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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 07:33

Victor Sebestyen, Revolution 1989 : The Fall of the Soviet Empire, Vintage, 2010.

 

Le livre de Victor Sebestyen se donne pour but de rendre compte de l'un des événements clefs de l'histoire du 20e siècle, cette année 1989 où les six pays européens du bloc soviétique prirent le chemin qui amena à l'abandon du système communiste au profit du capitalisme et de la démocratie libérale.

 

Le pari est tenu mais a minima. L'auteur raconte avec détail l'histoire des six pays depuis le début des années 1970. Les événements marquants tout comme ceux passés inaperçus mais dont les répercussions furent grandes sont bien exposés. Parmi ces derniers il y bien sur l'élection en 1979 d'un pape polonais, Jean-Paul II mais aussi, mal connu par le grand public, ce mois de décembre 1983 où le monde fut plus proche de la guerre nucléaire que lors de la crise des missiles de Cuba en 1962 . Si l'auteur n'oublie pas de raconter les événements qui ont lieu en URSS entre la mort de Leonid Brejnev et les débuts au pouvoir de Mikhaïl Gorbatchev, ils ne sont utilisés que pour expliquer les évolutions qui touches les pays d'Europe de l'Est. C'est oublier que dans le système soviétique, le centre est tout et que c'est lui qui impulse les changements radicaux.

 

Le livre est agréable et facile d'accès. Le récit est vif et bien mené. Et puis les faits sont relatés avec équilibre et clarté. Malgré certain manque c'est une excellente introduction pour appréhender des événements qui ont façonné l'Europe et le monde contemporain. Et surtout pour ne pas oublier que ce changement majeur, la chute de dictatures vieilles de prés de 40 ans, s'est effectué de manière pacifique.

1989, l'année cruciale
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communismeetconflits - dans Guerre froide
26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 07:43

Jean-Luc Domenach, Mao, sa cour et ses complots. Derrières les Murs rouges, Fayard, 2012.

Mao et les siens

Jean-Luc Domenach livre ici un ouvrage qui est un pendant à la Cour rouge de Staline de l'anglais Simon Sebag Montefiore. En effet il cherche à montrer que la vie publique et privée des maîtres de la Chine communiste a joué un rôle de premier plan dans l'histoire et les grands événements qui ont marqué ce pays de 1949 à la mort de Mao en 1976.

 

Comme dans chaque tragédie, à l'unité de temps s'ajoute une unité de lieu: le Zhongnanhaï ce quartier qui jouxte la Cité interdite et où vivent, entourées de hautes muraille rouges, les dignitaires de l'État et du parti chinois. Et l'auteur dresse un portrait saisissant de cette nomenklatura qui se décompose en clan, les shantou, basés sur des fidélités liées à l'époque où le PCC luttait pour sa survie. Jianq Qing, Zhu Enlai, Liu Shaoqi, Deng Xiaoping ou Lin Biao deviennent les protagonistes d'une saga où se joue le destin du pays le plus peuplé du monde. Mais il n'oublie pas de décrire le petit monde qui gravite autour de ses dirigeants: les épouses, les enfants, les gardes ou les infirmières.

 

A travers l'histoire de ce cercle étroit, l'auteur réussit le pari de rendre accessible et compréhensible l'évolution tortueuse de la Chine sous le règne de Mao. Ce dernier est le personnage central du livre. Il apparaît comme un Machiavel révolutionnaire, utilisant la rouerie et un sens aigu de la stratégie pour garder et même renforcer son pouvoir sur le pays alors que les grandes orientations qu'il initie, le Grand Bond en avant ou la Révolution culturelle tournent au désastre. L'échec du Grand Bond provoque l'opposition de nombreux dirigeants, poussant Mao à lancer la Révolution culturelle, une violente attaque contre le Parti qui provoque une vague de purges contre les dirigeants. Les excès des Gardes rouges obligent néanmoins Mao à faire appel à l'armée. Dans ce contexte a lieu la tentative ratée de complot de Lin Biao qui meurt en septembre 1971 dans l'accident de son avion qui le conduisait en URSS. Il faut attendre 1972 pour que la situation se stabilise mais le retour à la normale est mis en danger par les velléités gauchistes de la bande des quatre. Lorsque cette dernière est mise en prison quelques mois après la mort de Mao, la voie est libre pour que la Chine prenne un nouveau chemin.

 

Surtout l'auteur n'arrête pas totalement son livre à la mort du Grand Timonier. Il montre que les enfants des compagnons de Mao, qui ont grandis à l'ombre des Murs rouges et ont subi pour la plupart la dure épreuve de la Révolution culturelle, qui tiennent aujourd’hui entre leurs mains les destinées d'un pays devenu la principale économie du monde.

 

Un seul regret: l'absence totale d'iconographie. Pas une seule photo de Zhonganhaï ou des dirigeants dont l'histoire constitue la trame de l'ouvrage. Dommage.

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communismeetconflits - dans Communisme chinois
23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 07:35

Le 1er septembre 1983, le vol commercial Korean Airlines 007, après avoir décollé la veille de New-York, fait une escale à Anchorage en Alaska avec ses 240 passagers et 29 membres d'équipage. Puis il repart pour sa destination finale, Séoul en Corée du Sud. Mais peu à peu le Boing 747 s'écarte de sa trajectoire normale et se retrouve à près de 350 km à l'ouest. Il survole alors la pointe orientale de la Sibérie, la péninsule du Kamchatka où se trouvent des installations militaires secrètes soviétiques puis la mer d'Okhotsk en direction de l’île de Sakhaline. La situation est dangereuse car à cette époque les Soviétiques ont repéré la présence d'un avion de reconnaissance de l'US Air Force, un Boing RC-135 Cobra Ball, qui ressemble à un 747 et qui vole dans et hors de la portée de leur système de défense.

Le vol KAL-007

Le vol KAL-007

Surtout les Soviétiques ne se rendent pas compte que le vol KAL 007 est un avion civil et ils envoient deux chasseurs SU-15 de la base de Dolinsk-Sokol afin de l'intercepter. Les pilotes soviétiques essayent d'entrer en contact avec le Boing mais en vain. Finalement un Sukhoï-15, piloté par le colonel Osipovitch, tire deux missiles air-air à tête chercheuse thermique sur l'appareil. Celui-ci effectue alors une chute rapide en spirale et s'écrase dans la mer du Japon prés de l’île de Moneron. Tous les passagers trouvent la mort dont Lawrence McDonald, un membre du Congrès des États-Unis.

Un Sukhoï-15

Un Sukhoï-15

La destruction du Boing et la mort de ses passagers provoquent l'émoi dans le monde. La tension entre les États-Unis et l'Union soviétique, déjà forte, monte encore d'un cran. Le 5 septembre le président Ronald Reagan dénonce le geste de l'URSS qu'il qualifie de massacre. Le lendemain, l'URSS reconnaît avoir abattu le vol KAL 007 car il violait l'espace aérien soviétique et que les pilotes soviétiques n'ont pas reconnu en lui un vol civil. Le 15 septembre, les autorités américaines interdisent tous les vols d'Aeroflot au départ ou à destination d'un aéroport américain. Cette décision empêche Andreï Gromyko, le ministre des Affaires étrangères soviétique, de se rendre à une séance de l'ONU. Cette interdiction ne fut levée qu'en avril 1986. En pleine crise des euromissiles, la destruction du vol KAL 007 permet au président Reagan de justifier sa position intransigeante face à l'Union soviétique.

1983, l'affaire du KAL-007

Finalement les responsables américains et soviétiques concluent que l'événement est le résultat d'un malentendu tragique. Les pilotes ont dévié sans intentions malignes de leur trajectoire tandis que les Soviétiques avaient de bonnes raisons de croire qu'il s'agissait d'un avion espion et l'ont abattu sans savoir qu'il s'agissait d'un avion civil. Le responsable de la sécurité aérienne de la NASA explique que l'erreur des pilotes est avant tout technique. Fatigués après cinq jours de vol, ils ne se sont pas rendu compte que le système de navigation par inertie, le plus précis, n'était pas enclenché et que l'avion volait dans le cadre du système Cap, beaucoup moins précis. Les voyants dans le cockpit n'ont pas signalé cette anomalie et les pilotes n'ont pu s'apercevoir que l'avion avait dévié de son cap. Cette anomalie entraînera par la suite la modification des pilotes automatiques sur l'ensemble des Boing. Ces conclusions sont confirmées par une nouvelle enquête réalisée en 1991 après la remise des boites noires par les autorités russes.

Le déroulement du drame

Le déroulement du drame

Pourtant il existe de nombreuses théories qui rejettent la version officielle de l'erreure fatale. Pour certains, le gouvernement américain a intentionnellement fait voler le Boing au dessus de l'URSS pour tester les défenses soviétiques et surtout n'aurait rien fait pour empêcher la riposte russe. C'est la thèse défendue par les Soviétiques, notamment lors d'une conférence de presse tenus le 9 septembre 1983 par le maréchal Ogarkov, puis par Iouri Andropov. Elle permet d'accuser l'administration de Reagan d'être un repaire de provocateurs dangereux et bellicistes. Pour d'autres, le fait que les secours n'ont retrouvé que peu de restes humains sur les lieux du drame tend à montrer qu'il y eut des survivants et ces derniers auraient été capturés par les Soviétiques. Certains affirment que l'avion aurait été abattu par un missile américain dans un moment de confusion à la suite d'accrochage entre Américains et Soviétiques dans le ciel de Sakhaline, voir par un avion de chasse japonais. La découverte en 1996 que le président de la Corée du Sud au moment du drame a reçu 4 millions de dollars de la Korean Airlines pour s'assurer la protection du gouvernement durant l'enquête sur l'accident renforce bien entendu les différentes théories du complot.

 

La fin du vol KAL 007 reste encore un mystère, bien que l'URSS a disparu depuis plus de 20 ans. Les raisons de la tragédie demeurent obscures, notamment le rôle joué par les Américains dans ce drame. Un épisode de cette guerre discrète que se livrèrent Soviétiques et Occidentaux, une guerre froide, qui faillit par moments, comme en 1983, conduire à l'apocalypse, une guerre qui coûta la vie aux 269 innocents passagers du vol KAL 007 New-York-Séoul.

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communismeetconflits - dans Guerre froide
19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 07:13

2e Guerre Mondiale, n° 51, novembre-décembre 2013.

"2e Guerre Mondiale": un numéro amphibie

C'est avec un grand retard que nous rendons compte du dernier numéro du magazine 2e Guerre Mondiale, dans les kiosques depuis début novembre déjà. Encore une fois c'est un numéro de qualité, aussi bien en raison des sujets proposés que de la manière dont ils sont traités. Remarquons pour ce numéro de fin d'année une dominante des sujets concernant les opérations amphibies.

 

Le dossier central, écrit par Benoit Rondeau, est consacré aux Fallschirmjäger, une unité d'élite composés de parachutistes fanatisés qui combattent avec des succès mitigés en Normandie à l’été 1944. Le lecteur trouve également dans ce numéro un article qui cherche à expliquer les raisons du succès de l'opération Overlord en comparant sa préparation avec celle de l'opération Seelöwe, le projet raté allemand de débarquement en Angleterre en 1940. Stéphane Mantoux livre la première partie d'un article sur l'évolution de la stratégie de défense mise en place par les Japonais dans le Pacifique face à l'avancée des Alliés. Vincent Bernard quant à lui brosse le portrait de Tadamichi Kuribayashi le défenseur d'Iwo Jima.

 

C'est aussi Vincent Bernard qui signe un article très original sur les opérations amphibies menées par les Soviétiques, notamment dans la mer Noire. Terminons en signalant l'article, bien trop court à notre goût, de Stéphane Mantoux sur la mémoire des volontaires étrangers engagés dans la guerre civile espagnole que ce soit du coté républicain ou du coté nationaliste.

 

Voici donc encore un excellent numéro d'un magazine qui sait allier vulgarisation de qualité et sujets originaux. A ne pas rater s'il en reste dans les kiosques.

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communismeetconflits
17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 07:22

Le 5 avril 1951, Julius et Ethel Rosenberg sont condamnés à mort pour complot et espionnage au profit de l'Union soviétique. Ils sont exécutés sur la chaise électrique en 1953, devenant ainsi les deux seuls civils américains exécutés pour espionnage lors de la guerre froide. Pour beaucoup les Rosenberg sont les victimes d'un climat d'hystérie collective qui s'empare des États-Unis au début des années 1950. Les Américains ont alors l'impression que l'avancée du communisme dans le monde est inexorable. En 1948, l'Europe de l'Est est totalement sous la domination soviétique, en 1949 Mao s'empare du pouvoir en Chine, en 1950 débute la guerre de Corée tandis que les Français sont malmenés en Indochine. Pour l'opinion américaine, ces succès sont à la fois angoissants et incompréhensibles. C'est alors que le sénateur Joseph McCarthy va donner une réponse à ces craintes: les succès communistes sont le résultat de l'infiltration soviétique dans tous les rouages de l'administration et des secteurs clefs américains. Pour de nombreux Américains, le cas des Rosenberg illustre parfaitement ce travail de subversion communiste qui gangrène des États-Unis qui ne cessent de reculer dans le monde face à la marée rouge.

1949, la première bombe atomique soviétique explose

1949, la première bombe atomique soviétique explose

Julius et Ethel Rosenberg sont accusés d'avoir organiser et diriger un réseau d'espionnage pendant la Seconde Guerre mondiale permettant de fournir aux Soviétiques d'obtenir des informations sur le développement de la bombe atomique aux États-Unis. Ces informations auraient permis à l'URSS de se doter de l'arme atomique en 1949.

 

L'affaire débute quand, en décodant les câbles soviétiques dans le cadre du projet Venona, les autorités américaines découvrent que des secrets nucléaires sont transmis aux Soviétiques. L'enquête conduit en février 1950 à l'arrestation par les Britanniques de Klaus Fuchs, un scientifique antinazi exilé d'Allemagne, qui a participé au projet Manhattan. Fuchs avoue avoir remis des informations à un chimiste de Philadelphie, Harry Gold. Ce dernier déclare aux agents du FBI qu'il a également reçu des secrets par un mécanicien stationné à Los Alamos au centre du Projet Manhattan. Ce soldat, David Greenglass, implique à son tour sa femme Ruth ainsi que le mari de sa sœur Ethel, Julius Rosenberg qui est arrêté en juillet 1950.

 

Julius et Ethel Rosenberg, fils d'immigrants, ont grandi à New York. Dans les années 1930 ils adhèrent au Parti communiste américain. Le couple se marie en 1940 avant que Julius, ingénieur, n'entre comme civil au service des transmissions de l'armée. Les Rosenberg continuent à militer au sein du mouvement communiste jusqu'à la naissance de leur premier enfant en 1943. En pleine guerre contre l'Allemagne nazie, l'Union soviétique est l'allié des États-Unis. Pourtant en 1944, le FBI découvre le passé communiste de Julius qui est renvoyé de son travail en 1945. C'est durant la guerre qu'il aurait recruté son beau-frère David Greenglass pour lui fournir des secrets en provenance de Los Alamos.

Les époux Rosenberg

Les époux Rosenberg

Interrogé par le FBI, Julius Rosenberg refuse d'avouer qu'il est un espion ainsi de de donner des informations. Il n'existe presque aucun élément qui puisse incriminer Ethel Rosenberg, l'épouse de Julius. Mais le FBI décide de l'arrêter afin de pouvoir faire pression sur son mari. C'est alors que pour se dédouaner les Greenglass accusent Ethel qui est inculpé, comme Julius, en vertu de la loi sur l'espionnage de 1917 qui interdit d'aider les ennemis des États-Unis en temps de guerre.

 

Le procès des Rosenberg et de Morton Sobell, lui aussi inculpé de conspiration pour espionnage, débute le 6 mars 1951. L'accusation repose sur les témoignages des époux Greenglass et celui de Harry Gold. Les preuves de culpabilité sont faibles et le fait qu'au moment des faits reprochés les États-Unis et l'URSS étaient alliés interdit de parler de trahison. Les Rosenberg nient toujours avoir espionnés pour le compte des Soviétiques. Leur refus de répondre aux questions sur leur appartenance au Parti communiste, en invoquant le cinquième amendement de la Constitution américaine, dessert leur défense.

 

Le 29 mars, le jury déclare les trois inculpés coupables et le juge les condamne à la peine de mort une semaine plus tard. Pour l'accusation, cette peine doit pousser Julius a enfin avouer et à donner les noms de ses complices espions. Julius n'avoue rien. Les époux Rosenberg sont exécutés sur la chaise électrique le 19 juin 1953 à la prison de Sing Sing. Klaus Fuchs dont le rôle fut décisif pour transmettre les secrets atomiques américains aux Soviétiques, n'écope quand à lui que d'une peine de 14 ans de prison. Harry Gold est condamné à 10 ans de prison, David Greenglass a 15 ans et Sobell à 30 ans.

Klaus Fuchs, l'espion atomique

Klaus Fuchs, l'espion atomique

Le procès des Rosenberg a un retentissement mondial. Un Comité de Défense des Rosenberg voit le jour aux États-Unis mais le mouvement s'étend à de nombreux pays à partir de la fin 1952. L'agitation ne cesse de se développer jusqu'à l'exécution avec l'organisation de manifestations, l'envoi de télégrammes et de messages aux autorités américaines, la publication d'articles dans les médias. Les communistes dénoncent le fascisme et l'antisémitisme qui se développeraient aux États-Unis, mais plus généralement les défenseurs des Rosenberg se recrutent bien au-delà de la seule influence communiste. Ce vaste mouvement de protestation populaire ne sauve pas les époux Rosenberg même s'il détourne les regards du complot des blouses blanches qu'organise Staline en URSS.

 

La question de la culpabilité des Rosenberg a été l'objet d'âpres débats. Les défenseurs des Rosenberg avancent qu'ils furent les victimes de l'hystérie anticommuniste d'une Amérique en proie aux délires de McCarthy. Ils avancent également qu'ils ont été condamnés uniquement sur la base des témoignages égoïstes des autres inculpés d'espionnage qui ont sauvé leur vie en sacrifiant celles des Rosenberg.  

Manifestation en France en faveur des Rosenberg

Manifestation en France en faveur des Rosenberg

La chute du Mur de Berlin et la fin de l'URSS en 1991 permettent la publication de documents qui éclairent d'un jour nouveau l'affaire Rosenberg. En 1995, la déclassification par les autorités américaines des enregistrements Venona montre que Julius a participé au recrutement par les services de renseignements soviétiques de David Greenglass. En 1997, l'ancien agent soviétique Alexandre Feklissov révèle qu'il a été l'agent traitant de Julius Rosenberg. Ce dernier, recruté en 1942, dirige un groupe surtout chargé d'espionner dans le domaine de l'électronique. Il ajoute que les informations fournies n'ont donc guère été utiles pour le développement du programme atomique soviétique et ont surtout aidé à développer la technologie qui a permis d'abattre en 1960 l'avion espion U2. Pour Feklisov, les Rosenberg ne méritaient pas de mourir.

 

En 2001, c'est David Greenglass qui avoue avoir menti au sujet d'Ethel afin de protéger sa femme. Morton Sobell, en 2008, après avoir pendant des années affirmé que les Rosenberg étaient innocents, admet que lui et Julius furent bien des espions mais qu'Ethel ne fut que coupable d'être l'épouse de Julius.

 

Ils confirment ainsi que Julius Rosenberg se livra à des activités d'espionnage pour les Soviétiques. Mais ils montrent également qu'Ethel n'a fait que fermer les yeux sur les activités de son mari et n'y a pris aucune part.

 

L'affaire Rosenberg reste un symbole de la guerre froide. Si les Rosenberg ne furent pas aussi innocents que l'affirma une certaine vulgate, ils ne furent pas non plus les traîtres que présenta la propagande anticommuniste. Au final, alors que la guerre froide appartient depuis longtemps à l'Histoire, cette affaire reste le symbole des dérives qui peuvent frapper une démocratie quand elle est la proie d'une hystérie collective.  

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communismeetconflits - dans Guerre froide
12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 07:57
Le Militant rouge, quand le PCF préparait l'insurrection révolutionnaire

En novembre 1925 paraît le premier numéro d'une revue intitulée le Militant rouge, sous-titrée « organe théorique et historique des insurrections » éditée à 2 000 exemplaires. Si, aussi bien sur la couverture que dans les articles, il n'est pas fait explicitement mention du PCF, la revue se place d'emblée sous le patronage de la Révolution d'Octobre. La rédaction est d'ailleurs composée uniquement de membres du PCF. Zéphyrin Camélinat, ancien membre de la Commune de Paris en est nommé directeur alors qu'il est âgé de 86 ans. Cette nomination est essentiellement honorifique et vise surtout à contrarier les velléités des pouvoirs publics de lancer des poursuites contre la revue. Paul Hog, venue à la demande d'un responsable de l'appareil du Komintern avec qui il a travaillé en Allemagne au moment de l'occupation de la Rhur, est nommé secrétaire de rédaction mais il quitte ce poste au bout de 3 mois suite à des désaccords avec Camille Larribére qui apparaît comme le véritable dirigeant. Ce dernier semble aussi faire le lien avec la direction du PCF alors que le contenu de la revue fait l'objet de discussions au sein même du bureau politique.

 

La revue a deux objectifs: servir de bulletin de liaison aux groupes créés pour lutter contre les ligues de droite et fournir des rudiments dans l'art de l'insurrection. Le public visé est celui des cadres communistes en particulier ceux membres des Groupes de défense antifascistes (GDA) et les Jeunes gardes antifascistes (JGA). Ce rôle de revue non-officielle des GDA-JGA apparaît dans la décision du bureau d'organisation de l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC) qui demande que le Militant rouge soit lu et diffusé auprès des groupes.

 

L'ancrage communiste de la revue apparaît également dans son contenu puisqu'elle accueille des textes de membres éminents du Komintern comme Piatnistski, Yaroslavski, Varga et Losovski. Elle publie également des extraits des œuvres de Lénine, Marx, Engels, Blanqui et même de Trotski. Parmi les dirigeants communistes français, Jacques Duclos et Paul Vaillant-Couturier sont mis à contribution. Les textes se partagent entre l'étude des liens entre marxisme et insurrection, des récits et analyses des insurrections passés, des articles sur l'organisation du fascisme en Italie, en France et en Allemagne, sur les conflits coloniaux au Maroc, en Syrie et en Chine et essayent ainsi de dégager une véritable doctrine de l'insurrection.

 

La revue publie douze numéros de novembre 1925 à décembre 1926 puis deux en janvier et février 1927. En octobre de cette année paraît une nouvelle publication qui prend la suite du Militant rouge: Front rouge est édité par l'ARAC, les GDA et les JGA. Elle ne sort qu'un seul numéro et clôt ainsi la tentative de doter le mouvement communiste français d'une revue de vulgarisation insurrectionnelle.

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communismeetconflits - dans Communisme français
9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 07:51

Chris Bellamy, Absolute War : Soviet Russia in the Second World War, Vintage, 2008.

L'URSS dans la guerre mondiale

Voici un livre que tous les amateurs de l'histoire de la guerre entre l'Allemagne nazie et l'URSS ne peuvent qu'apprécier. L'auteur, profitant de l'ouverture quasi-complète des archives soviétiques au début des années 1990, avant que le gouvernement Poutine ne les referme à la fin de la décennie, a pu consulter de nombreux rapports militaires originaux, des rapports du NKVD destinés à Staline, des comptes rendus de discussions à la Stavka et de nombreux autres documents non censurés. Cela lui permet de remettre en cause de nombreux mythes, comme celui de la disparition de Staline à l'annonce de l'invasion allemande.

 

L'auteur prend soin également de chiffrer régulièrement les pertes qui affectent chaque camps et les met en parallèle avec ceux des Alliés à la même période. Il démontre ainsi, sans doute possible, que la Seconde Guerre mondiale en Europe a été remportée à l'Est, qui fut le front décisif du conflit. Il souligne qu'aussi impitoyables que furent Staline et ses hommes, ils réussirent à gagner la guerre et que ce fut essentiellement pour des raisons politiques que les Alliés occidentaux refusèrent de reconnaître le sacrifice des Soviétiques.

 

L'intérêt du livre repose également sur l'étude des interactions entre les responsables militaires et politiques soviétiques. L'auteur montre ainsi l'évolution de ce collectif qui souvent provoqua des erreurs tragiques par simple vanité. Il donne aussi un portrait plus nuancé de Staline. Si ce dernier fut à l'origine de pertes soviétiques importantes, il a également permis la victoire finale. La situation de l'URSS l'oblige, à contrecœur, à écouter son entourage et à prendre ses décisions sur la base d'informations vérifiées et non imaginaires. L'auteur utilise également l'agenda du dictateur pour savoir qui il a vu durant le conflit et quand furent prises les grandes décisions pour l'évolution du conflit.

 

Mais l'URSS, même en guerre, reste un État totalitaire qui doit tenir la population bien en main pour ne pas se déliter, notamment lors des défaites initiales. Ce fut le rôle du NKVD et de ses dizaines de milliers d'agents, bien organisés et motivés, d'assurer ce contrôle. Sans cela Staline n'aurait pu exploiter l'ensemble des ressources du pays pour repousser les Allemands

Voici un livre bien écrit qui remet en cause bien des légendes et donne une vision équilibrée de la formidable épreuve qui frappa le peuple soviétique entre 1941 et 1945.

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 07:36

Odd Westad, Decisive Encounters : The Chinese Civil War, 1946-1950, Stanford University Press, 2003.

1949, la Chine devient rouge

Voici un livre qui n'est pas un récit détaillé, pour cela il suffit de plonger dans la bibliographie fournie par l'ouvrage. Pourtant l'auteur parvient à fournir un récit de base clair et à présenter une analyse des principales caractéristiques de la guerre civile chinoise.

 

La Chine qui sort de la guerre contre les Japonais est un pays en ruine. Cela est particulièrement vrai dans le nord, lieu des principales batailles contre l'envahisseur japonais. Le parti nationaliste, le Kuomintang, de Tchang Kaï-chek qui était devenu la principale force dans la Chine d'avant-guerre, semble en position de retrouver sa domination sur le pays. Le gouvernement nationaliste est reconnu à l'échelle internationale, y compris par l'URSS, comme le seul pouvoir légitime pour représenter la Chine. Les Américains ont largement équipé les forces nationalistes, ce qui leur permettra de remporter les premières batailles de la guerre civile.

 

Mais le Kuomintang échoue à capitaliser ses avantages. Sa prééminence est une source de faiblesses car son incapacité à gérer le pays sape sa légitimité. La corruption, les conflits à l'intérieur du parti nationaliste, l'absence de leadership, l'ignorance économique et l'incompétence générale empêche Tchang Kaï-chek de gouverner efficacement et provoquent des troubles dans les campagnes et les villes.

 

Le Parti communiste chinois débute la guerre civile en position d'infériorité mais avec entre ses mains de nombreux atouts. Il possède une forte cohésion, sa direction est solide, ses cadres sont compétents. Surtout il contrôle la Mandchourie, la partie la plus industrialisée de la Chine et reçoit une aide importante et indispensable de l'URSS, même si elle ne doit pas être surestimée. La direction communiste a su tirer le meilleur parti de ses avantages et exploiter les lacunes des nationalistes. Sur le plan militaire, l'auteur montre que la guerre civile ne prit par la forme d'une insurrection populaire ni d'une guérilla mais d'un conflit classique dans laquelle les communistes s'imposèrent grâce à des chefs militaires compétents, notamment Lin Biao.

 

L'auteur montre le rôle crucial joué par l'expérience de la guerre civile dans l'histoire de la Chine communiste. La victoire de Mao assure sa domination sur le PC jusqu'à sa mort en 1976 tandis que la militarisation du parti, l'accent sur la nécessité de mobiliser la population de manière massive et rapide, l'importance accordée au volontarisme, l'utilisation du modèle soviétique marquent le pays pour de nombreuses décennies.

 

Ce livre donne une vue d'ensemble solide des événements tragiques qu'a connue la Chine à partir de 1945 et qui ont conduit ce pays à devenir le pays communiste le plus peuplé au monde. Il analyse de manière fine les raisons politiques et militaires qui conduisent à la défaite des nationalistes. Voici donc une base solide peur ceux qui découvrent le sujet traité et un bon point de départ pour élargir ses connaissances. Le lecteur peut néanmoins regretter le nombre réduit de cartes pour suivre le déroulement des campagnes militaires.

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communismeetconflits - dans Communisme chinois Guerre civile chinoise
4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 07:32

Norman Stone, The Eastern Front, 1914-1917, Penguin Global, 2004.

1914-1917, le front de l'Est

La Première Guerre mondiale évoque généralement l'image brutale et violente de la guerre des tranchées avec ces enchevêtrements de barbelés, les nids de mitrailleuses, le no man's land grêlé et les montagnes d'obus destinés à l'artillerie. A ces images s'attachent les noms des batailles d'Ypres, de la Somme ou de Verdun. Mais il s'agit là uniquement d'une vision de la guerre qui concerne le front occidental. Longtemps délaissé par l'historiographie, le front oriental est mal connu. Norman Stone livre donc ici une première synthèse sur l'histoire de ce dernier. L'auteur ne traite pas dans son ouvrage de la guerre en Serbie, ni de l'histoire du corps expéditionnaire allié à Salonique et concentre son propose essentiellement sur la guerre vue du point de vue russe.

Pour l'auteur, la Russie était bien mieux équipée pour affronter le conflit que ne le pense la vulgate communément admise. Son incapacité à produire des munitions en grand nombre, le manque d'instruction des soldats ou le retard économique du pays ont certainement joué un rôle dans la défaite mais ce ne sont pour lui que de mauvais arguments forgés après coup par des officiers russes pour cacher la raison principale de l'échec. Celle-ci réside essentiellement dans la mauvaise organisation de l'armée russe et l'incapacité du commandement. Stone montre que le corps des officiers est profondément divisé entre les partisans du ministre de la guerre, le réformateur Soukhomlinov, et ses adversaires. Les deux camps s'opposent violemment et pour Stone le fait que le général Samsonov soit pro-Soukhomlinov tandis que et le général Rennenkampf est anti-Soukhomlinov, est à l'origine de la défaite de Tannenberg en 1914.

L'auteur n'oublie pas de montrer également la mauvaise gestion des ressources du pays et la faiblesse des infrastructures, notamment dans les chemins de fer. Les Russes n'arrivent pas à suivre le rythme de développement des technologies militaires, ils gaspillent des ressources. Surtout le moral de la troupe est mauvais tandis que le commandement est incapable de planifier des actions militaires comme la coordination entre les troupes au sol et l'artillerie. Avant la guerre les Russes ont dépensé pour l'armée assez d'argents pour provoquer la crainte des Allemands mais ces sommes ne furent pas dépensés à bon escient car les autorités privilégièrent l'artillerie de forteresse et la cavalerie.

Le cœur du livre est formé par le récit des opérations militaires qui se déroulèrent sur un front étendu à la géographie complexe entre lacs, plaines, forets et montagnes, même si les principaux combats eurent lieu autour de Varsovie, dans la région de de Riga, celle des Carpates ainsi qu'en Roumanie. En général les combats ne sont jamais décisifs et si les Russes peuvent compter sur leurs réserves humaines, les Allemands sont soutenus par un excellent réseau ferroviaire. L'auteur livre aussi des pages sur l'économie de guerre russe pour montrer qu'en 1916, le pays est la proie d'une inflation galopante, de la mauvaise gestion, de l'exode des ruraux vers les villes et soumis à la pression des dettes de guerre. Cette situation désastreuse conduit à la Révolution de 1917 que l'auteur retrace jusqu'à la prise du pouvoir par les bolcheviks à la fin de l'année.

Le livre de Stone offre donc une vue complète et érudite sur un front largement oublié et qui fut pourtant décisif dans l'histoire de la grande Guerre. Un complément indispensable pour échapper à une vision exclusivement focalisée sur le front occidental du premier conflit mondial.

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 07:32

Sally Stoecker, Forging Stalin's Army: Marshal Tukhachevsky and the Politics of Military Innovation, Westview Press, 1998.

Toukhatchevsky, démiurge de l'armée soviétique

L'idée centrale de ce livre est de montrer que dans les années 1930, l'armée rouge ne fut pas prisonnière de l'idéologie stalinienne mais a plutôt conservé une certaine indépendance qui fut à la source de nombreuses innovations. C'est ainsi, en utilisant un langage marxiste, que des officiers comme Toukhatchevski ont développé de nouvelles doctrines qui prouveront leur pertinence lors de la guerre contre l'Allemagne nazie. Dans le contexte du premier plan quinquennal, l'idée soviétique qu'une guerre contre le monde capitaliste est inévitable et la volonté de couper tout lien avec le passé tsariste, donne l'occasion aux militaires de remodeler l'armée rouge et de transformer l'armée révolutionnaire des bolcheviks en une puissance militaire conventionnelle moderne. Pour eux il s'agit aussi de moderniser l'industrie de l'armement et d'assurer un lien étroit entre les priorités industrielles du moment et les préparatifs militaires.

 

L'auteur montre qu'à sa naissance, le complexe militaro-industriel soviétique n'a pas la puissance qu'il aura par la suite sur l'ensemble de l'économie. Les militaires ont dû se battre, plaider, menacer, supplier pour que le budget militaire progresse. Ils veulent montrer aux principaux dirigeants que la modernisation de l'armée est une nécessité à court terme pour faire face aux menaces potentielles. C'est en 1934, après le succès du premier plan quinquennal et face à la montée de la menace japonaise en Orient que Staline se décide à donner aux militaires les ressources suffisantes pour mener à bien leurs réformes.

 

C'est la dégradation de la situation internationale qui pousse Staline à moderniser l'armée et à lui consacrer des ressources de plus en plus importantes. La prise du pouvoir par Hitler en Allemagne et l'avancée japonaise en Mandchourie concrétise la peur d'un encerclement potentiel. La prise, en 1929, du chemin de fer de l'Est chinois jusqu'alors contrôlé par l'URSS par des nationalistes chinois puis par les Japonais agit comme un stimulant d'autant que cet épisode démontre la faiblesse des officiers et du matériel soviétiques pour mener des contre-attaques.

 

La voie est libre pour que les officiers supérieurs développent leurs idées sur l'usage des armes combinées, les opérations d'encerclement. Surtout la conquête de la Mandchourie provoque un réarmement sur la frontière chinoise où l'armée rouge double ses effectifs de 1929 à 1932. Mais l'URSS, sans accès aux technologies étrangères, a beaucoup de mal à moderniser ses forces. C'est pour compenser cette faiblesse qu'elle développe une collaboration militaire avec l'Allemagne de Weimar ce qui lui apporte une aide précieuse pour créer une industrie militaire. Les Soviétiques copient également le matériel militaire étranger notamment les blindés britanniques et américains mais en les améliorant pour les adapter au terrain et aux tactiques adoptées par l'armée rouge.

 

L'auteur met en évidence le rôle central de Toukhatchevski dans ce processus de modernisation de l'armée soviétique. Ses idées sur la bataille en profondeur ou l'offensive décisive deviennent des éléments essentiels de la doctrine militaire soviétique et le restent après l'exécution du maréchal en 1937. La purge de l'armée rouge en 1937-1938 affaiblit le potentiel militaire soviétique juste à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Mais surtout c'est la destruction de l'esprit d'innovation doctrinale incarné par Toukhatchevski qui est le coup le plus rude porté à l'armée rouge.

 

L'augmentation, à partir du premier plan quinquennal, des ressources accordées à l'armée ainsi que l'autonomie relative laissée aux chefs militaires permet de promouvoir des doctrines stratégiques neuves. Voici donc un récit convaincant de la reconstruction des forces armées soviétiques par la volonté d'un homme, Toukhatchevski, dont les réformes ont permis à l'Etat soviétique de surmonter deux épreuves titanesques: la guerre contre l'Allemagne nazie et le régne de Staline.

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GuideICSerge Wolikow, Alexandre Courban, David François, Christian Oppetit, Guide des archives de l'Internationale communiste, 1919-1943, Archives nationales-MSH Dijon, Paris-Dijon, 2009. 

9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")