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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 07:36

Séminaire de Master et Doctorat: “Sociétés communistes et post-communistes : circulations politiques et culturelles entre l’Europe « de l’Ouest » et l’Europe « de l’Est » au XXe siècle”

 

L’Université Paris Diderot Paris 7 et l’INALCO organisent un séminaire de Master et Doctorat au 1er semestre de l’année 2013-2014.

 

Ce séminaire propose d’envisager les sociétés communistes comme une véritable aire de civilisation dont le legs est encore perceptible tant sur le plan matériel que sur le plan des mentalités et des relations internationales. La problématique privilégiée cette année sera celle des circulations politiques et culturelles entre l’Europe « de l’Ouest » et l’Europe « de l’Est » (URSS-CEI, démocraties populaires après 1945), dans une perspective comparée avec le monde communiste global (Asie, Amériques, Afrique). On travaillera sur les archives et les méthodes qui permettent d’éclairer les interactions entre deux mondes souvent perçus comme hermétiques l’un à l’autre, et de travailler sur les dynamiques entre politiques intérieures et extérieures.

Programme:

  • 27 septembre 2013. Sophie Coeuré – Taline Ter Minassian. Introduction : la civilisation soviétique entre « l’Est » et « l’Ouest » ?
  • 4 octobre 2013. Sophie Coeuré : La Russie et le monde slave : recherche, enseignement et géopolitique en France de la fin du XIXe siècle aux années 1970.
  • 11 octobre 2013. Taline Ter Minassian, Stéphanie Acquette (Inalco) : Les problèmes écologiques d’Est en Ouest, ou l’inverse ? Une enquête dans l’Oural industriel.
  • 18 octobre 2013. Roman Krakovsky (CERCEC – EHESS) : L’espace et le temps dans un régime autoritaire. La Tchécoslovaquie 1948-1989.
  • 25 octobre 2013. Irina Gridan (Inalco) : Comment la Roumanie de Gheorghiu-Dej est-elle devenue un « satellite récalcitrant » de l’URSS (1944-1965) ?
  • 1er novembre : Toussaint
  • 8 novembre 2013. Sophie Coeuré : L’URSS, régime totalitaire ? Débats et combats politiques et historiographiques.
  • 15 novembre 2013. Rachel Mazuy (Paris 3 Sorbonne nouvelle) : Retours d’URSS. Les carnets de voyage de Jean-Richard et Marguerite Bloch en 1934 (Cahiers Jean-Richard Bloch, 2013).
  • 22 novembre 2013. Alexandre Sumpf (Université de Strasbourg) : Culture soviétique, culture occidentale (à partir de son livre De Lénine à Gagarine Histoire sociale de l’URSS, Gallimard 2013).
  • 29 novembre 2013. Taline Ter Minassian : Architecture et urbanisme soviétiques et leurs rapports avec l’Occident.
  • 6 décembre 2013. Sophie Lambroschini (Université Paris Ouest Nanterre) : Banquiers rouges. L’élite soviétique du commerce extérieur et sa reconversion post-communiste.
  • 13 décembre 2013. Exposés, travaux d’étudiants.
  • 20 décembre 2013. Exposés, travaux d’étudiants

Coordinateurs: Sophie Coeuré – Taline Ter Minassian

Vendredi 13 h – 15 h – Bâtiment Olympe de Gouges, 8 rue Albert Einstein, 75013 Paris, salle 204
(Métro – RER Bibliothèque François Mitterrand ; tram T3a Avenue de France ; bus 89-62 Porte de France)
Contacts : sophie.coeure@univ-paris-diderot.fr ou talintermi@hotmail.com

Les relations Est-Ouest en débat
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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 10:06

David Priestland, The Red Flag, A History of Communism, Grove Press, 2009.

 

La traversée du siècle du communisme

1989 tout comme 1919 ou 1939 est une de ces années charnières où les équilibres mondiaux basculent. Le déroulement de ce moment historique qui marque la chute des régimes communistes en Europe est bien connu depuis l'ouverture de la frontière entre la Hongrie et l'Autriche, au renversement du régime de Ceausescu en Roumanie en passant par la chute du Mur de Berlin. Mais généralement cette histoire est écrite de manière déterministe et les seuls débats consistent à savoir qui a le plus contribué à la chute du communisme: Reagan, Thatcher, Gorbatchev ou Jean-Paul II. Comme si la fin du communisme était inévitable son histoire n'est le plus généralement étudiée que pour expliquer cet effondrement. De ce point de vue il faut saluer le travail de David Priestland qui évite cette tarte à la crème éditoriale

Plus prosaïquement la question centrale qui se trouve au cœur du livre de Priestland est celle de savoir qu'elle fut l'impact du communisme sur la vie de millions de personnes. L'auteur ne fait pas l'impasse sur la part sombre du système communiste même s'il montre que ceux qui posèrent les bases de cette idéologie au 19e siècle furent plutôt des idéalistes qui auraient été horrifié par le spectacle du « socialisme réel ». Mais il ne réduit pas l'expérience communiste à la seule répression d’État, au conformisme culturel ou à l'irrationalité économique. Il met ainsi en lumière l'indéniable héroïsme et le sens du sacrifice des millions de personnes qui se sont mobilisés pour ce qu'ils pensaient être un monde meilleur. L'auteur montre aussi que l'expérience communiste est plurielle et varie selon les continents et les pays. L'histoire de la Chine communiste n'est pas celle de l'URSS et le communisme cubain est très différents du régime est-allemand.

Le livre de Priestland est bien écrit et s'appuie sur un impressionnant ensemble de sources. Le lecteur pourra regretter l'absence d'analyses sur les conséquences internationales de l'existence de régimes communistes notamment pour les populations des pays capitalistes. Le poids que représente l'alternative communiste après 1945 n'est-t-elle pas ainsi, en partie, à l'origine de la mise en place de l'Etat-Providence dans le but de détourner l'opinion de ce modèle ?

The Red Flag est à lire, car il offre une vision impartiale de cette idéologie désormais inséparable de l'histoire du 20e siècle que fut le communisme et qui s'effondra sans gloire il y a plus de vingt ans déjà.

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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 20:21

Sur L'autre coté de la colline, Albert Grandolini, publie la seconde partie de son article sur l'histoire militaire de la Chine au début du 20e siècle. Voici l'occasion de plonger dans le monde de ces Seigneurs de la guerre qui se partagent le pays par la force.

 

 

Chaos dans la Chine républicaine
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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 07:29

Laurent Vissière, Alain Marchandisse, Jonathan Dumont, 1513, l'année terrible. Le siège de Dijon, Editions Faton, Dijon, 2013.

Une histoire-totale: le siège de Dijon, 1513

Il est rare que nous sortions de notre domaine de prédilection, l'histoire du communisme, pour donner une recension d'un livre dont le sujet s'éloigne des rivages du XXe siècle. Mais cette règle doit souffrir des exceptions et le livre rédigé sous la direction de Laurent Vissière, d'Alain Marchandisse et de Jonathan Dumont sur le siège de Dijon en 1513 le justifie amplement.

 

Nous sommes ici très loin du simple récit d'un épisode oublié de l'histoire militaire du XVIe siècle ou d'une simple histoire régionaliste. Si le siège de Dijon est au cœur de l'ouvrage, cet épisode permet surtout aux auteurs et contributeurs d'explorer l'histoire géopolitique de la période mais également différent aspects de la vie sociale, culturelle et religieuse de l'époque. C'est donc à une tentative d'histoire totale à partir d'un fait militaire que se livrent les auteurs.

 

L'ouvrage est divisé en quatre parties. La première met à jour les ressorts de la coalition qui s'organise en 1511 pour faire la guerre à la France et qui prend sa source dans le rêve italien qui conduit la politique étrangère de Louis XII. Signalons dans cette partie un article sur le pape guerrier Jules II, âme de la coalition antifrançaise.

 

La seconde partie fera le bonheur des amateurs d'histoire militaire puisqu'elle retrace les combats entre les troupes françaises et la coalition à partir de 1511. Les auteurs sur penchent sur l'échec de La Trémoille à reconquérir le Milanais avec la défaite de Novare face aux Suisses mais aussi sur le débarquement des soldats du roi d'Angleterre Henri VIII à Calais pour rejoindre les troupes impériales de Maximilien de Habsbourg en Picardie. Un chapitre sur le siège de Thérouanne et un autre sur celui de Tournai permettent d'appréhender l'art du siège au début de la Renaissance.

 

La troisième partie est consacrée au siège de Dijon en septembre 1513 par les Suisses et les Impériaux. Les différentes phases du siège, de la mise en défense de la ville aux opérations des assiégeants sont décrites et analysées avec précision. Finalement Louis de la Trémoille, le représentant du roi parvient à négocier le départ des coalisés contre le paiement d'une rançon.

 

La dernière partie est une plongée dans la vie politique, sociale, religieuse de la ville, notamment à partir de la tapisserie commémorant le siège, un chef d'œuvre qui est aussi une véritable porte d'entrée pour comprendre la société au début du XVIe siècle. Signalons ainsi deux articles sur les murailles de Dijon, l'un qui repose sur une analyse de la tapisserie et des plans de la ville et un autre à partir des données archéologiques mises à jour récemment. L'organisation de la défense de Dijon permet aussi de faire le portrait des élites qui gouvernent la cité tandis que la tapisserie du siège, analysée pour elle-même dans un chapitre particulier, est l'occasion d'étudier en autre les vêtements, les armes et armures des protagonistes. Le siège de 1513 est aussi le moment d'une dévotion particulière pour obtenir l'aide la Vierge Marie qui est ici analysée et permet ainsi de mettre à jour les croyances religieuses de l'époque.

 

Au final, voici un livre foisonnant et passionnant. Ajoutons qu'il est accompagné de nombreuses annexes, de notes et d'une bibliographie. Les éditions Faton étant spécialisées dans les livres d'art, l'ouvrage comporte de nombreuses et magnifiques illustrations ainsi que des cartes qui en font un bel objet. Surtout nous avons ici un exemple de ce que peut être une histoire militaire moderne qui, outre, la description et l'analyse des événements militaires, les replacent dans un contexte géostratégique et explorent les aspects politiques, sociaux, culturels et religieux qui conditionnent la bataille mais sont également influencés par elle. Un exemple à suivre donc. En attendant le lecteur passera un agréable et stimulant moment en découvrant Dijon il y a cinq cents ans sous les canons des Suisses.

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 07:30

Depuis hier les lecteurs peuvent trouver sur le blog L'autre coté de la colline, la première partie d'un article d'Albert Grandolini sur l'histoire militaire de la Chine dans la première moitié du XXe siècle.

 

Dans cette première partie il s'attache à retracer les tumulteuses années qui vont de la défaite chinoise face au Japon en 1894 à l'émergence des Seigneurs de la guerre au début des années 1920, en passant par la chute du régime impériale, les Boxers, la Révolution de 1911, les débuts compliqués de la République chinoise. Un sujet largement méconnu et passionnant, indispensable pour connaitre la Chine contemporaine. A suivre...

La Chine en guerre
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13 septembre 2013 5 13 /09 /septembre /2013 07:30

2e Guerre Mondiale, n° 50, septembre-octobre 2013.

2e Guerre Mondiale, un magazine incontournable

Le dernier numéro du magazine 2e Guerre Mondiale n'est pas passé inaperçu dans le monde de la presse spécialisée dans l'histoire militaire et plus particulièrement de celle qui s’intéresse à l'histoire du second conflit mondial. A l'origine de ce « buzz », la couverture du magazine, qui ose une comparaison entre la crise qui frappe l'Europe actuelle et celle des années 1930. Comparaison qui est à notre avis pleinement justifié sur le fond afin de prendre un peu de hauteur par rapport aux phénomènes actuelles et rappeler ce que fut réellement la crise de 1929. Cette prise de distance nécessaire permet d'éviter certains raccourcis ou les facilités d'un sensationnalisme aguicheur. Sur la forme c'est l'universitaire Jean-François Murracciole qui se livre à l'exercice et cela avec bonheur. De façon didactique il met en évidence les ressorts de chacune des crises et, tout en montrant les points communs entre les deux époques, il révèle surtout les différences fondamentales pour conclure comme l'indique le sous-titre de l'article que comparaison n'est pas raison et qu'il est hautement hasardeux de réinterpréter le passé avec des arrières-pensées contemporaines.

 

La couverture de ce numéro de 2e GM a pour nous également une autre signification. Elle montre que le magazine assume désormais pleinement une ligne éditoriale généraliste qui ne se contente plus de la seule histoire militaire stricto-sensu. Le contenu du magazine en fait foi. Un article sur les raisons géostratégiques qui ont entraînées Hitler a attaqué l'URSS, une analyse du film la Grande évasion, un excellent article de Vincent Bernard sur le destin des nippo-américains pris entre le racisme anti-japonais de leurs compatriotes et leur volonté de montrer leur fidélité aux États-Unis montrent cette volonté de dépasser le simple récit des batailles. Il faut noter également l'interview de Joel Drogland par Stéphane Mantoux qui croise questionnements historiographiques et histoire locales.

 

Le magazine n'abandonne pas pour autant l'histoire militaire. Le dossier central, signé par Stéphane Mantoux, traite de la dernière partie de la guerre sur le front occidental: l'invasion de l'Allemagne par les Alliés américains, britanniques et français. Il s'agit ici pour l'auteur de mettre en évidence pourquoi et comment la Wehrmacht et plus généralement les Allemands ont résisté jusqu'au bout alors qu'il était évident depuis des mois que la guerre était perdu. La suite du travail de Jean-François Muracciole sur le bombardement stratégique complète cet excellent volet militaire ainsi que la partie de l'article de Vincent Bernard sur les nippo-américains sur le front européen.

 

Au final nous ne pouvons que nous réjouir que 2e GM s'impose comme un magazine généraliste sur la période 1930-1945. Et cela sans sacrifier à la qualité puisque l'ensemble des articles est accompagné de bibliographies. Alliant ainsi diversité des approches et bonne tenue des articles, il devient une référence que tous les amateurs d'histoire se doivent de connaître et de lire.

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 08:13

Michael Jones, The Retreat : Hitler First Defeat, Thomas Dunne Books, 2010

1941: Hitler recule...

La retraite qui est au cœur du livre de Jones est celle qu'effectue l'armée allemande devant Moscou entre la mi-décembre 1941 et février 1942. Mais reconnaissons que l'auteur déborde largement son sujet et retrace plutôt l'ensemble de la campagne pour prendre Moscou, campagne qui débute au début d'octobre 1941. Le livre est donc précieux car si celui de Rodric Braithwaite paru en 2006 sur Moscou en 1941, il donne peu de place à l'aspect militaire de la bataille et surtout le livre de Jones est bien meilleur que celui d'Andrew Nagorski paru en 2007.

 

Les décisions stratégiques sont décrites de manière précise et claires mais selon nous l'auteur a trop tendance à blâmer Hitler pour les erreurs commises en oubliant les responsabilités des généraux Brauchitsch, Halder et Bock. En 1941 Hitler est en effet plus intéressé par le pétrole du Caucase et souhaite seulement étouffer Moscou par une manœuvre d'encerclement. L'auteur traite d'ailleurs longuement de la destruction de la 2e armée de choc soviétique du général Vlassov et du siège de Demiansk qui participent de cette conception de la chute de Moscou.

 

L'intérêt majeur du livre est de présenter la bataille au ras du sol par le biais des témoignages des soldats de premières lignes. L'auteur a également interrogé des anciens combattants allemands et russes pour livrer un récit passionnant. Il en ressort que la bataille de Moscou a été une affreuse tuerie aussi bien pour les assaillants que les défenseurs. La masse de témoignages en fournit un tableau saisissant.

 

Curieusement en conclusion de son ouvrage l'auteur prétend, sans raison ni justifications aucune, que c'est au printemps 1942, après l'échec devant Moscou, qu'Hitler se décide à déclencher une guerre d'anéantissement à l'Est alors qu'il est amplement démontré que dès le début de Barbarossa la guerre à l'Est est une guerre d'asservissement. Cela gâche un peu l'impression positive laissée par un ouvrage qui est une bonne introduction à la bataille de Moscou.

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 12:23

Sur le blog L'autre coté de la colline les lecteurs peuvent trouver un entretien avec l'historien suisse David Auberson qui a écrit une biographie de Ferdinand Lecomte. C'est l'occasion de découvrir le destin de ce Vaudois qui, officier d'esprit libéral, part rejoindre les rangs Nordistes lors de la guerre civile américaine.

 

David Auberson donne également un aperçu de la place des Suisses dans la guerre de Sécession, des enseignements que Lecomte a tiré du conflit et de son influence sur l'armée suisse. Un article frais et dépaysant.

Suisse dans l'armée nordiste
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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 08:11

Alex Butterworth, The World that Never Was, A True Story of Dreamers, Schemers, Anarchists and Secret Agents , Bodley Head, 2010.

Retour sur l'anarchisme de la Belle Epoque

Alors que dans les années 1870 l'anarchisme semblait un concurrent sérieux pour le marxisme naissant, ce courant idéologique est vite apparu comme le grand perdant du XX° siècle. Que peut-il en effet rester d'un mouvement qui lutte pour une société où l'oppression de l'État n'existerait plus dans un monde où après 1918 se développent différents systèmes totalitaires ? Avec 1914 l'age d'or de l'anarchisme s'est éteint et l'idéologie libertaire n'a depuis fait que des retours éclairs sur la scène de l'Histoire, notamment dans l'Espagne de la guerre civile ou en Mai 1968.

 

L'auteur nous plonge ici dans cette période faste de l'anarchisme que fut l'avant guerre, celle de 14, bien sur. Il traite son sujet avec bienveillance, essayant de démêler les fils embrouillés d'un milieu où règne souvent le secret, où les agents provocateurs sont légion et qui subit une répression ininterrompue de la part des autorités. Il montre ainsi que l'anarchisme a fourni une alternative au marxisme et d'ailleurs certaines solutions qu'il propose ont toujours une certaine résonance dans notre société qu'ils s'agissent de la question de Europe fédérale et décentralisée, de l'émancipation des femmes ou de la sécurité sociale basée sur l'entraide et la coopération.

 

Le livre fournit évidemment une galerie de portraits de figures libertaires hautes en couleur. Du journaliste Henri Rochefort qui bascule dans l'antisémitisme à l'indomptable Louise Michel en passant par le prince renégat Pierre Kropotkine ou l'expert en clandestinité et infiltrations policières Vladimir Bourtsev l'anarchisme montre qu'il un courant politique à part entier. Mais l'auteur ne cache pas que non plus que ce dernier oscille entre l'éducation ou la propagande et l'emploi de la violence à travers le terrorisme. Ce dernier a pour résultat final de détourner de nombreux sympathisants du mouvement tandis que l'aggravation de la répression pousse certains libertaires dans une spirale de terreur autodestructrice.

 

Si l'auteur ne manque par de sympathie pour certains théoriciens il montre aussi qu'il est parfois difficile de dissocier les idéaux des actes de violence les plus insensés. Certains anarchistes étaient ainsi si impatients de réaliser l'utopie libertaire et de secouer l'inertie de la société qu'ils en venaient à rendre les simples citoyens complices de cet immobilisme, donc coupables et à ce titre à en faire des cibles. Cela explique le geste d’Émile Henry qui lance en 1894 une bombe dans la foule au café Terminus à Paris. Ce ne fut heureusement qu'une infime minorité.

 

Écrit avec une plume de romancier, le livre de Butterworth fait plonger le lecteur dans un monde d'intrigues et de provocations pour un voyage sans prétention dans ce qui fut l'underground de la Belle Époque.

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 08:07

Lloyd Clark, Kursk : The Greatest Battle, Headline Review, 2012.

Koursk l'incontournable

La bataille de Koursk a fait l'objet de nombreux livres et d'encore plus nombreux articles de presse. Cet intérêt toujours renouvelé est en partie justifié car ce fut la dernière grande offensive allemande sur le front de l'Est. Au printemps 1943, la Wehrmacht a été repoussé devant Moscou et a subi un grave revers à Stalingrad. Hitler veut alors reprendre l'initiative et il compte sur l'arrivée des chars Tigre et Panther ainsi que des canons automoteurs Ferdinand pour bousculer les positions soviétiques.

Le combat qui s'engage en juillet 1943 a une dimension épique car s'affrontent alors plus que quatre millions d'hommes, 69 000 canons et mortiers, 13 000 chars et 12 000 avions. Après une semaine d'intenses combats les troupes d'Hitler se révèlent finalement incapables de briser les défenses de l'armée rouge. Le pari d'Hitler échoue et l'annonce du débarquement allié en Sicile le force aussi à renoncer à une nouvelle attaque. A partir de ce moment l'initiative à l'Est revient à l'Union soviétique qui ne l'abandonnera plus jusqu'en mai 1945.

Le livre de Lloyd Clark, professeur à l'académie militaire de Sandhurst, replace ce combat titanesque dans le cadre plus large de l'ensemble du conflit qui oppose depuis juin 1941 l'Allemagne nazie et l'Union soviétique. Il donne ainsi un tableau assez juste de la situation stratégique mais passe aussi alternativement, avec bonheur d'ailleurs, du niveau du commandement à celui de la tourelle d'un char pour donner vie à la bataille. Les préparatifs de l'offensive sont soigneusement décrits ainsi que l'ambiance des combats puisque Clark utilise de nombreux témoignages de vétérans. Il décrit de cette manière la tentative allemande pour forcer la dernière ligne de défense soviétique à Prokhorovka, une lutte désespérée qui dure plusieurs jours et signe l'acte final de la bataille.

Clark démontre que les pertes allemandes ont été sciemment gonflé par la propagande soviétique alors que les pertes de l'armée rouge sont en réalité plus élevées notamment pour le matériel. Mais ces pertes ont été rapidement surmontées par une machine de guerre soviétique qui en 1943 possède la capacité industrielle et la main d'œuvre nécessaire pour gagner la guerre d'usure contre l'Allemagne.

Le livre se lit facilement et l'auteur démontre amplement que l'échec d'Hitler à vaincre Staline signifie que le cours de la guerre a résolument tourné. Le lecteur peut juste regretter que l'auteur ne s'appuie pas plus sur les travaux novateurs de l'historien russe Valery Zamuline. Voilà néanmoins un excellent ouvrage sur le début de la fin pour Hitler à l'Est.

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Publications de David FRANCOIS

GuideICSerge Wolikow, Alexandre Courban, David François, Christian Oppetit, Guide des archives de l'Internationale communiste, 1919-1943, Archives nationales-MSH Dijon, Paris-Dijon, 2009. 

9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")