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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 07:35

Depuis le 1er juillet les lecteurs ont le plaisir de pouvoir lire sur le blog collectif L'autre coté de la colline un superbe article d'Adrien Fontanellez sur les armées romaines d'Orient et la fin du royaume vandale.

 

De l'empereur Justinien au général Bélisaire, le lecteur découvre un aire géographique et une époque mal connue en France.

 

 

A la découverte de Bélisaire et des Vandales
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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 07:41

En raison de la période estivale qui s'annonce nous allons réduire le nombre de publications sur ce blog pour à la fois profiter un peu plus de nos enfants, mais aussi travailler sur d'autres projets. Il s'agit aussi d'épuiser une pile de livres qui nous attend afin de reconstituer le stock de recensions à donner aux lecteurs de ce blog.

 

De quotidiennes en semaine, les publications passeront à trois par semaines soit une fois tous les deux jours avant de reprendre un rythme normal à la rentrée.

 

A mercredi.

 

Chi va piano va lontano
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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 07:10

Michael Lynch, The Chinese Civil War, 1945-1949, Osprey Publishing, 2010.

Introduction à la guerre civile chinoise

Le livre de Michael Lynch donne ici un aperçu concis de la dernière phase de la guerre civile chinoise. Pourtant ce conflit débute en 1927 quand les troupes nationalistes du Kouomintang rompent dans le sang l'alliance avec le Parti communiste chinois. L'auteur ne prend même pas soin de citer cette date dans la chronologie qu'il propose. La Longue Marche, moment fondateur pour le PCC est à peine évoquée.

 

Il parvient néanmoins à monter les clefs pour comprendre comment les communistes ont pris l'avantage notamment grace à l'aide militaire de l'Union soviétique et de prisonniers de guerre japonais. Rapidement les forces communistes se transforment d'unités de guérilla en une armée régulière. L'auteur prend soin également d'expliquer les raisons de la défaite nationaliste : corruption, brutalités et violences contre les populations civiles la faiblesse de l'organisation et de la formation des troupes. Il montre aussi l'étendue de l'aide américaine notamment à la fin de la guerre quand la 7e flotte américaine empêche les communistes d'envahir l’île de Taïwan où se sont réfugiés les dernières forces nationalistes.

 

L'un des paradoxes de cette guerre, que relève l'auteur, est que si le président Truman n'avait pas demandé aux Soviétiques d'envahir la Mandchourie à l'été 1945, les communistes n'auraient pu se renforcer et les nationalistes auraient eu de leur coté le temps de consolider leur pouvoir.

 

Les campagnes et les batailles sont décrites de manière rapide sans entrer dans le détail ce qui ne peut que frustrer l'amateur d'histoire strictement militaire. Voici donc un livre qui donne un tableau succinct de cette guerre civile même si de nombreux aspects, notamment militaires, sont traités de manière très rapide.

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 07:05

Daniel Siemens, The Making of a Nazi Hero : The Murder and Myth of Horst Wessel, I. B. Tauris, 2013.

Horst Wessel, la mort d'un nazi

Daniel Siemens, professeur à l'Université de Londres mais également à Bielefeld, plonge le lecteur dans ce qui s'apparente au départ à un roman policier dans le Berlin du tournant des années 1920-1930. Mais ici tout est vrai est l'auteur à puiser aux meilleures sources notamment les archives de la Stasi.

 

L'histoire débute avec un fait-divers relativement sordide. Le 14 janvier 1930, Horst Wessel, un jeune chef des Sections d'assaut nazies de Berlin est abattu à son domicile. Les circonstances de ce crime sont floues. Mais il est probable que l'acte a pour toile de fond un règlement de comptes où politique et délinquance se mêlent. Si ceux qui tirent sur Wessel sont des communistes, ils appartiennent comme leur victime à des bandes criminelles rivales qui se disputent le contrôle de la prostitution dans les quartiers populaires de Berlin.

 

C'est le génie de Josef Goebbels qui va mettre ce meurtre en pleine lumière et le faire entrer dans la mythologie nazie. Goebbels qui depuis 1926 dirige la parti nazi à Berlin avait déjà remarqué les qualités de chef de Wessel. Quand il apprend sa mort il décide de transformer le jeune SA en martyr du nationale-socialisme. Wessel devient un modèle héroïque pour toute une génération.

 

Goebbels organise les funérailles de Wessel où défilent des milliers de personnes avant de prononcer son oraison funèbre. Très vite la tombe de Wessel devient un lieu de pèlerinage. Mais cette figure aurait pu être oubliée si Wessel n'avait pas été un poète du dimanche, dont le Die Fahne Hoch, rebaptisé Horst Wessel Lied n'était pas devenu le chant de la SA, puis celui du parti nazi avant de devenir l'hymne quasi-officiel de l'Allemagne hitlérienne. Wessel devient l'objet d'un véritable culte à travers notamment des portraits, des bustes, mais également un film. Dans ce dernier il est présenté comme un héros populaire victime de la lâcheté des communistes.

 

L'auteur montre que Wessel était une personne assez différente de la légende forgée par la propagande nationale-socialiste. D'une intelligence moyenne, Wessel déçoit sa famille en abandonnant ses études universitaires pour vivre avec une prostituée. En révolte contre le conformisme bourgeois de ses parents, déclassé socialement, il rejoint le parti nazi qui lui donne une structure idéologique et un but à son existence. Mais l'auteur avance aussi l'idée que peu avant sa mort Wessel a commencé à délaisser la SA et même envisagé de quitter le Parti nazi pour commencer une nouvelle vie.

 

A travers le destin d'un jeune homme, Siemens décrit parfaitement la chute de la République de Weimar dont les bases, trop fragile, furent sapées par des extrémismes qui n'hésitaient pas à s'affrontaient dans des combats de rue. Il montre aussi cette formidable opération de propagande qui s'opéra après la mort de Wessel et en fit une figure sacrée dans le IIIe Reich. Le lecteur peut aussi se demander pourquoi après 1933 les communistes n'ont pas essayé de réhabiliter les militants qui ont tués Wessel pour en faire des contre-symboles. Il n'en reste pas moins que la figure de Wessel semble continuer à hanter l'Allemagne puisqu'en 2005 sa tombe à Berlin fut à nouveau vandalisée.

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 07:32

Les Archives nationales organisent, en partenariat avec les Archives départementales de la Seine-Saint-Denis et les fondations Jean Jaurès et Gabriel Péri, une journée d’étude intitulée

Archives et socialisme après Marx. Autour des fonds de Paul Lafargue, Charles et Jean Longuet

 

le mardi 2 juillet 2013, de 9h30 à 17h30 
aux Archives nationales, hôtel de Soubise 
60 rue des Francs-Bourgeois 
75003 Paris (rez-de-chaussée)

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Renseignements et contact : jean-numa.ducange@univ-rouen.fr

 

 


 

L’histoire des socialismes français est marquée par une longue tradition d’études, de Georges Lefranc à Madeleine Rebérioux, et dont les héritages sont encore présents dans les travaux récents. Alors que beaucoup de recherches se concentrent désormais davantage sur la seconde moitié du vingtième siècle, la présente journée entend revenir sur la période antérieure, de la Commune de 1871 à l’entre-deux-guerres, à l’occasion de la mise à disposition d’archives nouvelles.

 

Les fonds de Paul Lafargue (1842-1911) et Charles Longuet (1839-1903), découverts dans les archives du Parti communiste français, et celui de Jean Longuet (1876-1938), qui vient d’être donné aux Archives Nationales par ses descendants, constituent en effet un ensemble permettant de réexplorer cette histoire.

 

Par leurs liens familiaux, ces trois figures représentent une forme de continuité avec Karl Marx et elles ont toutes joué un rôle important dans l’histoire des socialismes. Au-delà des itinéraires biographiques propres qui seront présentés à travers les nouvelles archives, la journée entend revenir aussi sur l’histoire des idées socialistes, en présentant les recherches récentes sur le sujet.

 

L’histoire de ces fonds, qui ont connu les multiples aléas du vingtième siècle, sera également présentée. Plusieurs représentants d’institutions de toute l’Europe conservant des fonds d’archives liés à l’histoire des socialismes interviendront au cours de cette journée, occasion unique de mettre en valeur un ensemble d’archives dont certaines parties demeurent méconnues.

 

La dernière partie sera consacrée à un échange entre historiens et archivistes sur ces thématiques, afin de prolonger les premiers travaux publiés, qui seront présentés à l’occasion de cette journée (inventaires et présentations historiques des différents fonds d’archives).

Archives du socialisme français
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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 08:00

Antoine Sidoti, Partisans et tchetniks en Yougoslavie durant la Seconde Guerre mondiale. Idéologie et mythogénèse, CNRS éditions, 2004.

Guerre civile dans la Yougoslavie ocupée

Le lecteur qui peut s'attendre à un récit des péripéties des conflits militaires et politiques entre les tchetniks royalistes et les partisans communistes dans la Yougoslavie en guerre ne pourra être que déçu. L'auteur s'attache surtout ici à expliquer comment les communistes yougoslaves, très minoritaires en 1941, ont réussi à supplanter les monarchistes de Draza Mihailovic pourtant reconnu par le gouvernement en exil. Il montre que cette victoire se joue en grande partie dans la lutte idéologique entre les deux camps.

 

Au cœur de l'ouvrage se trouve une analyse pointue de la construction de la mythologie titiste. Cette dernière prend rapidement des libertés avec la vérité historique puisqu'elle prétend que les communistes sont entrés dans la lutte dès avril 1941 alors qu'ils ne l'ont fait qu'à partir de juillet et sont donc restés fidèles à la ligne définie par le Komintern.

 

Antoine Sidoti met également en exergue les faiblesses des royalistes. Mihailovic n'a en aucun cas saisi la nature particulière du conflit. Il ne pense la guerre qu'en termes militaires, comme en 1914, alors qu'elle possède un caractère idéologique que les communistes saississent et utilisent rapidement. Le mouvement royaliste possède également un caractère panserbe qui lui aliène les minorités nationales tandis que les communistes peuvent quand à eux s'appuyer sur une expérience de la clandestinité et une implantation sur l'ensemble du territoire yougoslave. Tito sait également se montrer modéré pour rallier à lui la population mais également les Alliés occidentaux. Surtout la propagande communiste excelle pour transformer les échecs des partisans en victoire.

 

Voici donc un livre qui donne un excellent aperçu des multiples facettes de la résistance yougoslave durant la Seconde Guerre mondiale et cela de manière équilibrée. L'ensemble est accompagné par une iconographie de qualité et la publication en annexe de documents. Incontournable pour ceux qui s'interessent à l'histoire des Balkans.

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 08:00

Rodric Braithwaite, Moscow 1941: A City ans it's People at War, Vintage Books, 2007.

Moscou une ville en guerre

Disons le d'emblée, voici un des meilleurs livres sur Moscou en 1941 que nous ayons lu. Rodric Braithwaite, ancien ambassadeur britannique à Moscou raconte ici ce qu'il considère comme la première défaite de la Wehrmacht. Il retrace d'abord de manière succincte l'histoire de Moscou et la situation de la ville avant l'invasion allemande. L'auteur ne manque pas ensuite de raconter de façon claire et documentée les principales phases du plan Barbarossa dont l'un des objectifs stratégique est la prise de la capitale soviétique.

 

Dès le début du conflit les habitants de Moscou se mobilisent. De nombreux volontaires s'enrôlent, dont de nombreuses femmes qui servent comme pilotes, infirmières ou tireuses d'élite. Douze divisions de volontaires sont ainsi formés qui subiront de lourdes pertes lors des combats. Mais contrairement à la vulgate admise ces milices reçoivent des uniformes, des armes et une instruction sommaire au combat.

 

L'angoisse s'empare rapidement de la capitale de l'URSS. La population civile, déconcertée, connaît alors la pénurie, la faim mais aussi les arrestations et l'effondrement du moral. Le 15 octobre Staline ordonne l'évacuation du gouvernement ce qui provoque la panique dans la ville. Des émeutes et des pillages éclatent. La décision de Staline de rester à Moscou mais aussi d'ordonner la fin des évacuations et d'améliorer le ravitaillement entraîne le retour à l'ordre. C'est contre l'avis des militaires que Staline fait également défiler les troupes sur le Place rouge le 7 novembre pour le traditionnel anniversaire de la Révolution d'Octobre. Ce défilé à un formidable impact sur le moral de la population et montre la force de Staline comme chef d'une nation en guerre.

 

L'auteur se pique aussi, et c'est ce qui fait l'attrait du livre, de démolir dans quelques mythes liés à la défense de Moscou à la fin de 1941. C'est également là une incursion dans des opérations militaires qui tiennent globalement un rôle secondaire dans l'ouvrage. Le premier mythe égratigné concerne les 28 hommes de la 316e divisions d'infanterie sous les ordres de Panfilov qui sont célébrés pour être tous morts en défendant la route de Moscou. Braithwaite note que certains ont été faits prisonniers et d'autres ont réussi à décrocher. L'un de ses hommes est même retourné dans sa ville d'Ukraine où il a collaboré avec les Allemands. Il interroge aussi avec pertinence le mythe de Zoya Kosmodemyanskaya mais également la légende qui veut que tous les soldats soviétiques échappés des camps de prisonniers allemands soient destiné au Goulag.

 

Un livre indispensable pour comprendre la bataille de Moscou même si, répétons-le, l'aspect militaire est largement négligé au profit d'une plongée fascinante dans la ville en guerre.

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 07:30

Sur le blog L'autre coté de la colline, Adrien Fontanellaz propose un passionnant article sur une des guerres les plus meurtrières que connut l'Amérique du Sud au XXe siècle. La guerre du Chaco entre la Bolivie et le Paraguay dura de 1932 à 1935.

 

Largement méconnu en Europe, ce conflit est essentiel pour comprendre la géopolitique d'un continent qui s'affirme sur la scéne internationale.

 

 

La guerre du Chaco
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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 08:00

Jean-Marce Berlière, Franck Liaigre, L'affaire Guy Moquet. Enquête sur une mystification officielle, Larousse 2009.

Guy Môquet: une mystification ?

Le livre du duo Liaigre-Berlière s'inscrit dans une actualité qui prend sa source dans l'élection à la présidence de la République de Nicolas Sarkozy en mai 2007. Le jour de son investiture le nouveau président annonce que la dernière lettre de Guy Môquet sera lue dans tous les lycées le 22 octobre, jour de l'anniversaire de l’exécution du jeune communiste en 1941. Cette décision a provoqué une série de débats et de polémiques relayés par la presse, la télévision et Internet. De nombreux professeurs refusèrent de lire cette lettre devant leurs élèves. Les arguments pour justifier cela furent souvent faibles : refus de devenir l'instrument du pouvoir exécutif, de céder à l'émotionnel, de décontextualiser un document historique. Refuser de lire la dernière lettre d'un lycéen de 17 ans qui allait être fusillé fut alors considéré comme un acte de résistance. Qu'un président de droite a réussi à ce que des enseignants plutôt à gauche refusent de lire la lettre de Guy Môquet, chapeau l'artiste !

 

Un argument plus sérieux fut néanmoins avancé : Guy Môquet ne fut jamais un résistant à l'occupation allemande puisque le PCF ne fut pas résistant jusqu'au 22 juin 1941. Là est le cœur de la démonstration qui est l'objet du livre de Liaigre et Berliére qui se veut également une opération de salubrité historique.

 

Les deux auteurs sont particulièrement féroces contre leurs pairs qu'ils accusent de désinformations, de négligences professionnelles puisqu'ils ne fréquentent plus les centres d'archives, et d'incompétence en reprenant sans examen critique les légendes forgées par le PCF à la Libération. Ces reproches prennent parfois la forme d'un règlement de comptes qui laisse le lecteur mal à l'aise.

 

Guy Môquet est le fils du député communiste Prosper Môquet arrêté par la police républicaine le 10 octobre 1939. Ce dernier soutient le pacte germano-soviétique et la ligne qu'impose le Komintern. Cette dernière estime que la guerre en Europe qui a débuté en septembre 1939 est une guerre impérialiste dont les responsables principaux sont les démocraties occidentales. Elle n'est en aucune manière une guerre antifasciste. Avec la guerre soviétique contre la Finlande, les communistes en viennent à prôner le sabotage de l'effort de guerre. Les auteurs montrent aini la réalité des sabotages dans les usines de guerre.

 

Quand Guy Môquet est arrêté en octobre 1940, la ligne communiste n'a pas fondamentalement changé bien que la France soit désormais vaincue et occupée. Les tracts qu'il distribue dénoncent toujours la guerre impérialiste et prennent soin de ne pas attaquer les Allemands. Pour les auteurs une conclusion s'impose : Guy Môquet n'a jamais été un résistant. Il ne peut donc incarner la Résistance.

 

Mais les auteurs ne s'arrêtent pas là. Si l'attitude du PC entre septembre 1939 et juin 1941 est largement connue et ne fait plus l'objet de contestations, ils condamnent les tenants de la théorie des deux lignes. Cette dernière postule que si la ligne officielle de la direction fut celle prônée par le Komintern, en province certains dirigeants locaux comme Charles Tillon et Georges Guingouin ont très tôt lancés des appels à la résistance. Sur ce point Berlière et Liaigre montrent qu'il n'en est rien et que ces dissidents sont restés durant longtemps des militants disciplinés.

 

Appréhendé par la police française, jugé par un tribunal français, le jeune Môquet, bien qu'acquitté, est interné administrativement par les autorités de Vichy au camp de Choisel à Chateaubriand près de Nantes. Avec l'attaque de l'URSS le 22 juin 1941 par l'Allemagne, le PCF adopte une nouvelle stratégie et se lance dans la lutte armée. Le 20 septembre, le Feldkommandant de Nantes est abattu. Les autorités allemandes décident d'appliquer le code des otages. Le ministre de l'Intérieur, Pierre Pucheu fournit aux Allemands deux listes d'otages et sur ces listes ces derniers ne retiennent que 17 noms et en ajoutent 10 autres dont celui de Môquet. Il est choisi parce qu'il est jeune et que des témoins de l'attentat ont affirmé que les terroristes étaient jeunes. Quatre mineurs seront fusillés à Chateaubriand et 7 à Nantes le 22 octobre.

 

Berlière et Liaigre développent leur argumentation de manière fluide et claire. A l'issue de ce livre, le lecteur ne peut être que convaincu que Môquet ne fut pas un résistant à l'occupant. Si sa fin tragique a fait l'objet d'une récupération politique par le PCF après-guerre, nous ne pouvons malgré tout que déplorer les polémiques partisanes qui entourent le souvenir d'un jeune garçon de 17 ans dont le seul crime ne fut que de distribuer des tracts.

Guy Môquet: une mystification ?
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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 08:00

Antonella Salomoni, L'Union soviétique et la Shoah, La Découverte, 2008.

Les Soviétiques et la Shoah

Le déroulement de la Shoah sur le territoire de l'Union soviétique est un sujet dorénavant largement exploré et doté d'une abondante bibliographie. L'approche d'Antonella Salomoni professeur à l'Université de Calabre se distingue néanmoins dans cette pléthore de travaux. Elle cherche en effet à comprendre comment le génocide a été ressenti en URSS. un pays où entre 1 500 000 et 2 500 000 de Juifs qui furent victimes des crimes nazis.

 

A l'époque du pacte germano-soviétique, quand Staline et Hitler se partage la Pologne, l'attitude des autorités soviétiques envers les juifs polonais est plus que contestable. Elles refusent ainsi l'entrée dans les territoires qu'elles contrôlent aux Juifs qui fuient la Pologne occupée par la nazis. Surtout la presse et la radio ne disent pas un mot des persécutions qui s'abattent sur la communauté juive polonaise. Ce silence est d'autant plus grave que les Juifs soviétiques ne verront donc pas la nécessité de fuir l'avance allemande à l'été 1941. D'ailleurs durant l'opération Barbarossa, l’État soviétique ne se préoccupe guère du sort des Juifs. Les massacres sont alors considérés comme des exactions de la soldatesque sans volonté exterminatrice.

 

L'auteur décrit les formes du génocide en URSS, les ghettos, les camps, les grands massacres mais aussi ceux qui ont pour théâtres des villages ou de petites bourgades. Elle rappelle surtout que dans leur entreprise, les Allemands ont reçu l'aide d'une partie de la population locale. Dans les régions annexées par les Soviétiques en 1939-1940, les Ukrainiens, les Baltes reprennent l'ancienne tradition des pogroms avec la bénédiction nazie.

 

Le livre casse aussi le mythe des Juifs résignés à la mort. Nombreux sont ceux qui se suicident pour échapper à l'exécution. Les persécutions entraînent aussi des départs nombreux dans les groupes de partisans. Il ne faut pas non plus oublier les nombreux Juifs qui se battent sur le front dans les rangs de l'Armée rouge. La connaissance des massacres provoque alors un large désir de vengeance au sein de la population juive soviétique qui se mobilise alors fortement pour soutenir l'effort de guerre.

 

C'est l'occasion pour l'auteur de décrire de manières précises la naissance et l'action du Comité antifasciste juif de Moscou. Ce dernier recueille ainsi de nombreux témoignages sur les massacres pour la rédaction d'un livre noir sur l'extermination dans les territoires occupés. Rapidement le comité devient aussi le symbole d'une renaissance de la culture juive en Union soviétique ce qui ne sera pas sans effet aux lendemains de la guerre. Il n'en demeure pas moins que l’œuvre du comité est considérable notamment pour sensibiliser l'opinion américaine au sort des Juifs sous le joug nazi.

 

L'auteur montre également que la persécutions des Juifs soviétiques rencontrent peu d'écho dans la population. L'ampleur des pertes humaines et le traitement des populations slaves par les autorités nazies expliquent en partie ce désintérêt. Il importe également aux autorités soviétiques de ne pas s'aliéner totalement les populations ukrainiennes et baltes qui ont participé aux massacres. Pour cimenter la cohésion de la nation soviétique, la propagande préfère après 1945 montrer un peuple victime de la barbarie nazie et se refuse donc à mettre en avant une souffrance particulière.

 

Le livre d'Antonella Salomoni est bien écrit et largement documenté. Si le lecteur avertis apprendra peu sur la réalisation du génocide en Europe orientale il appréciera en revanche de mieux connaître par ce biais un pan de l'histoire soviétique. Le livre est sur ce point particulièrement éclairant pour appréhender les relations difficiles entre la population juive et l’État soviétique jusqu'en 1990, voire au delà dans les pays issus de l'éclatement de l'URSS.

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L'autre coté de la colline

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Publications de David FRANCOIS

GuideICSerge Wolikow, Alexandre Courban, David François, Christian Oppetit, Guide des archives de l'Internationale communiste, 1919-1943, Archives nationales-MSH Dijon, Paris-Dijon, 2009. 

9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")