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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 14:32

 Le 19 mai 1926 L'Humanité annonce officiellement la création, par l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC), des Groupes de défense antifascistes (GDA)1. Dix jours plus tard, salle Huygens, devant une tribune où siègent Jacques Duclos et Paul Vaillant-Couturier, prend place une centaine d’hommes alignés militairement et vêtus d’une veste bleue et d’un béret. Duclos prend alors la parole pour présenter les « nouveaux groupes de défense antifascistes » qui doivent permettre de regrouper « des hommes de toutes les tendances, de tous les partis et qui sont prêts à donner leur vie pour combattre le fascisme »2. Les uniformes et les marches au pas côtoient alors dans les discours le souvenir de la Commune et des volontaires de 1789, plutôt que celui des gardes rouges de Petrograd.

Cette réunion illustre, comme la déjà révélé Georges Vidal pour les années 19303, l'ambiguïté du rapport entretenu par les communistes avec la violence. La création d'une organisation de combat de type paramilitaire est une incontestablement une nouveauté, l'indice même d'une possible « brutalisation » d'une frange du mouvement révolutionnaire. Si les buts officiels que se donnent les GDA s'inscrivent dans une tradition politique républicaine ancienne, ils n'en révèlent pas moins une fascination pour le fait militaire de la part de certains secteurs du communisme français, fascination qui se cristallise dans la symbiose entre un antifascisme républicain et un militarisme bolchevik. Mais cette rencontre est-elle le signe d'une volonté de lancer, sur une base « nationale » , une stratégie d'affrontement violent un an après la fusillade de la rue Damrémont4 ? En d'autres termes, le PCF cherche-t-il, pour des raisons d'efficacité, à poser les termes d'une « brutalisation » de la vie politique qui prennent sa source au cœur des affrontements qui structurent traditionnellement la politique en France ? L'étude des GDA peut permettre, sans épuiser cette problématique, d'apporter des éléments de réponse.

Ces derniers n'ont jamais été l'objet d'une étude d'ensemble. Ce désintérêt a plusieurs raisons dont le moindre n'est pas le peu de succès qu'ils ont rencontrés. S'ils ne connaissent pas le développement de leur homologue allemand, l'étude de leur origine et de leur développement, des tensions qui les traversent et des raisons de leurs échecs mettent en lumière, non seulement la diversité d'un communisme français qui n'est pas encore solidifié par un stalinisme triomphant, mais surtout la place particulière que tient la violence dans la culture et les pratiques communistes.


Une naissance entre défense républicaine et antifascisme de combat.

Le développement par le PCF d'une politique d'ouverture à fin de 1925 l'oblige, après les excès de 1924-1925, à adoucir son discours et ses pratiques afin de s'insérer dans le jeu politique républicain. La lutte antifasciste, propice aux affirmations incendiaires n'est pourtant pas abandonnée, mais réinterprétée dans le cadre de la nouvelle ligne au moment où l'ensemble de la gauche s'inquiète de l'apparition et du développement du Faisceau de Georges Valois5. Ce mouvement, fondé le 11 novembre 1925 avec, comme élément central, le Faisceau des Combattants, unité paramilitaire portant un uniforme, connaît un développement rapide, passant de 5 000 membres en décembre 1925 à 30 000 en avril 1926 et 60 000 en novembre. Cette réussite rapide, mais aussi l'agitation entretenue par les Jeunesses patriotes ou les Camelots du roi, réactivent le discours antifasciste, tandis que les heurts qui opposent les militants des ligues d'extrême-droite à ceux de gauche dans la rue donnent une réalité concrète à un danger qui, pour certains, annoncent l'entrée dans une période de guerre civile6.

C'est lors de sa conférence nationale de décembre 1925 que la direction du PCF replace au premier rang de ses préoccupations la question du fascisme. Il s'agit de répondre à l'inquiétude des cadres de province qui s'alarment face au développement des ligues de droite dans leurs régions7. La tactique préconisée est définie à travers la voix du jeune Maurice Thorez qui déclare que le PC doit « organiser des contre-manifestations, des grands meetings dans les principaux centres, pour montrer que les fascistes ne sont pas encore maîtres de la rue. Nous devons également organiser nos services d'ordre »8. L'utilisation de la force apparaît ainsi toujours comme légitime mais également la constitution d'une structure destinée à organiser la violence antifasciste.

Parallèlement à cette justification de l'emploi de la violence, la lutte antifasciste doit permettre de développer une politique de front unique, en profitant des actions de la droite pour sceller un rapprochement avec les forces de gauche9. Il s'agit rien moins que de réintégrer le PCF dans le jeu politique traditionnel par le biais de la lutte séculaire contre la réaction. Cette politique prend d'ailleurs parfois des accents qui préfigurent la période du Front populaire. Au-delà de 1789, les souvenirs de 1848 et de 1871, sont donc rappelés pour affirmer la continuité d'un combat qui unit tous les républicains et doit permettre de réaliser l'unité des organisations de gauche. Il reste néanmoins à définir les formes et les lieux de ce rassemblement antifasciste unitaire.

L'ARAC, organisation dirigée par Jacques Duclos et son frère Jean, se fait rapidement l'écho des appels à l'union antifasciste du PCF et se présente comme le lieu privilégié de ce rassemblement. Cette organisation est née en novembre 1917 de la rencontre de Paul Vaillant-Couturier, de Raymond Lefebvre et d'Henri Barbusse. Si la direction de l'association est dominée par les communistes depuis 1923, dans les sections locales domine un ensemble d'idée partagée par la gauche et d'où émerge un solide antimilitarisme mâtiné de pacifisme et d'antifascisme. En mai 1926, l'ARAC appelle ainsi à l'union en son sein de tous les antifascistes, y compris ceux qui sont attachés à la République parlementaire10. Dans l'Humanité, Jacques Duclos explique ainsi que « l'ARAC comprend fort bien que sa tâche doit tendre, dans une situation présente, à grouper toutes les volontés antifascistes, à les constituer méthodiquement en une formation solide […]. Tous les combattants ont place dans nos rangs ; nous les voulons solidement unis et dans un clair esprit de discipline, nous préparons chaque jour l'organisation des combattants rouges ; nombreux sont les antifascistes attachés aux formes actuelles de gouvernement, mais dégoutés par l'impuissance des chefs démocrates, qui viennent à nous. C'est dans l'union de tous les antifascistes au sein de l'ARAC, dont les ouvriers et les paysans révolutionnaires constituent l'ossature, que peut se poursuivre notre bataille contre le fascisme »11.

Le front unique antifasciste doit pour les communistes se cristalliser dans la formation de groupes de défense12 sous l'égide de l'ARAC13. Ces derniers se mettent en place dès le printemps 1926 et prennent officiellement le nom de groupes de défense antifascistes ouverts à tous les démocrates désireux de lutter contre le fascisme. Les responsables locaux de l'ARAC font d'ailleurs savoir par circulaires aux diverses organisations ouvrières que les GDA sont ouverts à tous, sans distinction de tendance14 et sont à la disposition de toutes les organisations qui en feront la demande15. Mais si la construction de l'organisation est laissée à l'initiative de l'ARAC, les militants communistes sont invités à y participer puisque, pour le PC, il est indispensable d'en garder le contrôle, notamment par le biais des fractions que la direction demande de créer à tous les niveaux  16. Il revient surtout aux communistes de devenir « les animateurs de ce service de protection et en activer l'organisation méthodique », comme le déclare Poulain17.

Au-delà de la situation sociale et politique française, il apparaît également que la création de groupes de défense s'insère dans une stratégie initiée par Moscou. Dès septembre 1924 la commission permanente de l'Internationale pour le travail militaire appelle les sections du Komintern à mettre sur pied des organisations de défense de masse en prenant pour modèle le RFB allemand. Cette consigne semble être suivie d'effet puisqu'en juillet 1926 le secrétaire administratif de l'Internationale des anciens combattants, se félicite de la création des GDA mais également de la création dans d'autres pays de milices ouvrières antifascistes18. En novembre 1926 une réunion des GDA à Paris en présence de délégations étrangères est l'occasion de discussions sur la création d'une Internationale antifasciste19. Il semble même qu'il existe un projet de création d'un front rouge international comme l'indique un rapport sur cette question présenté par Desphillipon et Latour au congrès de l'ARAC en aout 192720.

La première action d'éclat des GDA se déroule à Reims à l'occasion d'un rassemblement du Faisceau le 27 juin 1926. Pour la gauche, ce rassemblement est perçu comme le premier acte d'une marche sur Paris, identique à celle organisé par Mussolini sur Rome en 1922. Les appels à la contre-manifestation se multiplient, comme celui du communiste Person qui prévient qu'en cas de marche du Faisceau sur la capitale, les GDA ont déjà pris leurs dispositions21. Si le Faisceau réunit de 8 à 10 000 personnes dans la cité champenoise, ils se heurtent à une manifestation communiste forte de 3 à 4 000 personnes. La confrontation éclate sur la place du parvis de la cathédrale, obligeant la police à charger, tandis que, par la suite, des bagarres éclatent dans toute la ville22. Les premiers groupes de GDA, venus de Paris, participent à cette démonstration qui, pour Jacques Duclos, est une victoire qui doit permettre d'accroître les effectifs de la nouvelle organisation23.

Comme le montre déjà la manifestation de Reims, les GDA ont pour tache principale d'assurer la sécurité des cortèges et réunions antifascistes24. Ainsi en septembre 1926, ils assurent la protection d'un meeting antifasciste à Montreuil et, en décembre, du meeting du comité de défense des victimes du fascisme et de la terreur blanche à la Grange-aux-Belles25.

Ce rôle de service d'ordre tend à faire des GDA une police ouvrière, comme le constate le directeur de la police parisienne qui remarque qu'ils tendent à prendre possession des rues, font ranger le public, assurant ainsi les missions dévolues traditionnellement aux gardiens de la paix28. Il ne s'agit pas, pour le PCF, d'une volonté de se substituer à l'État mais d'éviter les violences et toutes formes de désordre qui pourraient effrayer les autres organisations de gauche et les classes moyennes. Ce rôle temporisateur apparaît dès la naissance des GDA puisque, pour leur première sortie publique à l'occasion de la manifestation au Mur des fédérés, ils reçoivent pour instruction de maintenir l'ordre et la discipline29 . Les dirigeants de l'ARAC et du PC prennent d'ailleurs soin de souligner que les GDA forment une organisation essentiellement défensive qui n'attaquera ni la police, ni l'armée, ni les fascistes, mais saura se défendre en cas d'agression30

Sous couvert d'antifascisme les GDA apparaissent avant tout comme un simple service d'ordre chargé de discipliner et de policer manifestations et rassemblements prolétaires.


Une organisation paramilitaire à vocation révolutionnaire.

Si les fonctions dévolues aux GDA sont celles qui reviennent traditionnellement à un service d'ordre, ces derniers pourtant se singularisent par leur caractère paramilitaire, en premier lieu par le choix du port d'un uniforme. Ce dernier est pourtant modeste, constitué d'une veste bleue et d'un béret, complétés par une canne33. Pour les dirigeants cet uniforme a plusieurs fonctions. A l'extérieur il doit servir à distinguer les membres des GDA du reste des militants et impressionner la population. A l'intérieur des groupes, il a pour fonction principale de montrer la nécessité d'une discipline de type militaire34. L'uniforme joue donc les mêmes fonctions qu'au sein d'une armée: marquer la différence entre les membres du groupe et les autres, impressionner ces derniers par une tenue martiale, fortifier la cohésion et la discipline.

La tutelle de l'ARAC, organisation d'anciens combattants, facilite les emprunts au modèle militaire. Les dirigeants de l'association expriment l'idée qu'il existe une filiation entre l'expérience de la Grande Guerre et la constitution des GDA. Desphelippon, à Rouen, n'hésite pas à déclarer que les anciens combattants rouges ont repris l'uniforme pour se battre contre le fascisme38. Il s'agit alors de les remobiliser dans un cadre militaire, mais au seul profit du prolétariat, la lutte de classes se substituant à la lutte entre nations. Cette ré-appropriation d'un modèle militaire est vu d'abord comme un gage d'efficacité : « Il existe, à l'ARAC, une discipline militaire qui doit être maintenue pour faire la révolution; 100 hommes organisés en valent 500 non organisés » déclare Desphelippon39.

Le modèle de militantisme proposé par les GDA s’inspire aussi directement du Rotfrontkampferbund allemand, comme l'indique l'Humanité d'Alsace-Lorraine qui explique que les groupes français sont formés sur « le modèle des anciens combattants rouges allemands »40. Par bien des aspects les GDA sont une transposition en France de l'organisation allemande. Cette dernière, née en 1924, compte en 1927 prés de 200 000 adhérents41. Cette puissance de l'organisation allemande la désigne pour chapeauter les premiers pas de l'organisation sœur française. Un représentant du RFB est donc présent à Paris lors de la présentation officielle des GDA salle Huygens42. La présence de délégués du RFB, mais également des milices ouvrières belges, sont régulièrement signalés lors des réunions nationales des GDA. A l'inverse les dirigeants des GDA n'hésitent pas à franchir la frontière pour participer aux rassemblements du RFB comme le fait Latour en juin 192743. Cette proximité est encore plus forte concernant les GDA d'Alsace et de Lorraine. Le 9 octobre 1927 les dirigeants lorrains assistent en uniforme au congrès régional du RFB de Trêves en présence de délégations de Rhénanie, du Palatinat, de la Sarre et du Luxembourg44. En sens inverse des représentants du RFB se rendent en France comme un chef de groupe de la Sarre à Metz le 16 juin 192745. Ces échanges entre organisations sœurs permettent et facilitent l'adoption en France d'un vocabulaire et de pratiques politiques nouvelles façonnant une culture politique communiste singulière. Le terme « Front rouge » et le salut le poing levé46 sont ainsi des emprunts aux groupes allemands, de même que l'organisation de cérémonies de remise de drapeau47.

L'organisation, le port de l'uniforme, les rituels forment un ensemble inspiré du modèle militaire et tendent à faire des GDA une organisation de type paramilitaire, ce que confirment les déclarations de ces dirigeants et la revendication de l'influence communiste allemande. Mais cette structure paramilitaire n'a t-elle pour unique fonction que d'assurer la sécurité et le calme lors des réunions et manifestations ? N'est-ce pas là un paramilitarisme tronqué qui s'interdirait de se préparer à la lutte armée et surtout éviterait de définir l'objectif de cette préparation. Cette préparation fait-elle partie des missions attribuées aux GDA, qui ne seraient donc pas qu'un simple service d'ordre en uniforme marchant au pas mais un potentiel instrument militaire révolutionnaire.

La volonté de ne pas laisser les GDA se cantonner à des missions de service d'ordre apparaît au sein des Jeunesses communistes (JC) qui se dotent d'une organisation propre, intégrée par la suite dans le dispositif constitué sous l'égide de l'ARAC, les Jeunes gardes antifascistes (JGA). Cette mise sous tutelle semble d'ailleurs répondre à la crainte de la direction du PCF face aux activistes des Jeunesses qui ont dès 1922 constitué le noyau des différents groupes de combat communistes dont ceux impliqués dans la fusillade de la rue Damrémont en avril 1925. Il s'agit donc de brider les tentations violentes en plaçant les jeunes sous la coupe des anciens combattants jugés plus calmes.

Cette tutelle n'empêche pourtant pas la JC d'affirmer sa volonté de donner un caractère avant tout révolutionnaire aux JGA. Maurice Déglise explique ainsi que ces derniers ne doivent pas se transformer en une organisation petite-bourgeoise incapable de lutter efficacement contre le fascisme48. Une résolution votée à l'unanimité par le congrès de la JC en aout 1926, affirme que les JGA forment une organisation ouvrière ouverte aux paysans et petit-bourgeois, mais qui doit éviter de devenir un mouvement d'opposition purement verbal ou le défenseur des libertés républicaines49. Pour les jeunes, le fascisme étant un instrument de la bourgeoisie, la lutte contre le fascisme s'intègre dans le combat contre la bourgeoisie, contre le régime « et ses expressions gouvernementales sous quelque étiquette elles se manifestent (sic) »50. Ce radicalisme s'inscrit dans une tradition propre aux JC. 

L'attirance des JC pour un militantisme violent s'exprime d'abord par l'implication plus forte de leurs dirigeants dans l'organisation des JGA, tandis que ceux du PC laissent cette tache à l'ARAC. Robert Alloyer, nait en 1900, adhérent de la JC depuis 1922, dirigeant de la région parisienne en 1924, puis représentant de la JC auprès de l'Internationale communiste des jeunes à Moscou, apparaît comme l'inspirateur des JGA. Il a déjà été impliqué dans la formation des groupes de combat des années 1924-1925 et son nom apparaît dans les dossiers de police concernant la fusillade de la rue Damrémont51. C'est Alloyer qui lors des différents congrès de la JC est chargé de présenter le rapport sur les JGA. Au début de 1927, quand il doit trouver le dirigeant des JGA de la région parisienne, il se plaint de ne pouvoir s'occuper correctement des JGA qui nécessite le travail d'un militant à temps plein52. Alloyer est bientôt aidé dans sa tache par Armand Latour. Ce dernier est également nait en 1900 et a fait ses armes militantes au sein de la direction de la région parisienne des JC. Il se voit confier la direction des JGA de cette région en février 1927, remplaçant Déglise, puis en aout il est nommé dirigeant national des JGA. En province se retrouve aussi ce lien étroit entre directions des JC et des JGA. Dans la région de Besançon, le responsable de la JC, Maurice Tréand, se signale en créant 17 sections de JGA53. Dans la région lyonnaise, le responsable des JC, Pierre Chabanis, est également celui des JGA54.

Cette osmose entre JC et JGA ne trouve pas son pendant entre le PC et les GDA. Si Jacques Duclos, responsable de l'ARAC, supervise les premiers pas des GDA, son entrée au comité central du PCF et son élection à la Chambre des députés en mars 1926 l'empêchent de jouer un rôle actif dans l'organisation. Mais le profil biographique de Duclos apparaît différent de celui des ses cadets des JGA. Duclos est, contrairement à Latour ou Alloyer, un ancien combattant et à ce titre un adhérent de l'ARAC. L'osmose ici se situe plutôt entre cette association et les GDA. Francis Desphelippon, le dirigeant des GDA, a fini la guerre comme lieutenant aviateur et dès son retour à la vie civile a créé la section de l'ARAC de Vichy avant d'adhérer au PC en 1924. Mais le parcours de Duclos ou de Desphelippon, le lien entre ARAC et GDA ne signifie pas automatiquement que les militants des GDA soient des anciens combattants.

Sur 140 noms de militants ayant appartenu aux JGA et GDA, il est possible, grâce au Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, d'avoir des informations complémentaires sur seulement 35 d'entre eux, soit 18 JGA et 17 GDA55. Sur les 17 GDA, seuls sept sont des anciens combattants dont deux, Jean Duclos et Vital Gilbert, furent blessés, deux autres, Poulain et Desphelippon finirent la guerre officier et un, Vital Gilbert, a reçu la Croix de guerre. Si l'étroitesse de l'échantillon limite fortement l'interprétation qu'il est possible d'en tirer ces chiffres laissent entendre que les anciens combattants seraient minoritaires au sein des GDA. La qualité d'ancien combattant n'étant pas un préalable nécessaire pour entrer dans les GDA, il est possible que la majorité n'ait pas connu les combats de la Grande Guerre. La moyenne d'age des huit GDA dont nous connaissons la date de naissance, 32 ans en 1926, peut également étayer cette hypothèse puisqu'elle implique une moyenne d'age de 24 ans en 1918. Les anciens combattants membres des GDA se signaleraient donc par leur jeunesse qui implique une plus grande proximité avec leurs cadets des JC plutôt qu'avec les anciens membres de la SFIO.

Si les anciens combattants sont présents, les jeunes semblent déjà dominer ces premiers groupes paramilitaires. Si les anciens combattants sont représentés et dominent même au sein de la direction des GDA, la génération du feu apparait minoritaire. Les jeunes, qui n'ont pas été mobilisés entre 1914 et 1918, mais dont la jeunesse a eu lieu dans un pays en guerre où toutes les ressources de la nation étaient mobilisées et où l'imaginaire guerrier était exalté par la propagande, dominent.

Cette proximité générationnelle peut expliquer pourquoi le caractère révolutionnaire que la JC entend donner aux JGA n’est pas absent chez les GDA. Le terme même laisse parfois la place à des dénominations moins neutres, comme « jeune garde rouge » ou « bataillons de combattants rouges »56. Dans l'article de l'Humanité qui annonce leur création, le 19 mai 1926, si la première mission qui leur est assignée est de barrer la route au fascisme, la seconde est de préparer « l'émancipation totale et définitive du monde ouvrier et paysan»57. Jacques Duclos, lui-même, maintient la confusion entre lutte antifasciste et lutte pour le pouvoir lorsque, dans un même discours, il demande de « rester des combattants du front rouge pour faire reculer le fascisme » et appelle à marcher « vers la conquête du pouvoir et vers la dictature du prolétariat »58. Devant les JC, il indique encore que la lutte antifasciste est une partie de la lutte contre le capitalisme et que les JGA doivent « devenir un instrument de bataille révolutionnaire »59.

La confusion qui existe également dans le discours communiste entre le fascisme, l'armée et la police, et qui, parfois, débouche sur des attaques contre l'État démocratique, ne peut qu'effrayer les socialistes et encore plus les radicaux. Les GDA restent dont une organisation essentiellement communiste, voire même le refuge des éléments activistes comme le constate Déglise qui note que, dans la Seine, les membres des sections de gauche « ne demandent que de travailler pour l'ARAC »60. Ce glissement activiste transparait également à la lecture du Militant rouge, revue qui nait en novembre 1925 et devient l'organe officieux des GDA-JGA.

Dans le second numéro de cette revue, à la fin 1925, un certain Valdier61 note qu'un marxiste ne peut que répondre par la négative à la question de l'actualité de l'armement du prolétariat français en vue de l'insurrection révolutionnaire62. Ce texte correspond bien à la ligne définie par le PCF d'abandon de toutes perspectives insurrectionnelles à court terme au profit d'un large rassemblement antifasciste. Dans le même numéro, un autre article insiste donc sur la nécessité de former une « force semi-militaire du prolétariat » face aux organisations fascistes, en s'appuyant sur l'expérience militaire des anciens combattants pour créer, à l'exemple de l'Allemagne, un front rouge amalgamant vieux et jeunes63.

La revue se félicite donc, en janvier 1926, des discussions au sein de l'ARAC qui conduit cette dernière à appeler l'ensemble des antifascistes à se réunir en son sein dans une organisation disciplinée64. Tout au long de l'année 1926, elle développe l'idée d'un antifascisme non-sectaire et met en garde « contre les tendances anarchisantes et petites-bourgeoises qui auraient la velléité d'orienter l'organisation vers une formation sectaire, fermée, conspirative et putschiste »65. Mais à partir de décembre, après la chute du Cartel des gauches, le ton change. La revue commence à attaquer le parti radical et la SFIO, dénonçant un antifascisme bourgeois auquel elle oppose le front unique ouvrier contre le fascisme, mais également la bourgeoisie. Elle développe aussi peu à peu l'idée que la France se dirige vers une crise révolutionnaire inéluctable. Cette inflexion de l'analyse se répercute sur sa vision du rôle des GDA-JGA. Si ces dernières sont toujours considérées comme des organisations de défense et de protection contre les agressions fascistes, « l'approche des luttes décisives » en font désormais des instruments précieux dans le domaine de la « lutte active »66.

Le développement d'un anticommunisme de combat de la part de l'État à partir de 1927, favorise en parallèle la montée d'un courant insurrectionnel au sein du PCF et plus particulièrement chez les jeunes. Il apparaît alors nécessaire de se préparer à lutter par la force, non plus contre le fascisme, mais contre un État qui, par son action répressive, semble reprendre les méthodes mussoliniennes, ce qui, pour les léninistes français, ne peut être que le signe de l'entrée dans une période révolutionnaire. Les mises en garde du Komintern sur les dérives électoralistes du PCF, agissent également comme un encouragement pour les activistes d'autant que Jules Humbert-Droz appelle à une politique de lutte de classes « plus intransigeante et plus active»67. La montée du sentiment activiste n'est pas alors sans conséquence sur les formations paramilitaires que contrôlent les communistes.

Le gauchissement de la ligne politique qu'amorce l'Internationale s'accompagne d'une réévaluation du caractère militaire de la politique communiste. Dès avril 1927, l'Internationale communiste des Jeunes (ICJ) demande de ne pas présenter exclusivement les JGA comme une organisation de lutte contre le fascisme. Elle reproche aussi aux Français leur manque de discipline et leur absence de caractère militaire. Ces derniers doivent rendre obligatoire le port de l'uniforme, ainsi que l'éducation physique et la préparation militaire68. À la demande de l'ICJ, le comité central des JC appelle ses structures locales à poser la question de la « nécessité de l'armement du prolétariat dans ses organisations militaires de lutte (JGA) et par un travail sans cesse plus grand de désagrégation de l'armée impérialiste en posant, dans la propagande et l'agitation, la question de l'armée rouge prolétarienne comme instrument militaire nécessaire du pouvoir aux ouvriers et paysans »69. Le durcissement du discours kominternien, qui met désormais en avant la nécessité d'une accentuation de la militarisation du mouvement communiste, laisse entendre que le moment de l'insurrection armée se rapproche. La JC et certains secteurs de la région parisienne du PCF sont particulièrement sensibles aux changements de ton apportés, qui se traduit par un renouvellement des attaques contre les socialistes qui prennent peu à peu la place des fascistes dans la catégorie des adversaires à combattre70.

Le développement de ce courant activiste qui s'exprime à travers le Militant rouge et les GDA-JGA, explique les craintes d'une dérive insurrectionnelle qui se font jour à la direction du PCF, qui perçoit bien que les changements politiques à Moscou ne peuvent que l'encourager. Les mises en garde aux fractions communistes afin qu'elles exercent un contrôle plus étroit sur les GDA « car chacun comprend qu'une telle organisation peut vite avoir des déviations dangereuses »71 , sont le signe de la conscience du risque de perdre le contrôle de cet appareil militaire.


Un anti-paramilitarisme communiste.

Mais ces craintes tout comme les espoirs mis par les activistes dans les GDA-JGA sont pourtant loin de correspondre à une réalité qui n'est rien moins que décevante. Les GDA-JGA sont en effet loin d'apparaitre comme une organisation de masse et la question des effectifs reste un problème permanent. Fin mai 1926, la police ne compte que 400 GDA dans la région parisienne72. En septembre 1926, ils sont environ un millier73, dont 800 sont membres de l'ARAC, qui rassemble pourtant 3000 adhérents dans la Seine74 . Le début de 1927 marque l'apogée des GDA qui disposent, selon la police, de 3000 militants en France, dont 1000 dans la Seine tandis que les JGA rassemblent 1200 adhérents en France, dont 300 dans la région parisienne75 . Ces estimations montrent la faiblesse d'organisations qui avaient l'ambition de rassembler au-delà des frontières communistes. L'ordre de grandeur entre ces chiffres et le nombre d'adhérents du PC ou d'organisations communistes telles que la JC et l'ARAC, montre également que les GDA-JGA n'attirent qu'une faible fraction des militants, seulement environ 7 % des effectifs du PCF en 1927. Parmi les jeunes chez qui le discours militariste semble plus prégnant, les effectifs des JGA ne représentent qu'entre 9 et 15 % de ceux de la JC76.

La faiblesse numérique des GDA-JGA s'accompagne d'une répartition inégale sur le territoire. Grâce à l'aide active du PC77, l'ARAC constitue les premiers groupes dans la région parisienne qui apparaît rapidement comme une zone de force78. Les GDA s'implantent en Alsace et en Lorraine où la proximité géographique et historique avec l'Allemagne leur donne un caractère particulier puisqu'ils sont présentés comme un Front rouge alsacien, plus proche du RFB allemand que de l'organisation-mère française. Des groupes sont formés dans la région lyonnaise sur un axe allant de Chalon-sur-Saône à Saint-Étienne et Oyonnax. Dans le Nord il existe des groupes à Roubaix, Lille et Beauvais. En Normandie, Rouen et Le Havre se signalent par la présence de groupes actifs. Mais en dehors de ces zones de force, les GDA forment des ilots à l'existence précaire. A Bordeaux les diverses tentatives de formations de groupes échouent et il n'existe dans le sud de la France que quelques groupes notamment à Lavelanet, Tarbes, Toulouse, Nîmes, Avignon, Toulon, Nice, ainsi que dans les Bouches du Rhône. Dans l'est du pays, à l'exception de l'Alsace et de la Lorraine, des groupes ne sont signalés qu'à Reims, Besançon, Nancy et dans la région de Troyes, tandis que dans l'ouest seuls Tours et Chartres sont mentionnés.

Différents facteurs expliquent cette incapacité des GDA à s'implanter durablement. Le déclin de l'activité des ligues de droite après le retour au pouvoir de Raymond Poincaré, fait reculer à gauche la crainte d'une répétition en France de l'exemple mussolinien. L'organisation de groupes de défense n'apparaît plus alors comme une nécessité pour la fraction de la gauche non-communiste qui fut attirée par l'emploi de la force. La raison d'être principale des GDA s'évanouit en même temps que se disloque le Faisceau et que s'assagissent les Jeunesses patriotes. Mais ce changement de la situation politique ne peut expliquer, à lui seul, le déclin des GDA puisque, dès leur lancement, alors que le Faisceau est à son zénith, ils peinent déjà à se développer.

L'échec de la tactique de front unique qui préside à leur naissance est déjà un premier handicap. Si les partis de gauche se montrent, en effet, prêts à organiser des meetings et des manifestations antifascistes avec les communistes, ils refusent d'envisager la création d'organisations paramilitaires. À Belfort, la demande communiste de créer un organisme de défense est rejetée par les radicaux et les socialistes79. Cet exemple est emblématique de la réaction de la SFIO et du parti radical face aux propositions que fait le PC par le biais de l'ARAC. Dès juin 1926, la CGT rejette aussi les propositions de l'ARAC et de la CGTU, d'actions communes contre le fascisme80. Pour les socialistes, les moyens déployés par les communistes sont d'ailleurs les meilleurs arguments pour la propagande fasciste81. Le refus des organisations de gauche de s'associer aux initiatives de l'ARAC est un premier frein au développement des GDA-JGA. Il signale, au-delà des divergences de nature idéologique, la répugnance face à des pratiques qui rompent avec la tradition républicaine et ressemblent trop à celles alors à l'honneur au sein des ligues de droite.

Mais ce modèle militaire de militantisme, s'il est rejeté par l'ensemble de la gauche non-communiste, l'est également par la majorité des militants et sympathisants communistes. Le port de l'uniforme gêne considérablement le recrutement et fait l'objet de nombreuses critiques. À Lyon, certaines sections considèrent qu'il ressemble trop à celui utilisé dans l'armée82. Des critiques similaires proviennent même du service d'ordre du PC où des militants dénoncent en particulier la couleur bleue de la veste, trop semblable à celui de l'armée, alors que les hommes du service d'ordre sont contre toutes obligations de style militaires et n'acceptent, à la rigueur, que le port du béret, de l'insigne et de la canne83. Face à ces critiques  Jacques Doriot demande de s'en tenir au seul port du béret84. Robert Alloyer devant le congrès des JC où il se fait l'écho de l'embarras de militants de la région parisienne sur cette question, explique qu'il ne faut pas rendre obligatoire l'uniforme, mais tenir compte des traditions antimilitaristes85 . Il faut pourtant attendre juin 1927, pour que la direction envisage de supprimer l'uniforme pour ne conserver que le béret et la canne86.

Pour désarmer les réticents devant l'aspect trop militariste des GDA Jacques Duclos affirme que les groupes ne cherchent pas « des héros comme pendant la guerre, mais des hommes capables d'affirmer qu'ils veulent être respectés »87. Mais le refus du militarisme est plus puissant et s'accompagne également du rejet de la discipline de type militaire recherchée au sein des GDA88. L'antimilitarisme vivace des militants se concentre donc sur deux symboles du militarisme honnis, l'uniforme et la discipline pour condamner des organisations qui ne sont qu'une « mascarade […] d'anciens combattants vêtus de tenues ridicules »89. La masse communiste refuse d'intégrer des groupes qui semblent, en revanche, attirer une minorité sensible aux formes nouvelles de militantisme qu'ils représentent et qui perpétuent l'activisme des anciens groupes de combats90.


Première tentative de se doter d'une organisation autonome paramilitaire, l'échec des GDA et JGA présente un caractère paradoxal. Il symbolise le fiasco de la politique de front unique décidée par la direction du parti91 . Mais le rejet de ce qui s'apparente à un militarisme ouvrier, conforte cette même direction à maintenir une ligne politique opposée à un activisme sensible aux tentations violentes. Les JGA et GDA respectent l'esprit de cette ligne en évitant le plus possible l'emploi de la violence et en se cantonnant aux fonctions traditionnelles de service d'ordre. L'absence d'une politique d'armement, bien que certains militants possèdent, mais de manière individuelle, une arme à feu, montre qu'ils ne jouent qu'un rôle démonstratif. Ils ont en outre l'avantage de canaliser et de contraindre les activistes par le biais de l'uniforme et des marches au pas. La pratique communiste, qui s'appuie sur un anti-paramilitarisme puissant, démontre l'absence au cœur des années 1920 d'une brutalisation de la vie politique dont l'un des acteurs possibles aurait pu être le PCF.

L'organisation des GDA-JGA a quasiment disparu à la fin 1927 quand la direction du PCF décide de mettre sur pied une nouvelle organisation dédiée à la violence militante, le Front rouge. Détachés de la tutelle de l'ARAC, les quelques groupes qui existent encore se fondent en 1928 dans cette nouvelle organisation, dirigée par Armand Latour. Le Front rouge disparaît dans la débâcle du 1° aout 1929 et laisse la place à l'organisation des groupes d'autodéfense dont l'existence est précaire jusqu'en 1934 où ils retrouvent une certaine vitalité avant de disparaître début 1936 par décision de la direction communiste.

Mais la création de groupes paramilitaires donne malgré tout un cadre d'expression aux velléités insurrectionnelles. L'échec de la politique de front unique et les pressions de Moscou facilitent les tentatives pour les transformer en force armée révolutionnaire. Les GDA, malgré leur faiblesse numérique, offrent un cadre d'action propice à une frange activiste qui pense la politique en termes militaires et participe d'une radicalisation de la politique communiste.


Notes

1 « Luttons contre le fascisme », L'Humanité du 19 mai 1926.
2 « Prologue à la manifestation du Mur », L'Humanité du 30 mai 1926.
3 Georges Vidal, «  Violence et politique dans les années 1930: le cas de l'autodéfense communiste », in La Revue historique, n° 640, 2006, pp. 901-922.
4 Le 19 avril 1925 à l'occasion d'une réunion électorale une fusillade éclate causant la mort de 4 militants des Jeunesses patriotes. Si le PCF dément toute implication directe dans cet événement ce sont bien des militants communistes qui sont les auteurs de la fusillade comme le reconnaît plus tard Albert Treint.
5 Discours de Jacques Duclos au meeting de l’ARAC à Metz le 29 septembre 1926 et au meeting de l’ARAC salle Japy le 16 janvier 1926, AN F7 13179.
6 Discours de Vaillant-Couturier lors du procès de Clerc et Bernadon, Le Matin du 29 avril 1926.
7Interventions de Bernard de la région tourangelle, de Vuillemin de la région de l'Est, de Charles de l'Alsace-Lorraine, de Devernay du Nord à la conférence nationale du PCF des 1er et 2 décembre 1925, RGASPI 517/1/236.
8  Discours de Thorez à la conférence nationale du PCF des 1er - 2 décembre 1925, RGASPI 517/1/236.
9Intervention de Sémard devant le plénum exécutif du CEIC, RGASPI 495/164/323.
10 Jacques Duclos, « Le front antifasciste », l'Antiguerrier, mai 1926.
11 Jacques Duclos, « La lutte contre le fascisme, le rôle des combattants », l'Humanité du 21 février 1926
12 Compte-rendus des meetings antifascistes du 3 août 1926 à Belfort et du 8 août 1926 à Douai, AN F7 13249.
13 Discours de Jean Duclos au meeting de l’ARAC à Paris le 5 janvier 1926, rapport de police du 6 janvier 1926, AN F7 13179.
14 Circulaire du 28 octobre 1926 du secrétaire de l'ARAC de Beuvry aux organisations ouvrières, AN F7 13179.
15 Rapport de la préfecture du Rhône le 15 juillet 1926, AN F7 13179.
16 Note sur les tâches dans l'ARAC, sans date, AN F7 13179.
17 Rapport de police sur la réunion de la fraction de l'ARAC du 2ème rayon de la région parisienne du PC le 26 juin 1926, APP Ba 1939.
18 « Les assises des combattants révolutionnaire », l'Humanité du 14 juillet 1926. L'orateur fait référence aux Milices ouvrières belges
19 Rapport de police sur la réunion du secteur B des GDA le 15 septembre 1926, AN F7 13179.
20 Ordre du jour du 10° congrès de l'ARAC des 14-15 aout 1927, AN F7 13179.
21  Rapport de police du 20 juin 1926, AN F7 13179.
22 Sur la journée de Reims voir AN F7 13211.
23 Rapport de police du 4 juillet 1926, AN F7 13179.
24 Rapport de police du 9 avril 1927, APP Ba 1910.
25 Rapport de police du 22 décembre 1926, AN F7 13249.
26 Henri Barbé est alors l'un des principaux dirigeants des Jeunesses communistes.
27 Rapports de police des 31 janvier et 1er février 1927, AN F7 13180.
28 Rapport du directeur de la police parisienne du 2 mai 1927, APP Ba 1910.
29 Rapport de police du 28 mai 1926, AN F7 13179.
30 Rapport de police sur le meeting de l'ARAC à Montigny-les-Metz le 29 septembre 1926, AN F7 13179.
31 Rapport de police du 1er mai 1927, APP Ba 1628.
32 « Hommage aux héros d'Octobre », L'Humanité du 6 novembre 1927 qui montre 2 photographies.
33 Lors du meeting de l'ARAC à la Grange-aux-Belles le 10 novembre 1926 Jacques Duclos apparaît vêtu de la veste kaki, rapport de police, AN F7 13179.
34 Rapport de police du 13 novembre 1926, AN F7 13179.
35 Rapport de police sur la réunion du secteur B des GDA le 15 septembre 1926, AN F7 13179.
36 Rapport de police du 30 juin 1927, AN F7 13180.
37 Rapport de police du 5 décembre 1926, A F7 14792.
38 Le Combattant n°5 d'octobre 1926.
39 Rapport de police du 3 août 1926, AN F7 13179.
40 L'Humanité d'Alsace-Lorraine de juillet 1927.
41 Kurt P. Schuster, Der Rote Frontkämpferbund, 1924-1929, Drosde Verlag, Dusseldorf, 1975, p. 239.
42  « Prologue à la manifestation du Mur », L'Humanité du 30 mai 1926.
43 Rapport de police du 12 juin 1927, AN F7 13180.
44 Rapport de police du 10 octobre 1927, AN F7 13180.
45 Rapport de police du 24 juin 1927, AN F7 13180.
46 Le salut le poing levé est utilisé lors de la manifestation du 11 novembre 1926 à Saint-Denis, AN F7 13179. Voir Gilles Vergnon, « Le poing levé, du rite soldatique au rite de masse. Jalons pour l'histoire d'un rite politique », Le Mouvement social, n° 212, juillet-septembre 2005, pp. 77-91.
47  Rapport de police du 27 mai 1926, APP Ba 1939.
48 Discours de Déglise devant le 5ème congrès des JC le 17 août 1926, RGASPI 517/1/454.
49 Résolution sur les JGA voté par le 5ème congrès des JC, RGASPI 533/10/3213.
50 Résolution sur le rôle et l'activité des jeunes gardes, RGASPI 533/10/3228.
51 Rapport de police du 17 août 1926, AN F7 13181.
52 Questionnaire biographique de Maurice Tréand du 16 octobre 1934, RGASPI 495/270/8372.
53 Rapport de police du 22 février 1927, AN F7 13180.
54 Georges Vidal a également réalisé, à partir du DBMOF, un portrait biographique des militants liés à l'autodéfense dans « Ouvriers volontaires dans l'organisation de l'autodéfense communiste de l'entre-deux guerres: le cas français », dans Hubert Heyriès et Jean-François Muracciole (sous la direction de), Le soldat volontaire en Europe au XXème siècle : de l’engagement politique à l’engagement professionnel, Montpellier, Presses universitaires de la Méditerranée, 2007, p. 255-269.
55 Expression employée par Jacques Duclos lors d'un meeting à Vienne, rapport de police du 4 août 1926, AN F7 13179.
56 « Luttons contre le fascisme », L'Humanité du 19 mai 1926.
57 Rapport de police sur le meeting de l'ARAC à Villeneuve-Saint-Georges le 30 juin 1926, AN F7 13179.
58 Discours de Duclos devant le 5ème congrès des JC le 17 août 1926, RGASPI 517/1/454.
59  Vaillant-Couturier, « À bas la guerre ! », l'Humanité du 11 novembre 1926.
60 Discours de Déglise au 5ème congrès des JC le 17 août 1926, RGASPI 517/1/454.
61 Il s'agit d'un pseudonyme dont nous n'avons pu percer le mystère.
62 Valdier, « L'histoire des insurrections et l'armement du prolétariat », Le Militant rouge, n°2, décembre 1925.
63 « Le Fascisme et les anciens combattants », Le Militant rouge, n°2, décembre 1925.
64 Pierre Lucas, « Contre le Fascisme. À propos du conseil national de l'ARAC », Le Militant rouge, n°4, février 1926.
65 Desbat, « L'ARAC et la défense prolétarienne », Le Militant rouge, n°1, 2°série, janvier 1927 cité dans Frédéric Monier, Le Complot dans la République, Paris, La Découverte, 1998, p. 189.
66 Ibidem.
67 Procès-verbal du présidium du CEIC du 30 mars 1927, RGASPI 495/2/72.
68 Lettre au comité national des JC du 15 avril 1927, RGASPI 517/1/597.
69 Résolution du comité central des JC du 10 juillet 1927 sur le rapport sur les travaux de l'exécutif de l'ICJ, RGASPI 533/10/3228.
70 Rapport sur le 7ème rayon des JC de la 4ème Entente du 20 décembre 1927, AN F7 13183.
71 Bulletin du 2ème rayon de la région parisienne du PC, n°11, janvier 1927, AN F7 14792.
72 Rapport de police du 28 mai 1926, AN F7 13179.
73 Rapport de police du 16 septembre 1926, AN F7 13179.
74 Rapports de police du 8 novembre 1926 et 29 avril 1927, AN F7 13179 et F7 13180.
75 Rapport de police du 9 avril 1927, APP Ba 1910.
76 Nous nous appuyons, pour les chiffres concernant les effectifs de la JC, sur Sylvain Boulouque, « Les Jeunesses communistes : structures d'organisation, appareil et implantation », Communisme, n° 76-77, 2003/2004, pp. 7-27.
77 Le bureau politique du PC a passé commande au syndicat de l’habillement des uniformes pour les GDA présents salle Huygens, compte-rendu de la réunion des groupes du service d'ordre du PC le 27 mai 1926, APP Ba 1939.
78 Déclaration de Deuler du comité central de l'ARAC à Lyon le 13 avril 1926, AN F7 13179.
79 Rapport de police du 3 août 1926, AN F7 13249.
80 Rapport de police du 19 juin 1926, AN F7 13179.
81 Rapport de police du 25 avril 1925, AN F7 13236.
82 Rapport de la préfecture du Rhône sur la réunion de l'ARAC du 12 septembre 1926, AN F7 13179.
83 Rapport de police du 5 juin 1926, APP Ba 1939.
84 Procès verbal du bureau politique du 12 mai 1926, RGASPI 517/1/364.
85 Rapport d'Alloyer devant le 5ème congrès des JC le 17 août 1926, RGASPI 517/1/454.
86 Rapport de police du 29 juin 1927, APP Ba 1910.
87 Rapport de police du 24 avril 1926 sur le meeting de l'ARAC à Saint-Denis le 23, AN F7 13179.
88 Rapport de la préfecture du Rhône du 15 juillet 1926, AN F7 13179.
89 Danielle Tartakowsky, Le pouvoir est dans la rue. Crises politiques et manifestations en France, Paris, Aubier, 1998, p. 75.
90 En novembre 1926, alors que les GDA comptent 3000 militants dans la Seine, la police estime que près d'un tiers sont d'anciens membres des groupes de combats du PC et des JC, rapport de police du 8 novembre 1926, AN F7 13179.
91 E. Bahier, « Les Adversaires », Bulletin de l'Entente (Région parisienne des JC), n°2, mars 1927, RGASPI 533/10/3237.

David FRANCOIS, docteur en Histoire.

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9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")