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5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 09:16

Depuis ce matin le blog collectif L'autre coté de la colline met en ligne un article sur les volontaires étrangers en Croatie lors de la guerre en ex-Yougoslavie de 1991-1995. Au-delà des polémiques et des fantasmes qui entourent ces volontaires c'est l'occasion d'observer un phénoméne original, qui se retrouve dans de nombreux conflits, et de mesurer son poids dans une guerre contemporaine.

 

Loin des condamnations et des apologies cet article plonge au coeur de la dernière guerre sur le sol européen parmi des hommes où se cotoient aussi bien le pire que le meilleur.

 

Bonne lecture.

 

 

Volontaires étrangers en Croatie
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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 07:20

Jonathan Pollack, No Exit: North Korea, Nuclear Weapons and International Security, Routledge, 2011.

Une histoire nucléaire de la Corée du Nord

La Corée du Nord représente un danger pour la sécurité de l'Asie orientale mais également des États-Unis. La Corée du Nord est en effet le seul État à s'être retiré du Traité de non-prolifération des armes nucléaires et a avoir renié tous les accords de dénucléarisation qu'il avait signé. En 2006 il procède à son premier essai nucléaire. Le livre de Jonathan Pollack repose sur l'hypothèse que l'histoire du système politique nord-coréen explique cette course en avant nucléaire. Par ce biais il retrace en détail l'histoire du programme nucléaire nord-coréen des origines à 2010.

 

La Corée du Nord a développé un nationalisme de forteresse assiégée. Après avoir combattu dans la guérilla en Mandchourie, Kim-Il-sung se considère comme un survivant dans un monde hostile. Cette méfiance contre l’extérieure concerne aussi son entourage et explique en partie que Kim cherche, dans la tradition dynastique coréenne, à ce que son pouvoir soit transmis de père en fils, une exception dans l'histoire du marxisme. Il développe également l'idéologie du Juche qui repose principalement sur l'idée d’autodétermination et qui se traduit par une conception originale des relations internationales: la Corée du Nord peut obtenir ce dont elle a besoin à l'étranger mais le monde extérieur ne doit avoir aucune prise sur son destin.

 

Kim veux faire de son pays une forteresse imprenable et les armes nucléaires jouent un rôle essentiel dans cette stratégie. Il semble que le programme nucléaire nord-coréen débute donc au début des années 1970 lorsque la Chine se lance dans une politique de détente avec les États-Unis. Craignant d’être « lâché » par Pékin et Moscou, inquiet des activités nucléaires en Corée du Sud et préoccupé par sa succession, Kim-Il-sung veut assurer ainsi sa position grâce à l'arme nucléaire.

 

La crise du monde communiste à la fin des années 1980 durcit encore plus la position nord-coréenne et Kim retire son pays du Traité de non-prolifération en 1993. L'année suivante le vieux dirigeant meurt alors que pour Pollack c'était le seul dirigeant qui aurait eu l’autorité nécessaire pour entrainer son pays sur la voie de l'abandon de l'arme nucléaire.

 

Voici donc un livre indispensable pour ceux qui veulent comprendre la stratégie nucléaire nord-coréenne. Il donne également des pistes sur les moyens dont dispose la communauté internationale pour amener Pyongyang à la raison. Pour Pollack, seule une bonne compréhension de l'idéologie nord-coréenne peut permettre de produire une politique capable de stopper le développement de l'arsenal nucléaire de la Corée du Nord et, pourquoi pas, conduire à la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 07:30

Après de longues vacances voici, avec la rentrée, le temps des bilans et des projets pour les mois à venir. Depuis hier, le blog L'autre coté de la colline, un blog collectif désormais bien connu que nous animons avec Stéphane Mantoux et Adrien Fontanellaz, a publié sa déclaration de rentrée faisant le point sur ses six premiers mois d'existence et esquissant les perspectives éditoriales pour l'année qui commence.

 

Pour ce qui concerne notre blog, il est en progression constante depuis près d'un an, aussi bien par le nombre de visiteurs que par celui des pages vues. Je tiens ici à remercier les lecteurs fidèles pour la confiance dont il m'honore. 

 

Pour l'année qui vient nous allons hélas devoir restreindre la voilure et nous contenter de ne publier que trois articles par semaine comme durant ces mois d'été. A cela plusieurs raisons. D'abord notre collaboration mensuel à L'autre coté de la colline, les quelques articles que nous publions dans les magazines d'histoire et d'autres activités de recherches et d'écritures prennent beaucoup de temps (que nous partageons aussi, cela va sans dire, avec notre travail et notre famille). Il faut donc faire des choix. La seconde raison est plus matérielle. Nous avons réussi à publier à un rythme quasi-quotidien des recensions de livres en puisant largement dans notre bibliothéque personnelle et dans celles auxquelles nous avons accès. Mais au bout d'une année le gisement s'est épuisé. Si le rythme des publications ne faiblit pas et c'est tant mieux, rien que dans les semaines qui viennent  vont se trouver dans les librairies deux livres sur la guerre à l'Est, une biographie de Joukov, un livre sur la guerre de Corée, il n'en est hélas pas de meme pour nos finances. Nécessité faisant loi...

 

Il n'en reste pas moins que nous essayerons de publier trois recensions par semaine et que nous annoncerons également les infos, colloques, ouvrages majeurs, articles ayant trait à l'histoire du communisme. Tel est notre ambition à minima. Si le temps nous le permet nous essayerons également de publier en sus un ou plusieurs articles de fond.  

 

Pour terminer je dois ajouter qu'il est possible de suivre l'actualité de ce blog par le biais de sa page Facebook:https://www.facebook.com/pages/Communisme-violence-conflits/469712923110227

 

En souhaitant à tous une bonne rentrée, le soleil est toujours là, j'espére apporter encore cette année ma petite pierre à la diffusion de la connaissance historique et attiser la curiosité et l'esprit des lecteurs.

 

D. FRANCOIS

 

C'est la rentrée...
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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 07:15

Michael Dobbs, Saboteurs: The Nazi Raid on America, Alfred A. Knopf, 2004.

1942: America under Attack

En juin 1942, des sous-marins allemands débarquent deux groupes de saboteurs sur la cote américaine, l'un prés de Long Island et l'autre en Floride. C'est le début de l'opération Pastorius dont le but est la destruction de sites industriels et de communication à travers les États-Unis. Au bout de deux semaine la mission échoue. Bien qu'équipés en explosifs, détonateurs et munis de beaucoup d'argent, les saboteurs sont capturés par les autorités américaines et six des huit commandos sont exécutés à la suite d'un procès expéditif devant un tribunal militaire.

 

L'auteur raconte en détail cette équipée qui peut sembler anecdotique. L'opération Pastorius a été conçu par le lieutenant Walter Kapp, membre de l'Abwehr et ancien résident aux États-Unis. C'est lui qui choisit les saboteurs qui ont tous vécu en Amérique avant la guerre. Mais ces choix sont loin d'être pertinents car à peine débarqué deux membres de l'équipe désertent. Le débarquement près de Long Island est un épisode tragi-comique, voire burlesque. Le sous-marin qui a conduit le groupe se trouve coincé sur un banc de sable et passe une matinée, ses moteurs diesel tournant à fond, dans un effort couronné de succès pour se libérer. Et tout cela se passe à proximité de la station radar de la Navy d'Amagansett, une base secrète chargée de surveiller les mouvements des U-boots dans l'Atlantique.

 

La faiblesse de la sécurité intérieure américaine ne s’arrête pas là. Lorsqu'un garde-cote, qui a croisé l'un des groupes de saboteurs, alerte les autorités personne dans la marine, l'armée ou le FBI ne veut le croire. Quand l'un des saboteurs, Georges Dasch, téléphone au FBI pour se dénoncer, son appel n'a pas d'effet et il doit recommencer à deux ou trois reprises pour être écouté. Le lecteur ne peut que conclure que seule la chance a permis finalement à la police américaine de mettre la main sur les saboteurs nazis. Le procès des saboteurs apparaît ensuite comme une parodie de justice puisque même Roosevelt demande la peine de mort dès l'arrestation comme pour exorciser les failles de la sécurité américaine.

 

L'auteur ne manque pas de faire le parallèle entre l'opération Pastorius, avec ses agents allemands qui ont vécu longtemps au sein de la société américaine avant de vouloir l'attaquer, et les auteurs des attentats du 11 septembre 2001. Dans les deux cas la sécurité du territoire américain a été gravement mise en défaut. En 2001, comme en 1942, l'administration américaine s'appuie aussi sur les tribunaux militaires pour transformer la justice une arme contre les activités terroristes. D'ailleurs la décision de 2001 repose juridiquement sur un arrêt de la Cour suprême pris dans le cadre de l'affaire de 1942.

 

Si le livre se lit comme un roman d'aventures et d'espionnage il pose néanmoins une question de fond. Celle de savoir comment faire la guerre tout en respectant le droit et la justice.

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 19:13

De retour des Archives départementales nous avons eu la surprise de tomber en ce début d'après-midi sur un curieux véhicule stationnant devant la cathédrale Notre-Dame de Dijon. L'anniversaire de la Libération de le ville s'approche il est vrai. 

 

L'observateur attentif notera que ce char artisanal possède à son tableau de chasse, outre des blindés allemands et anglais, quelques paisibles vaches. Il verra aussi que le jerricane au dessus du conducteur ne sert aucunement à parer une panne d'essence mais plutot à approvisionner les combattants avec, comme indiqué dessus, l'élixir qui a fait la réputation mondiale de la Bourgogne...

Une chouette 2CV à la mode Libération !
Une chouette 2CV à la mode Libération !

Nous ne garantissons pas, bien entendu, l'authenticité historique de ce véhicule qui aurait été certainement du meilleur effet sur les routes de la Libération à l'été 1944.

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 07:12

Shen Zhihua, Mao, Stalin and the Korean War: Trilateral Communist Relations in the 1950's, Routledge, 2012.

La guerre de Corée et la diplomatie communiste

Voici un livre à la construction originale et particulièrement intéressante. Au centre de l'ouvrage se trouve une étude du Chinois Shen Zhihua, parue en 2002, qui étudie les discussions entre dirigeants chinois, soviétiques et nord-coréens durant la guerre de Corée et plus particulièrement avant le début des négociations d'armistice en juillet 1951. Le traducteur a ajouté à ce texte une courte étude de Yang Kuisong qui discute certaines conclusions de Shen sur les origines du conflit en s'appuyant sur des sources complémentaires, notamment en anglais.

 

Shen affirme qu'au début de 1950 Staline a donné le feu vert à Kim Il-sung pour attaquer militairement la Corée du Sud. Il s'agit pour lui d'un tournant dans la politique soviétique qui jusque là avait mené une politique modérée en Asie et offensive en Europe. Après l'échec du blocus de Berlin, Staline, encouragée par la victoire communiste en Chine, se tourne vers la Corée. Mais pour Staline il s'agit aussi de rétablir la prééminence soviétique mise à mal par la victoire de Mao. En effet le Chinois va certainement demander de remettre en cause au moment des négociations pour un nouveau traité sino-soviétique les avantages de l'URSS en Chine notamment en Mandchourie. Staline est prêt à accepter les demandes de Mao mais ce qu'il perd en Chine il veut le reprendre en Corée, notamment le contrôle des ports libres de glace de Pusan et d'Inchon. Et puis si Kim il-Sung échoue et provoque l'intervention des Américains, cette menace obligera les Chinois à demander l'aide de l'URSS qui pourra ainsi garder ses positions en Mandchourie.

 

La position de Shen soulève des objections de Yang pour qui la prise du pouvoir de Mao ne fut pas ressentie comme une menace par Staline mais plutôt comme un moyen de modifier l'équilibre des forces en Asie en faveur de l'URSS. Si Staline a jugé peu probable une intervention américaine en Corée il a néanmoins demandé à Kim Il-sung de prendre en compte les avis des conseillers soviétiques dans l'élaboration des plans afin de parvenir à une victoire rapide. Il insiste aussi pour que Kim reçoive l'approbation de Mao car si l'attaque tourne mal ce n'est pas l'URSS qui doit envoyer des troupes mais la Chine.

 

Il ne s'agit là que de quelques analyses développées dans un livre d'une grande richesse. Shen traite également de l'importance de l'aide matérielle soviétique à l'effort de guerre chinois, des liens entre Mao et Staline, des responsabilités quant à la prolongation de la guerre jusqu'en 1953. Une solide bibliographie vient étayer un outil précieux pour mieux comprendre la guerre de Corée du coté communiste.  

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 07:38

Anne Applebaum, Iron Curtain, The Crushing of Eastern Europe, 1945-1956, Allen Lane, 2012.

A l'origine du rideau de fer

Anne Applebaum est une spécialiste de l'histoire de l'URSS dont le positionnement est bien connu. Elle s'inscrit en effet dans un courant conservateur pour qui Staline n'était qu'un sanguinaire dictateur qui ne désirait qu'asservir l'Europe. Dans ses travaux il n'y a donc aucune place pour les arguments du courant révisionniste qui avance que les États-Unis pourraient être responsables de la division de l'Europe.

 

L'histoire racontée dans ce livre est donc pour elle celle d'une tragédie. A partir de 1945 les aspirations à la liberté et à l'indépendance de nombreux peuples sont foulés aux pieds par un État soviétique sans pitié qui s'appuie sur la servilité de sbires locaux. L'histoire commence en mars 1945 avec l'entrée de l'armée rouge en Allemagne par le nettoyage ethnique de millions d'Allemands et se termine par l'intégration de l'Europe orientale dans la sphère soviétique durant les années 1950.

 

Pour l'auteur les Occidentaux n'ont rien pu faire pour empêcher ce phénomène et changer le statu-quo ainsi établi en Europe. Comme nous l'avons dit le portrait est à charge et s'inscrit dans une tradition qui prend ses racines en pleine Guerre froide. Le lecteur peut ainsi regretter l'absence d'analyses sur les raisons qui ont permis à l'URSS de maintenir son hégémonie pendant plus de 40 ans sur l'Europe orientale. En effet le contrôle totalitaire a finalement échoué et cela sans intervention extérieure.

 

Au final, voici un livre solide quand aux informations données et aux faits décrits et qui se lit assez facilement. Mais l'ensemble est très daté, sans grande originalité et surtout sans nuances, ni recul.  

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 08:00

Jacques Canaud, Le temps des maquis. De la vie dans les bois à la reconquête des cités, 1943-1944, De Borée, 2011

Une histoire du Maquis

Le livre de Jacques Canaud, largement méconnue, n'est quasiment jamais cité dans les ouvrages ayant trait à l'histoire de l'occupation en France. S'il est vrai que l'appareil critique est léger et ne répond qu'imparfaitement aux critères scientifiques, le livre est une remarquable synthèse. L'auteur, agrégé d'histoire, a soutenu en 1979 une thèse sur les maquis du Morvan.

 

Il a noué pour ce travail de recherche des contacts avec d'anciens maquisards qui lui ont apporté des témoignages mais aussi de nombreuses archives privées, outre le dépouillement des archives publiques. En 2003, il publie aux éditions de l'Armançon, Le temps des maquis réédité sans changement chez De Borée en 2011. Cet ouvrage se veut avant tout une synthèse de l'histoire du phénomène maquisard en France. A travers trois parties l'auteur analyse les différentes facettes d'un mouvement à la vie brève, de l'hiver 1942-1943 à l'automne 1944, aux formes et aux structures si diverses.

 

Jacques Canaud, après avoir rappelé l'histoire des différentes formes de guerres irrégulières en France, des Camisards aux francs-tireurs de 1871, s'attache à donner une définition du maquis. Pour lui le maquis est un phénomène exclusivement rural qui se caractérise par la recherche d'une région isolée et surtout forestière pour se cacher et s'engager dans la lutte armée. Cela explique la forte présence des maquis dans les régions de hautes et moyennes montagnes alors qu'ils sont presque absents en Ile de France ou dans le Nord.

 

Le livre souligne à juste titre que dans la France morcelée de l'Occupation le maquis renoue avec des traditions médiévales: l'importance des « pays » plutôt que des limites administratives comme champs d'action, la présence d'un chef charismatique qui établis avec ses hommes des relations de type féodal. Au départ les premiers maquis naissent souvent de la volonté d'une poignée d'individus, généralement pas plus d'une dizaine, qui mène une vie clandestine et nomade autour d'un chef et face à une population rurale méfiante. Puis l'instauration du STO gonfle les effectifs de ces maquis où de nombreux jeunes cherchent avant tout un refuge pour éviter le départ pour l'Allemagne. Les maquis armés et encadrés peuvent à se stade devenir des acteurs de la lutte armée. Avec le débarquement, les maquis sortent des bois pour passer à l'attaque et libérer villes et villages, parfois des régions entières.

 

Les conditions de vie des maquis sont particulièrement bien étudiées qu'il s'agisse de leurs implantations, de leurs ravitaillements, de l'activité quotidienne. Les relations avec le monde rural sont disséquées de façon à montrer la symbiose qui s'installe progressivement entre le maquis et son milieu. Les paysans ravitaillent, hébergent, aident à la réception des parachutages, les postiers assurent les communications avec l'extérieur, les médecins de campagne soignent les blessés, les maires et employés municipaux fournissent des tickets de ravitaillement. A l'inverse des maquisards aident aux travaux des champs.

 

Après une étude sociologique des maquis l'auteur n'esquive pas la question de leurs rôles dans la guerre. Il expose les thèses qui s'affrontent à l'époque entre les tenants des maquis mobilisateurs à l'image du Vercors et des Glières et ceux qui privilégient des formations plus petites mais extrêmement mobiles. Si dans le nord de la France le maquis n'a été généralement qu'un auxiliaire au service de l'avancée alliée, au sud il joue un rôle central dans la libération du territoire à l'instar du Limousin. D'ailleurs les militaires allemands ne manquent pas de souligner alors l'efficacité des maquis. Jacques Canaud n'oublie pas en effet de livrer un chapitre qui donne à voir le maquis du coté allemand. Combattants irréguliers donc terroristes les maquisards ne sont pas traités par les occupants suivant les conventions de la guerre. La répression est souvent, surtout après le débarquement, l’œuvre de supplétifs issus d'URSS ou des Hindous. Ils doivent éliminer les maquis mais également les étouffer par la destruction des personnes et des villages soupçonnés de les aider. Le martyr des bourgs et villages victimes de persécutions et de massacres car soupçonner d'aider les maquisards n'est pas oublié.

 

Voici donc un ouvrage complet, qui se lit facilement car l'auteur n'hésite pas à s'appuyer sur des réalités concrètes pour illustrer son propos. Une synthèse utile qui donne envie d'en savoir plus sur ce phénomène maquisard au-delà des mythes et d'une mémoire pieusement entretenue.

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 06:55

Alors que se profile l'année du centenaire du début de la Première Guerre mondiale, Adrien Fontanellaz nous présente sur le blog L'autre coté de la colline un article sur un sujet totalement original: l'armée suisse en 1914.

 

A travers l'exemple de l'armée suisse, Adrien Fontanellaz décrit un outil militaire qui, à l'image de la Confédération, est inadapté à la guerre totale qui déferle sur le continent. Pourtant l'armée hélvetique n'est pas dépourvue d'atouts et les leçons tirées de la Grande Guerre ne seront pas oubliées en 1940.

L'armée suisse en 1914
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19 août 2013 1 19 /08 /août /2013 08:03

"Soleil trompeur 2-L'Exode", film russe de Nikita Mikhalkov, 2010.

Un film trompeur

Le film de 1994, objet de notre précédente chronique et dont celui-ci est la suite se terminait par l'arrestation du général Kotov au moment des purges en 1936. Cette suite, qui débute en 1941, est surtout pour le réalisateur un prétexte pour montrer les souffrances et les privations endurées par les soldats et la population soviétiques durant la Grande Guerre patriotique.

 

C'est donc sur fond de guerre que Mikhalkov s'attache à décrire l'histoire d'un père et de sa fille dont aucun des deux ne sait ce qui est arrivé à l'autre depuis l'arrestation de Kotov. Ce dernier a profité d'un bombardement au début de la guerre avec l'Allemagne pour fuir le camp où il était emprisonné. Considéré comme mort par l'administration, il se retrouve ensuite au front dans un bataillon disciplinaire comme simple soldat. Pendant ce temps sa femme vit avec Mitia, l'agent du NKVD qui l'a arrêté et sa fille est infirmière au front. Cette dernière, Nadia, persuadée que son père est toujours en vie, cherche à le retrouver dans un pays dévasté par la guerre. Mais c'est aussi cet amour entre une fille et son père qui leur permettra à tous deux de survivre aux combats. Surtout qu'en 1943 Staline demande à Mitia de retrouver la trace de Kotov...

 

Contrairement au premier opus, les scènes de violence sont ici légions entre viols et massacres. Le spectateur ne doit pas se méprendre, il n'est plus devant du cinéma d'art et d'essai mais plutôt devant un gros rouge (sanguin) qui tache avec des scènes de combats impressionnants. Le réalisateur n'hésite d'ailleurs pas à avouer qu'il a eu l'idée de tourner cette suite après avoir vu « Il faut sauver le soldat Ryan » de Spielberg et dans le but de montrer et revaloriser le rôle de la Russie dans la victoire contre l'Allemagne. Proche du président Poutine, il ne cache donc pas ses motivations patriotiques et a reçu un financement public considérable.

 

Si les amoureux des scènes de bataille sont comblés la fresque épique se retrouve irrémédiablement gâchée par l'invraisemblance de l'histoire et surtout son coté cinéma officiel. On est trés loin de la profondeur et de l'émotion du premier opus. A éviter si possible.

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  • : Communisme, violence, conflits
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  • : Blog destiné à publier des articles et travaux historiques concernant les relations entre communisme et violence au XX°siècle. Ce blog est ouvert à ceux qui voudront publier articles, notes, annonces de publications, de colloques ou autres concernant ce champs d'étude historique.
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L'autre coté de la colline

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Recherche

Publications de David FRANCOIS

GuideICSerge Wolikow, Alexandre Courban, David François, Christian Oppetit, Guide des archives de l'Internationale communiste, 1919-1943, Archives nationales-MSH Dijon, Paris-Dijon, 2009. 

9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")