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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 12:55

          Francis Desphelippon naît à Vichy le 24 juin 1894 dans une famille modeste. Avant 1914, il est apprenti monteur mécanique et ouvrier électricien. Mobilisé en 1914, il finit la guerre comme lieutenant aviateur. De retour à Vichy, il s'occupe d'un commerce de cycles avec son frère et d'un café dépendant d'une coopérative.

           De retour du front, il fonde une section de l'Association républicaine des anciens combattants à Vichy et se lance dans l'action antimilitariste. Parallèlement à son activité de secrétaire du syndicat des électriciens et de secrétaire-adjoint de la Bourse du Travail de Vichy, il entre au comité central de l'ARAC en juin 1923. Il joue alors un rôle de premier plan dans la crise qui secoue l'ARAC en 1923-1924 et qui se dénoue par la mainmise définitive des communistes sur l'association.

           En 1924, après avoir accompagné Henri Barbusse à un congrès international des anciens combattants à Berlin, il est nommé secrétaire international du comité central de l'ARAC. En 1926, il est élu secrétaire général de l'ARAC et membre du comité central du Secours ouvrier international. À cette date, il s'installe à Paris et devient secrétaire administratif de l'ARAC en août 1927. En 1928, il doit laisser la direction de l'association à Jean Duclos.

            En 1923, il adhère à la SFIO qu'il quitte pour rejoindre le PC en 1924. Il devient secrétaire du rayon de Vichy en 1925 et entre, en 1926, au comité central du PC. Il se présente également, en 1927, à une élection législative partielle à Paris.

           Le 29 mai 1926, il est présent salle Huyghens pour la cérémonie de présentation des Groupes de défense antifascistes à qui il fait prêter serment. En juillet 1926, il est élu secrétaire adjoint des GDA et propagandiste délégué par le congrès national de cette organisation. Il participe aux nombreuses réunions tenues en France pour promouvoir les GDA dont il apparaît comme le principal dirigeant, avant que ne lui succède Georges Beaugrand à la fin de 1927.

           À la fin de 1928, il quitte le PCF, mais reste dans la mouvance communiste en devenant en mai 1928 administrateur délégué de Monde, la revue dirigée par Henri Barbusse. Il entre à la SFIO en 1930 et devient membre de sa commission administrative permanente en 1936 en tant que dirigeant des Amicales socialistes d'entreprise. Sous le Front populaire il appartient à l'aile droite de la SFIO et se montre un virulent anticommuniste.

           En 1940, il rejoint le Rassemblement national populaire de Marcel Déat et travaille pour différents journaux et organismes collaborateurs. En 1945, il est condamné à quatre ans d'indignité nationale pour collaboration.

           En 1952, il est membre du bureau d'une organisation d'extrême-droite, le Mouvement social Européen.

           Francis Desphelippon meurt à Paris le 13 décembre 1965.

 

Source principale: Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, CR-ROM.

 

David FRANCOIS

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communismeetconflits - dans Etudes historiques
8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 11:36

Fin novembre 2010 est paru en français un des rares ouvrages traduits de l'historien américain Stanley G. Payne,  La Guerre d'Espagne. L'histoire face à la concurrence mémorielle, Paris, Cerf, 2011.  Signalons également parmi les ouvrages de ce spécialiste international de la guerre civile espagnole, The Spanish Civil War, the Soviet Union and Communism, 1931-1939, Yale University Press, 2004, et plus recemment Civil War in Europe, 1905-1949, Cambridge University Press, 2011.

 

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communismeetconflits - dans Guerre d'Espagne
1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 10:59

La parution du dernier ouvrage de Frédérick Genevée, La fin du secret. Histoire des archives du Parti communiste français, Paris, L'Atelier, 2012, est annoncée pour le 16 février 2012.

 

 

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communismeetconflits - dans Communisme français
31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 11:45

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   Le parcours de Georges Beaugrand apparait comme une illustration du concept de "brutalisation" de la politique européenne décrit par l'historien Georges L. Mosse. Le destin l'a en effet conduit de l'hécatombe guerrière de l'été 1914 à la Révolution allemande de 1918-1919 puis, de retour en France, au PCF où son expérience, à la fois militaire et révolutionnaire, le désigne alors pour superviser les différentes formations incarnant succesivement l'aile paramilitaire du communisme français.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


            Georges Beaugrand naît le 24 octobre 1893 à Paris. Son père travaillant aux abattoirs, il devient ouvrier moutonnier des Abattoirs de la Villette. Il fréquente alors les Jeunesses socialistes, lit l'Humanité et se montre particulièrement sensible à l'hérvéisme. Il participe alors aux manifestations dirigées contre les nationalistes et les retraites militaires. Il fait son service militaire à partir de novembre 1913 au 152ème puis au 72ème régiment d'infanterie quand la guerre éclate. Il participe alors au combat en Belgique et à la retraite des armées françaises. Fait prisonnier durant la bataille de la Marne le 6 septembre 1914, il est envoyé en Bavière dans un camp de prisonniers puis travaille dans une mine de lignite. Après une tentative d'évasion qui échoue, il est interné à Bayreuth puis à Nuremberg. Durant sa captivité, il apprend l'allemand, fréquente des socialistes allemands, des prisonniers de guerre russes et français, dont des mineurs du Pas-de-Calais qui lui décrivent l'organisation et les luttes ouvrières du Nord. Il est présent à Nuremberg quand éclate la Révolution allemande en octobre 1918 et il assiste à la constitution du conseil des ouvriers et soldats. Il préfère alors rester clandestinement en Bavière plutôt que de rentrer en France. Considéré comme déserteur par les autorités françaises, il est emprisonné lors de son retour, mais se voit acquitté par un conseil de guerre et se retrouve démobilisé en septembre 1919.

             Beaugrand devient militant à la section socialiste du Pré-Saint-Gervais et à l'Association républicaine des anciens combattants. Ouvrier dans une usine de chaussures, il est renvoyé à la suite d'une grève en avril 1920 et retourne travailler aux Abattoirs de la Villette. En 1921, il devient secrétaire de la section syndicale CGT des travailleurs de la viande de la Villette et milite dans la minorité syndicale au sein des Comités syndicalistes révolutionnaires. Avec sa section syndicale, il adhère à la CGTU en 1922 et devient, en 1925, membre de la commission exécutive de la fédération CGTU de l'alimentation.

            Au sein de la SFIO, il vote la motion d'adhésion à l'IC avant le congrès de Tours. En 1923, il participe à la création de la cellule communiste des Abattoirs et devient, fin 1924, secrétaire du 1er rayon de la région parisienne. Il conserve cette responsabilité jusqu'en 1927, moment où, en conflit avec Doriot, il est mis à l'écart. Il est également membre du bureau régional de 1926 à 1928 et participe, en 1924, à la première école communiste de Bobigny.

Après un séjour à Moscou en 1927, il est élu député du 19ème arrondissement de Paris. Trésorier du groupe parlementaire communiste, il soutient les candidats du PCF lors d'élections partielles et se rend également en tournée en Espagne ou en Algérie. Il perd son mandat lors des élections législatives de 1932 et devient membre du comité central de l'ARAC en 1933. En 1934, il est élu maire de Gentilly, réélu en mai 1935, année où il est également élu conseiller général de la Seine.

            Dès 1924, il participe au service d'ordre du PCF, notamment lors de la campagne pour les élections législatives, et il en devient le responsable pour la région parisienne en 1925, la police le qualifiant alors de chef des groupes de combat. Il participe à la campagne contre la guerre du Maroc en 1925, notamment à Marseille où il organise une manifestation à la fin du congrès ouvrier et paysan, manifestation qui se termine par des affrontements avec la police. Selon Jan Valtin, pseudonyme du militant allemand Richard Krebs, Beaugrand aurait été élève d'une école militaire en URSS. Il ne fait pas mention de cet épisode dans son autobiographie où il indique seulement que c'est à son retour de Moscou, où il est membre de la délégation envoyée pour le 10ème anniversaire de la Révolution russe, qu'il se voit confier la responsabilité du Front rouge. En novembre 1927, le bureau politique le charge en effet de l'organisation des groupes de défense. Il doit mettre sur pied le Front rouge mais il est, selon lui, perçu comme gauchiste par la direction, notamment par Pierre Sémard. Quand ce dernier met en doute, lors de la conférence de la région parisienne, les conditions de son élection législative, Beaugrand adresse une lettre de démission au bureau politique qui, s'il refuse sa démission de député, le décharge en mai 1928 de ses responsabilités au Front rouge. Beaugrand continue néanmoins, dans les mois qui suivent, à s'occuper de cette organisation. Il est également membre du comité exécutif du Front rouge allemand de Hambourg. Il prend à ce titre la parole lors des réunions de cette organisation à Stettin et Berlin. En 1931, selon Jan Valtin, il héberge chez lui Edgar André, un des dirigeants du Front rouge allemand et possède des contacts avec l'ambassade soviétique en vue d'assurer la protection des délégués de l'IC. En 1933, il est de nouveau chargé de former des groupes d'autodéfense dans la région parisienne pour faire face aux ligues d'extrême-droite et conserve cette responsabilité jusqu'en juin 1934 et son élection à la mairie de Gentilly.

           Il est déchu de ses mandats de maire et de conseiller général en février 1940 et se réfugie dans l'Yonne où il se met au service des militants de la région. Il est arrêté et interné au camp de Pithiviers en septembre 1942. Libéré le 10 août 1944, l'Humanité le dénonce en octobre comme « traître au parti et à la France ». S'estimant victime d'un complot, Beaugrand essaye en vain de se défendre, mais reste exclu du PC.

           De retour en région parisienne en 1947, il milite au Secours populaire, au Mouvement pour la paix et au Syndicat des retraités. Il est même élu conseiller municipal à Chaumes-en-Brie de 1963 à 1965 où il siège aux côtés d'élus communistes. À la fin des années 1960, il revient dans l'Yonne avant de s'établir dans le Cher. Il est réintégré dans le PC en 1977 et décède le 13 septembre 1981 à Vesdun dans le Cher.

 

Sources: Archives d'Etat russe d'histoire politique et sociale (RGASPI-Moscou): 495/270/8478; Centre des Archives contemporaines (Fontainebleau): 19940434 art 165 dos 13651; noice de Jacques Girault dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, CD-Rom, 1997. 

 

Illustration: L'Humanité du 20 mars 1929. 

David FRANCOIS

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communismeetconflits - dans Etudes historiques
27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 14:30

damien1.jpg Voici la biographie d'un des responsables des groupes de combat du PCF durant les années 1920-1930. Plus connu par son pseudonyme de Damien, Pierre Philippe incarne le type du militant inconnu du grand public mais dont le role est fondamental lorsque la politique du PCF s'aventure aux marges de la légalité. Responsable des groupes d'autodéfense et du Front rouge, il appartient également à l'appareil clandestin du PCF, celui qui est chargé de la protection de la direction communiste, comme le montre son rôle lors du comité central d'Achères en 1929 mais également des liens avec l'appareil clandestin du Komintern, l'OMS, voire les services spéciaux soviétiques. Il faut également souligner la fidélité de ce proche de Jacques Duclos qui, contrairement à de nombreux autres responsables des groupes de combat du PCF, est resté communiste jusqu'à sa mort.

 

 

 

 


           Pierre Philippe, fils d'un laboureur breton qui s'installe en région parisienne, naît à Bougival le 16 avril 1899. Issu d'une famille de catholiques fervents, il est membre d'un patronage jusqu'en 1914. Après avoir obtenu son certificat d'étude, il commence à travailler à Nanterre puis, après un séjour dans les régions libérées, notamment à Calais où il travaille dans un camp de l'armée britannique, il est embauché chez Citroën où il devient tourneur. Il adhère au PC en juin 1924 à la 10ème section de la région parisienne, à laquelle appartient Jacques Duclos, mais également sa compagne Alice Burdeau alias Alice Duschesne. En 1925, au moment de la grève du 12 octobre, il est secrétaire de la cellule des TCRP et membre du bureau du 5ème rayon. Il suit alors les cours d'une école du soir dirigée par Paul Marion. Par la suite, il est affecté au 6ème rayon et se retrouve secrétaire de la cellule de l'usine Houston-Thomson. Il devient peu après permanent et participe, en juin 1928, à la conférence internationale des correspondants ouvriers à Moscou où il représente les usines Citroën.

           Au début de 1928, il participe activement à la création des groupes d'autodéfense de la région parisienne, sous le pseudonyme de Damien. En mars 1929, il est arrêté à la suite de la mort d'un policier tué par le service d'ordre communiste, dans la nuit du 23 au 24, près de la salle à Clichy où se tient la conférence régionale du PC. Le 9 juin 1929, il fait partie de l'équipe chargée de la sécurité de la réunion clandestine du comité central à Achères. Malgré les mesures de précautions prises, la police fait irruption dans la maison où se tient cette réunion, arrêtant Maurice Thorez et passant à tabac Philippe afin qu'il avoue où se cachent les autres dirigeants. Le 20 août 1929, il est nommé responsable du travail antimilitariste dans la région parisienne. Parallèlement, il continue de diriger le Front rouge. Selon la police, il serait même permanent à la commission d'autodéfense de la région parisienne. À ce titre, il organise l'attaque ratée contre la réunion socialiste, salle Japy. Cet échec lui est imputé et il se voit alors retirer ses responsabilités, à l'exception de l'action antimilitariste. Néanmoins, en février 1930, il est désigné pour siéger au bureau fédéral de la région parisienne puis, peu après, à la commission exécutive de la Fédération nationale de la céramique, des industries chimiques et parties similaires de la CGTU.

           À la suite de la publication, par le bureau fédéral de la région parisienne, d'un manifeste pour le 1er mai 1930, Pierre Philippe est poursuivi par la justice et passe dans la clandestinité. Il rejoint alors l'URSS où il suit, de juin à novembre, les cours d'une école spéciale de formation à l'action clandestine. De retour en France en juin 1932, il se voit confier la tâche de s'occuper de l'action illégale sous la direction de Vassart. Mais Eugen Fried demande alors de ne pas confier de responsabilités aux proches de Pierre Célor comme Pierre Philippe, qui est envoyé en Bretagne et Touraine s'occuper de l'appareil-antimilitariste. Par la suite son nom apparaît régulièrement en 1934 dans l'Humanité quand le PC organise à Paris de grandes manifestations et qu'il convoque par le biais de son quotidien les responsables chargés d'assurer le service d'ordre.

           Mobilisé en 1939, il retourne à la vie civile après la défaite et se retrouve au chômage. Au moment où sa femme passe dans la clandestinité en 1942, il participe à l'activité illégale à Paris jusqu'à la Libération. Après la guerre, il travaille à l'Humanité et s'occupe des problèmes de sécurité jusqu'à son départ en retraite, en 1965.

Pierre Philippe décède le 14 février 1969 à Belmont dans l'Ain.

 

Sources: Archives d'Etat russe d'histoire politique et sociale (RGASPI-Moscou): 495/270/1376-- Notice de Claude Pennetier dans le Dictionnaire biographique de l'Internationale communiste, Paris, Editions de l'Atelier, 2001.

 

Illustration: Photographie de Pierre Philippe parue dans L'Humanité du 30 mai 1929.

 

  David FRANCOIS

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communismeetconflits - dans Etudes historiques
27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 10:18

Signalons la sortie en librairie du dernier livre de Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, Ainsi finissent les salauds. Séquestrations et exécutions clandestines dans Paris libéré,  Paris, Robert Laffont, 2012.

 

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Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre ont déja publiés Le Sang des communistes, les Bataillons de la jeunesse dans la lutte armée, automne 1941, Fayard, 2004; Liquider les traitres, la face cachée du PCF (1941-1942), Robert Laffont, 2007; L'Affaire Guy Mocquet. Enquête sur une mystification officielle, Larousse, 2009.

 

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communismeetconflits - dans Communisme français
17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 17:49

LatourMilitant communiste durant les années 1920-1930, Armand Latour a joué un rôle fondamental dans l'organisation et la direction des différentes structures de combat mises en place par le PCF, des Jeunes gardes antifascistes au groupes d'autodéfense.

La courte biographie qui suit vise à mieux faire connaitre un personnage resté longtemps inconnu de l'historiographie du communisme français. Cet oubli est d'ailleurs en partie réparé avec la publication dans le tome 7 du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et social français, le fameux Maitron, d'une substantielle notice sur Latour co-écrite pas Claude Pennetier, Marc Giovaninetti et David François. Nous nous inspirons de celle-ci pour la biographie que nous présentons ici.

Le lecteur pourra constater que les historiens connaissent peu de choses de la vie de Latour entre la fin des années 1930 et son décès en 1982, c'est à dire la majeure partie de son existence. Nous appellons donc tous ceux qui pourraient avoir des renseignements sur  Armand Latour à nous les faire parvenir pour enrichir nos connaissances sur ce militant typique d'une certaine génération communiste.

       

 

  


  Armand Latour naît à Guérande, en Loire Atlantique, le 24 avril 1900 dans une famille de la petite-bourgeoisie. Son père, fils d'un gendarme de Rochefort-en-Terre dans le Morbihan, travaille pour le compte d'un négociant en bois de Guérande, qui le fait venir dans cette ville au moment où la région connaît un essor économique avec la construction des stations balnéaires, comme La Baule, Le Pouliguen ou Le Croisic, et dont il devient le représentant, avant de s'établir à son compte en tant que marchand de vin. La mère de Latour est la fille d'un plâtrier qui a réussi à s'enrichir en profitant de l'essor des constructions sur la côte. Propriétaire de plusieurs maisons à Guérande, il devient un notable conservateur, adjoint au maire, « c'était un chouan » dira plus tard Latour.

La couple Latour ne semble pas avoir été heureux. Le commerce de vin du père se développe, mais ce dernier n'a pas, selon son fils, « l'esprit d'un capitaliste » et se trouve très souvent en désaccord avec son épouse. Selon son fils, il finit sa vie épuisé physiquement par son travail et déprimé moralement ce qui, selon lui, explique son suicide en décembre 1919. Dans ce climat de mésentente conjugale, l'enfance d'Armand Latour ne semble pas avoir été heureuse. Son père le frappe à la moindre faute et il prend aussi les coups destinés à son jeune frère Jean. Sa mère, qui a reçu une éducation conservatrice, lui interdit de lire des livres « défendus ». Le jeune Latour fugue de chez lui à l'âge de 13 ans. Sa scolarité semble aussi affecter par cet environnement familial difficile. Il fait des études secondaires d'abord dans un collège religieux de Renne, puis à Redon d'où il est renvoyé, pour se retrouver à Vannes avant de travailler avec son père.

Latour est incorporé au 106ème puis au 94èmerégiment d'infanterie. Si, avant son service militaire, il affirme déjà lire l'Humanité et des journaux de gauche comme le Journal du Peuple de Fabre, c'est au sein de son régiment où se trouvent de nombreux ouvriers du Nord qu'il intègre un groupe de lecteurs de l'Humanité et deClarté, et qu'il commence à lire les œuvres de Lénine. À la fin de son service militaire, il se rend à Paris où il retrouve Victor Coissac, lui aussi un membre du groupe de lecteurs de l'Humanité au 94èmerégiment d'infanterie, qui le fait adhérer au groupe Connaître. C'est au sein de ce dernier, dirigé par Henry Marx, qu'il fait la connaissance de Joseph Ducroux et Robert Blache avec qui il adhère à la Jeunesse communiste (JC) en novembre 1923.

Militant à la section du 16èmearrondissement de Paris, il devient rapidement secrétaire adjoint puis, en 1924, secrétaire du 13èmerayon de la JC qui comprend le 18 et 9èmearrondissement, ainsi que la commune de Saint-Ouen où Latour réside. Il travaille alors comme chauffeur puis inspecteur-élève à la compagnie d'assurances « La Paix ». Il prend rapidement des responsabilités au sein de la direction régionale des JC, la 4èmeentente, dont il devient le secrétaire administratif avec André Ferrat et Paul Maertens, puis Paul Valières et Chavannes, et où il s'occupe de l'agit-prop, de l'organisation, mais surtout du travail antimilitariste. Il est pourtant renvoyé à la base quelques temps en raison d'insuffisance dans son poste de secrétaire administratif et devient chauffeur, avant de retrouver son poste de permanent de la JC. En octobre 1925, après avoir fait un rapport devant le comité exécutif de l'Entente sur le congrès des conscrits, il entre au comité exécutif comme secrétaire au travail antimilitariste où il s'occupe plus particulièrement de la création des amicales de conscrits, puis devient membre du comité central des JC en 1926 et du bureau national de la Fédération.

Il est arrêté en juin 1925, peu après le congrès des jeunes de la région parisienne, alors qu'il porte sur lui la liste des participants. Dans un questionnaire de 1931, il place cet épisode en mai et donne, comme motif de son arrestation, la distribution de tracts dans les casernes. En 1926, Latour est également mis en cause par Chapuis pour sa participation au groupe Connaître d'Henry Marx, ce qui provoque la création d'une commission par le comité exécutif de la 4èmeEntente, tandis que Latour se défend en indiquant qu'il a rompu depuis son emprisonnement en 1925 avec ce groupe et qu'il en a informé aussi bien la direction de l'Entente que celle de la JC.

Au moment où la JC décide de mettre en place les Jeunes Gardes antifascistes elle confie à la commission des adversaires de la 4ème Entente, composée de Maurice Déglise et de Latour, le soin de superviser leur création dans la région parisienne. En mars 1927, la direction de la JC désigne ce dernier pour prendre la tête des JGA en remplacement de Déglise. Il se rend alors en Allemagne, en juin 1927, en compagnie de Gundram, secrétaire de l'ARAC pour la Moselle, pour participer à la 4ème concentration du Front rouge allemand. Il travaille aussi avec Francis Desphellipon avec qui il rédige un rapport sur la question de la création d'un front rouge international pour le congrès de l'ARAC en août 1927. Lors du congrès des JGA, les 14 et 15 août 1927, il est élu secrétaire général de cette organisation.

À la fin de 1927 ou au début 1928, il est transféré au PC pour occuper le poste de responsable pour les questions d'autodéfense, sous la direction de Pierre Célor. Il partage ses responsabilités avec Georges Beaugrand chargé, à la fin de 1927, de mettre sur pied le Front rouge. Après l'échec de ce dernier et son départ, Latour prend la direction de cette organisation qu'il doit réorganiser sur la base du concept de l'autodéfense prolétarienne, dont il apparaît comme le principal théoricien en France, notamment au travers de la brochure qu'il rédige alors Probléme de l'autodéfense. Comme responsable du Front rouge, il participe à la préparation de la manifestation prévue à Ivry le 5 août 1928 où il est arrêté. En octobre 1928, il part organiser des piquets de grève dans le Nord.

En 1929, il organise la protection du congrès du PC à Saint-Denis en 1929, puis celui de la CGTU à Magic-City. Il est également chargé d'apporter son assistance concernant les questions d'autodéfense lors de grèves. Il prend ainsi part à celle du textile à Halluin, à celle des mineurs de Saint-Étienne et enfin à celle des usines Peugeot à Montbeliard. Il participe activement à la préparation des journées d'action organisées par le PCF dans le cadre de la stratégie classe contre classe. Il tente ainsi d'organiser des manifestations de rue à Saint-Ouen le 1er mai 1929 et prend part, peu après, à la manifestation organisée lors d'un meeting aérien à Vincennes. Il joue surtout un rôle actif dans la préparation du 1er août 1929 qu'il doit diriger avec Corentin Rampi. Mais, après l'intervention policière à Villeneuve-Saint-Georges, il reçoit pour instruction de passer dans la clandestinité tout en continuant à diriger le Front rouge. Il est pourtant arrêté, le 6 août 1929, pour complot contre la sûreté de l'État et passe neuf mois en prison. À sa sortie, en mars 1930, il reprend ses activités dans le domaine de l'autodéfense.

C'est peut-être à ce moment-là qu'il part en Union soviétique suivre une formation dans une école spéciale sous le nom d'Emile Baert, où il apprend les techniques de l'action clandestine.

En 1931, il continue à organiser les manifestations communistes en région parisienne, mais il est également envoyé en province, notamment dans le Nord, au moment de la grève des mineurs puis de celle du textile qui aboutit à l'épisode des barricades de Roubaix. Lors de la grève des mineurs, il effectue avec Camille Froment un travail spécial afin d'infiltrer les gardes mobiles. Cette mission, qui a peut-être un lien avec son séjour en URSS, semble devenir un autre pan des responsabilités dévolues à Latour. Il constitue un appareil chargé du travail en direction des forces de l'ordre qui comprend notamment Pierre Pivin.

Avec l'éclatement de l'affaire Barbé-Célor, Latour, qui a travaillé sous la direction directe de Célor, se retrouve sur la sellette. Il doit s'expliquer sur ses relations avec le groupe devant la commission Marty. En janvier 1932, il entre à l'Humanité comme gardien, poste qu'il occupe encore en juin 1932. Il continue à militer à Saint-Ouen dont il devient le secrétaire de rayon en juillet 1933.

Malgré sa disgrâce, il continue à s'occuper du travail d'autodéfense. À la fin 1931, il participe ainsi à l'enquête sur Charles Loret, militant accusé d’appartenir à la police, mais en réalité proche de l'opposition trotskiste. Latour rencontre aussi Duclos pour rendre compte du travail d'autodéfense et de pénétration au sein de la police et des gardes mobiles. Dans une note de 1934, une série de reproches tombe sur Latour, notamment ses liaisons avec Célor avec qui il a travaillé, l'appartenance passée de son frère à la police des chemins de fer de l'État. Concernant ce sujet, Latour écrit à Thorez , dès 1931, pour demander à être relevé de ses fonctions afin d'éviter que cette appartenance ne nuise au parti. Il lui est aussi reproché d'avoir fait embaucher à l'Humanité en 1927 un certain Le Gloannec qui s'est révélé être un escroc. L'auteur de la note demande qu'il soit relevé de ses responsabilités à l'autodéfense et de tout travail spécial, pour le mettre au travail de masse où il sera surveillé. Derrière ces accusations, se cachent des désaccords politiques plus sérieux, les positions de Latour semblant, en effet, proches de celles de Doriot. Ainsi, lors du comité central du 24 janvier 1934, Lepreux, dirigeant de la région Paris-Nord, expose les problèmes rencontrés par le parti à Saint-Ouen et annonce qu'ils sont en voie de liquidation, après avoir démasqué l'existence d'un groupe opposé à la ligne, groupe dirigé par Armand Latour qui s'est opposé, dans la pratique, aux consignes concernant le front unique et la lutte contre les municipalités pupistes de Seine et Oise, et propose, lors des réunions des militants, des actions en désaccord avec la ligne. La direction de Paris-Nord mène alors un travail auprès des militants qui estiment que Latour a les capacités pour gérer le rayon, afin de l'isoler, tandis qu'une commission d'enquête est désignée pour proposer des sanctions. L'influence de Latour semble particulièrement importante parmi les jeunes, obligeant la direction de Paris-Nord à reconstituer une nouvelle JC, après avoir liquidé l'ancienne sous l'influence de Latour.

Après cette épisode, le destin de Latour devient de plus en plus imprécis. Son nom réapparaît pourtant sur la liste noire n°2 de 1943 « vivant six passages des Écoles à Paris XVème. Libéré de Pithivier après son adhésion au PPF ou POP. Traître au Parti et à la France ». Cette note laisse à penser que Latour serait resté membre du PCF jusqu'au moment où il aurait été arrêté au début de la guerre. Il ne fait plus parler de lui par la suite et le reste de sa vie est plongé dans une obscurité quasi-totale. Les seuls renseignements disponibles sont fournis par son acte de décès qui mentionne un premier mariage le 9 février 1935 avec Léa Bourreau et un second, le 20 septembre 1947 à Paris, avec Léonie Lavergne dont il divorce en 1975, avant de mourir le 25 avril 1982 à Saint-Nazaire.

 

Sources principales: Centre des Archives contemporaines (Fontainebleau): 1994057 art 176; Archives d'Etat russe d'histoire politique et sociale (RGASPI-Moscou): 495/270/4479, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, Tome 7, éditions de l'Atelier, Paris, 2011.

 

Illustration: Latour croqué dans l'Humanité du 5 mai 1925.

 

David François.

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communismeetconflits - dans Etudes historiques
11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 16:29

Voici deux ouvrages parus durant l'été 2011 aux éditions de L'Harmattan. Rappelons qu' Alain Cuenot est l'auteur d'une thèse sur le mouvement Clarté soutenue à l'Université de Besançon en 1986.

Alain Cuenot, Clarté 1919-1924. Du pacifisme à l'internationalisme prolétarien, L'Harmattan, Paris, 2011.

Alain Cuenot, Clarté 1924-1928. Du surréalisme au trotskisme, L'Harmattan, Paris, 2011.

 

 

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Signalons également la sortie à l'automne 2011 du dernier livre de Romain Ducoulombier, De Lénine à Castro, idées reçues sur un siècle de communisme, Le Cavalier Bleu, Paris, 2011.

 

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Romain Ducoulombier est également l'auteur d'un livre sur la naissance du PCF issu de sa thèse de doctorat: Camarades ! La naissance du Parti communiste en France, Perrin, Paris, 2010 . Cet ouvrage marque à notre avis un moment fort dans l'historiographie du PCF, laissant augurer la perspective de recherches sur le communisme dégagées des présupposés idéologiques et politiques qui entachent encore trop souvent l'étude de ce phénoméne politique, social et culturel majeur. Les critiques sévères dont il a été l'objet de la part des tenants d'une histoire militante, qu'elle soit pro ou anti communiste, démontrent la justesse de son approche.

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communismeetconflits - dans Communisme français
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 11:07

AUDOIN Stéphane, « Le Parti communiste français et la violence : 1929-1931 », Revue historique. 1983. pp 365-383.

 

BEN AMOS Avner, « La panthéonisation de Jean Jaurès », Terrain, n°15, Octobre 1990, pp 49-65. Consultable sur http://terrain.revues.org/2983

 

BERNARD Mathias. « Droites et gauches face aux barricades de Février 1934 » dans Alain Corbin et Jean-Marie Mayeur (sld). La Barricade,Paris. Publications de la Sorbonne. 1997, pp. 469-482.

 

BECKER Klaus, « Le mythe du Front rouge. L'exemple du Palatinat », Communisme, n° 80-81-82, 2004/2005, pp. 207-234.

 

BERGER Aurélien, La représentation de la Commune des Asturies (octobre 1934) dans la presse française de gauche, Mémoire de master I sous la direction d'Isabelle Renaudet, université de Provence, Aix-Marseille I, 2006-2007, 79 pp.

 

BERSTEIN Serge, Le 6 Fevrier 1934, Gallimard-Julliard, Paris, 1975.

 

BERSTEIN Serge, « L’affrontement simulé des années 1930 »,Vingtième siècle. Revue d’histoire, n° 5, janvier-mars 1985, pp. 39-54. Consultable sur  link

 

BOULOUQUE Sylvain, « 11 janvier 1924, 33 rue de la Grange-aux-Belles », Le monde Libertaire,n°24, 25 décembre 2003-11 janvier 2004. Consultable sur link

 

-, « Usages, sens et fonction de la violence dans le mouvement communiste en France 1920-1936 », Communisme, n°78-79, 2004, pp. 105-130.

 

-, « The communist movement and violence in France: from First World War to the Cold War », Twentieth Century Communism, a journal of international history, n° 2, 2010. Consultable sur link

 

BOURDE Guy, « La grève du 30 novembre 1938 », Le Mouvement social, n°55, avril-juin 1966, pp 87-91.

 

BRESLE Albert, « Le complot communiste du 1°août 1929 », Cahiers d’histoire,n°4, 1973, pp 353-371.

 

BRIAUX Marianne, Les journées du premier Mai de 1921 à 1934, Mémoire de Maitrise, Paris I, 1988.

 

BURRIN Philippe, « Poings levés et bras tendus. La contagion du symbole au temps du Front populaire », Vingtième siècle. Revue d’histoire, n° 11, juillet-septembre 1986, pp. 5-20. Consultable sur link

 

CARDON Dominique et HEURTIN Jean-Pierre, « Tenir les rangs » Les services d’encadrement des manifestations ouvrières (1909-1936) »,dans Pierre Favre (sld) La Manifestation. Paris. FNSP. 1990.

 

CHARLES Jean, « L’intervention du PCF dans les luttes ouvrières (1921) », Cahiers d’histoire de l’Institut Maurice Thorez,n° 8-9, 3° trimestre 1974, pp. 280-308.

 

COMBE Patrick.L’insurrection de Vienne (Février 1934) et l’insurrection des Asturies (octobre 1934) à travers la presse communiste. Leurs conséquences sur l’élaboration du Front populaire en France.Mémoire de Maitrise. Paris I, 1973, 199 pp.

 

GEROME Noëlle, « Les barricades dans l’usine »,dans Alain Corbin et Jean-Marie Mayeur (sld), La Barricade,Paris, Publications de la Sorbonne. 1997.

 

LASNE Sylvie, L’insulte politique dans « le Populaire » et « l’Humanité ». 1934-1935,Mémoire de Maitrise, Paris I, 1978, 113 pp+ annexes.

 

MONIER Frédéric, Le complot dans la République, Paris, La Découverte, 1998.

 

PRIGENT Françoise, « L’Opération Panthéon (23 novembre 1924) », Bulletin de la société d’étude jauressienne, n°21,juillet-septembre 1973, pp 6-11.

 

PROST Antoine, « Les manifestations du 12 février 1934 en province », Le Mouvement social, Janvier-mars 1966, pp 31-62.

 

REBEYROL Anne et ROUX-POUILLET Jean-Paul, L’Affaire Sacco et Vanzetti vue par L’Humanité et le Libertaire,Mémoire de maîtrise, Paris I CRHMSS, 1971, 240 pp.

 

RICHET A., ROCHET C, Mouvements fascistes français et riposte populaire dans la presse communiste,Mémoire de maîtrise, Paris I, 1972.

 

SANTAMARIA Yves, « Passions pacifistes et violence révolutionnaire aux origines du communisme français», Communisme, n° 67-69, 2001, pp. 61-62.

 

SANTAMARIA Yves, L’Enfant du malheur. Le Parti communiste français dans la Lutte pour la paix (1914-1947), Paris,Seli Arslan, 2002.

 

SKOUTELSKY Rémi, L’espoir guidait leurs pas. Les volontaires français dans les Brigades Internationales 1936-1939, Paris, Grasset, 1998.

 

SKOUTELSKY Remi. « André Marty et les Brigades internationales», Cahiers d’Histoire (Espace Marx)n°67, p 103-124.

 

TARTAKOWSKY Danielle, « Stratégies de la rue. 1934/1936 », Le Mouvement social,avril-juin 1986, réed Bouvier Jean (sld), La France en mouvement, 1934-1938, Paris, Champs Vallon, 1986, pp. 31-61.

 

- , « Manifestations, fêtes et rassemblements à Paris. Juin 1936-novembre 1938 »,Vingtième Siècle, Revue d'Histoire,n° 27, juillet-septembre 1990, pp 43-55. Consultable sur   link

 

-,  « La politique et la rue », Ethnologie française. 1991-3, pp. 317-322.

 

- , « Manifestations ouvrières et théories de la violence : 1919-1934 », dans Philippe Braud, (sld) La violence politique dans les démocraties européennes occidentales, Paris, L’Harmattan, 1993, pp. 251-266. Consultable sur link

 

- , Les manifestations de rue en France. 1918-1968, Paris, Publications de la Sorbonne, 1997.

 

- , « 1919-1968. Des barricades ? », dans Alain Corbin et Jean-Marie Mayeur (dir.), La Barricade,Paris, Publications de la Sorbonne, 1997.

 

-« les morts des 6, 9 et 12 février 1934 » , dans Olivier Dumoulin et Françoise Thelamon (dir.) Autour des morts. Mémoire et Identité, Publications de l'université de Rouen, n°296, Rouen, 2001.

 

VERGNON Gilles, « Le « poing levé », du rite soldatique au rite de masse », Le Mouvement Social, n°212, juillet-septembre 2005, pp. 77-91.Consultable sur link 

 

VIDAL Georges, « Violence et politique dans la France des années 1930: le cas de l'autodéfense communiste », Revue historique, n°640, octobre 2006, pp. 901-922. Consultable sur link

 

- , « Défense de l’Union soviétique et communisme français de 1925 à 1934 : à l’interface du politique, du culturel et du militaire », dans Frédéric Dessberg et Frédéric Thebault (sous la direction.), Sécurité européenne : Frontières, glacis et zones d’influence de l’Europe des alliances à l’Europe des blocs (fin XIXème – milieu du XXème siècles), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007, pp. 141-155.

 

- , « Ouvriers et volontaires dans l’organisation de l’autodéfense communiste de l’entre-deux-guerres : le cas français », dans Hubert Heyries et Jean-François Muracciole (sous la direction.), Le soldat volontaire en Europe au XXème siècle : de l’engagement politique à l’engagement professionnel, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2007, pp. 255-269.

 

VIGREUX Jean et WOLIKOW Serge (sous la dir.), Cultures communistes au XX° siècle. Entre guerre et modernité,Paris, La Dispute, 2003.

 

WIRSCHING Andreas, Vom Weltkrieg zum Bürgerkrieg. Politischer Extremismus in Deutschland und Frankreich 1918-1933/39. Berlin und Paris im Vergleich, München, R. Oldenbourg Verlag, 1999.

 

WOLIKOW Serge, « Les communistes face à la lutte armée », dans La Résistance et les Français. Lutte armée et maquis,Besançon, Annales littéraires de l’Université de Franche-Comté, 1996.

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communismeetconflits - dans Communisme français
5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 22:39

Voici deux ouvrages parus à la fin de l'année 2011. Ces publications scientifiques prouvent tout à la fois l'intéret de se pencher sur l'étude des rapports entre communisme et violence et la vitalité de ce nouveau champs de recherche. Nous espérons pouvoir en donner un compte-rendu rapidement.

 

François Audigier et Pascal Girard (sous la direction), Se battre pour ses idées. La violence militante en France des années 1920 aux années 1970, Riveneuve Editions, Paris, 2011, 244 p. 

 

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Stéfanie Prezioso et David Chevrolet (Eds), L'heure des brasiers, Violence et Révolution au XX° siècle, Editions d'en bas, Lausanne, 2011, 326 p.

 

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GuideICSerge Wolikow, Alexandre Courban, David François, Christian Oppetit, Guide des archives de l'Internationale communiste, 1919-1943, Archives nationales-MSH Dijon, Paris-Dijon, 2009. 

9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")