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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 07:32

Peter Mezhiritsky, On The Precipice : Stalin, the Red Army and the Road to Stalingrad, 1931-1942, Helion and Co, 2012.

 

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Voici un livre singulier, une sorte de dialogue entre l'auteur et le lecteur où le premier s'attache à lever le voile sur certains aspects de l'histoire de l'armée rouge en n'hésitant pas pour cela à utiliser parfois des procédés romanesques. Surtout l'auteur, qui est russe, révèle un certain nombre d'informations jusque là inconnu en Occident ou qui demeure toujours enfermé dans des archives russes d'un accès difficile. Par exemple il nous apprend que Joukov aurait dans les années 1920 étudié en Allemagne à la suite des accords de Rapallo. Pourtant Joukov n'a jamais laissé aucun récit de ce séjour et rien ne permet d'estimer le rôle qu'il a pu jouer dans la suite de sa carrière.


La majeure partie du livre s'attache donc à suivre le destin de Joukov et plus généralement aux conséquences des décisions prises par Staline sur le destin du futur maréchal et de l'Union soviétique. Sur ce point l'auteur pose de nombreuses questions mais pour lesquelles il ne donne pas de réponse, faisant seulement état de suppositions ou renvoyant le lecteur à des recherches complémentaires.


L’intérêt du livre est donc surtout de présenter une pléthore de personnalités et d'idéologues peu connus en Occident et qui ont joué un rôle essentiel dans la formation et le développement de l'armée rouge. Si le moment central de l'ouvrage est celui des purges de 1937, l'auteur rappelle malgré tout qu'avant cette année là de nombreux militaires sont morts de manières plus ou moins mystérieuses, citons ainsi Frunze, Triandafilov ou Kotovsky. Concernant la Seconde Guerre mondiale, il met en évidence certains épisodes mal ou peu connus du conflit et se penche sur la bataille de Stalingrad en montrant que la lecture des mémoires de Joukov et de Vasilevsky pose plus de questions qu'elle n'apporte de réponses.


Si l'ensemble de l'ouvrage est déconcertant, l'auteur atteint son but. Il parvient en effet à provoquer et à troubler le lecteur. Surtout il incite à vouloir en savoir plus sur les généraux de l'armée rouge que ce soit Joukov ou Yakir mais aussi sur la multitude de combattants qui se sont sacrifiés pour défendre le système stalinien et ont réussis à mettre en échec la machine de guerre allemande.

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communismeetconflits
8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 07:42

Jack Radey, Charles Sharp, The Defense of Moscow 1941: The Northern Flank, Pen and Sword, 2012.

 

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Le livre de Jack Radey et de Charles Sharp se concentre essentiellement sur les combats autour de Kalinine au début de l'opération Typhon. Les affrontements qui se déroulent sur le flanc nord de Moscou ont un impact direct sur les actions de l'armée allemande en vue de s'emparer de la capitale soviétique. Le livre permet ainsi de se faire une idée plus juste du déroulement des opérations militaires sur le front de l'Est en 1941. Il permet surtout de dépasser l'image d'une campagne de 1941 qui se laisse résumer trop souvent à une suite de victoires allemandes avant que la météo, la logistique et le courage de l'armée rouge arrêtent la marée feldgrau aux portes du Kremlin. Si les ouvrages de David Glantz et David Stahel sont précieux pour avoir une vision plus nuancée de l'opération Barbarossa, le livre de Radey et Forte s'inscrit dans ce courant.


En moins de 200 pages l'ouvrage retrace la défense de Kalinine en octobre 1941 en utilisant aussi bien les sources soviétiques que les sources allemandes. Les auteurs montrent ainsi que les Allemands ne souhaitent pas attaquer Moscou de front mais plutôt à encercler la ville. Une fois les forces soviétiques de Viazma et Briansk neutralisées, les généraux allemands estiment que le danger principal ne vient pas des troupes rouges devant Moscou mais de celles qui se trouvent sur les flancs de la Wehrmacht. Pour les auteurs les Allemands cherchent en attaquant Kalinine à encercler à nouveau les forces soviétiques au cours d'une nouvelle grande offensive. De leur coté les Soviétiques, dont les communications sont mauvaises et qui grappillent des unités déjà décimées pour faire face aux Allemands, connaissent de nombreux échecs. Mais cette perpétuelle résistance soviétique épuise petit à petit le potentiel offensif allemand et conduit à son effondrement lors de la contre-offensive russe de décembre.


Telle qu'exposée ci-dessus la thèse de l'ouvrage peut laisser perplexe. Il nous semble qu'elle surestime l'impact de la bataille de Kalinine sur le potentiel de la Wehrmacht alors que l'encerclement de Smolensk a déjà « saigné » l'armée allemande. Il fait pourtant peu de doute que les constantes actions offensives menées par Joukov ou bien Koniev devant Léningrad, Smolensk ou Kalinine ont lentement épuisées les Allemands en chemin pour Moscou.


L'ouvrage s'inscrit bien dans une longue série d'études qui depuis quelques années donnent une vision plus exacte de l'évolution du conflit entre juin et décembre 1941. Le lecteur ne pourra donc que regretter l'absence d'une étude originale qui synthétise l'ensemble des connaissances acquises sur cette période.

 

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communismeetconflits - dans Union soviétique et Russie
6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 11:48

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Depuis hier, le blog L'autre côté de la colline publie la seconde partie de l'article de Jerôme Percheron sur les combats qui opposent l'Afrique du Sud et l'Angola entre 1987 et 1989. Dans cette partie l'auteur étudie plus particulièrement les armements, les unités et les tactiques mis en oeuvre dans cette guerre du bush largement méconnue.

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communismeetconflits - dans Divers
5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 07:37

Christina Morina, Legacies Stalingrad : Remembering the Eastern Front in Germany since 1945, Cambridge University Press, 2011.

 

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Le lecteur qui chercherait dans le livre de Christina Morina une analyse de la bataille ou de ses interprétations dans l'après-guerre ne pourra être que déçu. Ici la guerre est avant tout un outil qui permet d'étudier la mémoire du conflit en Allemagne en concentrant la focale sur la Wehrmacht et les crimes de guerre dont elle est responsable sur le front de l'Est. L'auteur prend d'abord soin d'exposer les contextes politiques qui entourent le souvenir de la guerre contre l'URSS en Allemagne.


Pendant longtemps l'histoire du front de l'Est a été limité aux récits des généraux allemands mais également aux souvenirs de la population à partir du moment où, à la fin de la guerre, elle a été « victime » des Alliés. Un consensus s'est alors réalisé dans les années 1950 autour de l'idée que la Wehrmacht ne s'était pas salie les mains en URSS. Dans la RDA, les anciens combattants ont été rapidement considérés comme des membres de la classe ouvrière, des victimes d'Hitler et du régime nazi. En Allemagne fédérale l'accent est surtout mis sur les crimes de l'armée rouge.


Il faut attendre les années 1980 pour que l'attention commence à se porter sur les victimes et les destructions infligées à l'URSS par l'armée allemande. Et ce n'est que dans les années 1990 que l'Allemagne se confronte réellement au passé de la Wehrmacht. L'auteur montre que si le retard dans la prise de conscience des crimes de l'armée allemande répond essentiellement à des motifs propres à l'Allemagne de l'après-guerre, l'Union soviétique en est également responsable puisque pendant des décennies elle a tenu caché l'ampleur des pertes qu'elle a subies.


Voici donc une monographie qui éclaire de manière subtile et argumentée la mémoire de la guerre à l'Est. Un ouvrage indispensable pour mieux comprendre l'Allemagne contemporaine.

 

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communismeetconflits - dans Union soviétique et Russie
4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 07:32

Bill Yenne, The White Rose of Stalingrad: The Real Life Adventure of Lidya Vladimirovna Litvyak, the Highest Scoring Female Air Ace of All Time, Osprey Publishing, 2013.

 

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Voici un livre particulièrement décevant. Le lecteur peut croire qu'il s'agit là d'une biographie de Lidyia Litvyak, la pilote de chasse soviétique ayant abattu le plus grand nombre d'appareils allemands. En réalité l'auteur prend prétexte des exploits de Litvyak pour raconter, d'une manière plus que conventionnelle, l'histoire de l'URSS dans la Seconde Guerre mondiale. La biographie proprement dite de la Rose de Stalingrad, aussi intéressante soit-elle, n'occupe au mieux que la moitié de l'ouvrage.


L'auteur s'appuie en outre énormément sur l’œuvre de Soljenitsyne comme source directe, ce qui est loin d’être idéologiquement neutre. Sans compter que si l'auteur de l'Archipel du Goulag tient une place de choix dans l'histoire de l'URSS le lecteur comprend mal pourquoi son témoignage a plus de place que les analyses des historiens de la Grande Guerre patriotique.


Si les licences romanesques que s'autorisent Bill Yenne sont de peu de conséquences, l'absence de note en bas de page ou à la fin du livre est beaucoup plus pénible. Certaines affirmations approximatives de l'auteur, notamment sur le fait qu'en décembre 1941 Moscou aurait pu être facilement prise finissent de discréditer l'ensemble.


Voici donc un livre à éviter surtout si le lecteur cherche à mieux connaître le destin de la Rose blanche de Stalingrad. Au sujet des femmes pilotes soviétiques il pourra utilement, et avec plus de profits, se reporter au livre de Bruce Myles, Les Sorcières de la nuit paru chez Albin Michel en 1993.

 

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communismeetconflits - dans Union soviétique et Russie
3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 08:44

Roger R. Reese, Red Commanders. A Social History of the Soviet Army Officer Corps, 1918-1991, University Press of Kansas, 2005.

 

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Le livre de Reese est une source inestimable d'informations et d'analyses sur l'histoire des officiers dans l'armée soviétique. L'auteur étudie de manière pertinente les structures du corps des officiers mais également les caractéristiques des individus qui le composent. Surtout Reese donne toute sa place à Trotski en tant que premier penseur du monde militaire au sein de la direction soviétique quand il analyse au début de son livre l'évolution des rapports entre civils et militaires dans l'URSS.


Pour l'auteur, et c'est la thèse qui est au cœur de son travail, ce qui caractérise la condition des officiers dans l'Union soviétique c'est le lien étroit qui les unit à l'appareil communiste. Cette particularité est d'ailleurs selon lui à la source de la violence et de l'étendue des purges qui s'abattent sur l'armée rouge en 1937-1938. Il est vrai que de nombreux responsables militaires étaient membres du Parti communiste et à ce titre avaient été proches de certains dirigeants tombés en disgrâce comme Zinoviev ou Trotski mais a contrario Reese n'apporte aucun élément qui laissent à penser que les militaires auraient eu dans les années 1930 des velléités bonapartistes.


Reese qui donne à la fois le nombre d'officiers purgés mais également celui des réintégrés montre bien que cet épisode de l'histoire soviétique a eu moins de conséquence que beaucoup le prétendent. Pour lui, c'est avant tout l'insuffisance du nombre des officiers et les manques dans leur formation qui expliquent les faiblesses de ce corps au début de la Grande Guerre patriotique. Là encore l'importance du lien entre institutions militaires et politiques est centrale puisque la fidélité idéologique l'emporte toujours sur la compétence professionnelle. Cette particularité soviétique coûte cher en 1941 et 1942.


Pour Reese, la relation trop étroite entre les officiers et le PCUS est aussi l'un des facteurs de l'effondrement de l'armée rouge en 1991 car elle a empêché la formation d'une armée basée sur le seule critère de la compétence. Si cette affirmation peu prêter à discussion il est indéniable que la glasnost a favorisé la désintégration de l'armée dans un système où le Parti communiste domine tous les aspects de la vie militaire. De plus l'armée était profondément divisée concernant le coup d’État d’août 1991.


Le livre de Reese est au final un grand livre qui donne un aperçu particulièrement pertinent de l'évolution du corps des officiers soviétiques tout au long de l'histoire de l'URSS. C'est une lecture indispensable pour une meilleure connaissance de l'histoire de l'armée rouge et plus généralement du systéme soviétique.

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communismeetconflits - dans Union soviétique et Russie
2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 14:31

bannerfans 6509167Pour ceux qui pourraient regretter le ralentissement des publications d'articles de fond sur ce blog nous les invitons à nous retrouver sur le blog L'autre coté de la colline.

 

C'est en effet sur ce nouveau site que nous publions dorénavant un article de manière mensuelle. Le dernier en date, publié le 1er avril, traite de l'invasion de l'Iran par les forces britanniques et soviétiques en août 1941.

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communismeetconflits - dans Divers
2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 10:29

Max Boot, Invisible Armies: An Epic History of Guerilla Warfare from Ancient Times to the Present, WW Norton and Co, 2013.

 

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Le livre de Max Boot se donne un objectif si ambitieux qu'il suscite d'abord une certaine méfiance. L'auteur, historien militaire américain de tendance néo-conservatrice, se donne en effet pour but de décrire l'évolution de la guérilla et du terrorisme sur prés de 5 000 ans, le récit débutant dans l'empire akkadien 22 siècle avant notre ère. Il ne faut donc pas moins de 784 pages et 60 chapitres à l'auteur pour relever, avec succès, le pari. Le style clair de Max Boot qui écrit son livre comme un roman n'est pas pour rien dans cette réussite.


L'ouvrage débute par une tentative de définir ce qu'est le terrorisme et la guérilla, tentative qui est, avouons-le, peu concluante. Divisé en neuf parties le livre s'attarde successivement sur les origines de la guérilla, l'action des révolutionnaires du XVIIIe siècle, les guérillas sous l'Empire napoléonien, l'apparition du terrorisme moderne, les guérillas des deux guerres mondiales, la décolonisation, le terrorisme gauchiste et enfin la montée de l'islamisme radical. Boot utilise de nombreux exemples historiques pour appuyer sa thèse qui postule que la guérilla est un phénomène plus répandu et plus important dans l'histoire qu'on ne le croit généralement. L'auteur remarque ainsi que l'empire d'Alexandre, celui de Darius ou encore l'Empire romain ont affrontés des formes de guérilla utilisant des forces plus petites et plus agiles. Chaque pays a ainsi dans son histoire soutenu ou combattu des guérillas et des forces terroristes. Si les guérillas qu'affrontent les Assyriens et les Romains permettent de jeter un nouveaux regards sur la guerre antique, l'action des Viet Cong, des Moudjahidin en Afghanistan, du Hezbollah libanais ou du M26 de Fidel Castro n'est pas non plus oubliée.


Le livre est bien documenté et montre la difficulté à faire face au phénomène de guérilla. Mais il n'est pas exempt de critiques comme l'attention trop grande apportée aux événements récents. Ainsi les révoltes juives contre Rome ou les guérillas en Asie centrale contre Alexandre ne sont l'objet que de quelques pages alors que la lutte des Afghans contre les Soviétiques ou l'insurrection irakienne sont décrites avec un luxe de détails.


Un dernier chapitre cherche à dresser un bilan de cette histoire de la guérilla. Si le propos n'est pas ici original Max Boot fournit avec cet ouvrage la première somme qui essaye de rendre compte de l'évolution du terrorisme et de la guérilla à travers un récit convaincant et bien étayé. Le lecteur apprend ainsi que pour une guérilla l'essentiel n'est pas de gagner des batailles militaires mais de remporter la lutte politique et cette dernière a pris depuis 1945 une part croissante dans la conclusion des conflits. Boot montre ainsi que que si de 1775 à 1945 seulement un quart des guérillas sont parvenues à atteindre les buts qu'elles s'étaient données, depuis 1945 ce taux de réussite à progressé de 40%. L'importance croissante de l'opinion publique dans des démocraties où la notion de droit international est fondamentale sape en effet la volonté des États engagés dans des conflits contre-insurrectionnels.


Voici donc une excellente synthèse, claire, agréable à lire et qui colle particulièrement à l'actualité et à l'air du temps dans le domaine des études militaires.

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communismeetconflits - dans Général
27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 10:20

Sun Shuyun, The Long March, The True Story of Communist China's Founding Myth, Doubleday, 2007.

 

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Le livre de Sun Shuyun s'appuie sur la collecte des souvenirs des derniers survivants de la Longue Marche. Mais en parallèle et c'est ce qui fait la saveur et l’intérêt du livre, elle interroge et remet en cause bien des mythes liés à cet événement fondateur du communisme chinois. Chaque chapitre débute ainsi par le récit des souvenirs d'un vétéran qui est ensuite confronté à d'autres récits, à l'histoire officielle et aux fruits des recherches de l'auteur dans différents centres d'archives. Aux récits émouvants des derniers survivants succèdent donc des analyses incisives où dominent le plus souvent un certain scepticisme. La question des désertions massives, de la légendaire bataille du pont de Luding ou du sort de la quatrième armée est l'occasion de pages éclairantes et passionnantes. Au final la Longue Marche est ramenée au statut d'objet d'histoire soumis aux rigueurs de la critique historique. La légende en prend un sérieux coup.


Si de nombreux épisodes de la Longue Marche sont connus en Occident d'autres le sont beaucoup moins comme l'histoire d'une femme devenue folle qui attendait sur la route son mari qui n'est jamais rentré de la Longue Marche ou cette brigade de femmes abandonnée en plein territoire musulman hostile. Ces histoires, parfois anecdotiques, forment le coté rugueux d'un récit qui a été poli par les discours officiels.


Le lecteur pourra penser que Sun Shuyun, dans sa volonté de contester l'histoire officielle, en devient impartial. L'auteur reconnaît que l'utilisation de l'exploit par la propagande maoïste fut une grande réussite. Mais plus important pour la Chine est le fait que eux qui restent aux cotés de Mao après a première partie de la Longue Marche sont des croyants sincères même si les subtilités du marxisme sont inconnues de la plupart d'entre eux. Et de ce groupe naît le noyau de l'armée rouge qui est la clef des victoires futures du communisme chinois et du bouleversement que connait le pays après 1949.


Le livre montre aussi la fécondité qu'il peut y avoir à chercher à faire de l'histoire autrement ,en croisant le travail dans les archives, notamment provinciales avec les méthodes de l'histoire orale. La force du livre réside en effet dans les entretiens individuels avec les quelques vieillards, qui vivent pauvrement dans des régions reculés et qui, adolescents, ont rejoint l'armée rouge par idéalisme et soif de liberté. Ils ont surtout connus, comme le montre bien Sun Shuyun, la souffrance, les privations, la mort et souvent l'abandon par un Parti à qui ils ont donnés leur jeunesse. Par ces témoignages l'auteur découvre l'humanité derrière la propagande et montre que celle-ci est bien plus passionnante et troublante que les images d’Épinal et les chromos aux couleurs criardes.

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communismeetconflits - dans Communisme chinois
26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 09:26

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Le blog L'autre coté de la colline a publié hier la première partie d'un article sur l'un des derniers conflits militaires de la Guerre froide, un conflit largement ignoré en France et qui a opposé à la fin des années 1980 l'Afrique du Sud et ses alliés au régime marxiste de l'Angola: La guerre de frontière sud-africaine. Il était à l'époque difficile de mettre en vedette dans les médias occidentaux les exploits guerriers d'une Afrique du Sud mise au ban des nations en raison du régime de l'apartheid et qui n'était donc guère crédible dans le rôle de championne de la défense du monde libre. Puis les événements en Europe de l'Est et la fin du régime de l'apartheid ont largement contribués à faire oublier ce conflit. Le sujet présenté ici sera donc une découverte pour beaucoup.


L'article détaillé, largement documenté, écrit par Jerôme Percheron, dont c'est la première publication, ne peut que ravir ceux qui s'intéressent aux conflits entre les deux blocs sur le continent noir.

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communismeetconflits - dans Divers

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  • : Communisme, violence, conflits
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  • : Blog destiné à publier des articles et travaux historiques concernant les relations entre communisme et violence au XX°siècle. Ce blog est ouvert à ceux qui voudront publier articles, notes, annonces de publications, de colloques ou autres concernant ce champs d'étude historique.
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L'autre coté de la colline

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Rigueur historienne et clarté du propos. A ne pas manquer !

Recherche

Publications de David FRANCOIS

GuideICSerge Wolikow, Alexandre Courban, David François, Christian Oppetit, Guide des archives de l'Internationale communiste, 1919-1943, Archives nationales-MSH Dijon, Paris-Dijon, 2009. 

9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")