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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 17:49

LatourMilitant communiste durant les années 1920-1930, Armand Latour a joué un rôle fondamental dans l'organisation et la direction des différentes structures de combat mises en place par le PCF, des Jeunes gardes antifascistes au groupes d'autodéfense.

La courte biographie qui suit vise à mieux faire connaitre un personnage resté longtemps inconnu de l'historiographie du communisme français. Cet oubli est d'ailleurs en partie réparé avec la publication dans le tome 7 du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et social français, le fameux Maitron, d'une substantielle notice sur Latour co-écrite pas Claude Pennetier, Marc Giovaninetti et David François. Nous nous inspirons de celle-ci pour la biographie que nous présentons ici.

Le lecteur pourra constater que les historiens connaissent peu de choses de la vie de Latour entre la fin des années 1930 et son décès en 1982, c'est à dire la majeure partie de son existence. Nous appellons donc tous ceux qui pourraient avoir des renseignements sur  Armand Latour à nous les faire parvenir pour enrichir nos connaissances sur ce militant typique d'une certaine génération communiste.

       

 

  


  Armand Latour naît à Guérande, en Loire Atlantique, le 24 avril 1900 dans une famille de la petite-bourgeoisie. Son père, fils d'un gendarme de Rochefort-en-Terre dans le Morbihan, travaille pour le compte d'un négociant en bois de Guérande, qui le fait venir dans cette ville au moment où la région connaît un essor économique avec la construction des stations balnéaires, comme La Baule, Le Pouliguen ou Le Croisic, et dont il devient le représentant, avant de s'établir à son compte en tant que marchand de vin. La mère de Latour est la fille d'un plâtrier qui a réussi à s'enrichir en profitant de l'essor des constructions sur la côte. Propriétaire de plusieurs maisons à Guérande, il devient un notable conservateur, adjoint au maire, « c'était un chouan » dira plus tard Latour.

La couple Latour ne semble pas avoir été heureux. Le commerce de vin du père se développe, mais ce dernier n'a pas, selon son fils, « l'esprit d'un capitaliste » et se trouve très souvent en désaccord avec son épouse. Selon son fils, il finit sa vie épuisé physiquement par son travail et déprimé moralement ce qui, selon lui, explique son suicide en décembre 1919. Dans ce climat de mésentente conjugale, l'enfance d'Armand Latour ne semble pas avoir été heureuse. Son père le frappe à la moindre faute et il prend aussi les coups destinés à son jeune frère Jean. Sa mère, qui a reçu une éducation conservatrice, lui interdit de lire des livres « défendus ». Le jeune Latour fugue de chez lui à l'âge de 13 ans. Sa scolarité semble aussi affecter par cet environnement familial difficile. Il fait des études secondaires d'abord dans un collège religieux de Renne, puis à Redon d'où il est renvoyé, pour se retrouver à Vannes avant de travailler avec son père.

Latour est incorporé au 106ème puis au 94èmerégiment d'infanterie. Si, avant son service militaire, il affirme déjà lire l'Humanité et des journaux de gauche comme le Journal du Peuple de Fabre, c'est au sein de son régiment où se trouvent de nombreux ouvriers du Nord qu'il intègre un groupe de lecteurs de l'Humanité et deClarté, et qu'il commence à lire les œuvres de Lénine. À la fin de son service militaire, il se rend à Paris où il retrouve Victor Coissac, lui aussi un membre du groupe de lecteurs de l'Humanité au 94èmerégiment d'infanterie, qui le fait adhérer au groupe Connaître. C'est au sein de ce dernier, dirigé par Henry Marx, qu'il fait la connaissance de Joseph Ducroux et Robert Blache avec qui il adhère à la Jeunesse communiste (JC) en novembre 1923.

Militant à la section du 16èmearrondissement de Paris, il devient rapidement secrétaire adjoint puis, en 1924, secrétaire du 13èmerayon de la JC qui comprend le 18 et 9èmearrondissement, ainsi que la commune de Saint-Ouen où Latour réside. Il travaille alors comme chauffeur puis inspecteur-élève à la compagnie d'assurances « La Paix ». Il prend rapidement des responsabilités au sein de la direction régionale des JC, la 4èmeentente, dont il devient le secrétaire administratif avec André Ferrat et Paul Maertens, puis Paul Valières et Chavannes, et où il s'occupe de l'agit-prop, de l'organisation, mais surtout du travail antimilitariste. Il est pourtant renvoyé à la base quelques temps en raison d'insuffisance dans son poste de secrétaire administratif et devient chauffeur, avant de retrouver son poste de permanent de la JC. En octobre 1925, après avoir fait un rapport devant le comité exécutif de l'Entente sur le congrès des conscrits, il entre au comité exécutif comme secrétaire au travail antimilitariste où il s'occupe plus particulièrement de la création des amicales de conscrits, puis devient membre du comité central des JC en 1926 et du bureau national de la Fédération.

Il est arrêté en juin 1925, peu après le congrès des jeunes de la région parisienne, alors qu'il porte sur lui la liste des participants. Dans un questionnaire de 1931, il place cet épisode en mai et donne, comme motif de son arrestation, la distribution de tracts dans les casernes. En 1926, Latour est également mis en cause par Chapuis pour sa participation au groupe Connaître d'Henry Marx, ce qui provoque la création d'une commission par le comité exécutif de la 4èmeEntente, tandis que Latour se défend en indiquant qu'il a rompu depuis son emprisonnement en 1925 avec ce groupe et qu'il en a informé aussi bien la direction de l'Entente que celle de la JC.

Au moment où la JC décide de mettre en place les Jeunes Gardes antifascistes elle confie à la commission des adversaires de la 4ème Entente, composée de Maurice Déglise et de Latour, le soin de superviser leur création dans la région parisienne. En mars 1927, la direction de la JC désigne ce dernier pour prendre la tête des JGA en remplacement de Déglise. Il se rend alors en Allemagne, en juin 1927, en compagnie de Gundram, secrétaire de l'ARAC pour la Moselle, pour participer à la 4ème concentration du Front rouge allemand. Il travaille aussi avec Francis Desphellipon avec qui il rédige un rapport sur la question de la création d'un front rouge international pour le congrès de l'ARAC en août 1927. Lors du congrès des JGA, les 14 et 15 août 1927, il est élu secrétaire général de cette organisation.

À la fin de 1927 ou au début 1928, il est transféré au PC pour occuper le poste de responsable pour les questions d'autodéfense, sous la direction de Pierre Célor. Il partage ses responsabilités avec Georges Beaugrand chargé, à la fin de 1927, de mettre sur pied le Front rouge. Après l'échec de ce dernier et son départ, Latour prend la direction de cette organisation qu'il doit réorganiser sur la base du concept de l'autodéfense prolétarienne, dont il apparaît comme le principal théoricien en France, notamment au travers de la brochure qu'il rédige alors Probléme de l'autodéfense. Comme responsable du Front rouge, il participe à la préparation de la manifestation prévue à Ivry le 5 août 1928 où il est arrêté. En octobre 1928, il part organiser des piquets de grève dans le Nord.

En 1929, il organise la protection du congrès du PC à Saint-Denis en 1929, puis celui de la CGTU à Magic-City. Il est également chargé d'apporter son assistance concernant les questions d'autodéfense lors de grèves. Il prend ainsi part à celle du textile à Halluin, à celle des mineurs de Saint-Étienne et enfin à celle des usines Peugeot à Montbeliard. Il participe activement à la préparation des journées d'action organisées par le PCF dans le cadre de la stratégie classe contre classe. Il tente ainsi d'organiser des manifestations de rue à Saint-Ouen le 1er mai 1929 et prend part, peu après, à la manifestation organisée lors d'un meeting aérien à Vincennes. Il joue surtout un rôle actif dans la préparation du 1er août 1929 qu'il doit diriger avec Corentin Rampi. Mais, après l'intervention policière à Villeneuve-Saint-Georges, il reçoit pour instruction de passer dans la clandestinité tout en continuant à diriger le Front rouge. Il est pourtant arrêté, le 6 août 1929, pour complot contre la sûreté de l'État et passe neuf mois en prison. À sa sortie, en mars 1930, il reprend ses activités dans le domaine de l'autodéfense.

C'est peut-être à ce moment-là qu'il part en Union soviétique suivre une formation dans une école spéciale sous le nom d'Emile Baert, où il apprend les techniques de l'action clandestine.

En 1931, il continue à organiser les manifestations communistes en région parisienne, mais il est également envoyé en province, notamment dans le Nord, au moment de la grève des mineurs puis de celle du textile qui aboutit à l'épisode des barricades de Roubaix. Lors de la grève des mineurs, il effectue avec Camille Froment un travail spécial afin d'infiltrer les gardes mobiles. Cette mission, qui a peut-être un lien avec son séjour en URSS, semble devenir un autre pan des responsabilités dévolues à Latour. Il constitue un appareil chargé du travail en direction des forces de l'ordre qui comprend notamment Pierre Pivin.

Avec l'éclatement de l'affaire Barbé-Célor, Latour, qui a travaillé sous la direction directe de Célor, se retrouve sur la sellette. Il doit s'expliquer sur ses relations avec le groupe devant la commission Marty. En janvier 1932, il entre à l'Humanité comme gardien, poste qu'il occupe encore en juin 1932. Il continue à militer à Saint-Ouen dont il devient le secrétaire de rayon en juillet 1933.

Malgré sa disgrâce, il continue à s'occuper du travail d'autodéfense. À la fin 1931, il participe ainsi à l'enquête sur Charles Loret, militant accusé d’appartenir à la police, mais en réalité proche de l'opposition trotskiste. Latour rencontre aussi Duclos pour rendre compte du travail d'autodéfense et de pénétration au sein de la police et des gardes mobiles. Dans une note de 1934, une série de reproches tombe sur Latour, notamment ses liaisons avec Célor avec qui il a travaillé, l'appartenance passée de son frère à la police des chemins de fer de l'État. Concernant ce sujet, Latour écrit à Thorez , dès 1931, pour demander à être relevé de ses fonctions afin d'éviter que cette appartenance ne nuise au parti. Il lui est aussi reproché d'avoir fait embaucher à l'Humanité en 1927 un certain Le Gloannec qui s'est révélé être un escroc. L'auteur de la note demande qu'il soit relevé de ses responsabilités à l'autodéfense et de tout travail spécial, pour le mettre au travail de masse où il sera surveillé. Derrière ces accusations, se cachent des désaccords politiques plus sérieux, les positions de Latour semblant, en effet, proches de celles de Doriot. Ainsi, lors du comité central du 24 janvier 1934, Lepreux, dirigeant de la région Paris-Nord, expose les problèmes rencontrés par le parti à Saint-Ouen et annonce qu'ils sont en voie de liquidation, après avoir démasqué l'existence d'un groupe opposé à la ligne, groupe dirigé par Armand Latour qui s'est opposé, dans la pratique, aux consignes concernant le front unique et la lutte contre les municipalités pupistes de Seine et Oise, et propose, lors des réunions des militants, des actions en désaccord avec la ligne. La direction de Paris-Nord mène alors un travail auprès des militants qui estiment que Latour a les capacités pour gérer le rayon, afin de l'isoler, tandis qu'une commission d'enquête est désignée pour proposer des sanctions. L'influence de Latour semble particulièrement importante parmi les jeunes, obligeant la direction de Paris-Nord à reconstituer une nouvelle JC, après avoir liquidé l'ancienne sous l'influence de Latour.

Après cette épisode, le destin de Latour devient de plus en plus imprécis. Son nom réapparaît pourtant sur la liste noire n°2 de 1943 « vivant six passages des Écoles à Paris XVème. Libéré de Pithivier après son adhésion au PPF ou POP. Traître au Parti et à la France ». Cette note laisse à penser que Latour serait resté membre du PCF jusqu'au moment où il aurait été arrêté au début de la guerre. Il ne fait plus parler de lui par la suite et le reste de sa vie est plongé dans une obscurité quasi-totale. Les seuls renseignements disponibles sont fournis par son acte de décès qui mentionne un premier mariage le 9 février 1935 avec Léa Bourreau et un second, le 20 septembre 1947 à Paris, avec Léonie Lavergne dont il divorce en 1975, avant de mourir le 25 avril 1982 à Saint-Nazaire.

 

Sources principales: Centre des Archives contemporaines (Fontainebleau): 1994057 art 176; Archives d'Etat russe d'histoire politique et sociale (RGASPI-Moscou): 495/270/4479, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, Tome 7, éditions de l'Atelier, Paris, 2011.

 

Illustration: Latour croqué dans l'Humanité du 5 mai 1925.

 

David François.

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communismeetconflits - dans Etudes historiques
11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 16:29

Voici deux ouvrages parus durant l'été 2011 aux éditions de L'Harmattan. Rappelons qu' Alain Cuenot est l'auteur d'une thèse sur le mouvement Clarté soutenue à l'Université de Besançon en 1986.

Alain Cuenot, Clarté 1919-1924. Du pacifisme à l'internationalisme prolétarien, L'Harmattan, Paris, 2011.

Alain Cuenot, Clarté 1924-1928. Du surréalisme au trotskisme, L'Harmattan, Paris, 2011.

 

 

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Signalons également la sortie à l'automne 2011 du dernier livre de Romain Ducoulombier, De Lénine à Castro, idées reçues sur un siècle de communisme, Le Cavalier Bleu, Paris, 2011.

 

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Romain Ducoulombier est également l'auteur d'un livre sur la naissance du PCF issu de sa thèse de doctorat: Camarades ! La naissance du Parti communiste en France, Perrin, Paris, 2010 . Cet ouvrage marque à notre avis un moment fort dans l'historiographie du PCF, laissant augurer la perspective de recherches sur le communisme dégagées des présupposés idéologiques et politiques qui entachent encore trop souvent l'étude de ce phénoméne politique, social et culturel majeur. Les critiques sévères dont il a été l'objet de la part des tenants d'une histoire militante, qu'elle soit pro ou anti communiste, démontrent la justesse de son approche.

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communismeetconflits - dans Communisme français
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 11:07

AUDOIN Stéphane, « Le Parti communiste français et la violence : 1929-1931 », Revue historique. 1983. pp 365-383.

 

BEN AMOS Avner, « La panthéonisation de Jean Jaurès », Terrain, n°15, Octobre 1990, pp 49-65. Consultable sur http://terrain.revues.org/2983

 

BERNARD Mathias. « Droites et gauches face aux barricades de Février 1934 » dans Alain Corbin et Jean-Marie Mayeur (sld). La Barricade,Paris. Publications de la Sorbonne. 1997, pp. 469-482.

 

BECKER Klaus, « Le mythe du Front rouge. L'exemple du Palatinat », Communisme, n° 80-81-82, 2004/2005, pp. 207-234.

 

BERGER Aurélien, La représentation de la Commune des Asturies (octobre 1934) dans la presse française de gauche, Mémoire de master I sous la direction d'Isabelle Renaudet, université de Provence, Aix-Marseille I, 2006-2007, 79 pp.

 

BERSTEIN Serge, Le 6 Fevrier 1934, Gallimard-Julliard, Paris, 1975.

 

BERSTEIN Serge, « L’affrontement simulé des années 1930 »,Vingtième siècle. Revue d’histoire, n° 5, janvier-mars 1985, pp. 39-54. Consultable sur  link

 

BOULOUQUE Sylvain, « 11 janvier 1924, 33 rue de la Grange-aux-Belles », Le monde Libertaire,n°24, 25 décembre 2003-11 janvier 2004. Consultable sur link

 

-, « Usages, sens et fonction de la violence dans le mouvement communiste en France 1920-1936 », Communisme, n°78-79, 2004, pp. 105-130.

 

-, « The communist movement and violence in France: from First World War to the Cold War », Twentieth Century Communism, a journal of international history, n° 2, 2010. Consultable sur link

 

BOURDE Guy, « La grève du 30 novembre 1938 », Le Mouvement social, n°55, avril-juin 1966, pp 87-91.

 

BRESLE Albert, « Le complot communiste du 1°août 1929 », Cahiers d’histoire,n°4, 1973, pp 353-371.

 

BRIAUX Marianne, Les journées du premier Mai de 1921 à 1934, Mémoire de Maitrise, Paris I, 1988.

 

BURRIN Philippe, « Poings levés et bras tendus. La contagion du symbole au temps du Front populaire », Vingtième siècle. Revue d’histoire, n° 11, juillet-septembre 1986, pp. 5-20. Consultable sur link

 

CARDON Dominique et HEURTIN Jean-Pierre, « Tenir les rangs » Les services d’encadrement des manifestations ouvrières (1909-1936) »,dans Pierre Favre (sld) La Manifestation. Paris. FNSP. 1990.

 

CHARLES Jean, « L’intervention du PCF dans les luttes ouvrières (1921) », Cahiers d’histoire de l’Institut Maurice Thorez,n° 8-9, 3° trimestre 1974, pp. 280-308.

 

COMBE Patrick.L’insurrection de Vienne (Février 1934) et l’insurrection des Asturies (octobre 1934) à travers la presse communiste. Leurs conséquences sur l’élaboration du Front populaire en France.Mémoire de Maitrise. Paris I, 1973, 199 pp.

 

GEROME Noëlle, « Les barricades dans l’usine »,dans Alain Corbin et Jean-Marie Mayeur (sld), La Barricade,Paris, Publications de la Sorbonne. 1997.

 

LASNE Sylvie, L’insulte politique dans « le Populaire » et « l’Humanité ». 1934-1935,Mémoire de Maitrise, Paris I, 1978, 113 pp+ annexes.

 

MONIER Frédéric, Le complot dans la République, Paris, La Découverte, 1998.

 

PRIGENT Françoise, « L’Opération Panthéon (23 novembre 1924) », Bulletin de la société d’étude jauressienne, n°21,juillet-septembre 1973, pp 6-11.

 

PROST Antoine, « Les manifestations du 12 février 1934 en province », Le Mouvement social, Janvier-mars 1966, pp 31-62.

 

REBEYROL Anne et ROUX-POUILLET Jean-Paul, L’Affaire Sacco et Vanzetti vue par L’Humanité et le Libertaire,Mémoire de maîtrise, Paris I CRHMSS, 1971, 240 pp.

 

RICHET A., ROCHET C, Mouvements fascistes français et riposte populaire dans la presse communiste,Mémoire de maîtrise, Paris I, 1972.

 

SANTAMARIA Yves, « Passions pacifistes et violence révolutionnaire aux origines du communisme français», Communisme, n° 67-69, 2001, pp. 61-62.

 

SANTAMARIA Yves, L’Enfant du malheur. Le Parti communiste français dans la Lutte pour la paix (1914-1947), Paris,Seli Arslan, 2002.

 

SKOUTELSKY Rémi, L’espoir guidait leurs pas. Les volontaires français dans les Brigades Internationales 1936-1939, Paris, Grasset, 1998.

 

SKOUTELSKY Remi. « André Marty et les Brigades internationales», Cahiers d’Histoire (Espace Marx)n°67, p 103-124.

 

TARTAKOWSKY Danielle, « Stratégies de la rue. 1934/1936 », Le Mouvement social,avril-juin 1986, réed Bouvier Jean (sld), La France en mouvement, 1934-1938, Paris, Champs Vallon, 1986, pp. 31-61.

 

- , « Manifestations, fêtes et rassemblements à Paris. Juin 1936-novembre 1938 »,Vingtième Siècle, Revue d'Histoire,n° 27, juillet-septembre 1990, pp 43-55. Consultable sur   link

 

-,  « La politique et la rue », Ethnologie française. 1991-3, pp. 317-322.

 

- , « Manifestations ouvrières et théories de la violence : 1919-1934 », dans Philippe Braud, (sld) La violence politique dans les démocraties européennes occidentales, Paris, L’Harmattan, 1993, pp. 251-266. Consultable sur link

 

- , Les manifestations de rue en France. 1918-1968, Paris, Publications de la Sorbonne, 1997.

 

- , « 1919-1968. Des barricades ? », dans Alain Corbin et Jean-Marie Mayeur (dir.), La Barricade,Paris, Publications de la Sorbonne, 1997.

 

-« les morts des 6, 9 et 12 février 1934 » , dans Olivier Dumoulin et Françoise Thelamon (dir.) Autour des morts. Mémoire et Identité, Publications de l'université de Rouen, n°296, Rouen, 2001.

 

VERGNON Gilles, « Le « poing levé », du rite soldatique au rite de masse », Le Mouvement Social, n°212, juillet-septembre 2005, pp. 77-91.Consultable sur link 

 

VIDAL Georges, « Violence et politique dans la France des années 1930: le cas de l'autodéfense communiste », Revue historique, n°640, octobre 2006, pp. 901-922. Consultable sur link

 

- , « Défense de l’Union soviétique et communisme français de 1925 à 1934 : à l’interface du politique, du culturel et du militaire », dans Frédéric Dessberg et Frédéric Thebault (sous la direction.), Sécurité européenne : Frontières, glacis et zones d’influence de l’Europe des alliances à l’Europe des blocs (fin XIXème – milieu du XXème siècles), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007, pp. 141-155.

 

- , « Ouvriers et volontaires dans l’organisation de l’autodéfense communiste de l’entre-deux-guerres : le cas français », dans Hubert Heyries et Jean-François Muracciole (sous la direction.), Le soldat volontaire en Europe au XXème siècle : de l’engagement politique à l’engagement professionnel, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2007, pp. 255-269.

 

VIGREUX Jean et WOLIKOW Serge (sous la dir.), Cultures communistes au XX° siècle. Entre guerre et modernité,Paris, La Dispute, 2003.

 

WIRSCHING Andreas, Vom Weltkrieg zum Bürgerkrieg. Politischer Extremismus in Deutschland und Frankreich 1918-1933/39. Berlin und Paris im Vergleich, München, R. Oldenbourg Verlag, 1999.

 

WOLIKOW Serge, « Les communistes face à la lutte armée », dans La Résistance et les Français. Lutte armée et maquis,Besançon, Annales littéraires de l’Université de Franche-Comté, 1996.

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communismeetconflits - dans Communisme français
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 22:39

Voici deux ouvrages parus à la fin de l'année 2011. Ces publications scientifiques prouvent tout à la fois l'intéret de se pencher sur l'étude des rapports entre communisme et violence et la vitalité de ce nouveau champs de recherche. Nous espérons pouvoir en donner un compte-rendu rapidement.

 

François Audigier et Pascal Girard (sous la direction), Se battre pour ses idées. La violence militante en France des années 1920 aux années 1970, Riveneuve Editions, Paris, 2011, 244 p. 

 

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Stéfanie Prezioso et David Chevrolet (Eds), L'heure des brasiers, Violence et Révolution au XX° siècle, Editions d'en bas, Lausanne, 2011, 326 p.

 

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communismeetconflits - dans Communisme français
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 11:13

Valerio Gentili, Bastardi senza storia. Dagli Arditi del popolo ai combattenti rossi dei Prima Linea: la storia rimossa dell'antifascismo europeo, Castelvecchi, Rome, 2011, 184 pp.

 

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Valerio Gentili, Roma Combattente. Dal "biennio rosso" agli Arditi del Popolo, la storia mai racontata degli uomini e delle organizzazioni che inventarono la lotta armata in Italia, Castelvecchi, Rome, 2010, 288 pp.

 

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communismeetconflits - dans Communisme italien
4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 18:50

À la fin de 1924, après qu'Albert Treint a appelé lors de la cérémonie du transfert de Jaurès au Panthéon à former des centuries prolétariennes, le ministère de l'Intérieur interroge les préfets sur l'éventuelle existence de telles groupes dans leurs départements. La plupart des réponses font état de l'absence d'organisation militaire du PCF, les seules centuries existantes sont le fait de communistes italiens réfugiés en France qui ont répondu au manifeste de l'IC appelant à créer des centuries prolétariennes à la suite de l'assassinat de Matteoti1. Cette initiative reçoit d'ailleurs le soutien de la direction du PCF. Doriot demande ainsi que la CGTU créée un comité antifasciste pour pousser les ouvriers italiens à participer à la manifestation du 28 septembre 1924 « par un défilé semi-militaire » et que de telles manifestations soient organisées aussi à Lyon, Marseille, Tourcoing, Longwy2. Ces propositions sont adoptées lors d'une réunion réunissant la commission exécutive du groupe italien du PCF et des représentants du PCI qui prévoit également d'organiser une campagne de recrutement militaire, d'encadrer les sans-partis dans des centuries, de donner une préparation militaire à ces centuries et d'ouvrir une école politique et militaires pour les commandants3.

Le 14 septembre, dans l'Humanité, paraît un appel du comité ouvrier antifasciste qui décide la création de centuries pour grouper les ouvriers italiens et d'organiser des réunions dans les villes où résident des Italiens pour expliquer la nécessité de cette mesure4. Le PCF et la commission centrale exécutive des groupes italiens, avec l'accord du PCI, créent alors un comando général des centuries composé de militants ayant des connaissances militaires. Les communistes italiens créent à partir de septembre 1924 des comités ouvriers antifascistes sous l'égide desquelles des centuries prolétariennes sont constituées.

Une quinzaine de centuries existent dans la région parisienne rassemblant chacune 100 hommes qui se montrent en public lors de manifestations à Puteaux le 28 septembre 1924 où 500 d'entre eux défilent en uniforme avec un drapeau5 et à Luna-Park le 9 novembre.6. Il en existe bientôt dans toutes les régions d'implantation italienne comme à Marseille avec deux centuries dont l'un des chefs est Giovanni Buti, impliqué dans la manifestation violente du 9 février 19257. À Troyes, selon une lettre anonyme, une centurie est créée fin décembre8. À Audincourt une tentative de création échoue9, tandis que des instructions sont données en novembre aux communistes italiens de Nancy pour créer des centuries et que Cirillo Vecchi et Ignazio Ferri sont responsables de la zone de Meurthe et Moselle10. Des centuries sont mises sur pied dans la région de Briey et des tentatives sont également faites en Moselle. À Amiens, bien qu'ils soient inconnus de la police locale, le Ministère de l'Intérieur soupçonne Umberto Bonettini, Maria Aleotti et Marcel Zmuda de participer à l'organisation des centuries11. Dans la région amiénoise les communistes italiens tentent également de créer des centuries dont le centre est à Albert autour de Mengani12.

Si les centuries sont ouvertes aux non-communistes leur direction doit en principe rester aux mains du parti. Les volontaires sont invités à signer un formulaire d'enrôlement accompagné d'un serment. En même temps le volontaire remplit un formulaire où il indique l'arme dans laquelle il a accompli son service militaire, son grade, s'il possède une arme, une chemise rouge et un béret. Cet enrôlement doit être approuvé par les commandants militaires locaux. Dans le serment le volontaire s'engage à assumer le titre de soldat des centuries prolétariennes, d'étudier l'art militaire, de défendre les intérêts des ouvriers, d'observer la discipline, d'être convaincu que la libération des ouvriers n'est possible que par la force et l'insurrection et s'engage « toutes les fois que je serais appelé à lutter pour le renversement violent du fascisme et de toutes les formes d'oppression du prolétariat, pour la défense de l'Union soviétique, pour l'affirmation du communisme et pour la fraternité mondiale des peuples. » Le lien entre l'antifascisme et la révolution prolétarienne est nettement affirmé, le premier apparaissant comme le prélude à la seconde13.

Un document de septembre 1924 expose l'organisation du système des centuries. Un comando général dirige les centuries au niveau national. Au niveau local existe les fiduciaires qui ont autorités sur les chefs militaires locaux et sont chargés de l'encadrement et du règlement. Le fiduciaire joue un rôle central dans la création des centuries puisqu'il doit former les premières escouades puis une unité en sélectionnant les meilleurs éléments en tenant compte à la fois de leurs attitudes politiques et de leurs dispositions militaires.

La centurie est composée de trois pelotons divisés en escouades avec un commandant. Chaque centurie dispose de son drapeaux rouge et de sa « feggia » donnée par le comando ainsi que d'un nom de baptême. Près du comando est formé un conseil de discipline qui examine les infractions et propose aux organes politiques des sanctions. La centurie fait partie d'un comando, d'un bataillon, d'un régiment, d'une division. Au sommet de cette organisation pyramidale existe un état-major possédant une section sanitaire, des techniciens militaires et des commissaires politiques et militaires sous le contrôle du parti. Au côté de cet état-major existe des éléments techniques spécialisés : mitrailleurs, artilleurs, lance-flammes, aviateurs, chimistes14. Chaque membre doit disposer d'une chemise rouge avec un béret noir alpin et d'une arme dont il n'est pas le propriétaire et qui lui sera donné personnellement quand sera donné l'ordre de mobilisation. Les militants sont aussi libre de s'armer par leurs propres moyens.

Le but des centuries est avant tout de s'entraîner pour pouvoir se rendre ultérieurement en Italie. Le texte d'un cours dispensé aux membres sur la guerre civile et l'insurrection indique que la fonction principale des centuries est de marcher de la frontière française sur Milan puis Rome en cas d'insurrection en Italie, tandis que des instructions sont données pour éviter toute violence en France où la responsabilité de la sécurité des manifestations doit être assuré uniquement par des militants français15. Héritière du garibaldisme de l'expédition des Milles, les centuries italiennes se veulent donc le noyau d'une armée rouge, mais une armée qui n'a comme finalité que d'intervenir sur le territoire italien comme l'aile révolutionnaire du combat antifasciste.

Cette organisation, qui calque sa structure sur celle de l'armée, n'a guère de traduction concrète d'autant que les autorités françaises se chargent rapidement de la démanteler. L'expulsion par la police des dirigeants italiens comme Bernulfo expulsé vers la Belgique en décembre, est le moyen privilégié pour briser l'organisation et réduire à néant son activité, surtout en région parisienne, car en mai 1925 la police signale que dans la région de Nancy, Murazzi alias Guérin tente encore de mettre sur pied des centuries16.

 

Sources:

1 Circulaire en italien de la commission exécutive centrale des groupes communistes italiens aux comités régionaux du 21 juillet 1924, Archives nationales F7 13248.

2 Bureau politique du PCF du 10 septembre 1924.

3 Rapport du 31 janvier 1925 envoyé au CEIC, AN F7 13188.

4 L'Humanité du 14 septembre 1924.

5 Rapport de police du 22 octobre 1924, AN F7 13248.

6 Rapport de police de mai 1930, APP Ba 1916.

7 Rapport de police du 13 février 1925, AN F7 13313.

8 Rapport de police du 30 décembre 1924, AN F7 13248.

9 Rapport de police du 12 décembre 1924, AN F7 13248.

10 Rapports de police des 28 mars et 11 avril 1925, AN F7 13248.

11 Lettre du Ministère de l'Intérieur du 16 mars 1925, AN F7 13248.

12 Rapport de police du 2 mars 1925, AN F7 13248.

13 Rapport de police du 25 mars 1925, AN F7 13248.

14« Disposition pour l'encadrement militaire dans les centuries prolétariennes » du 13 septembre 1924, AN F7 13248.

15 Rapport de police du 15 avril 1925 et « École militaire des centuries prolétariennes. Résumé de la 1er leçon. Les caractéristiques de la guerre civile et de l'insurrection », AN F7 13248.

16 Rapport de police du 9 mai 1925, An F7 13248.

 

David FRANCOIS, doctorant en Histoire contemporaine.

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9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")