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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 08:00

Henrik O. Lunde, The Troubled German-Finnish Coalition in World War II, Casemate Publications, 2011.

La Finlande dans la guerre contre l'URSS

Ce livre d'Henrik Lunde raconte l'histoire peu connue de l'alliance et de la coopération militaire entre la Finlande et l'Allemagne entre 1941 et 1945. Si la Guerre d'Hiver de 1939-1940 entre l'URSS et la Finlande est bien connue, l'alliance avec l'Allemagne et la participation de la Finlande aux combats contre les Soviétiques entre 1941 et 1945 est une tache dans l'histoire finlandaise, une décision politique que les Finlandais préfèrent ignorer. Cette volonté de refoulement se traduit dans le domaine historiographique, y compris anglo-saxon, par la faiblesse des études concernant cet aspect de la Seconde Guerre mondiale.

 

Henrik Lunde donne ici un excellent aperçu de cette histoire qu'il fait d'ailleurs, avec justesse, débuter en 1917 avec la Révolution russe. Il explique ensuite, après avoir tracé l'évolution des rapports entre les Finlandais et ses voisins, que c'est finalement l'isolement de la Finlande après la Guerre d'Hiver qui conduit progressivement à l'alliance avec l'Allemagne contre l'Union soviétique.

 

Sur le plan militaire l'auteur montre que l'alliance est bien entendu déséquilibrée, mais surtout elle se passe mal. Les deux partenaires ne parviennent presque jamais à se mettre d'accord quand aux buts et objectifs de la campagne contre l'URSS. Mais rapidement les Finlandais sont considérés par les Allemands comme des partenaires de second rang dont les soldats deviennent de la chair à canon destiné à combler les pertes dans les rangs de la croisade antibolchevique. Ainsi les forces finlandaises qui sont pourtant bien formées s'usent dans des combats sans grande portée sur les fronts au nord et au centre de la Finlande. Elles sont surtout utilisées dans ces régions pour tenir un front secondaire ce qui évite également au Reich d'envoyer des soldats dans des régions au climat particulièrement rude.

 

L'ouvrage raconte également en détail le déroulement de la contre-attaque soviétique de 1944. La Finlande perd alors les quelques gains militaires obtenu jusque-là. C'est alors, à la consternation des Allemands, que les Finlandais engagent des pourparlers en vue d'une paix séparée avec l'URSS. Le Reich n'a plus alors les capacités d’empêcher la défection finlandaise.

 

Le livre du colonel de l'armée américaine Lunde, bien documenté, est également bien écrité. Il aborde avec rigueur et clarté une partie négligée du grand conflit germano-soviétique. Prés d'un million d'hommes sont en effet tombés sur le front finlandais dont prés de 800 000 Soviétiques contre seulement 300 000 Germano-finlandais. Voici donc un bon moment de lecture que nous ne saurions trop que recommander d'autant que le lecteur apprendra beaucoup.

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 08:00

Valeriy Zamulin, Demolishing the Myth: The Tank Battle at Prokhorovka, Kursk, July 1943: An Operational Narrative, Helion and Company, 2011.

La bataille de Prokhorovka

  Voici un livre qui fait la preuve de la richesse de la recherche russe actuelle sur l'histoire de la guerre germano-soviétique. Si les études sur la bataille de Koursk sont légion, rien, à notre connaissance, ne descend à un tel niveau de détails et d'analyse que le livre de Zamulin. Il est vrai que ce dernier, ancien directeur du musée du champ de bataille de Prokhorovka, a eu un accès direct aux archives soviétiques concernant la bataille.

 

Au cœur du livre se trouve les combats autour de Prokhorovka entre le 12 et le 16 juillet 1943. Après avoir montré la situation politique et militaire au printemps 1943 et les préparatifs défensifs soviétiques sur le flanc sud du saillant de Koursk, Zamulin décrit l'organisation de la 5e armée de chars de la Garde commandée par le général Rotmistrov. A peine arrivées sur leurs positions les Soviétiques subissent les attaques du 48e corps de Panzer et surtout du 2nd corps de Panzer SS. Les difficultés du terrain, les rivières, la présence de nombreux villages fortifiés gênent l'avancée allemande qui est stoppée par la 5e armée de la Garde. L'armée rouge a alors l'avantage aussi bien en hommes qu'en tanks ce qui lui permet de faire entrer dans la bataille des renforts qui empêchent les Allemands de s’emparer de Prokhorovka et du bassin du Psel. La tentative d'encerclement du 48e régiment d'infanterie de la Garde et l'entrée en lice de la 5e armée de la Garde sont ici des moments clefs des combats. L'ensemble de ce récit est accompagnée de 12 cartes en couleurs qui permettent de suivre les opérations décrites.

 

Il n'est pas question ici de résumer les 700 pages d'un livre foisonnant où les opérations militaires sont décrites jour par jour voire heure par heure. L'auteur montre surtout que les plans initiaux confiés à la 5e armée étaient trop ambitieux. Elle ne pouvait à la fois contenir l'attaque allemande, puis passer à l'offensive pour faire revenir les Allemands sur leurs positions de départ. L'auteur revient également sur l'existence des unités de blocages, ces formations chargées de rassembler les soldats en déroute afin d'établir de nouvelles positions défensives. Il montre également les insuffisances du commandement soviétique notamment en matière de reconnaissance, de liaison avec l'artillerie et l'aviation, insuffisances qui coûtent cher en vies humaines mais qui montrent à contrario la volonté et le courage des soldats soviétiques qui parviennent à remporter la victoire.

 

Ce livre est, répétons-le, d'une grande richesse et bien que l'étude se limite au front sud de la bataille de Koursk, il est d'une lecture indispensable pour tous les spécialistes et les amateurs de l'opération Citadelle.

 

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 08:00

Guerres et Histoire n° 12, avril-mai 2013.

 

Les guerres de la Chine rouge

 Le bimestriel Guerres et Histoire vient de sortir son 12e numéro avec un dossier sur l'histoire militaire de la Chine communiste. Voilà un beau sujet, original, au cœur de l'actualité. Mais un sujet à risque puisqu'il embrasse presque un siècle d'histoire et des formes diverses, des milices ouvrières du Parti communiste chinois dans le Shanghaï des années 1920 à l'Armée populaire de libération dotée de missiles nucléaires.

 

Benoist Bihan contourne la difficulté en s'interrogeant sur l'existence d'un modèle de la guerre qui puiserait ses racines dans l'histoire et la culture chinoise et dont le plus éminent représentant serait Sun Tsu. L'auteur répond par la négative et montre que la pensée militaire chinoise incorpore des éléments étrangers. Au delà des héritages et invariants culturels, les militaires chinois n'ont pour objectif depuis la disparition de l'Empire en 1911 que de s'adapter aux circonstances et aux adversaires du moment dans le but, commun d'ailleurs aux nationalistes et aux communistes, de rendre son indépendance et sa puissance à la Chine. Il montre également que la pensée maoïste, si elle a pu favoriser la stratégie de guérilla, s'est montrée largement néfaste dans le cadre d'un conflit conventionnel. En 1949 la victoire communiste dans la guerre civile doit ainsi énormément à l'effondrement du régime nationaliste tandis que durant la guerre de Corée, la puissance de feu américaine signale les faiblesses chinoises.

 

Des articles sur la guerre civile, la guerre de Corée, la bombe atomique chinoise, les conflits avec des pays voisins entre 1955 et 1979 (l'Inde, Taiwan, le Vietnam) et au final sur le développement militaire chinois depuis l’ère Deng Xiaoping complètent un ensemble de bonnes factures. L'originalité du sujet, largement délaissé, tant dans la presse spécialisée que dans l'édition francophone, fait beaucoup pour l’intérêt de ce dossier bien ficelé qui apprendra beaucoup au lecteur peut au fait de l'histoire contemporaine chinoise.

 

Dans ce même numéro nous avons lu avec intérêt l'article de Nicolas Aubin sur les mythes de la Résistance communiste. L'essentiel est dit mais la taille réduite de l'article pour un sujet si vaste ne permet pas de longs développements et le propos reste trop général (voilà bien longtemps que même le grand public ne croit plus au mythe des 75 000 fusillés). Pourtant saluons l'initiative que représente cet article sur la Résistance militaire et souhaitons qu'il inaugure une longue série qui dépasse également le cadre national. Chaque mythe étudié par Nicolas Aubin mériterait à lui seul un article complet.

 

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communismeetconflits - dans Guerres et Histoire Communisme chinois
22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 18:26

Les amateurs et les spécialistes de la guerre à l'Est peuvent trouver depuis le 20 avril sur le blog collectif L'autre coté de la colline un article signé par Stéphane Mantoux qui retrace la biographie du général Mikhaïl Katoukov, l'un des commandants de l'une des 6 armées de chars de l'Armée rouge durant la Grande Guerre patriotique. A ne pas manquer.

Katoukov, un héros de l'Armée rouge
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communismeetconflits
19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 09:00

Roger Bourderon, 1940-1943, Le PCF à l'épreuve de la guerre, de la guerre impérialiste à la lutte armée, Syllepse, Paris, 2012.

 

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Le livre de Roger Bourderon n'est pas à proprement parler une histoire du Parti communiste français entre 1939 et 1943 mais plutôt une étude approfondie de quatre questions cruciales pour appréhender le politique communiste durant cette période.


La première porte sur l'attitude du PCF envers le général de Gaulle. Celle-ci est complexe passant d'une grande méfiance à l'été 1940 qui s'atténue progressivement, pour aboutir à une volonté d'établir des contacts au printemps 1941 et à la recherche d'une véritable alliance après l'entrée en guerre de l'Union soviétique. Dans un second temps l'auteur étudie avec rigueur les différents appels lancés tant au niveau national que local par les communistes, notamment celui rédigé à Bordeaux par Charles Tillon le futur chef des FTP. Cette question est essentielle car au delà du pacte germano-soviétique et de la dénonciation de la guerre impérialiste, l'appel de Tillon tend à montrer la prégnance dans la culture communiste de références issues à la fois du Komintern et de l'antifascisme. Il s'agit surtout là pour Roger Bourderon de mettre en évidence la continuité qui existe, même de manière ténue, entre le Front populaire et la Résistance. Cette démonstration, qui contredit les propos de Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre dans L'affaire Guy Mocquet. Enquête sur une mystification officielle publiée en 2009 chez Larousse pour qui ces appels ne contiennent aucun message dissident, laisse entendre que, derrière une ligne officielle attentiste, les communistes français aspirent fondamentalement à résister aux nazis.


Dans une troisième partie, l'auteur reconstitue les évolutions et les ajustements qui conduisent à l'organisation de la résistance communiste. La dénonciation de l'antisémitisme, la création de réseaux antinazis chez les intellectuels et la radicalisation de l'action revendicative sont les principales étapes de cette structuration. La dernière partie de l'ouvrage reconstitue le fonctionnement de la résistance armée à partir de l'exemple des Francs-tireurs et partisans de la région parisienne entre 1941 et 1942.


Au final l'auteur montre que malgré les initiatives locales la résistance communiste est d'abord le fruit d'un appareil central lentement remis sur pied après juin 1940. Cette reconstruction, dans le cadre d'une clandestinité sévère, se fait dans la douleur comme le montre le tragique destin de Jean Catelas. Mais ce travail fut un préalable indispensable à l'entrée dans la lutte armée et surtout au choc que cette dernière provoque par la répression qu’elle déchaîne.


Le livre de Roger Bourderon ne traite donc pas de l'ensemble de l'histoire de la résistance communiste mais il est un jalon essentiel pour de nouvelles recherches. En attendant qu'une grande synthèse, qui livre une histoire complète de cette résistance, ne voit enfin le jour.

 

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communismeetconflits - dans Communisme français
18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 09:00

Hope Hamilton, Sacrifice ont the Steppe : The Italian Alpine Corps in Stalingrad Campaign, 1942-1943, Casemate Books, 2011.

 

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Alors qu'Hitler déclenche l'opération Barbarossa, le royaume d'Italie déclare la guerre à l'URSS et Mussolini décide de mettre sur pied un corps expéditionnaire pour combattre en Union soviétique. C'est ainsi qu'une force de 62 000 soldats italiens se joint à l'opération Barbarossa malgré les réticences d'Hitler. Pour le Duce il s'agit surtout là du meilleur moyen d'assurer à l'Italie sa part du butin dans la future victoire de l'Axe à l'Est.


Le livre de Hope Hamilton nous raconte l'histoire de cette troupe et se penche avant tout sur l'histoire individuelle de ces Italiens partis combattre dans les steppes russes. Le récit s'appuie essentiellement sur des archives, des témoignages et des entretiens avec des vétérans qui ont survécu à la décision tragique de Mussolini qui a d'ailleurs continué à envoyer des renforts en 1942.


L'auteur privilégie donc le quotidien des soldats italiens en URSS au détriment d'une étude approfondie sur le rôle strictement militaire du corps expéditionnaire dans le déroulement du conflit. Il est vrai, comme le souligne à juste titre l'auteur, que les Allemands accordent une confiance très limitée à leur allié italien n'hésitant pas à placer les troupes de montagnes, les fameux Alpini, le long du Don, loin du Caucase où ils pourraient démontrer leur savoir faire.


Hope Hamilton explique auss comment les Alpini ont participé au plan bleu, puis à la prise de Stalingrad à l'automne 1942. Quand les Soviétiques lancent l'offensive qui va conduire à l'encerclement de la ville, les Italiens parviennent à sortir de la nasse qui se referme sur la 6e armée allemande de Paulus et à rejoindre le Don où ils subissent de nouvelles attaques de la part d'une armée rouge qui rêve de s'emparer de Rostov.


L'ouvrage est accompagné de notes abondantes, d'un index et d'une bonne bibliographie. Répétons-le, celui qui recherche avant tout une analyse critique de la campagne militaire des Italiens en URSS sera déçu par cet ouvrage. Au contraire le lecteur qui s’intéresse en premier lieu à la vie des soldats italiens et à leur vision du conflit sera quand à lui comblé. D'une lecture agréable et donnant un point de vue original sur une bataille déjà largement connue, ce livre comble aussi un vide, celui sur la participation italienne à la guerre à l'Est.

 

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communismeetconflits - dans Union soviétique et Russie
17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 11:17

Stephen G. Fritz, Ostkrieg: Hitler's War of Extermination in the East, University Press of Kentucky, 2011.

 

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Alors que de nombreuses études paraissent qui cherchent à apporter un regard neuf sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale et plus particulièrement du front de l'Est, le livre de Stephen Fritz n'est bien souvent qu'une synthèse d'analyse datée notamment concernant les Soviétiques où s'alignent les stéréotypes de la guerre froide. Ainsi il est sans cesse répété que les effectifs de l'armée rouge étaient de dix à quinze fois supérieurs à ceux de la Wehrmacht et que les succès soviétique sont uniquement le fruit de cette pléthore de soldats et de matériel lancée par vague d'assaut frontale contre les Allemands. L'étude des campagnes militaires est remplie de nombreuses erreurs, notamment pour la bataille de Koursk. Les victoires soviétiques sont présentés comme le fruit d'un fanatisme entretenue par des rations de vodka quand elles ne sont pas tout simplement le fruit de défaillances allemandes face à des Soviétiques incompétents.


Le point fort du livre réside dans l'étude du processus complexe qui a conduit à la mise en œuvre de la solution finale. Mais là aussi le lecteur ne fait que retrouver des analyses issus des travaux de Christopher Browning ou bien des publications sur le rôle de la Wehrmacht dans le génocide à l'Est comme celle d'Omer Bartov. Néanmoins la synthèse sur ces sujets est solide et permet au lecteur d'apprendre beaucoup


Au final il est donc dommage que l'analyse du rôle de la Wehrmacht dans les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité perpétrés sur le front de l'est, si pertinente soit-elle, s'accompagne d'une méconnaissance systématique de l'histoire militaire et opérationnelle du conflit. Les stéréotypes de guerre froide gâchent donc de manière irrémédiables une bonne synthèse sur la politique d'extermination allemande. Mais celui qui connait mal cette histoire ainsi que celle de la guerre germano-soviétique doit poursuivre avec des lectures supplémentaires s'il veut en avoir une compréhension objective.

 

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communismeetconflits - dans Union soviétique et Russie
16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 12:54

Guerres et Histoire, n° 11, février-mars 2013.

 

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C'est avec retard que nous rendons compte du n° 11 du magasine Guerres et Histoire alors que le nouveau numéro vient d'arriver dans les kiosques. Mais nous ne pouvons échapper à cet exercice puisque le dossier central de ce numéro est consacré à la légendaire bataille de Stalingrad. Le lecteur pouvait craindre une énième relation de ce tournant de la guerre avec les lieux obligés tel les combats de rue dans les usines détruites, le pont aérien allemand, la souffrance des assiégés ou le rôle des tireurs d'élite russe (merci là à Jean-Jacques Annaud). Ici il n'en est rien puisque la célébrité de Stalingrad sert à mettre en lumière une bataille largement méconnue celle de Rjev.


L'angle choisi est donc à la fois original par son traitement mais aussi par son caractère didactique. Les desseins soviétiques à la base de la conception des offensives des « Quatre Planètes » sont décrits de manières éclairantes. Le lien entre les opérations Mars, l'offensive de Rjev et Uranus, celle de Stalingrad est brillamment expliqué avec l'aide de deux spécialistes l'américain David Glantz et le russe Alexeï Isaïev. Chacune des offensives est l'objet d'un article particulier. Celui sur l'opération Mars est certainement le plus passionnant puisque cette offensive est peu connue, sans oublier qu'elle représente la plus grande défaite subie par Joukov.


Signalons la mise au point de Benoist Bihan sur l'art opératif, certainement l'article le plus didactique et le plus éclairant pour ceux qui ne sont pas spécialisés dans l'histoire des théories militaires. Au final, si celui qui lit déjà les historiens anglo-saxons apprendra peu de choses, ce dossier est une bonne synthèse pour les spécialistes et une excellente introduction à l'histoire du front de l'Est pour les néophytes. Un numéro à lire.

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communismeetconflits - dans Armée rouge
15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 11:25

David Glantz, Barbarossa Derailed: The Battle for Smolensk, 10 July-10 September 1941, volume 2, Helion and Company, 2011

 

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Le volume 2 de l'opus de David Glantz reprend là où le premier avait laissé le lecteur. Tout au long de ces deux volumes l'auteur veut montrer qu'avant même l'opération Thyphon, la tentative de s'emparer de Moscou, la Wehrmacht était militairement condamnée. Avec la bataille de Smolensk, le groupe d'armée centre souffre, du coté allemand, des continuelles contre-offensives soviétiques. La combativité de l'armée rouge est alors bien plus élevée que ne l'avait pensée les Allemands. Elle oblige l'armée allemande a opéré l'encerclement de Kiev qui met hors de combat près d'un million de soldats soviétiques, opération indispensable pour sécuriser les flancs du groupe d'armée centre en prévision de l'assaut sur Moscou.


Le pari de Glantz est largement tenu. Il réussit à montrer qu'à de nombreuses occasions, en raison d'ordres données par Staline, l'armée rouge s'est retrouvée dans des situations difficiles, incapable d'accomplir les missions données. Ainsi les meilleurs unités soviétiques qui faisaient face au groupe d'armée centre ont été perdu dans les deux premières semaines de la guerre avec l'encerclement de Minsk. Le reste des troupes est composée de réservistes ou de conscrits qui sont loin d'avoir la même expérience des combats que leurs adversaires. Les Soviétiques développent donc une stratégie d'attrition qui saigne les divisions allemandes notamment lors de tentatives de percées dans la poche de Smolensk. Alors que les divisions de blindées et d'infanteries de la Wehrmacht commencent à avoir besoin de repos pour se remettre en état, elles sont constamment harcelées par des contre-offensives soviétiques qui gagnent en intensité.


C'est là que débute le volume 2 avec l'histoire des offensives lancées sur trois fronts sous les ordres de Timochenko, Joukov et Eremenko. Si la victoire de Joukov à Yelnia est bien connue, Glantz montre que c'est l'opération menée par Timochenko qui provoque le plus de pertes pour les Allemands. A contrario l'action dirigée par Eremenko est la moins performante surtout en raison de l'insistance de Staline a continuellement attaquer ce qui condamne inutilement de nombreuses vies.


Dans sa conclusion Glantz insiste sur le fait qu'il existe encore des lacunes dans l'histoire du front de l'Est notamment pour l'année 1941. Il en donne pour preuve l'ignorance des quelques victoires remportées alors par l'Armée rouge, il est vrai au prix de sévères pertes. Il montre surtout que l'encerclement de Smolensk, qui est trop souvent présentée comme un simple prélude à l'opération Typhon, marque en réalité le début de la défaite allemande devant Moscou. Les pertes que subit la Wehrmacht n'ont pu être réparées avant le déclenchement de l'offensive sur Moscou. Au final le temps gagné par l'Armée rouge a permit aux Soviétiques d'amener sur le front des hommes et du matériel frais pour sauver la capitale. La victoire devant Moscou est donc bien le fruit du sacrifice de ces centaines de milliers de soldats tombés autours de Smolensk de juillet à septembre.

 

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communismeetconflits - dans Union soviétique et Russie
13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 10:21

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Le blog L'autre coté de la colline vient de publier un nouvel article de fond. Signé par Adrien Fontanellaz et intitulé Les colosses de Kaigun; les cuirassés Yamato et Musashi, il offre au lecteur un aperçu complet des caractétistiques et de l'histoire de ces cuirassés, les plus gros jamais construits.

A ne pas manquer !

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Présentation

  • : Communisme, violence, conflits
  • Communisme, violence, conflits
  • : Blog destiné à publier des articles et travaux historiques concernant les relations entre communisme et violence au XX°siècle. Ce blog est ouvert à ceux qui voudront publier articles, notes, annonces de publications, de colloques ou autres concernant ce champs d'étude historique.
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L'autre coté de la colline

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Rigueur historienne et clarté du propos. A ne pas manquer !

Recherche

Publications de David FRANCOIS

GuideICSerge Wolikow, Alexandre Courban, David François, Christian Oppetit, Guide des archives de l'Internationale communiste, 1919-1943, Archives nationales-MSH Dijon, Paris-Dijon, 2009. 

9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")