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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 09:21

Pierre Znamensky, Guy Gallice, Sous les plis du drapeau rouge, éditions du Rouergue, 2010.

 

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Voici un superbe ouvrage qui est également une étude sur un sujet rarement traité : l'histoire du drapeau rouge. Ce symbole de la révolution et du communisme international a fait en effet l'objet de peu de travaux à l'exception du livre déjà ancien de Pierre Dommanget, Histoire du drapeau rouge.


Il ne s'agit pas ici d'une histoire universelle du drapeau rouge puisque Pierre Znamensky privilégie plus particulièrement l'espace soviétique ainsi que les divers pays « socialistes ». Les reproductions sont magnifiques et le texte particulièrement captivant. Le lecteur apprend ainsi, outre le fait qu'un magasin boulevard de la Villette fut dans les années 1920 l'un des principaux pourvoyeurs de drapeaux rouges et que l'avant-garde russe des années 1920, représentée par Malevitch ou Chagall, mis son talent au service de la Révolution en illustrant plusieurs drapeaux.


Et c'est à travers cette histoire visuelle du drapeau rouge que peut se lire l'histoire de l'URSS puisque ce symbole révolutionnaire qui domine les défilés, les salles de réunion, les cérémonies est orné de slogans et d'effigies qui changent à mesure des évolutions politiques. Ainsi quand Staline impose sa domination, se multiplie la reproduction de son visage sur les drapeaux et s'affirme dans les motifs représentés le réalisme socialiste contre les expériences artistiques antérieures. Avec la Seconde guerre mondiale, le drapeau rouge se militarise. Après 1945 le conformisme caractérise une production qui donne à voir les réalisations techniques et industrielles d'un régime qui s'enfonce dans la stagnation sous Brejnev. L'auteur n'oublie pas de faire également des incursions au sein des démocraties populaires et de la Chine de Mao pour le plus grand plaisir du lecteur.


Sous les plis du drapeau rouge est donc à la fois un bel objet et une anthologie de référence concernant l'histoire de ce symbole révolutionnaire indissociable de l'histoire du communisme mondial au XX° siècle que fut le drapeau rouge.

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communismeetconflits - dans Union soviétique et Russie
8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 09:54

Valerio Gentili, Bastardi senza storia. Dagli Arditi del Popolo ai Combattenti Rossi di Prima Linea : La storia rimossa dell'antifascismo europeo, Castelvecchi, Rome, 2011.

 

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Le postulat à l'origine du livre de Valerio Gentili est particulièrement original et intéressant : selon lui, il a existé à partir des années 1920 un véritable mouvement de résistance armé antifasciste en Europe dont l'histoire et le souvenir ont été délibérément occulté. En effet l'auteur avance, de manière assez hardie, l'idée que seule une réaction violente du monde ouvrier, dépassant les cadres de la légalité démocratiques, aurait pu éviter l'arrivée des nazis au pouvoir, mais les dirigeants réformistes, soutenu par les classes dirigeantes, n'ont pas voulu enfreindre cette légalité. Afin d'occulter cette funeste erreur, l'existence d'un antifascisme armé avant la guerre a donc été sciemment occultée.


Pour appuyer sa théorie Valerio Gentili se lance dans une description des différents groupes paramilitaires de gauche qui ont existé en Europe durant les années 1920 et 1930 : Rote Frontkampferbund, Reichsbanner Front de Fer en Allemagne, Schutzbund en Autriche, Groupes de défense antifascistes et TPPS en France, Arditi del Popolo en Italie, Ex-Servicemen en Angleterre. Il porte une attention particulière à l'Allemagne et met en évidence la nécessité pour les organisations de gauche d'assurer la défense de l'exercice de leurs droits politiques et syndicaux mais aussi celle de leurs militants et dirigeants. Cette nécessité face à l'agressivité des groupes fascistes explique la naissance de troupes paramilitaires à gauche. Il montre surtout la fascination qu'exerce à l'époque, même à gauche, la symbolique guerrière, ce qui se laisse voir dans les affiches, les symboles graphiques, comme les trois flèches, mais aussi les uniformes et les défilés. Cette appétence pour la discipline, la rhétorique de l'honneur, une virilité brutale se déploie ainsi au milieu d'une véritable guerre des symboles qui voit naitre et s'internationaliser le salut le poing levé.


Valerio Gentili ne cache pas la spécificité des organisations armées antifascistes dont la majorité des membres sont des anciens combattants et qui recrutent dans les marges du monde ouvrier. Cela signifie que s'y retrouvent de nombreux chômeurs, des déclassés mais également un lumpen-prolétariat qui n'hésite pas à confondre étroitement politique et criminalité à l'instar du groupe impliqué dans le meurtre du nazi Horst Wessel. Ces milices ne forment pas non plus un ensemble idéologique structuré mais plutôt un agrégat de diverses révoltes contre la société, ce qui peut expliquer à la fois la méfiance que les partis de gauche manifestent à leur égard mais aussi la relative facilité pour les militants à déserter pour rejoindre les rangs des adversaires.


Ce voyage dans l'antifascisme violent ne s'achève pas en 1939-1940 puisque Valerio Gentili le prolonge jusque dans les années 1990 présentant les groupes Antifa en France et en Italie ainsi que le Rash ou Patrie socialiste en Italie. Il parvient ainsi à montrer la résurgence des symboles antifascistes nait dans l'entre-deux-guerres au sein de ces formations qui regroupent des jeunes et animent une subculture contestataire.


Le livre de Valerio Gentili est un document fascinant puisque c'est le seul, à notre connaissance, à tracer les contours d'une histoire des groupes paramilitaires de gauche. Le simple fait de vouloir combler un vide historiographique en se penchant sur l'histoire des milices antifasciste doit ainsi être salué. Mais les erreurs factuelles sont nombreuses, notamment sur le cas français que nous connaissons bien, ce qui laisse deviner l'utilisation de sources de seconde main peu scientifique. Surtout cet ouvrage est avant tout un livre militant, puisque l'auteur est une membre actif du groupe Patria socialista qui, à Rome, essaye de faire revivre cet antifascisme musclé. Le postulat de départ de l'auteur que nous avons résumé plus haut est ainsi fortement politique ce qui ne fait, en définitive, que nuire à la crédibilité du propos.

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communismeetconflits - dans Communisme en Europe
7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 09:10

Richard C. Hall, The Balkan Wars, 1912-1913. Prelude to the First World War, Routledge, 2000.

 

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Alors que le monde de l'histoire contemporaine et surtout de l'édition s'impatiente devant l'arrivée du centenaire du déclenchement de Grande Guerre, curieusement aucun ouvrage, ni articles ne semblent vouloir se souvenir des guerres balkaniques qui débutèrent en octobre 1912 et se terminèrent à l'été 1913. Pourtant elles forment une sorte de prologue au conflit mondial dont elles anticipent par certains points le déroulement et qu'elles rendent possible puisque c'est la situation géopolitique nait de ces conflits qui est directement à l'origine de la tragédie d'aout 1914.


Richard Hall, professeur à l'Université du Minnesota, donne dans son livre un aperçu concis et lisible de ces deux guerres balkaniques. Il réussit surtout à les insérer dans une histoire de plus longue durée ce qui fait de son ouvrage une contribution importante à l'histoire des Balkans et plus généralement à l'histoire de l'Europe. Il décrit également de manière précise et claire le contexte international des guerres balkaniques où se laissent deviner les intrigues et machinations des grandes puissances.


Le bouleversement de la géopolitique européenne qui suit la défaite ottomane au début de 1913 signifie rien moins que le découpage de la carte de l'Europe du sud-est et, comme le montre Hall, bousculent les grandes puissances qui doivent rapidement s'adapter et réagir à un changement qui modifie l'équilibre général des forces en Europe.


L’intérêt des grandes puissances pour les conflits balkaniques s'explique également par le fait que, à l'exception de la Grèce, chacune possède une État client dans les Balkans. C'est particulièrement vrai pour l'Autriche-Hongrie et la Russie qui s'opposent sur les ambitions de la Serbie et du Monténégro et la création d'un État albanais. La Bulgarie, la grande perdante de ces guerres, se détournent alors de sa protectrice, la Russie. Début 1914 elle se rapproche des Ottomans avant d'entrer en guerre en 1915 auprès des Empires centraux. La Russie se trouvant alors isolée sur la scène balkanique ne peut plus compter dans cette région que sur une Serbie dont les ambitions irritent autant les Autrichiens que les Italiens. Ces confrontations créent un climat explosif qui s'enflamme avec l'assassinat de Sarajevo en juillet 1914.


L'ampleur des opérations militaires dans les Balkans ne peut manquer non plus de susciter l’intérêt des Puissances. Certaines batailles engagent en effet des masses d'hommes jamais vus en Europe depuis 1871. Cette guerre voit aussi s'imposer des nouveautés comme l'emploi des avions, utilisés pour bombarder les villes comme Andrinople. Elle permet surtout de se rendre compte de la redoutable efficacité de la puissance de feu des armes modernes. Cette puissance utilisée dans une optique défensive, à partir de positions fortifiées, permet ainsi aux Ottomans de remporter leur première victoire sur une armée européenne depuis deux cents ans en brisant les assauts de l'armée bulgare. Hélas les militaires européens ne tirent aucune leçon de ces combats qu'ils regardent avec un certain mépris.


Le livre de Hall est une brillante introduction à l'histoire des guerres balkaniques. Cette synthèse est suffisamment claire et attrayante pour intéresser non seulement les spécialistes des Balkans mais également tous ceux qui éprouvent un intérêt pour l'histoire de la Première guerre mondiale et plus généralement de cette péninsule balkanique qui fut encore la proie des combats durant les années 1990.

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communismeetconflits - dans Divers
4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 11:33

Skoutelsky Rémi, L'Espoir guidait leurs pas. Les volontaires français dans les Brigades internationales, 1936-1939, Grasset, 1998.

 

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Les Brigades internationales sont entrées dans la légende de la gauche presque dès leur naissance et ce phénomène n'a cessé de s'amplifier au point qu'elles sont vite devenu objet de polémiques politiques. Quand les communistes écrivaient à leurs sujets des chansons de geste, d'autres dénonçaient la répression sanglante dont elles avaient été le cadre.


Il a fallu attendre les années 1990 pour qu'apparaissent enfin des universitaires soucieux de revisiter ce monument de l'antifascisme. En France, il revient à Remy Skoutelsky d'avoir ouvert la voie. En 1998, il publie une adaptation de sa thèse soutenue en 1996 sur les volontaires français des Brigades internationales. La force de son travail est de reposer sur un ensemble archivistique impressionnant: archives espagnoles, archives françaises mais également archives de l'Internationale communiste et notamment le fond spécifiquement consacré aux Brigades et dont une partie est maintenant consultable sous forme de microfilms à la BDIC à Nanterre.


Dans son livre il décrit d'abord les réactions de la gauche française à l'annonce du soulèvement nationaliste en Espagne en juillet 1936 et le départ des premiers volontaires. Au début ces initiatives sont individuelles et spontanées. André Malraux met sur pied son escadrille España tandis que des inconnus rejoignent les différentes milices qui se forment en zone républicaine. Des dizaines d'anarchistes français s'intègrent ainsi aux milices libertaires de la CNT.


Si des communistes partent alors en Espagne ils le font encore de manière autonome car jusqu'en septembre les consignes du PCF s'alignent sur la politique de non-intervention acceptée par Staline. En septembre, ce dernier décide, devant les ingérences italiennes et allemandes en Espagne, d'intervenir sous couvert du Komintern. Les Brigades naissent officiellement en septembre 1936 alors que les nationalistes sont déjà aux portes de Madrid. Remi Skoutelsky décrit bien l'improvisation et la pagaie qui entoure la formation des Brigades en Espagne tandis qu'en France se mettent en place les réseaux de recrutement et d'acheminement des volontaires pour l'Espagne.


Rémi Skoutelsky dresse ensuite le portrait des volontaires français, qui forment d'ailleurs le contingent le plus nombreux soit environ 9000 hommes sur les 30 000 que comptent l'ensemble des brigades. Ces Français sont presque tous des ouvriers et viennent pour la plupart des régions les plus urbanisées. La majorité est membre du PC et, en ajoutant les sympathisants, cette sensibilité représente 80% des volontaires, une proportion qui est pourtant moins forte que dans d'autres contingents nationaux.


Cette diversité politique des volontaires français est certainement le résultat de la force d'un antifascisme alors largement développé dans la France du Front populaire. C'est d'ailleurs un mobile largement avancé pour justifier le départ pour l'Espagne. Mais Rémi Skoutelsky présente également d'autres raisons qui poussent à l'engagement: la soif de révolution, la solidarité ouvrière mais aussi, comme pour la Légion étrangère le goût de l'aventure et de l'action, le besoin d'une insertion sociale.


Remi Skoutelsky décrit également la participation aux combats des volontaires français qui sont opérationnelles des novembre 1936 pour défendre la capitale espagnole. Ils participent par la suite à toutes les grandes batailles de la guerre d'Espagne et se couvrent particulièrement de gloire à celle de Guadalajara en 1937. Troupes d'élite, les militaires républicains espagnols ont tendance à utiliser les brigadistes comme chair à canon. Se battant dans des conditions matérielles souvent difficiles les volontaires ont rapidement conscience d’être envoyé dans les zones les plus dangereuses du front. Et Rémi Skoutelsky ne cache pas que sur le front il y eut des désertions et des refus d'obéissance.


En 1938, le gouvernement républicain espagnol accepte, pour des raisons diplomatiques, le départ des brigadistes. Le 28 octobre, les volontaires sont acclamés lorsqu'ils défilent une dernière fois dans Barcelone. Quand ils repassent la frontière française, si les volontaires français ont un sort plus enviable que leurs camarades étrangers, dont beaucoup sont internés, ils sont néanmoins confrontés aux difficultés de la réinsertion dans la société mais aussi au sein du PCF pour les militants.


Très vite les anciens volontaires affrontent de nouveau la guerre et beaucoup vont s'engager dans la Résistance. Après la Libération de nombreux anciens brigadistes dirigeants de la MOI durant l'Occupation rejoignent les démocraties populaires où ils vont être les premières victimes des purges comme ce fut le cas pour Artur London à Prague. En France, André Marty, ancien dirigeant des Brigades est chassée du PCF en 1952 sous l'accusation infamante d'être un indicateur de police. Le passage par l'Espagne est devenue suspect aux yeux des appareils staliniens.


Avec la chute du communisme dans les pays de l'Est et le développement d'une historiographie polémique, largement hostile au communisme, on aurait pu craindre que se développe en retour une vision des Brigades unanimement défavorable, comme c'est le cas d'ailleurs dans le Livre noire du communisme. Heureusement le livre de Rémi Skoutelsky, qui n'est pas seulement une sociologie des Brigades, est passé par là pour redonner chair à ces volontaires et à leur histoire. Loin de l'épopée romantique il montre au contraire le destin de combattants qui se battirent pour beaucoup par idéal et donnèrent leur vie pour un pays qui n'était pas le leur.


Depuis sa sortie en 1998, l'ouvrage de Remi Skoutlsky est une référence incontournable sur la question.

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communismeetconflits - dans Guerre d'Espagne
3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 14:17

Kenneth Slepyan, Stalin's Guerillas, Soviet Partisans in World War II, University Press of Kansas, 2006.

 

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Kenneth Slepyan a eu la chance de se trouver en Union soviétique pendant l'année scolaire 1991-1992 dans le cadre de ses recherches pour sa thèse de doctorat à l'Université du Michigan sur le mouvement des partisans pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a pu alors profiter d'une période relativement brève d'ouverture des archives soviétiques qui par la suite se sont vite refermées aux historiens.


De cette manne documentaire il a tiré un livre, Stalin's Guerillas, qui étudie le mouvement partisan pour mieux appréhender les conséquences de la guerre sur la société et l’État soviétique mais également sur le stalinisme. En dépit du recul de l'Armée rouge lors de l'invasion allemande à partir de juin 1941, des Soviétiques forment en effet des unités de partisans qui se battent farouchement contre les occupants en organisant des coups de main, des sabotages et en faisant du travail de renseignements. Si cela peut sembler assez ordinaire dans une Europe occupée où existent d'autres mouvements de résistance, notamment les partisans yougoslaves, l'inédit dans le contexte soviétique c'est que ces mouvements politiques et militaires se font en dehors de la surveillance et de la tutelle de Staline et de l’État.


Kenneth Slepyan montre que les partisans soviétiques sont alors les héritiers d'une longue lignée de guerriers où se mêlent, outre les partisans rouges de la guerre civile, les communautés militaires des Cosaques et l'égalitarisme des anciennes insurrections paysannes. Mais c'est Staline qui le 3 juillet 1941 appelle à créer des formations de partisans pour mener la guerre de guérilla. Rapidement le mouvement va prendre de l'importance et jouer un rôle militaire de poids.


Ces mouvements de partisans sont alors composés non seulement de civils mais également de soldats de l'Armée rouge dépassés par l'avance de la Wehrmacht ainsi que de membres des minorités nationales. Kenneth Slepyan montre d'ailleurs que les conditions de vie et de combat des partisans sont loin de correspondre à ce que montre les romans et les films de propagande. Il aborde aussi la question de la représentation qu'avaient d'eux-même les partisans et de leur place dans la société soviétique.


Le livre de Kenneth Slepyan privilégie donc l'analyse du mouvement partisan en tant que phénomène social et délaisse de ce fait l'étude de son apport militaire. Il est donc ici peu question des opérations militaires et des faits d'armes. Kenneth Slepyan se penche plutôt sur les relations nouvelles qui se mettent alors en place entre les partisans et l’État dans un contexte d'autonomie des premiers et comment ses liens nouveaux ont été consolidées et ont été sapé par l'appareil soviétique pendant et après la guerre.


Le mouvement partisan a ainsi été tout à la fois une légitimation du parti communiste, capable de vaincre l'ennemi, et un souffle de liberté dans une sorte de destalinisation spontanée, une « dissidence organisée » comme dit l'auteur. Pourtant Kenneth Slepyan reconnaît qu'à aucun moment il n'a formé un mouvement libéral aspirant à la démocratie. La guerre a selon lui plutôt confirmer aux yeux des Soviétiques la justesse de l’idée stalinienne que l'URSS vivait dans un monde rempli d'ennemis intérieurs et extérieurs. Cette vision du monde, que partagent les partisans, tend à montrer que ces derniers acceptent pleinement eux aussi les valeurs soviétiques.


Voici donc un ouvrage brillant et bien écrit qui décrit et analyse avec soin et perspicacité un pan largement méconnu de l'histoire à la fois militaire et sociale de l'Union soviétique durant ce que les Russes nomment encore la Grande guerre patriotique.

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communismeetconflits - dans Union soviétique et Russie
31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 13:35

Alexandre Skirda, Kronstadt 1921. Prolétariat contre dictature communiste, Les éditions de Paris, Paris, 2012.

 

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Présentation de l'éditeur:

Les marins de Kronstadt avaient activement participé à la révolution russe de février 1917 qui balaya le tsarisme, au nom de grandes aspirations : la paix immédiate, la prise de la terre par les paysans et des usines par les ouvriers, une immense espérance symbolisée par le mot d'ordre : "Tout le pouvoir aux soviets !". Lénine, leader du parti bolchévik, sut, par la plus extrême démagogie, séduire les soviets pour, en leur nom, faire un coup d'Etat contre le gouvernement provisoire socialiste.


Ce fut le début d'une évolution totalitaire du parti communiste (nouveau label du Parti depuis février 1918), baptisée faussement "dictature du prolétariat". La suppression des libertés acquises devait engendrer une terrible guerre civile opposant les léninistes à tous ceux qui les contestaient. Devant le blocage des conquêtes sociales et politiques obtenues auparavant, des grèves ouvrières se déclenchèrent à Pétrograd.


En mars 1921, par solidarité, éclate l'insurrection des marins, soldats et ouvriers du port militaire de Kronstadt. Les insurgés, fidèles aux idéaux de la Révolution, veulent supprimer la dictature du parti communiste au nom du pouvoir des soviets librement élus. Ceux dont Trotsky avait dit qu'ils étaient "la gloire et la fierté de la Révolution" vont être désormais présentés comme des contre-révolutionnaires, leurs mots d'ordre déformés.


Encerclés et pris d'assaut, ils seront impitoyablement liquidés, une partie seulement parvenant à passer en Finlande. S'appuyant sur des témoignages de première main, notamment celui du commandant provisoire de Kronstadt retrouvé en émigration en France, ainsi que sur des archives secrètes rendues publiques en Russie, cette étude est indispensable pour comprendre la Révolution. S'y ajoutent des documents et photos inédites des insurgés.

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communismeetconflits - dans Divers
29 décembre 2012 6 29 /12 /décembre /2012 17:20

Philip Short, Mao Tsè-Toung, Fayard, Paris, 2005.

 

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Mao Tsè-Toung reste, comme l'a montré le dernier congrès du Parti communiste chinois en novembre 2012, une icône pour des milliards de Chinois. Pour ces derniers il ne fait aucun doute qu'il est le père de cette République populaire qui a fait passer en cinquante ans la Chine de l'état d'une semi-colonie arriérée en proie à la misère et à la division en une puissance mondiale incontournable aussi bien au niveau politique, militaire qu'économique. Régnant sur le quart de l'humanité avec des pouvoirs aussi grands que ceux des antiques empereurs de Chine, il a fait accomplir à son pays des progrès qui, en Occident, se sont déroulé sur plusieurs siècles.


Pourtant si l'on devait faire un classement des dirigeants selon le nombre des victimes que leurs actions ont causées il est à peu près certains de Mao figurerait dans les premiers. Le régime qu'instaure ce dernier nie en effet fondamentalement les droits individuels et repose sur la contrainte physique et matérielle comme le montre, avec de nombreux exemples la biographie que Philip Short consacre au Grand Timonier.


L'ouvrage de Philip Short, journaliste et qui fut longtemps correspondant de la BBC à Pékin, est essentiellement chronologique. Il expose l'enfance confucéenne de Mao dans la province du Hunan et sa jeunesse dans une Chine en proie à la décomposition et au chaos. Il montre l’évolution politique de Mao, son ascension au sein du parti communiste chinois, l'émergence de la stratégie militaire qu'il théorise et qui est largement controversée dans les années 1930. Il examine également minutieusement les conflits internes au PCC qui permettent l'émergence de Mao en tant que dirigeant incontesté. Puis défilent les chapitres où la vie de Mao se mêle inextricablement à celle de son pays : la guerre contre le Japon, puis la guerre civile, la construction d'un nouvel État révolutionnaire, le Grand Bond en avant, la Révolution culturelle et les derniers combats de Mao pour s'assurer que sa vision révolutionnaire perdurera après sa mort.


Le travail de Short est donc une étude minutieuse et érudite qui s'adresse aussi bien aux connaisseurs qu'à ceux qui souhaitent se familiariser avec le grand homme chinois. Pourtant la vie privée de Mao est ici laissé de coté. Peu de chose sur sa famille, ses relations avec ses proches comme ses enfants ou ses camarades de parti ce qui tend à figer le personnage dans ses seules dimensions politiques et militaires. Philip Short tend également à minimiser le rôle de Mao dans les hécatombes qui résultent des politiques qu'il lance. Pour lui, Mao, contrairement à Hitler et Staline, ne souhaitait à aucun moment la mort de millions d'innocents. Seule la famine provoquée par des politiques hasardeuses est, selon lui, pleinement responsable de ces pertes. Une telle affirmation ne peut faire que débats.


Malgré ces critiques, le livre de Short est une référence qui synthétise de manière savante les différents aspects de la vie publique de Mao et son rôle dans l'histoire de la Chine. Le portrait qu'il projette est ambivalent puisque Mao apparait comme un visionnaire imbibé de sang dont les loyautés contradictoires disparaissent peu à peu pour laisser la place à un individu imbu de l'idée quasi-mystique qu'il a du destin de la Chine et de son propre pouvoir suprême. D'ailleurs à travers ce pouvoir absolu se laisse deviner une forme de continuité avec l'ancienne Chine impériale.

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communismeetconflits - dans Communisme chinois
28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 08:49

Arséne Tchakarian, Hélène Kosséian-Bairamian, Les Commandos de l'Affiche rouge, éditions du Rocher, Monaco, 2012.

 

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Le 21 février 1944, vingt-trois membres des FTP-MOI de la région parisienne sont fusillés par les Allemands au Mont-Valérien, dont leur chef Missak Manouchian. Ces hommes sont devenus les symboles de la lutte armée communiste en France grâce à la célèbre Affiche rouge où, sur fond rouge, s'étale la photographie de leur visage, photos prises quelques heures avant l’exécution, et qu'accompagnent des noms imprononçables: Joseph Boczov, Maurice Fingercwajg, Szlama Grzywacz ou Wolf Wajsbrot. Le poème que leur consacre Louis Aragon et que Léo Ferré met en chanson fait définitivement entrer les vingt trois dans la mythologie nationale. De nombreux livres, articles et films sont depuis consacrés au groupe Manouchian, pensons ainsi au film "L'Armée du crime" de Robert Guédiguian sorti en 2009.


Arsène Tchakarian, 95 ans, est, depuis novembre 2011, le dernier membre encore vivant de ce groupe. Il ne livre pas ici un témoignage sur son expérience mais retrace en détail les actions armées de ses camarades en s'appuyant sur ses souvenirs, ses enquêtes et surtout sur les communiqués qu'établissaient Manouchian après chaque attaque.


Déraillements de trains, attaques de pylônes, exécutions de nazis comme de collaborateurs, récupération de documents au domicile de communistes arrêtés, chaque action est ici minutieusement décrite, les participants identifiés ainsi que le mode opératoire utilisé. Le livre ressemble d'ailleurs un peu trop parfois à une liste d'opérations militaires. Sur ce point il ne fait d'ailleurs que reprendre l'essentiel de ce qu'avait déjà écrit Tchakarian dans Les Francs-tireurs de l'Affiche rouge paru en 1986.


Ce livre est également un hommage et, sur ce point, il est évidemment émouvant. Il rend compte avec force du courage de ces résistants, la plupart immigrés ou enfants d'immigrés, le plus souvent de très jeunes gens, qui se sont battu avec de simples pistolets, des grenades et seulement des vélos pour se déplacer.


Mais le livre d'Arsène Tchakarian n'est pourtant pas une simple description des faits d'armes du groupe Manouchian entre avril et novembre 1943, ni un ultime salut pour ranimer les mémoires. C'est aussi un livre de conviction. Depuis 1986, la question des causes de la chute du groupe Manouchian est en effet au centre d'un vif débat. En 1985, le film de Mosco, "Des Terroristes à la retraite", expliquait déjà que la direction du PCF avait délibérément abandonné et sacrifié le groupe Manouchian. Sa diffusion sur Antenne 2 avait à la fois provoqué un vif débat mais également poussé des historiens à examiner de manière scientifique les pièces du dossier. De ses recherches est sorti en 1989 l'ouvrage de Denis Pechanski, Stéphane Courtois et Adam Rayski, Le Sang de l'étranger, qui explique comment le minutieux travail de la police parisienne est à l'origine de la chute du groupe sans qu'intervienne nécessairement la figure du traitre. Mais l'idée d'un sacrifice du groupe par le PCF existe toujours et irrigue les nombreux ouvrages qui cherchent à démontrer la nature intrinsèquement criminelle du communisme.


Arsène Tchakarian livre ici sa vérité. Pour lui le PCF n'a pas abandonné le groupe Manouchian qui fut avant tout victime d'une trahison. Et il cite le nom du traitre: Boris Holban, responsable militaire des FTP-MOI de la région parisienne qui est décédé en 2004. Mais Tchakarian ne livre pas de preuves probantes de cette trahison. Il n'apporte aucun document issu des archives pour la corroborer et se contente seulement de présomptions et de soupçons ce qui apparaît en définitive bien mince.


Signalons pour finir que l'éditeur aurait été avisé de faire relire l'ouvrage par un historien. En effet celui-ci est parsemé d'erreurs historiques, certainement dû à une méconnaissance du sujet par celle qui a collaboré à son écriture puisque Arsène Tchakarian a malgré tout 95 ans. Ainsi le terme franquiste est systématiquement mis à la place de franciste (partisan du parti franciste de Marcel Bucard), tandis que l'on apprend que le colonel Fabien a abattu l'aspirant Hauser au métro Barbusse (en réalité l'aspirant Moser au métro Barbés). Ces erreurs, sans aucune gravité pour le propos du livre, nuisent malgré tout à la lecture et notamment au crédit que l'on peut apporter à l'ensemble de l'ouvrage.


Malgré ces critiques, le livre d'Arsène Tchakarian, magnifique hommage d'un homme au crépuscule de sa vie à ses camarades de jeunesse, reste une mine d'informations sur le groupe Manouchian d'autant qu'il est enrichi par une série de riches annexes. Voici donc un témoignage incontournable sur la lutte armée communiste sous l'Occupation.

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communismeetconflits - dans Communisme français
27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 09:28

 

Anthony Read, The World on Fire. 1919 and the Battle with Bolshevism, Norton and Company, 2008.

 

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Novembre 1918 est certainement le moment où les conséquences de la Révolution russe de 1917 se font pleinement sentir en Europe. Alors que des millions d'hommes sont morts sur les champs de bataille, dans les quatre pays vaincus (Allemagne, Autriche-Hongrie, Empire ottoman, Bulgarie) les anciennes élites sont chassées. Si chez les Alliés le sentiment de soulagement prévaut parmi les dirigeants s'installe alors l'idée qu'à l'adversaire allemand vaincu s'en substitue un nouveau, le bolchevisme.


Les Alliés font d'ailleurs un emploi très extensif du terme bolchevik dans lequel ils ont tendance à englober l'ensemble des menaces qui planent sur l'ordre social. Il n'est donc pas étonnant que pour de nombreux militaires, britanniques en particulier, il recouvre également aussi bien le terrorisme irlandais que les manifestations d'opposition à la domination britannique en Inde. Pour les autorités britanniques la simple remise en cause de l'Empire ne peut alors être que le fruit des intrigues bolcheviques. La même appréhension touche la France où le bolchevisme est d'abord vue comme une nouvelle arme de l'Allemagne.


Il semble que ce soit cette méconnaissance, mais aussi le manque d'organisation du bolchevisme, qui le rende alors si effrayant. En effet, après 1945 la situation sera différente puisqu'alors Staline est considéré comme un politicien ordinaire qui respecte le partage de l'Europe réalisé avec Churchill et qui tient assez solidement les partis communistes afin d'éviter les flambées révolutionnaires. En 1918, les choses sont bien différentes. Les bolcheviks ne contrôlent alors que partiellement une Russie en proie à la guerre civile tandis que ceux qui, dans le monde, se prétendent communistes connaissent mal la pensée léniniste et font preuve d'un extrémisme que Lénine dénoncera comme gauchiste.


La difficulté à définir cette nouveauté internationale qu'est le bolchevisme explique en partie que pour ses adversaires toute émeute, mutinerie ou grève ne puissent être que le fruit de son action destructrice. En réaction naissent d'ailleurs des organisations qui se donnent pour tache de le combattre que ce soit le mouvement fasciste en Italie, les corps-francs en Allemagne ou le Klu Klux Klan qui renait dans le sud des États-Unis.


L'année 1919 apparaît bien comme une année de profonds troubles où le monde semble hésiter quand à son avenir à l'instar de ce que fut l'année 1789. Si Lénine veut clairement qu'advienne la Révolution mondiale, et le Komintern est fondé dans ce sens en mars 1919, les Alliés interviennent quand à eux directement en Russie pour combattre les Rouges. Mais sans vision stratégique cohérente, ni la possibilité d'accroitre leur effort militaire, sous peine de mutineries, cette intervention est vouée à l'échec.


Si l'Allemagne est la proie de la guerre civile et semble alors sur le point de basculer du coté bolchevik, Read montre également que les États vainqueurs ressentent plus gravement que l'on n'a pu le penser les contrecoups de la vague révolutionnaire. En Grande-Bretagne, outre les grèves, les soldats sont proches de la mutinerie et Read dévoile que la hiérarchie militaire est alors proche de perdre le contrôle des troupes. Les États-Unis connaissent quand à eux le Red Scare, la peur du rouge qui n'a rien à envier au maccarthysme des années 1950 puisqu’elle se traduit par le développement des émeutes raciales et la montée de la xénophobie.


Anthony Read conte de manière précise l'ensemble des événements qui secouent ainsi l'Europe et l'Amérique en 1919. Il maitrise assez sa documentation pour que sa recension de faits se déroulant en différents points de la planète donne un effet cumulatif convaincant. Mais le lecteur peut regretter que le parti pris de ne considérer que l'année 1919, s'il permet de montrer l’intensité de la peur anticommuniste qui s'empare alors d'une partie de l'opinion mondiale, empêche néanmoins de comprendre à long terme les conséquences de la Révolution russe. La disproportion de traitement entre le monde anglo-saxon, principalement la Grande-Bretagne et les États-Unis et le reste du monde est également décevante. Nous ne pouvons pas non plus passer sous silence, pour la déplorer, la comparaison, qu'affectionne l'auteur entre le bolchevisme et l'islamisme terroriste du début de ce siècle. D'autant que ce raccourci, sorte de tarte à la crème néo-conservatrice ne repose, là encore, sur aucune démonstration sérieuse.

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communismeetconflits - dans Komintern
26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 09:20

Tom Van Eersel, Panthères noires. Histoire du Black Panther Party, L'échappée, Paris, 2006.

 

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Tom Van Eersel est un journaliste qui, dans cet ouvrage, offre au grand public une première synthèse sur l'histoire du mouvement américain des Blacks Panthers. L'ouvrage, composée de cinq parties chronologiques, retrace l'histoire de ce mouvement depuis la fondation du Black Panther Party (BPP) en 1966 jusqu'à nos jours.


Il présente d'abord, dans une première partie, le contexte dans lequel émerge ce mouvement, c'est à dire au milieu d'une Amérique où dominent à la fois un profond anticommunisme et l'émergence du mouvement des droits civiques. C'est d'ailleurs au sein de ce dernier qu'apparaissent des militants qui se nourrissent des écrits de Marcus Garvey, de Franz Fanon et de Malcolm X. Le livre décrit de manière claire la période de la désagrégation légale entre 1954 et 1964 et les pratiques pacifiques qui l'accompagnent. Mais les émeutes de Los Angeles en 1965, les assassinats de Luther King, de Malcolm X et des frères Kennedy posent rapidement la question de la nécessité de la violence au sein du mouvement noir.


Le BBP qui nait à Oakland en Californie en 1966 se veut avant tout l'héritier de Malcolm X et souhaite mettre la violence au cœur de l'action émancipatrice en réaction à la non-violence qui caractérise la pensée de Luther King. Rapidement le parti se déclare communiste et ordonne à ses membres de lire le petit livre rouge de Mao. Il prône alors le renversement du gouvernement américain dans le cadre d’une révolution internationaliste anticapitaliste. Le principe d’un droit à l’armement et à l’autodéfense qu'affirme le BPP et qu'il met en application à travers une discipline et un uniforme de type militaire attire rapidement l'attention sur lui aussi bien des médias que des autorités d'autant qu'il cherche à contrôler l’action de la police tout en établissant une rhétorique violente qui assimile les policiers à des porcs qu’il faut abattre.


Les deux parties suivantes du livre s'attachent à décrire la réaction des autorités face à l'influence grandissante du BPP. Le FBI se lance alors dans une guerre ouverte contre ses militants. Ce harcèlement continuel précipite rapidement la chute de l'organisation qui se scinde en deux en 1971. Une branche clandestine, la Black Liberation Army se lance alors dans la lutte armée à travers des braquages et des assassinats jusqu'à sa dissolution en 1981. Dans le même temps les sections du BPP s'éteignent progressivement. Seule reste active durant les années 1970 celle d'Oakland qui met pourtant un terme à son action en 1982.


Un dernier chapitre se penche sur la mémoire du BPP. Disons le d'emblée, l'auteur veut montrer que ce parti est bien plus complexe que l'image d'un mouvement raciste et paramilitaire qu'il renvoie à travers les médias. Il analyse donc de manière approfondie son programme et une forme d'activisme qui se veut également sociale et économique. Le BPP ouvre en effet des écoles, des cliniques gratuites et surtout il offre des petits-déjeuners gratuits aux enfants pauvres. Pour l'auteur le véritable succès du mouvement se trouve dans ce travail social, qui fait du BPP une organisation réformiste sociale plutôt qu’un parti révolutionnaire violent.


Bien construit, ce livre n'est pas celui d'un universitaire. La bibliographie est assez mince, majoritairement francophone, et les références et notes sont trop souvent absentes. Mais l'ouvrage de Van Eersel est bien écrit avec une mise en page agréable. Il est en outre accompagné d'une chronologie et d'une filmographie. Il constitue à notre avis une excellente introduction et synthèse sur l'histoire des Blacks Panthers, un mouvement politique américain si singulier et largement méconnu en France.

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Publications de David FRANCOIS

GuideICSerge Wolikow, Alexandre Courban, David François, Christian Oppetit, Guide des archives de l'Internationale communiste, 1919-1943, Archives nationales-MSH Dijon, Paris-Dijon, 2009. 

9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")