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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 08:02

Héros de guerre, film chinois de Feng Xiaogang (2007)

La guerre civile chinoise sur grand écran

En 1948 la guerre civile chinoise est à un tournant décisif. L'action du film de Feng Xiaogang se situe à ce moment, en pleine offensive de la Huaihai. Au cours des combats le capitaine Gu Zidi enfreint un des préceptes de la guerre populaire maoïste en abattant un prisonnier de l'armée du Kuomintang. Pour racheter sa faute Gu Zidi et les 46 survivants de sa compagnie reçoivent pour mission de défendre jusqu'à la mort une position stratégique sur la rivière Wen jusqu'au moment où, entendant un clairon, ils pourront se retirer.

 

Les scènes de combat sont saisissantes puisqu'à l'instar de Il faut sauver le soldat Ryan de Spielberg, le réalisateur filme ici « caméra au poing ». Le spectateur est au cœur de l'action, pris dans le combat, témoin des atrocités et des mutilations.

 

Mais Héros de guerre ne se caractérise pas seulement par le réalisme des scènes de combat puisqu'il ausculte également la place des vétérans de la guerre civile dans la société chinoise des années 1950. Face à la bureaucratie et à une société en reconstruction qui veut avant tout tourner la page du passé, Gu Zidi ne parvient pas à faire reconnaître le sacrifice de ces hommes que les autorités portent disparus. Il est ignoré, passe pour un fou dans sa volonté de retrouver les corps sur un champ de bataille qui est transformé en zone industrielle de la Chine nouvelle. Le message de ce drame humain est clair : dans toute guerre il n'y a que des victimes.

 

Voici un film universaliste à voir sans hésiter.

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communismeetconflits - dans Communisme chinois
2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 08:00

Bair Irincheev, War of the White Death : Finland Against the Soviet Union 1939-1940, Pen and Sword, 2011.

La Guerre d'Hiver

  Le livre de Bair Irincheev peut décevoir puisqu'il n'est jamais fait question ici d'histoire politique et diplomatique, ni de la guerre dans les airs ou sur mer ou même le rôle des dirigeants de chacun des pays dans le déroulement du conflit. Par contre l'auteur excelle dans l'étude du volet militaire du conflit, retraçant ainsi la plupart des combats de cette guerre. Il parvient ainsi à tordre le coup à certaines légendes sur les insuffisances de l'Armée rouge où l'héroïsme des soldats finlandais. Pour cela il s'appuie sur de nombreux témoignages afin également de rendre compte du contexte dans lequel s'insère ces batailles.

 

L'auteur montre ainsi que les soldats et officiers protester contre des attaques qu'ils jugent d'avance trop meurtrières et être entendus par le commandement. C'est pour éviter de tels manifestations que les dirigeants soviétiques décident par la suite d'instaurer des détachements de barrages pour forcer les fuyards à retourner à l'attaque. Au sujet des pertes, Irincheev montre que si elles sont importantes elles le sont beaucoup moins que le laisse entendre une vulgate largement répandue.

 

Mais le coté décousu du livre et la faiblesse des cartes gâchent irrémédiablement l'ensemble. Espérons qu'il ne soit pour l'auteur qu'un point de départ pour de nouvelles études cette fois-ci mieux construites.

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communismeetconflits
1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 09:32

Les préparatifs britanniques en vue d'une offensive militaire contre les Soviétiques à l'été 1945, plus connus sous le nom d'opération Unthinkable sont au cœur de l'article que nous publions sur le blog L'autre coté de la colline. Avis aux amateurs !

 

 

Opération Unthinkable
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communismeetconflits
30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 08:05

Judith Keene, Fighthing for Franco. International Volunteers in Nationalist Spain During the Spanish Civil War, Continuum Publishing, 2002.

Les Brigades internationales de Franco

 Il faut d'abord signaler que le livre de Judith Keene délaisse volontairement l'étude des forces allemandes italiennes et portugaises qui se sont battus du coté des forces nationalistes durant la guerre civile espagnole. L'auteur préfère focaliser son attention sur les quelques volontaires étrangers, environ un millier, qui s'engagent dans l'armée de Franco en dehors de toutes initiatives de leurs gouvernements respectifs.

 

Judith Keene, après un chapitre qui présente le contexte de la guerre civile espagnole, analyse les différentes formes de volontariat ou d'engagement au coté des franquistes. Un chapitre d'abord ainsi les récits concernant l'Espagne nationaliste écrit par des écrivains ou de journalistes anglophones qui relatent ce qu'ils ont vu lors de leur séjour dans les zones tenues par les soldats de Franco. des écrivains ou des journalistes. Le chapitre sur l'engagement d'anglophones au sein des troupes nationalistes s'intéresse en premier lieu à la brigade irlandaise dirigée par Eoin O'Duffy, la plus connue des formations de volontaires étrangers en Espagne nationaliste mais l'auteur étudie la trajectoire individuelle de volontaires venus des États-Unis, d'Australie et de Grande-Bretagne. Le chapitre consacré aux volontaires français est particulièrement intéressant puisqu'il apporte des informations peu connues sur l'extrême-droite française des années 1930 et montre, à travers la création et l'existence de la Bandera Jeanne d'Arc, comment les événements espagnols influent sur elle.

 

L'auteur se penche aussi sur le destin des Russes blancs, croisés de l'anticommunisme depuis la Révolution russe. Peu savent que ces derniers forment le dessein de former une nouvelle armée blanche en Espagne qui pourrait servir ensuite à reprendre le combat sur le sol de la Sainte Russie. La Garde de fer, l'organisation fasciste roumaine, est l'objet d'un chapitre qui permet de mieux connaître cette formation et de mesurer le rôle crucial joué par la poignée de militants qui se sont engagés dans les rangs franquistes à leurs retours en Roumanie. Un dernier chapitre, particulièrement original s'attarde sur les femmes qui dans le monde apportent leur soutien public à Franco. Cette démarche est d'autant plus originale que ces femmes font preuve, en exposant leur opinion, d'un comportement « libéré »à l'opposé du modèle de la femme prôné par l'Espagne nationaliste.

 

Nous ne pouvons que recommander la lecture de cet ouvrage. Le sujet est original, peu traité, notamment en français où la production existante est indigente à l'exception des travaux universitaire d'Héléne Dewaele Valderrabano. Bien documenté, possédant une solide bibliographie et un appareil de notes complet le livre de Judith Keene est, dans son domaine, incontournable.

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communismeetconflits - dans Guerre d'Espagne
29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 08:00

2e Guerre Mondiale, n° 48, avril-juin 2013.


 

Voici, à nos yeux, le meilleur magazine grand public consacré au second conflit mondial et ce numéro ne déroge pas à la règle. Un seul regret pourtant, l'absence d'articles qui sortent le lecteur de la seule problématique militaire. Je pense aux articles sur la politique des otages, la police de Vichy ou sur les Justes parus dans les précédents numéros. Cette remarque critique ayant évidemment pour but d'encourager les rédacteurs à renouveler ces thématiques qui ne peuvent qu'attirer des lecteurs qui, comme nous, ne sont pas que des amateurs d'ordre de batailles ou de combats tactiques.

 

Le dernier numéro de 2e Guerre Mondiale n'en est pas moins fourni. Signalons d'abord deux articles de Stéphane Mantoux où il est question de l'armée rouge. Le premier revient en détail sur la bataille de Khalkhin-Gol qui à l'été 1939, voit les troupes japonaises de Mandchourie se faire battre par les soldats soviétiques commandés par le général Joukov. Bien documenté, bien écrit, accompagné d'une bibliographie, de cartes et de photos rarement vues ailleurs, l'auteur raconte en détail ce combat peu connu et l’intègre dans une histoire plus large, celle de l'art opératif soviétique. Le second article de Stéphane Mantoux revient lui aussi sur un épisode méconnu du Second conflit mondial, la bataille de Tali-Ihantala qui oppose en Carélie à l'été 1944 les Soviétiques et les Finlandais. L'article est là encore très riche, passionnant d'autant que l'auteur montre la place que cette bataille joue dans la mémoire finlandaise de la guerre.

 

Pour le reste signalons le dossier central sur les Panzergrenadieren, qui comporte d'ailleurs un article sur l'offensive allemande en direction du Caucase à l'été 1942,. Un autre article de Stéphane Mantoux sur la prise de Nuremberg par les Américains en 1945, un autre de Jean-François Muracciole sur les bombardements stratégiques complètent un ensemble de qualité, agréable à lire. N'oublions pas les rubriques habituelles signalant ici une courte biographie du général Tchouïkov. Avec ce numéro le lecteur ne risque pas de déceptions. Ce magazine conserve donc, à nos yeux, son avantage sur ses concurrents.

 

 

De Khalkhin-Gol à Til-Ihantala
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communismeetconflits
27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 08:00

Le site Pobediteli-Soldiers of the Great War est un site russe né en 2005 pour célébrer le 60e anniversaire de la victoire de 1945.  Ce qui fait son interet c'est la carte animée et interactive qu'il présente. Il est ainsi possible de voir le déroulement de l'ensemble du conflit de 1941 et 1945. Au fur et à mesure de la progression chronologique des fenêtres s'ouvrent permettant de consulter des documents écrits, vidéos et audios originaux, des témoignages de vétérans, des détails sur les événements clefs du conflit.

 

C'est certainement la meilleure carte interactive existant sur la Grande Guerre patriotique. A voir !

Front de l'Est et multimédia
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communismeetconflits - dans Front de l'Est Multimédia
26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 08:00

Roger R. Reese, Why Stalin's Soldiers Fought : The Red Army's Military Effectiveness in World War II, University Press of Kansas, 2011.

A la recherche de l'âme du soldat soviétique

 En essayant de répondre à une question simple qui donne le titre à l'ensemble de cette étude, Roger Reese entame un véritable dialogue avec l'ensemble des historiens spécialistes de la Grande Guerre patriotique aussi bien ceux de la période de la guerre froide que ceux de l'après 1989.

 

Le livre débute par une analyse de la Guerre d'Hiver, cette guerre contre la Finlande à l'hiver 1939-1940, qui met à jour les faiblesses de l'Armée rouge. Reese montre surtout que malgré des pertes soviétiques sévères les Finlandais n'ont capturé qu'environ 6 000 soldats soviétiques. Face aux victoires tactiques de l'armée finlandaise et aux quelques avancées soviétiques qui coûtent cher en vies humaines pour des gains insignifiants, le moral des combattants est resté élevé. Si l'auteur montre que cette guerre a été l'occasion de former des détachements de blocage et des bataillons disciplinaires, les appels au patriotisme et la conviction de mener une guerre juste et nécessaire expliquent la faiblesse des désertions et du passage à l'ennemi.

 

Ensuite Roger Reese interroge les raisons des redditions massives lors des encerclements de 1941. Ici s'engage un véritable débat historique pour savoir si les millions de soldats soviétiques capturés sont le fruit des prouesses militaires allemandes ou de l'explosion d'un sentiment antistalinien qui se traduit par les redditions massives. L'auteur refuse les réponses qui s'inscrivent dans ce schéma binaire. Pour lui si les soldats se rendent ce n'est pas uniquement en raison d'une opposition au régime puisqu'il est impossible d'affirmer que ceux qui luttaient été des partisans de Staline. Les raisons des redditions varient selon les circonstances et les situations. L'hostilité au régime aussi bien que les réussites tactiques de la Wehrmacht jouent leur rôle mais également la faiblesse tactique soviétique, les carences des responsables militaires, l'ingérence des civils dans les affaires militaires où le caractère chaotique du champ de bataille qui laisse souvent des soldats mal armés et désorganisés sans chefs.

 

Au terme de son analyse des batailles d'encerclement de 1941, Reese arrive à la conclusion que ce sont les échecs causés par la doctrine militaire soviétique et les erreurs de commandement qui sont en cause. L'armée rouge n'a jamais été préparé à affronter un encerclement et quand les troupes ont été prises en tenaille, la Stavka leur a interdit de manœuvrer pour échapper au piège. Les tentatives ont toujours eu lieu quand l'encerclement était consommé. L'auteur montre également que contrairement à la Guerre d'Hiver, durant Barbarossa les dizaines de milliers de soldats pris dans les encerclements étaient des troupes de l'arrière tandis qu'en Finlande les cas similaires concernaient les troupes de première ligne. Au final, en 1941 l'armée rouge est plus encline à subir de lourdes pertes, la défaite et les redditions face à une armée qui n'a pas encore rencontré l'échec sur le champ de bataille. Les seuls succès soviétiques ont lieu que de petits groupes commandés par des chefs déterminés conservent leur cohésion et leur discipline. Ces petites formations attirent moins l'attention des troupes allemandes chargées de transporter des milliers de prisonniers, d'essayer de rattraper son retard par rapport à l'avancée de blindés qui préparaient les prochains encerclements.

 

La mobilisation de la société soviétique, la motivation, le moral des troupes et le rôle des femmes soldats constituent le reste de l'ouvrage. L'auteur montre alors que les raisons de combattre du soldat soviétique ont évolué durant le conflit. Le patriotisme a joué un rôle important chez les Russes dont l'État stalinien a su jouer alors qu'il est complètement absent chez certaines minorités nationales. La volonté de vengeance contre un ennemi génocidaire anime une haine particulièrement forte aussi bien chez les femmes que les hommes. Il faut noter que de nombreux segments de la société soviétique attendent des changements à la fin de la guerre. Les paysans espèrent ainsi la fin de la collectivisation, les ouvriers une atténuation de la discipline dans les usines et les intellectuels attendent une plus grande liberté et un contrôle moins strict de l'État.

 

Le livre de Roger Reese est d'une grande richesse. Plus qu'un ouvrage didactique c'est avant tout une œuvre qui alimente une véritable réflexion sur le phénomène guerrier. Il raconte également les peurs, les angoisses et les espoirs de ceux qui rejoignirent alors l'armée rouge attendant que de la guerre naisse un avenir meilleur. La réalité de l'Union soviétique d'après 1945 allait, de ce point de vue, être un moment de désenchantement.

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communismeetconflits - dans URSS Grande Guerre patriotique Armée rouge
25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 08:00

Henrik O. Lunde, The Troubled German-Finnish Coalition in World War II, Casemate Publications, 2011.

La Finlande dans la guerre contre l'URSS

Ce livre d'Henrik Lunde raconte l'histoire peu connue de l'alliance et de la coopération militaire entre la Finlande et l'Allemagne entre 1941 et 1945. Si la Guerre d'Hiver de 1939-1940 entre l'URSS et la Finlande est bien connue, l'alliance avec l'Allemagne et la participation de la Finlande aux combats contre les Soviétiques entre 1941 et 1945 est une tache dans l'histoire finlandaise, une décision politique que les Finlandais préfèrent ignorer. Cette volonté de refoulement se traduit dans le domaine historiographique, y compris anglo-saxon, par la faiblesse des études concernant cet aspect de la Seconde Guerre mondiale.

 

Henrik Lunde donne ici un excellent aperçu de cette histoire qu'il fait d'ailleurs, avec justesse, débuter en 1917 avec la Révolution russe. Il explique ensuite, après avoir tracé l'évolution des rapports entre les Finlandais et ses voisins, que c'est finalement l'isolement de la Finlande après la Guerre d'Hiver qui conduit progressivement à l'alliance avec l'Allemagne contre l'Union soviétique.

 

Sur le plan militaire l'auteur montre que l'alliance est bien entendu déséquilibrée, mais surtout elle se passe mal. Les deux partenaires ne parviennent presque jamais à se mettre d'accord quand aux buts et objectifs de la campagne contre l'URSS. Mais rapidement les Finlandais sont considérés par les Allemands comme des partenaires de second rang dont les soldats deviennent de la chair à canon destiné à combler les pertes dans les rangs de la croisade antibolchevique. Ainsi les forces finlandaises qui sont pourtant bien formées s'usent dans des combats sans grande portée sur les fronts au nord et au centre de la Finlande. Elles sont surtout utilisées dans ces régions pour tenir un front secondaire ce qui évite également au Reich d'envoyer des soldats dans des régions au climat particulièrement rude.

 

L'ouvrage raconte également en détail le déroulement de la contre-attaque soviétique de 1944. La Finlande perd alors les quelques gains militaires obtenu jusque-là. C'est alors, à la consternation des Allemands, que les Finlandais engagent des pourparlers en vue d'une paix séparée avec l'URSS. Le Reich n'a plus alors les capacités d’empêcher la défection finlandaise.

 

Le livre du colonel de l'armée américaine Lunde, bien documenté, est également bien écrité. Il aborde avec rigueur et clarté une partie négligée du grand conflit germano-soviétique. Prés d'un million d'hommes sont en effet tombés sur le front finlandais dont prés de 800 000 Soviétiques contre seulement 300 000 Germano-finlandais. Voici donc un bon moment de lecture que nous ne saurions trop que recommander d'autant que le lecteur apprendra beaucoup.

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communismeetconflits
24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 08:00

Valeriy Zamulin, Demolishing the Myth: The Tank Battle at Prokhorovka, Kursk, July 1943: An Operational Narrative, Helion and Company, 2011.

La bataille de Prokhorovka

  Voici un livre qui fait la preuve de la richesse de la recherche russe actuelle sur l'histoire de la guerre germano-soviétique. Si les études sur la bataille de Koursk sont légion, rien, à notre connaissance, ne descend à un tel niveau de détails et d'analyse que le livre de Zamulin. Il est vrai que ce dernier, ancien directeur du musée du champ de bataille de Prokhorovka, a eu un accès direct aux archives soviétiques concernant la bataille.

 

Au cœur du livre se trouve les combats autour de Prokhorovka entre le 12 et le 16 juillet 1943. Après avoir montré la situation politique et militaire au printemps 1943 et les préparatifs défensifs soviétiques sur le flanc sud du saillant de Koursk, Zamulin décrit l'organisation de la 5e armée de chars de la Garde commandée par le général Rotmistrov. A peine arrivées sur leurs positions les Soviétiques subissent les attaques du 48e corps de Panzer et surtout du 2nd corps de Panzer SS. Les difficultés du terrain, les rivières, la présence de nombreux villages fortifiés gênent l'avancée allemande qui est stoppée par la 5e armée de la Garde. L'armée rouge a alors l'avantage aussi bien en hommes qu'en tanks ce qui lui permet de faire entrer dans la bataille des renforts qui empêchent les Allemands de s’emparer de Prokhorovka et du bassin du Psel. La tentative d'encerclement du 48e régiment d'infanterie de la Garde et l'entrée en lice de la 5e armée de la Garde sont ici des moments clefs des combats. L'ensemble de ce récit est accompagnée de 12 cartes en couleurs qui permettent de suivre les opérations décrites.

 

Il n'est pas question ici de résumer les 700 pages d'un livre foisonnant où les opérations militaires sont décrites jour par jour voire heure par heure. L'auteur montre surtout que les plans initiaux confiés à la 5e armée étaient trop ambitieux. Elle ne pouvait à la fois contenir l'attaque allemande, puis passer à l'offensive pour faire revenir les Allemands sur leurs positions de départ. L'auteur revient également sur l'existence des unités de blocages, ces formations chargées de rassembler les soldats en déroute afin d'établir de nouvelles positions défensives. Il montre également les insuffisances du commandement soviétique notamment en matière de reconnaissance, de liaison avec l'artillerie et l'aviation, insuffisances qui coûtent cher en vies humaines mais qui montrent à contrario la volonté et le courage des soldats soviétiques qui parviennent à remporter la victoire.

 

Ce livre est, répétons-le, d'une grande richesse et bien que l'étude se limite au front sud de la bataille de Koursk, il est d'une lecture indispensable pour tous les spécialistes et les amateurs de l'opération Citadelle.

 

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communismeetconflits
23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 08:00

Guerres et Histoire n° 12, avril-mai 2013.

 

Les guerres de la Chine rouge

 Le bimestriel Guerres et Histoire vient de sortir son 12e numéro avec un dossier sur l'histoire militaire de la Chine communiste. Voilà un beau sujet, original, au cœur de l'actualité. Mais un sujet à risque puisqu'il embrasse presque un siècle d'histoire et des formes diverses, des milices ouvrières du Parti communiste chinois dans le Shanghaï des années 1920 à l'Armée populaire de libération dotée de missiles nucléaires.

 

Benoist Bihan contourne la difficulté en s'interrogeant sur l'existence d'un modèle de la guerre qui puiserait ses racines dans l'histoire et la culture chinoise et dont le plus éminent représentant serait Sun Tsu. L'auteur répond par la négative et montre que la pensée militaire chinoise incorpore des éléments étrangers. Au delà des héritages et invariants culturels, les militaires chinois n'ont pour objectif depuis la disparition de l'Empire en 1911 que de s'adapter aux circonstances et aux adversaires du moment dans le but, commun d'ailleurs aux nationalistes et aux communistes, de rendre son indépendance et sa puissance à la Chine. Il montre également que la pensée maoïste, si elle a pu favoriser la stratégie de guérilla, s'est montrée largement néfaste dans le cadre d'un conflit conventionnel. En 1949 la victoire communiste dans la guerre civile doit ainsi énormément à l'effondrement du régime nationaliste tandis que durant la guerre de Corée, la puissance de feu américaine signale les faiblesses chinoises.

 

Des articles sur la guerre civile, la guerre de Corée, la bombe atomique chinoise, les conflits avec des pays voisins entre 1955 et 1979 (l'Inde, Taiwan, le Vietnam) et au final sur le développement militaire chinois depuis l’ère Deng Xiaoping complètent un ensemble de bonnes factures. L'originalité du sujet, largement délaissé, tant dans la presse spécialisée que dans l'édition francophone, fait beaucoup pour l’intérêt de ce dossier bien ficelé qui apprendra beaucoup au lecteur peut au fait de l'histoire contemporaine chinoise.

 

Dans ce même numéro nous avons lu avec intérêt l'article de Nicolas Aubin sur les mythes de la Résistance communiste. L'essentiel est dit mais la taille réduite de l'article pour un sujet si vaste ne permet pas de longs développements et le propos reste trop général (voilà bien longtemps que même le grand public ne croit plus au mythe des 75 000 fusillés). Pourtant saluons l'initiative que représente cet article sur la Résistance militaire et souhaitons qu'il inaugure une longue série qui dépasse également le cadre national. Chaque mythe étudié par Nicolas Aubin mériterait à lui seul un article complet.

 

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communismeetconflits - dans Guerres et Histoire Communisme chinois

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GuideICSerge Wolikow, Alexandre Courban, David François, Christian Oppetit, Guide des archives de l'Internationale communiste, 1919-1943, Archives nationales-MSH Dijon, Paris-Dijon, 2009. 

9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")