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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 09:18

303px-Flag-map of Hungarian Soviet Republic.svgLes premiers combats (Avril-mai 1919)

Fin mars les Alliés restent divisés sur la question hongroise. La Roumanie, qui voit avant tout dans la Hongrie et la Russie deux menaces communistes, demande aux Alliés l'autorisation de chasser les communistes hongrois du pouvoir. Les Américains quant à eux craignent que l'option militaire contre la Hongrie n'encourage les militaires français qui aspirent à une nouvelle guerre contre l'Allemagne et la Russie. Alors que les responsables français sont partisans d'une intervention militaire, les Américains prêchent toujours la négociation. Les Alliés tombent malgré tout d'accord sur l'envoi d'une mission confiée au général sud-africain Smuts qui a pour but de freiner l'avance roumaine et de discuter avec les Hongrois de la question de la zone neutre.

miliceouvrière

                                                      Milice ouvrière hongroise


Les propositions faites alors à Kun sont celles déjà présentées à Karoliy: l'acceptation des conditions de la note Vyx par les Hongrois entraînerait la fin du blocus et l'examen de manière bienveillante des questions territoriales avec les Roumains, les Tchèques et les Serbes. Kun, qui sait que l'armée rouge est encore embryonnaire, accepte de discuter et veut profiter de cette venue pour ouvrir des négociations. Smuts arrive à Budapest le 4 avril. Il défend la création de la zone neutre qui serait sous le contrôle de troupes françaises, britanniques et italiennes tandis que Kun demande l'application stricte de l'armistice de novembre. Devant l'impossibilité de concilier des positions antagonistes, Kun rejette les propositions de Smuts qui quittent alors la Hongrie.


Si les Yougoslaves refusent de s'en prendre à la Hongrie pour montrer leur mécontentement concernant le sort que leur réserve la Conférence de la paix, notamment sur les différents qui les opposent aux Italiens, les Tchèques et les Roumains sont quand à eux volontaires pour mettre à exécution la décision des Alliés de mettre la Hongrie au pas. La principale menace pour les Hongrois vient toujours de l'Est, de la Roumanie.


Sur le front roumain, l'armée hongroise passe bientôt de 20 000 à 60 000 hommes et s'essaye à l'amalgame des anciens officiers et troupes d'élite de l'armée austro-hongroise avec les volontaires inexpérimentés. Cette armée possède 5 trains blindés et 137 canons. Face à eux se trouvent 64 divisions d'infanterie roumaines, 28 escadrons de cavalerie, 160 canons, 32 obusiers, un train blindé, 3 escadrilles aériennes et deux bataillons de pionniers. Cette armée roumaine de Transylvanie, commandée par le général Georges Mardarescu est divisée en deux groupes, un au nord et l'autre au sud. Le plan roumain prévoit en effet de frapper avec le plus de force au nord pour s'emparer de Carei et Oradea afin d'isoler la division Szekely, unité d'élite hongroise. Le groupe du sud doit pendant ce temps s'emparer de Radna et Beius et servir de pivot pour la manœuvre de flanc du groupe nord. Le but de l'offensive est d'atteindre la rivière Tisza.


Conscient des préparatifs roumains, les Hongrois se retranchent et dans la nuit du 15 au 16 avril, après une préparation d'artillerie, ils attaquent les 6° et 7° divisions d'infanterie roumaines dans la vallée de Koros. Cette action offensive, qui donne peu de résultats, offre aux Roumains l'occasion de lancer une attaque sur l'ensemble du front. Ils repoussent les Hongrois, s'emparent, après de violents combats, des cols de montagnes, et avancent vers l'ouest. Le 18, le front hongrois est rompu. Les 1° et 2° division d'infanterie légère roumaines s'emparent durant la journée des vallées de la Mures et de Crisu. Carei est prise le 19, Prontea et Salonta tombent le 20. Pendant ce temps les troupes françaises coupent les lignes téléphoniques et télégraphiques entre Budapest et le monde extérieur.


AR                   L'armée rouge hongroise en marche


Bien que les Roumains atteignent alors la ligne de démarcation fixée par la note Vyx, le commandement roumain décide de la dépasser et d'atteindre les rives de la Tisza, plus facile à défendre. Pour empêcher les Hongrois de former une ligne de défense sur l'axe Nyiregyhaza, Debrecen et Békescsaba, la cavalerie roumaine mène des actions de poursuites.


Dans le nord, la cavalerie harcèle la division Szekely en retraite sur Nyiregyhaza qu'elle essaye en vain de défendre. Devant la supériorité des Roumains la division recule en direction de la Tisza. Mais à ce moment la rive orientale du fleuve est déjà contrôlé par les Roumains et seule une tête de pont autour de Rakamaz est encore aux mains des Hongrois. Quand Rakamaz tombe le 29 avril, la division Szekely n'a plus aucune possibilité de rejoindre le reste de l'armée et doit se rendre aux Roumains. Ces derniers s'emparent de Debrecen le 23 avril, puis de Békéscsaba après deux jours de durs combats le 26. Les restes de l'armée hongroise en retraite essayent alors d'atteindre Szolnok sur la Tisza et établissent une ligne de défense sur la rive orientale. Malgré les renforts venant de la rive occidentale, les Roumains parviennent à briser les défenses hongroises et le 1° mai ils contrôlent l'ensemble de la rive orientale de la Tisza. Au sud les Serbes avancent et prennent Mako où ils sont rapidement remplacés par un détachement français. A Szeged, quand des militaires français arrêtent des individus transportant des tracts communistes en français et croates, un groupe de gardes rouges ouvre le feu et un échange de tir a lieu.

avance-sur-Tisza.jpg                   L'offensive roumaine sur la Tisza


Fin avril, quand les troupes roumaines atteignent la Tisza, une crise éclate au sein du gouvernement hongrois entre ceux qui veulent capituler et ceux qui au contraire souhaitent résister. Kun pose le débat devant le Grand conseil révolutionnaire des ouvriers et des soldats de Budapest, sorte de parlement révolutionnaire. Le Grand conseil vote pour la défense armée de la révolution. En 10 jours il parvient à mobiliser et armer les 50 000 hommes qui lancent l'offensive sur la Slovaquie.


Au nord, avec l'accord des Alliés, les troupes tchèques passent à l'attaque le 27 avril. Elles s'emparent de Chop puis de Moukatcheve où s'établit une liaison avec les troupes roumaines. Le 2 mai la mobilisation générale commence en Hongrie. Mais ce même jour les Roumains sont seulement à 100 km de Budapest. Kun est alors obligé de demander la fin des hostilités. Il propose de reconnaître les demandes territoriales roumaines en échange d'un renoncement à toute intervention dans les affaires intérieures hongroises. Sous la pression des Alliés les Roumains acceptent seulement de cesser les hostilités.

 

Le problème de la jonction avec l'Armée rouge soviétique.

Fin mars 1919, quand les communistes prennent le pouvoir en Hongrie, des unités de l'armée rouge soviétique se trouvent en Galicie prés de Brodov, soulevant chez les Hongrois l'espoir d'une prochaine jonction militaire avec l'Ukraine rouge par le biais de la Galicie et de la Bukovine. Lénine et Trotsky pensent d'ailleurs être en mesure à ce moment là de réaliser cette encontre. Ils demandent à Khristian Rakovski, secrétaire du conseil des commissaires du peuple d'Ukraine, et à Vladimir Antonov-Ovseenko, commandant du front ukrainien, que l'armée rouge porte son effort en direction de Czernowitz afin d'établir le contact avec les Hongrois.


Pour les Alliés, la perspective d'une possible jonction entre l'armée rouge soviétique et l'armée rouge hongroise est le pire des scénarios possibles. Pour l'éviter il est nécessaire d'empêcher que les Hongrois ne prennent le contrôle de la Galicie. La géographie semble en effet favorable aux communistes puisque la Ruthénie subcarpatique, la partie orientale du royaume de Hongrie (actuellement en Ukraine) et l'Ukraine soviétique ne sont séparés que par 200 km. Les Hongrois cherchent alors à contrôler la ligne ferroviaire qui partant de l'est de la Hongrie à Szatmar-Nemeti (actuellement Satu Mare en Roumanie) rejoint Cernowitz en Ukraine par Kolomyia. Mais cette région est déjà revendiquée par au moins cinq États : alors que les nationalistes ukrainiens revendiquent la Bukovine et la Galicie occidentale, la Pologne a des prétentions sur la Galicie, la Tchécoslovaquie veut s'emparer de la région de Moukatcheve et la Roumanie de la Bukovine.

international                   Volontaires étrangers de l'armée rouge hongroise


Le 6 avril un plan de jonction entre Soviétiques et Hongrois est établi par Malakhovski, un officier de la 8° armée rouge. Ce plan prévoit une pénétration des troupes soviétiques en Bukovine et en Galicie combinée à une offensive de diversion en Bessarabie qui doit accessoirement appuyer les efforts des révolutionnaires roumains et bulgares. Des unités internationales de l'armée rouge sont spécialement transférées en Ukraine pour participer à ces opérations. Le 20 avril, Antonov-Ovseenko précise ainsi qu'une partie de la 1° armée rouge comprend des unités formées de prisonniers de guerre hongrois chargée de réaliser la jonction.


Mais dès le 21 avril le général Vacetis, chef d'état-major de l'armée rouge, prévient Lénine que l'opération devant mener à cette jonction est en réalité une aventure dangereuse. Ce dernier répond que si l'Armée rouge est amenée à porter son effort principal sur le bassin du Donbass, elle devra alors essayer à tout prix d'établir un contact avec les Hongrois. La jonction n'est plus alors qu'une éventualité secondaire dépendant de la situation militaire dans le sud de la Russie.


Quand, malgré l'existence d'un éphémère gouvernement soviétique en Galicie, Nikolaï Podvoïski, commissaire aux affaires étrangère de l'Ukraine, ordonne le 7 mai de concentrer tous les moyens militaires soviétiques contre la Roumanie afin de reprendre la Bessarabie, il met fin à la possibilité d'une jonction avec les Hongrois. D'ailleurs la situation se détériore pour les communistes en Ukraine occidentale. Le 16 avril l'armée polonaise du général Haller, en provenance de France, rejoint la Pologne avec 70 000 hommes dont une partie se dirige vers la Galicie. Le 7 mai en Ukraine soviétique commence la révolte de l'ataman Grigoriev qui tente de retourner les troupes rouges contre les soviets.


Les 14 et 15 mai les troupes polonaises brisent le front ukrainien. Armées soviétiques et polonaises s'affrontent alors sur un front qui s'étend de Kovel au col de Dukla dans les Carpates tandis que les troupes du nationaliste ukrainien Semyon Petlioura harcèlent les flancs de l'armée rouge. Le 25 mai, ce sont les Roumains qui essayent de s'emparer de la ligne de chemin de fer Kolomea-Ciguet pour empêcher toute possibilité de jonction entre troupes rouges hongroises et ukrainiennes dans la vallée de la Tisza. En juin-juillet 1919, la concentration d'armée blanche dans le sud de la Russie sous la direction du général Denikine et la révolte de l'anarchiste Nestor Makhno rendent impossible la réalisation du plan de jonction.


Il semble que le meilleur moment pour opérer la jonction fut certainement la fin avril 1919 quand la Slovaquie fut occupée par les Hongrois. Par la suite les Soviétiques ne peuvent plus distraire des troupes nécessaires sur les fronts polonais et de Bessarabie. La 6° division qui devait réaliser la jonction se décompose et se révolte tandis que les unités internationales sont immobilisées par la nécessité de mater la rébellion de Grigoriev. A ce moment-là la possibilité d'une jonction est définitivement hors de propos et laisse la Hongrie rouge seule face à son sort.

17.jpg

 

La guerre contre les Tchéques (mai-juin 1919)

Tout au long du mois d'avril 1919, malgré les déconvenues, les communistes hongrois peuvent croire que le vent de l'Histoire souffle dans leur sens. L'élan révolutionnaire en Europe n'est pas stoppé. L'établissement de la République des Conseils en Bavière le 7 avril, la tentative insurrectionnelle qui touche Vienne le 17 avril et la progression soviétique en Ukraine renforcent l'espoir d'obtenir une aide extérieure. Mais la situation de la République des Conseils est précaire après la défaite contre les Roumains. Ces faiblesses encouragent les menées des contre-révolutionnaires hongrois qui se trouvent à Vienne. Le 6 mai, ces derniers forment un gouvernement à Arad, sous la direction de Julius Karolyi, soutenu par l'armée française. Ce gouvernement se transporte rapidement à Szeged et donne pour mission à l'amiral Horthy de former une armée nationale avec l'aide des Français et des Yougoslaves.


Pour renforcer sa position affaiblie par la défaite face aux Roumains, Kun décide alors de passer à l'attaque au nord contre les Tchèques qu'il juge être le maillon faible des forces encerclant la Hongrie. Il est vrai que les Roumains ont déjà prouvé leurs forces tandis qu'au sud les Serbes sont intouchables du fait de la présence de troupes françaises en Serbie. L'attaque au nord doit surtout faciliter l'établissement d'un contact avec les Soviétiques. Il est en effet vital d’empêcher que la jonction des troupes tchèques et roumaines qui se profile ne ferme la trouée de Moukatcheve par où peut s'opérer la rencontre avec les Soviétiques.


La Hongrie rouge mobilise toutes les ressources nécessaires pour son offensive dans le nord. L'ensemble des hommes de 19 à 25 sont enrôlé ainsi que les anciens officiers de l'armée austro-hongroise. Cet effort permet aux Hongrois de concentrer rapidement deux divisions, les 1° et 5°, regroupant prés de 40 bataillons, dans le nord.


Ce n'est pas la première fois que les Hongrois se confrontent aux Tchèques. En décembre 1918 des combats ont opposé prés de Bratislava des troupes hongroises et tchèques. A cette occasion un détachement hongrois, commandé par les communistes Jeno Laszlo et Gabor Kohn, a occupé la ville le 30 décembre et proclamèrent un république des conseils qui fut balayée seulement 23h plus tard par l'avancée de l'armée tchèque. Par la suite les communistes hongrois font de la propagande en Slovaquie obligeant les autorités tchèques à déclarer la loi martiale. Pour empêcher les immixtions hongroises, les autorités tchèques autorisent les généraux Piccione et Hennocque à organiser l'occupation militaire des territoires hongrois attribués par les Alliés aux Tchèques soit la Ruthénie et la Slovaquie du sud.

cavalerie rouge                    Cavalerie rouge hongroise


Le 20 mai, les troupes hongroises dirigées par Aurel Stromfeld attaquent et mettent en déroute les Tchèques à Miskolc. Les Hongrois occupent alors la région minière de Salgotarjan et la ville de Miskolcz. Des unités tchèques sont amenées du reste du pays pour repousser les Hongrois tandis que le commandement l'ensemble des forces tchécoslovaques est confié à des officiers français, notamment le général Mittlehauser mais aussi le général Pellé que le gouvernement tchèque nomme le 4 juin commandant en chef de l'armée tchécoslovaque.


Les Roumains tentent de leur côté de maintenir le contact avec les Tchèques et pour cela attaquent le flanc hongrois. Mais cette opération ne permet pas d'enrayer la déroute tchèque. Les Roumains sont alors obligés de se retirer dans la tête de pont de Tokaj et doivent même se défendre contre des attaques hongroises entre le 25 et le 30 mai. L'avancée magyare en Slovaquie permet aux Hongrois de pouvoir déborder par le nord les Roumains. Ces derniers sont alors obligés d'abandonner Tokaj le 3 juin et de se replier sur la rive orientale de la Tisza. Pour enrayer le risque de débordements ils sont contraints d'étendre leur ligne de défense au nord.


L'armée rouge hongroise continue sa progression en Slovaquie et s'empare le 30 mai de Lucenec puis de Nove Zamky le 2 juin, de Kosice le 6 et de Presov le 9, ainsi que des principaux bourgs des monts Tatra. Alors qu'un régiment hongrois approche de Bratislava, les deux tiers de la Slovaquie sont occupés. Pour les Hongrois la perspective d'une avancée vers l'est à la rencontre des Soviétiques semble à nouveau s'ouvrir.

front nord                    Soldats hongrois sur le front slovaque


Il ne s'agit pas alors pour le gouvernement hongrois d'annexer la Slovaquie mais plutôt de la libérer du joug impérialiste et capitaliste afin qu'elle devienne à son tour une république soviétique. C'est chose faite le 16 juin quand la République des conseils de Slovaquie est proclamée à Presov sous la direction d'Antonin Janousek tandis que Josef Szabo dirige la garde rouge slovaque. La Russie soviétique et le Komintern saluent alors la naissance de la nouvelle république soviétique.


Dans l'immédiat, les Hongrois cherchent d'abord à renforcer l'armée rouge en créant de nouvelles unités en Slovaquie. Les premiers bataillons de volontaires se forment, renforcer ensuite par la conscription à l'intérieur des syndicats. Dans la ville de Kosice plus de 3000 hommes sont ainsi recrutés.


L'armée rouge hongroise atteint alors les frontières de l'ancienne Hongrie au nord-est des Carpates. Cela lui donne une excellente base de départ pour attaquer l'armée roumaine à l'est. Plutôt que de profiter de cette opportunité les Hongrois cherchent à se regrouper afin de continuer à avancer vers l'ouest et atteindre le Hron. Mais le 8 juin Clemenceau exige le retrait des troupes hongroises de Slovaquie. Un second ultimatum le 13 juin est encore plus menaçant.


Les Alliés, mécontents de l'avancée roumaine jusqu'à la Tisza, souhaitent que ces derniers se retirent sur la ligne de démarcation fixée par l'ultimatum de Vyx. Ils font également pression sur Bela Kun afin qu'il cesse son offensive en Slovaquie et le menacent d'une attaque combinée des troupes françaises, serbes et roumaines par le sud et l'est. En échange ils promettent d'être généreux concernant la délimitation des frontières de la Hongrie. Sur ces bases un armistice est signé avec la Tchécoslovaquie le 23 juin et les troupes hongroises se retirent de 15 km pour permettre l'établissement d'une zone neutre.


L'acceptation de l'ultimatum de Clemenceau et le retrait des troupes de Slovaquie sont des coups rudes pour la République des conseils. Alors que le moral de l'armée fléchit, Vilmos Böhm et Aurel Stromfeld, en désaccord avec les décisions de Kun, démissionnent et sont remplacés par Jeno Landler et le général Julier qui ne parviennent pas à redonner une cohésion à l'armée malgré l'arrivée de nombreux communistes dans les rangs. La confiance dans le gouvernement des conseils semble rompue et les soldats ne croient plus en la victoire.

Si la menace d'une invasion alliée a joué son effet, la décision de Kun s'explique également par un contexte international moins favorable aux Hongrois. Alors qu'en mars et avril à Munich les conseils proclamaient leur soutien à la Hongrie et que des cheminots bloquaient les voies ferrées pour empêcher le transport du matériel des Alliés, le 2 mai la république des conseils de Bavière s'effondre. A l'est, le renforcement des armées russes blanches par les Alliés maintient l'encerclement militaire de la Russie soviétique et provoque un regain de la guerre civile qui tempère toutes velléités d'action en direction du Danube, même si en juin arrivent à Budapest deux officiers soviétiques, des proche de Rakovski, chargés d'organiser les prisonniers russes devant servir dans l'armée rouge hongroise.


Afin de soutenir les républiques soviétiques en péril, le Komintern n'a comme moyen d'action qu'un appel à une grève générale mondiale le 21 juillet. Sans effet en France ni en Angleterre, des manifestations ont lieu ce jour là en Autriche et en Italie. La journée rencontre également un grand écho en Roumanie, notamment à Bucarest paralysé par la grève. Dans l'armée des régiments exigent la démobilisation, et en juillet des soldats du 107° régiment d'infanterie d'Alba Julia rejoignent l'armée rouge. Le gouvernement roumain réagi par des arrestations mais la contestation ne parvient pas à disloquer l'armée.

carte

La Hongrie rouge encerclée

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9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")