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8 février 2017 3 08 /02 /février /2017 07:00

Olivier Wievorka, Une histoire de la Résistance en Europe occidentale, Perrin, 2017.

L’armée des ombres en Europe

Après la publication d’un ouvrage remarqué sur l’histoire de la Résistance française, Olivier Wieviorka élargit son champ d’observation à l’ensemble de la résistance en Europe occidentale soit la France, l’Italie, la Belgique, les Pas-Bas, le Danemark et la Norvège. A l’opposé d’une juxtaposition ou d’un catalogue qui décrirait à tour de rôle chaque résistance nationale, il adopte, pour analyser son sujet, une position résolument comparatiste particulièrement fructueuse et riche d’enseignements.

Le pari d’Olivier Wieviorka pouvait se révéler périlleux tant la situation de chaque pays est contrastée à la suite de l’invasion allemande du printemps 1940. Les souverains et les gouvernements de Norvège et des Pays-Bas se réfugient à Londres à l’instar du gouvernement belge dont le roi reste néanmoins au pays. Le Danemark, qui n’est pas entré officiellement en guerre, conserve quant à lui ses institutions tandis que la France est coupée en deux avec le régime de Vichy en zone sud. Quant à l’Italie, elle demeure membre de l’Axe jusqu’en septembre 1943. Cette diversité conditionne le développement de résistances nationales selon des modalités et des chronologies différentes. Pour contourner la difficulté que représente cette hétérogénéité, Olivier Wieviorka se place en surplomb et privilégie l’étude des relations qu’entretiennent les Alliés anglo-saxons avec ses résistances nationales.

À l’été 1940, les Britanniques, qui se retrouvent seules face à l’Axe, sont conscients des possibilités que peut leur apporter le développement d’une guerre subversive en Europe occupée, mais ne disposent d’aucune structure, ni de doctrines concernant son emploi. Churchill fonde alors un service destiné à organiser et animer ce nouveau front, le SOE, rejoint avec l’entrée en guerre des États-Unis par l’OSS, deux services qui vont à la fois soutenir les mouvements de résistance mais également essayer de leur faire appliquer les directives de l’État-major allié.

Olivier Wieviorka montre avant tout que la résistance, phénomène endogène aux pays occupés, n’aurait pu se développer sans le soutien anglo-saxon, notamment en moyens matériels et en armes mais aussi par la propagande. Les relations ne sont pas toujours faciles entre les résistances et les Alliés d’autant qu’elles sont souvent parasitées par les conflits entre services alliés, entre les Anglo-saxons et les pouvoirs en exil, entre ces derniers et la résistance.

Malgré ces difficultés, les Alliés apportent un appui substantiel aux résistants et cela sans faire de discrimination selon leur couleur politique, malgré ce que diront beaucoup de résistants après la guerre. Les incompréhensions qui s’installent entre les Alliés anglo-saxons et les résistances résultent avant tout d’une divergence entre les partenaires quant à leurs objectifs. Si les premiers sont animés par une logique de victoire militaire, les secondes privilégient une logique de libération. Cette divergence est à la base de la controverse entre partisans de l’action immédiate et attentistes. Elle n’empêche pas que les résistants se plient finalement aux exigences de la stratégie définie par les Alliés, une stratégie où ils jouent le plus souvent un rôle de second plan sans être néanmoins négligeable.

Le livre d’Olivier Wieviorka est une réussite qui permet tout à la fois d’élargir nos connaissances sur l’histoire de la résistance hors des frontières hexagonales, de mieux appréhender la place des Britanniques et des Américains dans cette histoire, de réfléchir à l’articulation entre guerre conventionnelle et guerre subversive et de remettre en cause certaines idées reçues. Espérons que ce livre donne à un historien l’idée de se pencher sur les relations de l’Union soviétique avec les résistances nationales en Europe, aussi bien orientales qu’occidentales.

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31 août 2016 3 31 /08 /août /2016 07:08

Patrick Fort, Après nous, Editions Arcane, 2016.

Un « Espagnol rouge »

Ce n’est pas sans une certaine appréhension que nous avons ouvert le livre que Patrick Fort consacre à Celestino Alfonso. Depuis quelques années, en effet, la fiction s’est emparée des combattants FTP-MOI de la tristement célèbre Affiche rouge. Ainsi depuis 2009, ils ont été les protagonistes d’un film de Robert Guédiguian, d’un polar de Didier Daenincks, du livre d’Alain Blottiére sur Tomas Elek, de celui de Marie-Florence Ehret sur Olga Bancic, d’une bande dessinée sur Marcel Rayman. Cette profusion pouvait laisser craindre l’apparition dans le domaine éditorial d’un « filon » charriant le bon grain mais surtout le mauvais ivraie, celui qui naît de la facilité et de la caricature. Tel n’est heureusement pas le cas du livre de Patrick Fort, ni d’ailleurs des auteurs cités précédemment.

 

L’auteur retrace les derniers mois de la vie de Celestino Alfonso, de son arrestation à sa mort le 21 février 1944. Chaque chapitre est donc l’occasion de décrire une nouvelle étape du chemin qui mène le résistant à sa fin mais également d’analepses qui racontent son parcours avant son arrestation. Et ce destin possède quelques singularités peu connues que l’auteur met en lumière. Ainsi, si Celestino Alfonso est bien né en Espagne, il n’arrive pas en France à la fin de la guerre civile espagnole comme de nombreux compatriotes qui s’engageront dans la Résistance, mais au début des années 1930, avec sa famille, alors qu’il n’est encore qu’adolescent. Il découvre alors la banlieue ouvrière de Paris, en l’occurrence Ivry-sur-Seine, et s’intègre en trouvant un travail et en militant au sein de la Jeunesse communiste à partir de 1934. Mais quand son Espagne natale devient la proie de la guerre civile, Alfonso se porte volontaire dans les Brigades internationales. Quand il rentre définitivement en France, en février 1939, il est interné au camp de Saint-Cyprien dont il s’évade pour rejoindre sa famille.

 

Quand il s’engage dans la Résistance, Alfonso est en effet marié et père d’un petit garçon. S’il n’est pas le seul dans ce cas, cette situation semble plutôt minoritaire au sein des groupes FTP-MOI de la région parisienne. Patrick Fort raconte alors les ennuis d’Alfonso qui, pour cacher ses activités clandestines, doit mentir à son épouse, provoquant ainsi disputes et suspicions. En effet, Alfonso n’est pas un clandestin, il mène une double vie, partagé entre son emploi et ses activités résistantes. Son arrestation a ainsi lieu au moment où il rentre de son travail pour retrouver sa famille, ce qui permet à Patrick Fort d’offrir au lecteur le récit poignant de l’instant où Alfonso aperçoit les siens pour la dernière fois sans même pouvoir leur faire un signe ou leur lancer un au revoir.

 

Loin de tomber dans la facilité de l’héroïsation de son personnage, l’auteur nous dépeint un Celestino Alfonso profondément humain, plein de doutes et d’angoisses, meurtri de ne pas voir les siens, ni de recevoir de leurs nouvelles quand il est en prison. Il revient également sur les différentes actions d’Alfonso dans la lutte armée, notamment l’exécution de Julius Ritter et prend soin de ne pas donner une image totalement négative des Allemands. La bonté de l’abbé Stock « l’archange des prisons » et le courage du sous-officier qui a pris, à la dérobée, des photos de l’exécution des membres de l’Affiche rouge répondent à la brutalité des policiers français qui torturent Alfonso pour montrer que la barbarie et l’humanité n’ont pas de patrie.

 

Au final, voici un livre à la fois sobre, émouvant et bien documenté sur cet « Espagnol rouge » qui donna sa vie pour la France le 21 février 1944 au côté de 21 de ses camarades.

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 07:00

Gérard Soufflet, Maquisards russes en Bourgogne. Histoire du détachement Léningrad, 1943-1944, Éditions de l’Armançon, 2016.

Résistants soviétiques en Bourgogne

La participation de Soviétiques à la Résistance en France est encore un sujet mal connu qui, à notre connaissance, n’a pas encore été l’objet d’une étude systématique. L’ouvrage de Gérard Soufflet représente de ce point de vue une avancée historiographique en retraçant le destin d’un groupe de maquisards russes entre la Saône et Loire, la Nièvre et la Côte d’Or de 1943 à 1944.

 

Ces maquisards sont pour la plupart d’anciens soldats de l’Armée rouge fait prisonniers par la Wehrmacht sur le front de l’Est et envoyé en France, principalement dans les bassins miniers du Nord et de Lorraine, pour servir de main-d’œuvre. Parmi ces groupes de prisonniers des organisations de résistance voient le jour et des évasions ont lieu. Il revient à la MOI, la structure du PCF chargée d’encadrer les étrangers, de prendre en charge et d’organiser ces évadés soviétiques.

 

Dés l’été 1943, la MOI envoie des Soviétiques dans la région de Montceau-les-Mines où existe un groupe de FTP polonais assez actif. En octobre 1943, suite à des arrestations, les Soviétiques accompagnés de certains Polonais forment un maquis au nord de Chalon-sur-Saône. Ce maquis sovieto-polonais, qui maintient des contacts permanents avec la direction de la MOI à Paris par le biais d’agents de liaison, rayonne sur la région jusqu’en mars 1944. La coexistence en son sein est difficile, les Russes se montrent parfois brutaux avec les civils et n’hésitent pas à se livrer à des actes de banditisme provoquant le mécontentement des Polonais. Un jeune Polonais est même abattu par un camarade soviétique pour avoir trop protesté contre les brutalités russes.

 

Finalement, en mars 1944, les Polonais quittent le maquis Léningrad tandis que les Soviétiques rejoignent le sud de la Nièvre. En réalité, ils combattent encore quelques mois cote à cote en tant que troupes de choc du maquis FTPF Valmy et participent à de nombreux combats entre la Nièvre et la Saône et Loire. La séparation a définitivement lieu en août 1944. Les Polonais forment des unités qui sont conçues comme les noyaux de la future armée de la Pologne libérée. Les Soviétiques quant à eux rejoignent la Côte d’Or et intègrent le maquis Maxime Gorki qui regroupe des combattants étrangers. Ils participent alors aux attaques contre les colonnes allemandes en retraite ainsi qu’à la libération de Châtillon-sur-Seine, quelques jours avant que les troupes alliées venant de Normandie et de Provence ne fassent leur jonction à quelques kilomètres de là, le 12 septembre 1944.

 

L’auteur s’appuie sur un riche corpus archivistique, aussi bien des témoignages, parfois inédits, que les fonds des archives départementales, du service historique de la Défense ou de l’Institut de la mémoire nationale à Varsovie pour retracer ce morceau de l’histoire de la Résistance étrangère en France. Surtout il démontre que l’étude locale de la Résistance permet tout à la fois d’ébranler certains mythes et d’éclairer des lignes politiques élaborées au niveau national voire international. Pour ce qui est des mythes, le livre de Gérard Soufflet montre que le maquis soviétique a bénéficié au moins une fois d’un armement provenant d’un parachutage britannique contredisant la vulgate d’une résistance communiste défavorisée par Londres. Il écorne d’autres légendes en mettant en lumière les dérives vers le banditisme, les tensions entre les différentes nationalités, les méprises tragiques lors d’embuscades.

 

Les tribulations des maquisards soviétiques en Bourgogne mettent aussi en lumière la place particulière de la MOI dans le dispositif communiste en tant que courroies de transmission de la politique soviétique en France. C’est sur son ordre que les maquisards soviétiques se séparent de leurs camarades polonais qui en prévision de l’après-guerre sont destinés à rentrer en Pologne former l’armature du nouveau pouvoir communiste. A ce moment, les Soviétiques, plutôt que de rejoindre les FTPF, se regroupent pour se placer sous les ordres des résistants gaullistes. Pour l’auteur cette décision, qui prive la résistance communiste de l’appui de combattants expérimentés, montre que dès l’été 1944 Staline a abandonné l’idée d’une prise de pouvoir par les communistes français.

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12 juillet 2016 2 12 /07 /juillet /2016 06:59

Joël Forthoffer, Georges Wodli. Cheminot et résistant, Vent d’Est éditions, 2016.

Une figure du communisme alsacien

Dans un petit livre, Joël Forthoffer retrace les grandes lignes de la vie de Georges Wodli, figure centrale de la mémoire communiste en Alsace. Wodli naît avec le 20e siècle dans une famille modeste de Schweighouse-sur-Moder, près d’Haguenau, une petite ville du Reichsland allemand depuis 1871. Fils de cheminot, il entre comme apprenti aux ateliers ferroviaires de Bischheim près de Strasbourg où il travaille jusqu’à sa mobilisation en 1918 dans l’armée allemande.

 

Affecté comme matelot dans la Kriegsmarine, Georges Wodli participe en novembre 1918 à la mutinerie de la flotte à Kiel qui marque le début de la Révolution allemande. De retour dans une Alsace redevenue française, Wodli est obligé d’effectuer son service militaire dans la marine à Toulon. En 1922, il s’installe en région parisienne afin d’apprendre le français, une langue qu’il ne maîtrise pas comme une grande majorité d’Alsaciens passés par l’école allemande. C’est lors de son séjour en région parisienne que Wodli commence à militer, d’abord au sein de la CGTU avant de rejoindre le PCF après avoir fait la connaissance de Pierre Sémard.

 

De retour aux ateliers ferroviaires de Bischheim en 1925, Wodli poursuit son engagement notamment dans le syndicalisme cheminot. En 1929, lors de la scission qui secoue le communisme alsacien il reste fidèle au PCF et commence à apparaître comme un militant d’importance. Il devient, en 1930, secrétaire de la fédération unitaire des cheminots d’Alsace-Lorraine mais également membre du bureau régional du PC et effectue un premier voyage en URSS. Il intègre le comité central du Parti en 1932.

 

Durant le Front populaire, Wodli participe activement à la réunification syndicale en Alsace. Il devient aussi le pivot des multiples actions de soutien des communistes alsaciens envers leurs camarades allemands. A ce titre il participe à la rédaction de la presse clandestine communiste allemande et à son acheminement vers le Reich.

 

En septembre 1939, Wodli est mobilisé mais en raison de ses responsabilités au sein du PCF il est interné dans différents centres. Il s’évade d’un camp dans l’Isère en septembre 1940 ce qui lui vaut une condamnation par défaut de la part de la justice de Vichy et l’oblige à la clandestinité. A Paris, la direction du PCF lui confie la responsabilité des liaisons avec les régions annexées d’Alsace et de Moselle. Au début de 1941, il retourne en Alsace pour reconstituer l’organisation communiste en tant que délégué interrégional du comité central.

 

Ce ne sont pas les autorités allemandes qui mettent fin à l’activité de Wodli mais la police française qui l’arrête en octobre 1942 alors qu’il loge à Chatou dans les Yvelines. Il est alors remis à la police allemande et transféré en Alsace au camp de Schirmeck. Il meurt sous la torture, début avril 1943, au siège de la Gestapo de Strasbourg et son corps est incinéré dans le crématorium du camp de concentration du Struthof.

 

Le livre de Joël Forthoffer, malgré une iconographie abondante et originale, laisse hélas un peu le lecteur sur sa faim. Le format réduit de la collection dans laquelle cette biographie est éditée ne permet pas en effet d’aller au-delà des grands traits du destin de Wodli. Il a néanmoins le mérite de permettre de redécouvrir le destin de ce responsable communiste et, à travers lui, de ce que fut le communisme alsacien dans la première moitié du 20e siècle, en attendant la publication, un jour, d’une monographie plus ample sur ce sujet.

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 06:59

Sébastien Albertelli, Histoire du sabotage, de la CGT à la Résistance, Perrin, 2016.

Le sabotage, du politique au militaire

L’industrialisation de l’Europe au 19e siècle permet le développement du machinisme, l’apparition et l’extension de réseaux de transports, de communications, d’énergies. La densité et la complexité de ces réseaux sont pour les États, à la fois gage d’efficacité et de puissance tout en constituant leur talon d’Achille. Cette fragilité est bien perçue par deux milieux profondément différents, le mouvement révolutionnaire et l’armée, qui définissent et conceptualisent, dès la fin du 19e siècle, la pratique du sabotage. C’est l’histoire de ce mode d’action que retrace Sébastien Albertelli dans un ouvrage qui étudie la notion et la pratique du sabotage en France de sa naissance au tournant du siècle à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

C’est dans au sein du mouvement syndicaliste-révolutionnaire que la pratique du sabotage est théorisée, notamment par Émile Pouget auteur d’une brochure célèbre sur le sujet. D’abord conçue comme un moyen de rétorsion contre l’exploitation patronale, elle apparaît vite comme une arme au service du projet révolutionnaire et enflamme l’esprit des militants de la CGT mais également des partisans de Gustave Hervé. Mais très rapidement les partisans du sabotage au sein du mouvement ouvrier se retrouvent isolés face à ceux qui prônent l’action de masse comme Jaurès avant 1914 où les communistes durant l’entre-deux-guerres.

 

La pratique du sabotage intéresse également les militaires depuis 1870 et des actions sont prévus en cas de conflit avec l’Allemagne. La Première Guerre mondiale voit donc l’organisation d’opérations de sabotage effectuées par chaque camp avec plus ou moins de succès. Celles menées par les Français préfigurent par bien des points ce qui se passera durant la Seconde Guerre mondiale avec l’utilisation de l’aviation pour déposer des saboteurs derrière les lignes ennemies. Arme du faible contre le fort, les troupes françaises qui occupent la Ruhr en 1923 sont confrontés au sabotage, préfigurant en quelque sorte la situation qui prévaudra dans l’Europe occupée par les armées allemandes à partir de 1939.

 

Sébastien Albertelli accorde une large place à l’étude du sabotage dans la France occupée de 1940 à 1944. Maîtrisant parfaitement son sujet, l’auteur décrit et analyse le rôle des mouvements de Résistance, des services britanniques, notamment le SOE, et de la France libre dans le développement du sabotage, la place qui lui est assignée dans le cadre de la stratégie alliée, son efficacité dans les combats de la Libération. Un ultime chapitre rend compte des tentatives infructueuses du Reich d’organiser à partir de la fin de 1944 l’envoi de saboteurs dans la France libérée.

 

L’émergence du sabotage sur la scène politique et militaire entraîne simultanément l’apparition de la figure du saboteur dont Sébastien Albertelli se fait aussi l’historien. Il montre ainsi que cette figure est utilisée comme un repoussoir pour discréditer la gauche comme le fait Clemenceau en 1906-1908 pour combattre la CGT ou lors de la Drôle de guerre contre les communistes. Si l’image du saboteur politique est donc largement négative, il n’en est pas de même du saboteur patriotique comme le montre l’exemple de la Résistance.

 

Première histoire du sabotage, le livre de Sébastien Albertelli démontre largement l’intérêt et la richesse qu’il est possible de tirer d’un objet d’étude au croisement de l’histoire politique et militaire. D’une lecture agréable et solidement référencé, cet ouvrage qui fait date ne manque pas non plus d’une certaine actualité au regard de la situation sociale tendue que connaît actuellement la France.

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 07:29

Frédéric Charpier, L'agent Jacques Duclos. Histoire de l'appareil secret du Parti communiste français (1920-1975), Le Seuil, 2015.

Jacques Duclos et la face cachée du PCF

La vie de Jacques Duclos se confond avec l’âge d’or du communisme français. Adhérent du PCF dès le congrès de Tours en 1920, il suit la première école des cadres du Parti à Bobigny en 1924 avant d’être élu député de la Seine et membre du comité central en 1926. À partir de ce moment-là il ne quitte plus la direction du PC jusqu’à sa mort en 1975.

 

Jacques Duclos effectue son premier voyage à Moscou en 1930 où il est remarqué par la direction du Komintern. Il devient dès le début des années 1930, le second de Maurice Thorez mais surtout l'homme du Komintern en France. Fidèle stalinien, il entérine et fait appliquer au sein du PCF les différents tournants politiques imposés par Moscou. Il est à la manœuvre lors du Front populaire avant de soutenir le pacte germano-soviétique et de diriger le PCF clandestin durant la guerre. Après la Libération il appuie successivement la politique d'ouverture du PCF puis le tournant de la guerre froide. Il atteint l'apogée de son influence entre 1950 et 1964 quand la maladie de Thorez oblige celui-ci à de nombreux séjours en URSS. Après 1964, Duclos perd quelque peu de son poids dans le PC avant de se retrouver candidat à l'élection présidentielle de 1969 où il obtient plus de 20 % des suffrages ! Sa mort en 1975 est l'occasion d'une des dernières grandes manifestations communistes en France puisque son cercueil est suivi par une foule de plus de 200 000 personnes et par l'élite du communisme international.

 

Frédéric Charpier, s'il suit les étapes de la carrière de Duclos, met en avant la face cachée de son action politique. Homme de confiance du Komintern, rompu à l'art de la clandestinité, il joue un rôle central dans l'organisation de l'action antimilitariste communiste, dans la formation des groupes de combat, dans la lutte contre le trotskisme puis le titisme après guerre, dans le financement du PCF, dans l'organisation de l'aide à l'Espagne républicaine. Pendant l'occupation, il supervise les négociations avec les Allemands pour la reparution de l'Humanité, puis après l'invasion de l'URSS la lutte armée qui débute avec l'attentat du métro Barbés. Il est également au cœur des purges qui frappent la direction du PCF, notamment dans les années 1950, avec les exclusions de Marty, Tillon et Lecoeur. Œil de Moscou au sein du PCF, l'auteur rappelle que Duclos a lui-même failli être victime des purges stalinienne à la fin des années 1930.

 

Le livre de Frédéric Charpier aurait pu être la biographie de référence sur Jacques Duclos. Hélas presque aucune source n'est citée. Si l'auteur tient à remercier ceux qui lui ont donné accès à des archives des services de renseignements français, britanniques et américains, les documents utilisés ne sont pas signalés et quant à de rares exceptions ils le sont, le plus souvent issu des Archives nationales ou des archives de la Préfecture de police de Paris, il ne prend jamais le soin d'indiquer leur cote. Plus gênant à notre avis, à aucun moment il ne semble que l'auteur a effectué des recherches au sein des fonds du Komintern à Moscou ou même au sein des archives du PCF consultable aux archives départementales de Bobigny.

 

La bibliographie utilisée est quant à elle largement datée, la moitié des titres cités datent d'avant 1990. Pas une mention n'est faite aux travaux de Roger Bourderon, de Franck Liaigre et Jean-Marc Berlière, que l'auteur semble néanmoins connaître, pour la période de l'Occupation ni aux carnets de Marcel Cachin ou au journal de Dimitrov.

 

Ceci est d'autant plus dommageable que Frédéric Charpier fourni des informations sures, c'est le cas notamment pour un sujet que nous connaissons particulièrement bien, les groupes de défense antifascistes et le Front rouge. Il pointe également le projecteur sur des personnages importants de l'histoire du communisme mais qui reste encore dans l'ombre comme Rosa Michel.

 

En ne citant pas ses sources, l'auteur empêche que son ouvrage puisse servir de point de départ pour d'autres chercheurs. A titre personnel, concernant les groupes de combat communistes, que ce soit dans les années 20 ou au temps du Kominform, cela nous interdit d'aller à notre tour consulter ces documents. La recherche historique est essentiellement un travail d'accumulation de connaissances où le chercheur s'appuie sur les travaux de ses prédécesseurs pour aller plus loin, explorer de nouveaux domaines ou interroger les documents déjà connus avec de nouvelles questions. Pour cela, le livre de Frédéric Charpier conduit, hélas, à une impasse.

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 07:47

Franck Liaigre, Les FTP: Nouvelle histoire d’une Résistance, Perrin, 2015

Les FTP, nouvelle approche de l'histoire de la Résistance communiste

Organisation incontournable dans l’histoire de la Résistance française, objet de dénigrement ou figure de légende héroïque, les Francs-Tireurs et Partisans ont longtemps été les parents pauvres de l’historiographie. La chose est en partie réparée avec l’ouvrage, issu d’une thèse, que leur consacre Franck Liaigre. Nous disons en partie, car l’auteur concentre l’essentiel de son étude sur la création et l’action des FTP dans les villes de la zone occupée durant la période 1941-1943. Le lecteur trouvera donc peu de choses sur les maquis, l’action des FTP dans le sud du pays ou sur la période de la Libération. Il est vrai que traiter ces sujets aurait nécessité de consulter une masse énorme de documents d’archives en plus de l’impressionnant corpus documentaire déjà utilisé par Franck Laigre.

L’auteur montre avec précision le processus de formation des FTP, issus de la fusion entre l’Organisation spéciale (OS) du PC, les Bataillons de la jeunesse et l’OS de la Main d’œuvre immigrée. Loin d’être le fruit d’une spontanéité militante, les FTP naissent de la volonté de la direction du PCF de répondre à la demande de Moscou de mener une lutte de partisans en France contre la Wehrmacht après l’invasion de l’URSS en juin 1941. Les dirigeants du PCF désignent pour cela certains cadres en raison de leur expérience de la clandestinité comme Charles Tillon ou Pierre Georges pour trouver des combattants en région parisienne et en province et former les premiers détachements de la lutte armée. Ces responsables font alors appel à leurs réseaux militants constitués avant la guerre. Ainsi à Dijon, Lucien Dupont fait appel à ses anciens camarades de classe ou aux membres du club sportif qu’il a fréquenté quelques années plus tôt. Ces premiers noyaux FTP se caractérisent par leur grande fragilité, l’étroitesse de leur recrutement les rend en effet particulièrement vulnérables aux coups de la police, le cloisonnement des groupes est sans effet quand la majorité des combattants sont des vieux « copains » dont les identités sont connues de chacun des membres.

Les FTP ne regroupent au final qu’une petite minorité des militants communiste, quelques dizaines dans les villes de province et même pas une centaine en région parisienne. À la peur de la répression s’ajoute souvent le rejet du terrorisme individuel pour expliquer la réticence des militants à s’engager dans les FTP. La direction du PCF en est particulièrement consciente puisqu’elle prend bien soin de ne pas revendiquer certains attentats comme celui du métro Barbés en août 1941 ou celui de Nantes en octobre qui entraîne la fusillade de nombreux otages dont ceux du camp de Chateaubriand. Cette répugnance militante face aux attentats individuels liée à l’efficacité de la répression anticommuniste, essentiellement menée par les Brigades spéciales de la Préfecture de police de Paris et les brigades régionales de la police judiciaire, maintient les FTP dans un état groupusculaire dans les villes.

La faiblesse numérique des FTP, sans oublier la pauvreté de leurs armements, explique en grande partie le peu d’efficacité de la lutte armée urbaine. Selon Franck Liaigre, seulement 75 soldats allemands sont tués à Paris de juin 1941 à la Libération et moins de 500 pour l’ensemble du pays. Les sabotages, s’ils sont plus nombreux que les attaques directes, ne parviennent pas non plus à perturber le fonctionnement de la machine de guerre allemande. La formation des maquis donnera sur ce point un second souffle aux FTP, la guerre de partisans prenant alors le relais d’une guérilla urbaine anémique.

L’auteur n’oublie pas dans son ouvrage de traiter largement du quotidien des résistants communistes mais également de la question des exécutions des collaborateurs et des « traîtres » au Parti, ainsi que des moyens dont les FTP usent pour survivre matériellement avec les braquages de mairies ou de bureaux de poste, flirtant parfois avec le banditisme pur et simple. Il livre ainsi un tableau documenté de la vie quotidienne des FTP, une histoire au ras du sol où se mêlent sacrifice, héroïsme, maladresse, peur, échec et qui a le mérite de rendre aux combattants des FTP une humanité aussi éloignée que possible des légendes noires ou dorées.

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 06:40

Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Vendémiaire, 2014

Des policiers insurgés.

L’histoire de la police est au cœur de nombreux ouvrages traitant de l’Occupation en France. Instrument de répression au service des autorités de Vichy mais aussi des Allemands, l’institution policière apparaît ainsi fortement compromise. Pourtant à l’été 1944, ce sont les policiers parisiens qui sont les fers de lance de la libération de la capitale.

 

Christian Chevandier montre que cet étonnant retournement s’inscrit dans une évolution souterraine : l’hostilité des policiers contre les Allemands ne cessent de grandir et s’exprime de nombreuses façons. Certains font preuves de mauvaises volontés lors des rafles des Juifs, d’autres n’interviennent pas lors des manifestations du 14 juillet 1944. La Résistance se développe au sein de la police. Des policiers entrent en clandestinité tandis que le 14 août, les représentants des trois principaux mouvement de résistance policier, dont le Front national de la police proche des communistes, lancent une grève générale pour le lendemain, grève qui est largement suivie. Le 19, environ 2 000 policiers en grève occupent la Préfecture de police de Paris et hissent le drapeau tricolore en plein Paris. La police vient de lancer l’insurrection qui conduit à la Libération de la ville. Une course de vitesse s’engage alors entre gaullistes, plutôt hostiles à l’insurrection, et partisans de cette dernière. Chaban-Delmas presse le général Koenig d’envoyer des troupes régulières sur Paris tandis que Parodi, représentant du général de Gaulle, intronise Charles Luizet comme nouveau Préfet de Police.

 

Les policiers combattent aux cotés des FFI puis des soldats français de la division Leclerc. Les combats pour la Libération de Paris font environ 5 000 morts dont 3 200 Allemands et un millier de FFI. La police compte ainsi 152 tués. Le 31 août, le gouvernement s’installe à Paris et a besoin de la police pour asseoir son autorité et mettre au pas les groupes armés issus de la Résistance et souvent proche du PCF.

 

Après la description du rôle de la police dans la Libération de Paris, l’auteur analyse ce groupe particulier, en en dressant un portrait sociologique et politique à travers l’étude des dossiers individuels des 152 policiers résistants tués durant les combats. La plupart sont né dans le nord de la France, dans des familles modestes. Ils sont entrés jeune dans la vie active et ont pour la plupart connu d’autres professions avant d’intégrer la police. Il montre ainsi que ce sont les gardiens de la paix et les petits gradés qui s’engagent le plus massivement dans la résistance, bouleversant au passage les hiérarchies traditionnelles. Leurs motivations ne sont pas idéologiques, la plupart ont subi la défaite et l’occupation comme une humiliation. L’insurrection leur apparaît donc comme un moyen de retrouver une dignité perdue.

 

L’auteur retrace également la mémoire de cette participation policière à la Libération, une mémoire mise à l’honneur par les autorités. De Gaulle a en effet besoin de la police pour assurer le maintien de l’ordre dans un pays en convalescence et cela nécessite d’effacer le souvenir du rôle de la police sous l’occupation pour lui substituer l’image de policiers combattants. La réhabilitation de la police passe par cette exaltation du rôle des policiers dans la Libération.

 

Les policiers français servirent donc à quelques mois d’intervalles à la fois Pétain et de Gaulle et si l’institution policière a collaborée, il est indéniable que des policiers ont résisté. Loin des stéréotypes et des anachronismes, Christian Chevandier met en perspectives et éclaire cette apparente contradiction qui fut alors celle de nombreux Français.

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communismeetconflits - dans Seconde Guerre mondiale Résistance
2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 07:43

Jeanne Puchol, Laurent Galandon, Vivre à en mourir, Le Lombard, 2014.

L'Affiche rouge en BD

L'histoire du groupe Manouchian, ceux de l'Affiche rouge, est bien connue. Des ouvrages historiques, des romans, des livres jeunesses, des films et des documentaires retracent le destin tragique de ces résistants communistes. Mais jusque là, la bande dessinée ne s'était jamais, à notre connaissance, appropriée ce sujet. C'est chose faite désormais avec l'album Vivre à en mourir. Et disons le d'emblée, c'est une réussite.

 

C'est le parcours de Marcel Rayman qui forme le fil rouge de l'ouvrage. A travers le destin de ce jeune homme, ils montrent la nécessité pour ses étrangers de résister, une résistance qui débute timidement avec des tracts et des actes de vandalisme. Ce sont les rafles antisémites qui touchent sa famille qui font basculer Rayman vers la lutte armée. Ce choix n'est pas simple, des doutes se font jour sur la nécessité d'utiliser les méthodes du terrorisme. S'ajoutent à ces réflexions celles concernant l’exécution d'otages par les Allemands en représailles des attentats.

 

Les auteurs présentent donc les résistants comme des êtres humains ordinaires, avec leurs doutes, leurs angoisses, leurs peines, leurs espérances. Ici pas d'héroïsation, ni d'image d'Epinal. S'appuyant sur les travaux des historiens, le livre retrace assez fidèlement l'engagement de Rayman, ses actions. Il met également en scène la traque que livrent les policiers français contre le groupe Manouchian. Les imprudences, les trahisons, le professionnalisme de la police conduisent à l'arrestation de Rayman et de ses camarades. La fin de l'histoire est connue avec les exécutions du 21 février 1944 et l'apparition de l'Affiche rouge, une opération de propagande allemande qui fait paradoxalement entrer les condamnés dans la légende.

 

Sur le plan graphique l'ouvrage est superbe, utilisant la ligne claire et des couleurs douces . Cette douceur et la clarté des dessins forment d'ailleurs un saisissant contraste avec le drame qui se déroule sous les yeux du lecteur, peut-être pour signifier la fin de l'innocence des hommes et des femmes, la plupart jeune, qui s’engagèrent dans un combat inégal et furent fauchés pour la barbarie.

 

Voici donc un album à mettre entre toutes les mains.

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communismeetconflits - dans Seconde Guerre mondiale Résistance
23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 07:22

Benoit Rayski, Stèle pour le sous-lieutenant Grunberg, Éditions du Rocher, 2014.

Grunberg, un lycéen guillotiné.

Si les fusillés de l'Affiche rouge, sur lesquels s'est penché Benoit Rayski il y a quelques années, tombèrent sous les balles allemandes, des résistants furent exécutés directement par Vichy au moyen d'un procédé typiquement français, la guillotine. A travers le parcours d'Isidore David Grunberg, le plus jeune résistant décapité par Vichy le 8 août 1942 à l'age de 19 ans, Benoit Rayski rappelle que la répression contre la Résistance fut loin d’être l'apanage des autorités d'occupation.

 

Le parcours d'Isidore David Grunberg est à la fois emblématique d'un milieu qui fournit en nombre les rangs des premiers combattants de la lutte armée communiste mais il est également singulier en raison des circonstances de sa fin tragique. Grunberg n'est pas né en France. C'est un jeune juif polonais dont les parents ont quitté Lvov pour échapper à l'antisémitisme. Installé à Paris, le jeune Isidore David est un élève brillant. Il adhère à la Jeunesse communiste et se fait renvoyer du lycée Voltaire en novembre 1940 pour avoir distribué des tracts dénonçant le gouvernement Pétain.

 

Avec l'invasion de l'URSS par la Wehrmacht en juin 1941, Grunberg intègre l'Organisation spéciale du PC. En janvier 1942, lors d'un contrôle d'identité, il tire sur un policier français pour éviter l'arrestation. La mort du brigadier Lécureuil est l'occasion de funérailles nationales où se pressent les autorités et l'occupant. Grunberg poursuit sa vie de clandestin jusqu'à son arrestation au métro Barbès. Il tombe, non sans se défendre puisqu'il est blessé par balles, après que son nom fut donné par un de ses camarades sous la torture. La descente aux enfers commence alors pour Grunberg. Les interrogatoires, les coups, la prison, la parodie de justice face à la section spéciale du tribunal de la Seine. Et finalement la guillotine au petit matin du 8 août 1942.

 

Survient ensuite l'oubli pour la mémoire de ce jeune résistant. Un oubli à la fois collectif mais aussi individuel. Collectif dans la mesure où, à la Libération, le PCF jette un voile sur les combattants de l'OS, les auteurs des premiers attentats communistes contre les Allemands. Individuel puisque Grunberg fut condamné pour avoir tué un policier français dont les collègues furent ensuite célébrés pour leur participation à la libération de Paris. Et puis Grunberg faisait moins français que Mocquet ou Fabien pour un PCF devenu ultra-patriote en 1944.

 

Ce fut le combat du père d'Isidore David Grunberg de se battre pour que soit reconnu le sacrifice de son fils. Ce dernier est fait sous-lieutenant à titre posthume en 1962 et reçoit la médaille de la Résistance en 1968.

 

Le livre de Benoit Rayski a le grand mérite de rappeler le rôle du régime de Vichy dans la traque des résistants, qu'il n'hésita pas à en exécuter certains, à l'instar de Marcel Langer à Toulouse. Il est aussi un réquisitoire contre la politique du PCF qui tourna volontairement le dos aux combattants de l'OS, jetant leurs mémoires à l'oubli. Avec ce livre justice est rendue à celle de David Isidore Grunberg.

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communismeetconflits - dans Résistance Communisme français

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Publications de David FRANCOIS

GuideICSerge Wolikow, Alexandre Courban, David François, Christian Oppetit, Guide des archives de l'Internationale communiste, 1919-1943, Archives nationales-MSH Dijon, Paris-Dijon, 2009. 

9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")