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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 08:00

Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, Le Sang des communistes. Les Bataillons de le jeunesse dans la lutte armée. Automne 1941, Fayard, Paris, 2004

Les Bataillons de la jeunesse

Le Sang des communistes est le premier fruit de la collaboration entre Jean-Marc Berlière, professeur à l'Université de Bourgogne et Franck Liaigre, doctorant en Histoire. Trois autres livres, également consacrés à la Résistance communiste, suivront dans les années suivantes.

 

A sa parution en 2004, le livre n'est pas passé inaperçu. Le sujet est d'abord original. La Résistance communiste n'a en effet été que peu traité par l'édition de qualité universitaire. Si la question de l'attitude du PCF entre 1939 et 1941 ainsi que l'action des étrangers de la MOI est à l'origine de la publication de nombreux ouvrages il n'existe à ce jour aucune étude d'ensemble de l'action des FTP ou la lutte armée. Le livre qui s'attache à décrire le début de la lutte armée communiste dans la région parisienne, a été l'objet de rudes critiques. Il cherche en effet rien moins qu'a mettre à bas une vulgate qui s'appuyait jusque là sur le livre d'Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la Jeunesse.

 

Après avoir rappelé le contexte de l'entrée du PCF dans la lutte armée c'est à dire les conséquences du du pacte germano-soviétique et le tournant du 22 juin 1941, les auteurs montrent les difficultés pratiques liées à ce tournant. Pour répondre aux injonctions de Moscou le Parti confie à la JC de la région parisienne la tache d'attaquer l'occupant par le biais des attentats. Sous l'égide de Pierre Georges, le célèbre colonel Fabien, la lutte s'engage à partir de l'attentat au métro Barbés le 21 août 1941. La poignée de jeunes qui s'engagent dans le combat fait preuve d'un courage incroyable et d'une totale abnégation alors que leur espérance de vie se compte en mois. Ils n'ont presque pas d'armes, la logistique est inexistante, et surtout ils n'ont aucune expérience de la lutte clandestine. Rapidement la police française est sur leur piste et la plupart sont arrêtés au bout de quelques mois de combats.

 

Le livre est bien écrit et se lit comme un roman. Loin d'une histoire héroïque les auteurs montrent les limites et les faiblesses d'une lutte armée que le reste de la Résistance condamne à l'image du général de Gaulle dans un discours radiodiffusé de Londres. Il montre également l'efficacité de l'action de la police française dans la lutte contre la Résistance communiste. Sans l'aide de la police il est évident que les coups portés à la Résistance auraient été bien moindre. Les auteurs montrent également que le PCF a négligé d'entretenir la mémoire de ces jeunes qui les premiers ont frappé les Allemands au nom de Moscou.

 

Le Sang des communistes est un livre incontournable et un jalon pour une meilleure connaissance de la Résistance communiste. Néanmoins certains jugements des auteurs, notamment sur l'inutilité du sacrifice des jeunes communistes ou le caractère mensonger des témoignages des acteurs de la période sont désagréables et finissent par mettre mal à l'aise.

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communismeetconflits - dans Communisme français

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GuideICSerge Wolikow, Alexandre Courban, David François, Christian Oppetit, Guide des archives de l'Internationale communiste, 1919-1943, Archives nationales-MSH Dijon, Paris-Dijon, 2009. 

9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")