviétique en Pologne et montre l’imposition par la force du système stalinien à une société polonaise traumatisée.

 

Parmi les rubriques habituelles dans le magazine, soulignons la fiche personnage qui est ici consacrée à Nikolaï Kouznetsov, commissaire du peuple à la marine pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

Voici donc un numéro de 2e Guerre mondiale intéressant et stimulant en attendant la parution du prochain opus dans une nouvelle formule qui promet tout à la fois de nouvelles rubriques et des dossiers plus importants.

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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 07:43

« Stalingrad », film russe de Fiodor Bondartchouk, 2013.

Stalingrad

Après Jospeh Vilsmaier en 1993 et Jean-Jacques Annaud en 2001, c'est le réalisateur russe Fiodor Bondartchouk qui en 2013 propose un film sur la bataille de Stalingrad. Notons d'ailleurs que l'acteur allemand Thomas Kretschmann qui joua un lieutenant de la 6e armée dans le film de 1993 incarne en 2013 un capitaine.

 

L'histoire débute quand les Allemands ne sont plus qu'à quelques centaines de mètres de la Volga dont le contrôle scellerait la défaite des Soviétiques. L'Armée rouge lance un assaut pour contenir son adversaire. C'est un échec mais un petit groupe de survivants parvient à se réfugier dans un immeuble dévasté. Face à eux se trouve un capitaine allemand qui a reçu la mission de prendre ce bâtiment coûte que coûte. Un combat à mort s'engage dans lequel l'ensemble des protagonistes finissent par disparaître.

 

Le film de Bondartchouk montre parfaitement la cruauté de la guerre urbaine entre les corps-à-corps, le feu impitoyable des snipers, les combats d'un étage à un autre, d'une pièce à une autre. Soulignons aussi que le réalisateur montre aussi le quotidien des habitants de Stalingrad qui tentent de survivre comme ils peuvent dans les ruines de leur cité et au milieu des combats. Sur le plan esthétique le film est une réussite. Les images, visiblement retravaillées, sont belles et les ralentis stylisés rappellent le film « 300 ».

 

Le film, hélas, pâtit de nombreuses invraisemblances : des soldats soviétiques en flamme qui continuent à mener l'assaut contre les positions allemandes, d'autres qui, au péril de leur vie, vont chercher une baignoire pour permettre à une civile de prendre un bain sans parler du sniper qui est touché au bras et dont la blessure disparaît dans les scènes suivantes.

 

Si le réalisateur a visiblement souhaité éviter les manichéismes réducteurs en mettant en scène les doutes de l'officier allemand, il ne parvient pas à éviter parfois certains accents patriotiques. Son éloge du courage des soldats russes est parfois caricatural et enlève à ses personnages toute personnalité en les transformant en sorte de super-héros. Surtout, l'esthétisme léché des scènes de combat met parfois mal à l'aise tant il peut laisser croire que la guerre est belle.

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 07:51

Chris Bellamy, Absolute War : Soviet Russia in the Second World War, Vintage, 2008.

L'URSS dans la guerre mondiale

Voici un livre que tous les amateurs de l'histoire de la guerre entre l'Allemagne nazie et l'URSS ne peuvent qu'apprécier. L'auteur, profitant de l'ouverture quasi-complète des archives soviétiques au début des années 1990, avant que le gouvernement Poutine ne les referme à la fin de la décennie, a pu consulter de nombreux rapports militaires originaux, des rapports du NKVD destinés à Staline, des comptes rendus de discussions à la Stavka et de nombreux autres documents non censurés. Cela lui permet de remettre en cause de nombreux mythes, comme celui de la disparition de Staline à l'annonce de l'invasion allemande.

 

L'auteur prend soin également de chiffrer régulièrement les pertes qui affectent chaque camps et les met en parallèle avec ceux des Alliés à la même période. Il démontre ainsi, sans doute possible, que la Seconde Guerre mondiale en Europe a été remportée à l'Est, qui fut le front décisif du conflit. Il souligne qu'aussi impitoyables que furent Staline et ses hommes, ils réussirent à gagner la guerre et que ce fut essentiellement pour des raisons politiques que les Alliés occidentaux refusèrent de reconnaître le sacrifice des Soviétiques.

 

L'intérêt du livre repose également sur l'étude des interactions entre les responsables militaires et politiques soviétiques. L'auteur montre ainsi l'évolution de ce collectif qui souvent provoqua des erreurs tragiques par simple vanité. Il donne aussi un portrait plus nuancé de Staline. Si ce dernier fut à l'origine de pertes soviétiques importantes, il a également permis la victoire finale. La situation de l'URSS l'oblige, à contrecœur, à écouter son entourage et à prendre ses décisions sur la base d'informations vérifiées et non imaginaires. L'auteur utilise également l'agenda du dictateur pour savoir qui il a vu durant le conflit et quand furent prises les grandes décisions pour l'évolution du conflit.

 

Mais l'URSS, même en guerre, reste un État totalitaire qui doit tenir la population bien en main pour ne pas se déliter, notamment lors des défaites initiales. Ce fut le rôle du NKVD et de ses dizaines de milliers d'agents, bien organisés et motivés, d'assurer ce contrôle. Sans cela Staline n'aurait pu exploiter l'ensemble des ressources du pays pour repousser les Allemands

Voici un livre bien écrit qui remet en cause bien des légendes et donne une vision équilibrée de la formidable épreuve qui frappa le peuple soviétique entre 1941 et 1945.

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 07:45

« Barbarossa déraille. La Wehrmacht à l'épreuve du front de l'Est », 2e Guerre Mondiale, hors-série, octobre-décembre 2013. 

Barbarossa, une défaite allemande ?

Le titre du dernier numéro spécial de 2e Guerre Mondiale reprend celui d'un ouvrage du célèbre historien militaire américain David Glantz afin de montrer que l'opération Barbarossa, l'invasion de l'URSS par l'armée allemande en juin 1941, ne fut pas, comme une imagerie populaire l'a laissé longtemps croire, une promenade de santé à travers les plaines russes mais bien le premier acte de la défaite allemande en URSS. Et il revient à Stéphane Mantoux, l'auteur de ce numéro, de nous en faire la démonstration.

 

Pour cela il nous montre les faiblesses de la la Wehrmacht en 1941 et elles sont nombreuses. L'armée allemande a négligé la préparation de l'invasion, notamment dans le domaine logistique. Si l'arme blindée allemande a fait la preuve de son efficacité, elle demeure une exception au sein d'une armée où les chevaux sont encore largement utilisés pour les transports et où le gros de la troupe est formé de fantassins à pied. Elle a sous-estimé le potentiel militaire et économique soviétique alors que l'industrie allemande n'a pas été entièrement mobilisée pour la guerre. Face à la Wehrmacht, Stéphane Mantoux montre que l'armée rouge n'a rien à voir avec l'image, longtemps dominante, d'un outil militaire inefficace. La pensée militaire soviétique des années 1930 est foisonnante tandis que les expériences espagnoles, mandchoues et finlandaise ont été analysées pour en tirer les conséquences. Mais en juin 1941 le redressement militaire soviétique n'est pas achevé aussi bien en matière de doctrine, de logistiques, d'effectifs, d'armement.

 

L'auteur s'emploie ensuite, à travers trois exemples, à illustrer son postulat de départ, à savoir que le déroulement de Barbarossa pose les fondements de la future défaite allemande. Le premier cas exposé est celui de la prise de la forteresse de Brest-Litovsk qui fait la démonstration de la combativité des soldats soviétiques et préfigure en quelque sorte ce que sera la bataille dans Stalingrad. Le second cas, certainement le plus intéressant, est celui de la bataille de Smolensk où malgré les énormes pertes subies, l'armée rouge réussit à monter des contre-attaques, à reprendre du terrain et à faire reculer la Wehrmacht. Sur le plan stratégique si les Allemands l'emportent, l'arrêt momentané de l'avance allemande sur Moscou leur fait perdre un temps précieux. Brest-Litovsk et Smolensk saignent également une armée allemande qui ne dispose plus des réserves humaines et matérielles nécessaires pour ses ambitieux projets. Le dernier exemple choisi concerne l'échec des troupes roumaines à s'emparer de la ville d'Odessa. Il montre ainsi la faiblesse des alliés de l'Allemagne face aux Soviétiques, faiblesse que l'armée rouge saura exploiter pour remporter la bataille de Stalingrad.

 

Voici un numéro particulièrement réussi car il ne se limite pas à un simple exposé des événements reprenant une vulgate bien connue. Au contraire, Stéphane Mantoux, s'appuyant sur les dernières données de la recherche historique, notamment anglo-saxonne, offre une lecture nouvelle de l'invasion de l'URSS et montre qu'elle recèle les principaux éléments de la future défaite nazie. Une lecture indispensable pour connaître les développements nouveaux de l'historiographie sur le front de l'Est.

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communismeetconflits - dans Front de l'Est
16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 07:54

Richard Bidlack, Nikita Lomagin, The Leningrad Blockade, 1941-1944 : A New Documentary History from the Soviet Archives, Yale University Press, 2012.

Le siège de Léningrad à la lumière des archives

Le blocus de Léningrad est un épisode du conflit germano-soviétique bien connu et qui a déjà été l'objet de nombreux articles et ouvrages. Le lecteur peut alors se demander ce que peut apporter de nouveau un livre consacré à ce sujet. Ici tout repose sur l'archive. Les auteurs, après avoir fait remarquer avec justesse que jusqu'à maintenant les récits du siège de Léningrad s'appuyaient sur des archives soviétiques soumises à une censure préalable, cherchent à combler ce défaut en mettant en avant 66 documents, issus de différents fonds, notamment ceux des musées de la ville de Saint-Pétersbourg. Ces documents sont d'une grande diversité, de celui qui relate les conflits entre Staline, Jdanov, le chef du parti à Léningrad, et Vorochilov le commandant du front, sur la façon de défendre la ville aux tracts allemands lancés par des bombardiers conseillant aux habitants de rejoindre les lignes allemandes pour y être bien nourris. Les extraits du journal d'un petit garçon de 10 ans qui détaille son alimentation montre, mieux que n'importe quel récit, cette faim obsédante qui taraude la population tout au long des 900 jours que dure le siège.

Le livre étudie les aspects proprement militaires du blocus et expose les plans de défense de la ville. Il fait le point sur les relations entre les dirigeants civils et militaires de la cité, la mobilisation militaire et industrielle, le rôle de la police politique, le NKVD, lors du siège. Le drame et les sacrifices de la population ne sont pas oubliés non plus : la faim, les vols, les agressions, les cas de cannibalisme mais également les exemples de charité prodiguée par l’Église orthodoxe mais aussi les habitants les plus fortunés. Un chapitre s'attache aussi à analyser l'opinion publique dans la ville pour essayer de déterminer le niveau du soutien au régime et aux dirigeants tel Jdanov, le chef du PCUS de Léningrad, mais aussi les réactions envers certains événements comme l'annonce du débarquement en Normandie.

Les auteurs traitent également des conséquences ultérieures du blocus à travers l'affaire de Léningrad, une vaste purge de l'appareil communiste de la ville en 1949, qui n'a pour but que d'éliminer des dirigeants qui ont fait leurs preuves lors du siège et pourraient ainsi avoir la légitimité nécessaire pour s'opposer à Staline.

Voici donc un livre qui complète parfaitement ceux de David Glantz sur le siège de Léningrad. Il est bien écrit et surtout accessible sans connaissances préalables pour le lecteur moyen tandis que les documents présentés et une riche bibliographie font le bonheur du spécialiste.

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communismeetconflits - dans Union soviétique et Russie Front de l'Est
9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 07:49

Nicolas Bernard, La guerre germano-soviétique, Tallandier, 2013.

La guerre germano-soviétique: une somme !

Le livre de Nicolas Bernard marque une étape d'importance dans l'historiographie française de la Seconde Guerre mondiale. Cela autant par le choix du sujet traité que par l'ampleur du travail fourni. Il n'existait en effet jusqu'à cette parution aucune synthèse moderne et sérieuse en français sur l'histoire de la guerre germano-soviétique.

Et l'auteur, outre son audace de se colleter avec un tel sujet, s'est montré particulièrement ambitieux, car il ne se contente pas d'un simple récit du déroulement des campagnes et des batailles entre juin 1941 et mai 1945 où s'affrontent Allemands et Soviétiques. La diplomatie, le fonctionnement des régimes politiques des belligérants, l'économie, l'arrière, les crimes et violence, la propagande, sont également au cœur de cet ouvrage qui se présente, bien que l'auteur s'en défende, comme une histoire totale de ce combat titanesque entre deux des plus féroces systèmes totalitaires du 20e siècle. Nicolas Bernard, dans ce difficile exercice parvient en outre à tenir la balance égale entre les deux camps alors que durant des années la littérature de vulgarisation a donnée la part belle à la guerre vue du coté allemand.

L'auteur dissèque avec finesse les origines du conflit, balayant au passage les théories farfelues présentant l'invasion de l'URSS comme une attaque préventive de la part des Allemands. Il fait également le point avec objectivité sur la période du pacte germano-soviétique, notamment sur les arrières-pensées qui animent les deux dictateurs durant le temps que dure cette alliance contre-nature. Nicolas Bernard décrit et analyse ensuite avec forces détails le formidable combat qui s'engage à partir du 22 juin 1941. Mais il ne s’arrête pas le 9 mai 1945 et il prend soin de retracer les grandes lignes de la campagne que mène l'Armée rouge en Mandchourie contre les Japonais en août 1945. Après un bilan humain et matériel de la guerre, il s’intéresse également à l'étude de sa mémoire en Russie et en Allemagne jusqu'à nos jours et inscrit ainsi son récit dans une histoire de plus longue durée. Il n'oublie pas non plus de retracer l'évolution et les tendances actuelles de l'historiographie consacrée au conflit germano-soviétique.

L'écriture est claire, les transitions entre les différentes parties du récit et de l'analyse sont fluides. Il faut ajouter que l'ensemble s'appuie solidement sur un corpus bibliographique foisonnant. Le spécialiste pourra certes toujours discuter de certains points ou regretter une absence mais il est d'ores et déjà acquis que ce livre est une référence à la fois pour les connaisseurs mais également pour le grand public, car l'auteur s'adresse au plus grand nombre et offre ainsi un bel exemple d'un ouvrage de vulgarisation réussi et de qualité.

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communismeetconflits - dans Union soviétique et Russie Front de l'Est
27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 08:00

Le site Pobediteli-Soldiers of the Great War est un site russe né en 2005 pour célébrer le 60e anniversaire de la victoire de 1945.  Ce qui fait son interet c'est la carte animée et interactive qu'il présente. Il est ainsi possible de voir le déroulement de l'ensemble du conflit de 1941 et 1945. Au fur et à mesure de la progression chronologique des fenêtres s'ouvrent permettant de consulter des documents écrits, vidéos et audios originaux, des témoignages de vétérans, des détails sur les événements clefs du conflit.

 

C'est certainement la meilleure carte interactive existant sur la Grande Guerre patriotique. A voir !

Front de l'Est et multimédia
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communismeetconflits - dans Front de l'Est Multimédia

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Publications de David FRANCOIS

GuideICSerge Wolikow, Alexandre Courban, David François, Christian Oppetit, Guide des archives de l'Internationale communiste, 1919-1943, Archives nationales-MSH Dijon, Paris-Dijon, 2009. 

9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")