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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 07:18

Les pilotes soviétiques au combat.

Les unités aériennes nationalistes volant sur des I-15 et I-16 ne peuvent entrer en action qu’après la formation des pilotes c’est-à-dire à partir de février-mars 1938. Ce délai et la situation militaire catastrophique des Chinois obligent les équipages soviétiques à entrer en action dés leur arrivée en Chine. Le premier groupe de chasse est ainsi engagé dès le 21 novembre lors d’un combat contre 20 appareils japonais. Les 7, I-16 engagés abattent ce jour-là au-dessus de Nankin deux chasseurs et un bombardier nippons. Le lendemain le groupe Prokoviev entre en action et subit sa première perte avec la mort du lieutenant Nejdanov. Peu à peu, les escadrilles soviétiques s’organisent et s’aguerrissent sous la direction du capitaine A. Blagoveschenski et sous la supervision du commandant Rychagov. Le 1er décembre 1937, 20 avions japonais sont abattus par 7 chasseurs soviétiques I-16 près de Nankin.

 

Les escadrilles de bombardiers entrent eux aussi rapidement en action. Au milieu de novembre, les SB sont largement déployés à l’intérieur de la Chine. Le 13 novembre, il y en a ainsi 13 à Xian et le 18 décembre, 18 appareils sont opérationnels. Parmi eux volent deux groupes de combat formés par des aviateurs soviétiques. Le groupe de Machine est déployé à Nankin et le 2 décembre, 9 de ces SB conduisent une attaque contre la base aérienne japonaise et le port de Shanghai. Depuis Nankin les appareils suivent la rive droite du Yang-Tsé-Kiang puis prennent la direction du nord-est pour voler 30 à 40 km au-dessus de la mer. Une douzaine d’avions ennemis sont ainsi détruits, 6 navires endommagés et un croiseur auxiliaire coulé. Peu après, le même groupe lance une attaque sur les navires japonais qui empruntent le Yang-Tsé-Kiang. Selon les sources soviétiques un croiseur aurait alors été coulé. C’est aussi dans les premiers jours de décembre que le groupe de Machine perd son premier appareil lors d’un raid japonais contre l’aérodrome d'Hankou.

 

En novembre 1937 un second groupe de 150 hommes à bord de bombardiers SB, sous les ordres de Polynine, arrive du district militaire de Transbaïkalie en inaugurant la voie Irkoutsk- Lanzhou-Hankou à travers les steppes de la Mongolie. Ce groupe ne commence à opérer qu’en janvier 1938.

Le commandant Polynine au centre

Le commandant Polynine au centre

Après la chute de Nankin.

Le 13 décembre 1937, les troupes japonaises s’emparent de Nankin, la capitale de la Chine nationaliste. Le gouvernement chinois, qui s’est réfugié à Hankou, demande alors à Moscou d’accroître son aide. Les livraisons soviétiques permettent de reconstituer la flotte aérienne chinoise qui compte au début 1938 prés de 400 appareils, la plupart de fabrication soviétique. Au printemps 1938, les pilotes chinois volent en majorité sur des avions soviétiques.

 

Sur le terrain, les pilotes soviétiques défendent Hankou en janvier 1938. Le groupe de bombardiers de Machine est déplacé à Nanchang et leur ancien aérodrome de Nankin devient une de ses nouvelles cibles. Le raid qu’il lance contre la base aérienne japonaise de Taïwan reçoit un grand retentissement. Il se déroule le 23 février, jour anniversaire de l’Armée rouge. Les aérodromes ennemis ne sont pas les seules cibles des bombardiers qui attaquent également les ponts, les gares, les postes militaires japonais. En février 1938, un groupe de 13 SB attaque l’une des grandes gares sur la voie ferrée Tianjin-Pukou et bombarde trois trains. Le jour suivant, un détachement japonais traversant le Huanghe est attaqué. Les radeaux et les bateaux sont bombardés tandis que l’infanterie est attaquée par des tirs de mitrailleuses.

 

Le 18 février 1938, les 3 groupes de chasseurs I-15 commandés par Blagoveschenski abattent 18 avions japonais, en majorité des bombardiers, près d'Uchan. Ils participent également à la plus grande bataille aérienne de la guerre sino-japonaise qui se déroule le 29 avril 1938 au-dessus de Wuhan. Face aux appareils japonais, se trouve aux côtés des Chinois 19 I-15 et 45 I-16 pilotés par des Soviétiques. Dans la journée, 11 chasseurs nippons et 10 bombardiers sont abattus. Chinois et Soviétiques perdent 12 pilotes. Après cette défaite les Japonais n’attaquent plus Wuhan pendant un mois. Le 31 mai, 36 chasseurs et 18 bombardiers nippons volent vers Whuhan. Pour les affronter, 31 appareils pilotés par des Soviétiques et 18 chasseurs chinois s’envolent. Au final 14 appareils japonais sont abattus alors que Chinois et Soviétiques ne perdent qu’un pilote chacun.

 

Jusqu’en juin 1938, les Soviétiques ne combattent que dans la zone des grandes villes de Nankin, Nanchang et Wuhan, délaissant la Chine du Sud et les régions du Nord près de la Mandchourie. À l’été, les Chinois craignant un débarquement japonais au sud près de Canton, des pilotes soviétiques sont envoyés dans cette région. Mis au courant, les Japonais prennent soin de bombarder les aérodromes ennemis. En réponse les Soviétiques bombardent le port d'Aomyn à Macao. Le débarquement japonais ne venant pas, une partie du groupe demeure néanmoins sur place tandis que le reste retourne à Nanchang.

Pilotes soviétiques sur la base de Wuhan

Pilotes soviétiques sur la base de Wuhan

Les Soviétiques participent alors aux combats de l’été lors de l’offensive nippone contre Wuhan. Le bilan des combats aériens de juillet est lourd pour les Soviétiques. Durant ce mois 11 pilotes et membres d’équipage sont tués, soit plus de 10% des pertes au combat pour la période 1937 à 1939. Mais les Soviétiques infligent aussi des pertes sévères aux Japonais. Ainsi le 18 juillet, Dadonov abat l’as japonais Nango dont la mort provoque un choc au Japon. Le 12 août, à Wuhan, 40 chasseurs soviétiques dirigés par Nikolaenko affrontent 120 appareils japonais perdant 5 avions et abattant 16 appareils adverses.

 

Les principales missions des pilotes soviétiques lors de ces combats consistent dans le soutien des troupes au sol et le bombardement des aérodromes japonais, des gares, des routes et des transports. Les combats les plus féroces ont lieu dans le cadre de l’opération défensive d'Uchan en juillet-octobre 1938 40 chasseurs soviétiques I-15 et I-16 commandés par le capitaine E. Nikolaenko affrontent prés de 200 avions japonais.


 

Le turn-over des équipages soviétiques.

L’Armée rouge organise à l’été 1938 le remplacement des équipages épuisés par prés de six mois de combats tout en renforçant sa présence en Chine. Le premier groupe de pilotes de chasse retourne alors en URSS. Mais dès le printemps précédent sont arrivés en Chine 73 volontaires dont 26 pilotes sous les ordres du capitaine Nikolaenko puis en juin le groupe du capitaine Yakouchine avec 10 I-15bis. Pour les bombardiers, le groupe de Polynine retourne à Lanzhou en juin pour effectuer une révision des appareils. Là il est remplacé par un nouveau groupe sous les ordres de T. Khryoukine qui est arrivé par la route du sud. De nouvelles unités arrivent également par la route du nord. Le 3 juin, le colonel Tkhor, qui a déjà combattu en Espagne, conduit 13 SB arrivant d’Oulan-Bator et un autre groupe de 15 appareils arrive le 7 juin. Le capitaine S. Sliousarev prend le commandement du groupe formé avec ces nouveaux arrivants. À travers la Mongolie est acheminée également un autre groupe dirigé par G. Titov pour être déployé à Wanxian alors qu'Hankou est victime de sévères attaques aériennes japonaises.

 

La principale activité de ces groupes de bombardiers est l’attaque du trafic fluvial sur le Yang-Tsé-Kiang, une artère vitale pour le ravitaillement des troupes nippones. Les Japonais notent ainsi une forte augmentation des bombardements du 14 juin au 28 juillet sur cet axe avec 49 attaques contre des navires et des troupes le long des rives. Les chasseurs japonais sont alors principalement occupés à escorter les bombardiers attaquant Hankou, Wuchang et Nanchang et ne peuvent donc qu’en de rares occasions intercepter les SB volant au-dessus du fleuve. Les Soviétiques endommagent ainsi 16 navires nippons et en coulent 92, obligeant les Japonais à prendre des mesures de défense antiaériennes : des batteries sont installées sur les berges, les navires de transports sont armés de mitrailleuses et des aérodromes sont construits le long du fleuve. Les équipages soviétiques commencent alors à subir des pertes importantes notamment avec l’arrivée des nouveaux chasseurs japonais Nakajima Ki-27 plus rapides.

 

En novembre 1938, les volontaires soviétiques reçoivent l’ordre de cesser temporairement leur participation au combat. Les pilotes sont en effet épuisés. Tous les avions sont envoyés à Lanzhou pour subir une révision. Au début de 1939, les Chinois n’ont plus qu’une centaine d’appareils en état de combattre. Grâce à l’aide soviétique ce nombre atteint les 200 et le 18 juillet 1939 arrive à Lanzhou 30 I-15bis puis le 3 août 30 I-16.

 

Après la chute de Wuhan, le 25 octobre 1938, les bases aériennes chinoises se concentrent autour de Chengdu et Chongqing qui deviennent alors les cibles de l’aviation japonaises. Fin 1938 et début 1939, les Japonais lancent également des attaques sur Lanzhou défendue par les pilotes soviétiques. Le groupe de S. Souproune composé d’environ 50 pilotes devient rapidement l’une des principales forces contenant les Japonais. En décembre 1939 ce groupe est transféré dans le sud où la bataille pour la province du Yunnan devient plus intense, se déplaçant le long de ce qui sera nommé la « route de la Birmanie ». Les pilotes soviétiques protègent alors les aérodromes et les lignes de communications contre les attaques aériennes.

 

En 1939, l’aviation soviétique en Chine a accumulé de nombreuses victoires malgré la supériorité numérique des Japonais qui sont capables de lancer des attaques aériennes sur les villes chinoises et les installations militaires mal défendues. En réponse à ces attaques aériennes mais également pour remonter le moral aux troupes chinoises, les pilotes soviétiques organisent un raid sur le territoire japonais. Il s’agit aussi de tester les capacités de la défense antiaérienne nippone. Après une mission de reconnaissance le 21 février 1939, le 23, un groupe de 28 bombardiers SB dirigé par Polynine attaque la base aérienne japonaise prés de Taipei sur l’île de Formose détruisant 40 appareils japonais au sol mais également les dépôts de carburants et les défenses antiaériennes. Les Soviétiques ne perdent aucun appareil lors de ce raid. Le lendemain, un petit groupe de bombardiers soviétiques revient attaquer des cibles secondaires sur Formose et ne rencontre qu’une résistance sporadique de la chasse japonaise et de la défense antiaérienne. Le 20 mai 1939, les Soviétiques lancent une nouvelle attaque aérienne sur l'île japonaise avant de retourner, sans avoir subi de pertes, en territoire chinois.

 

Le groupe de bombardiers dirigé par Sliousarev participe quant à lui à la contre-offensive chinoise de Laoshang. Maintenant protégé par une couverture aérienne composée de I-16 chinois, il bombarde principalement l’infanterie et l’artillerie nippones. Par la suite les équipages sous les ordres de Sliousarev transportent de nouveaux bombardiers depuis Irkoutsk. Au printemps 1939, ils ont en livrés environ 60 qui sont remis à l’armée de l’air chinoise.

Stepan Souproune

Stepan Souproune

Le baptême du feu des Iliouchine DB-3.

Dans l’été 1939, le DB-3, un nouveau bombardier longue portée reçoit son baptême du feu en Chine. Il n’a pas eu en effet l’occasion d’être essayé en Espagne, car il n’était pas alors suffisamment au point et seules quelques appareils étaient sortis des usines de fabrication. Il est donc décidé de le tester dans le ciel chinois. Cet envoi répond aussi à une nécessité sur le terrain. Les opérations des pilotes soviétiques puis chinois contre les aérodromes japonais ont forcé l’ennemi à les déplacer loin derrière les lignes de front ce qui a pour conséquence de réduire l’efficacité des attaques avec des bombardiers SB.

 

Le premier groupe de 12 DB-3 sous les ordres du capitaine G. Koulichenko prend la route Moscou-Orenbourg-Alma Ata en juin. Un second groupe de 12 DB-3 commandés par N. Kozlov le suit peu après. Le plus grand succès de Koulichenko est l’attaque de l’aérodrome d'Hankou, loin derrière les lignes japonaises, le 3 octobre 1939. Les SB ne pouvant atteindre une cible si lointaine, la surprise des Japonais est totale. Le jour de l’attaque la base japonaise se préparent à recevoir de nouveaux avions venus du Japon et pour l’occasion sont présents des représentants du commandement de la flotte et des autorités de la ville. Neuf DB-3 volent en formation serrée et maintiennent le silence radio. Ils attaquent alors que la cérémonie officielle est en cours. Depuis une altitude de 8 700 mètres, ils larguent des bombes explosives et des bombes incendiaires. La DCA nippone reste silencieuse et un seul chasseur japonais réussit à décoller mais sans parvenir à intercepter les bombardiers soviétiques.

Bombardier soviétique DB-3

Bombardier soviétique DB-3

Sur l’aérodrome, 64 appareils japonais sont détruits ou endommagés, il y a 130 morts et 300 blessés. Parmi les victimes on compte 7 officiers supérieurs tués et 12 blessés dont le contre-amiral Tsukahara commandant de la flottille aérienne. Les réserves de carburant de l’aérodrome brûlent durant plus de trois heures. Une période de deuil est déclarée tandis que le commandant de l’aérodrome est exécuté.

 

L’attaque est répétée le 14 octobre avec 12 DB-3, à nouveau dirigés par Koulichenko. Mais peu après avoir largué leurs bombes, causant la destruction de 36 appareils ennemis, le groupe est attaqué par des chasseurs japonais. Trois bombardiers sont endommagés. Blessé, Koulichenko parvient à rejoindre Wangxian, mais son avion s’abat dans le Yang-Tsé-Kiang où il est finalement repêché. Le commandant soviétique décède néanmoins peu après de ses blessures.

 

Si les opérations contre Hankou sont des succès, l’attaque contre l’aérodrome de Yuncheng le 31 octobre est un échec complet. Cette base est située à environ 25 kilomètres derrière la ligne de front mais à la limite du rayon d’action des DB-3 stationnés à Chengdu. Selon le renseignement chinois, la base japonaise abrite alors une centaine d’appareils ce qui en fait une cible de choix. Le conseiller militaire soviétique pour l’aviation, Anisimov prend la décision d’engager tous les DB-3 disponibles dans ce raid et il y participe personnellement en remplaçant le canonnier dans l’appareil que pilote Kozlov. Les conditions météorologiques sont mauvaises et les navigateurs des deux groupes engagés ne parviennent pas à trouver leur chemin. Aucun bombardier n’atteint finalement l’aérodrome de Yuncheng. Les appareils, à court de carburant, atterrissent où ils peuvent le long du trajet de retour. Environ une dizaine sont ainsi perdues.

La tombe du pilote de bombardier Koulichenko.

La tombe du pilote de bombardier Koulichenko.

Le retrait soviétique.

Le nombre d’équipages soviétiques luttant sur des SB chute fortement à la fin de 1939 même si les derniers d’entre eux restent en Chine jusqu’en mai 1940. Parallèlement le nombre d’unités chinoises volant sur des appareils soviétiques ne cesse de croître. Pour former ces équipages, un centre de formation est créé sur l’aérodrome de Chengdu avec un pilote instructeur soviétique et du personnel technique. Au milieu de 1939, ce centre a déjà formé 120 équipages chinois. En septembre 1939, le 19e escadron du 6e groupe aérien chinois est totalement composé de SB qui sont jetés dans la bataille de Guinang. À l’été 1939, les combats entre Soviétiques et Japonais à la frontière de la Mongolie entraînent un déplacement du centre de gravité de l’aviation japonaise ce qui permet à l’armée de l’air chinoise de souffler et de se réorganiser.

 

À la fin de 1939 et au début de 1940, les relations entre l’URSS et Tchang-Kaï-chek se détériorent. La raison officielle avancée est la fin de l’approvisionnement militaire fourni par les nationalistes à la 8e armée et à la 4e armée communistes qui s’accompagne également d’escarmouches armées entre nationalistes et communistes. Il s’agit plus certainement d’une conséquence de la signature du pacte germano-soviétique du 23 août 1939. La proposition allemande d’intégrer Moscou dans l’axe Berlin-Rome-Tokyo dépend de la signature d’un traité de non-agression entre le Japon et l’URSS. Dans ces circonstances, Moscou cesse temporairement l’envoi d’armes et de matériels militaires à la Chine. À l’été 1940, l'ensemble des aviateurs soviétiques sont rappelés. Pourtant quelques conseillers, des instructeurs et une unité technique restent en Chine jusqu’en 1942-1943. La livraison d’avions par l’URSS est reprise par la suite et continue jusqu’au début de la guerre avec l’Allemagne puisque les derniers appareils sont remis aux Chinois en juin 1941. Pour faire face à l’arrivée des Mitsubishi A6M japonais, les fameux Zeros, l’URSS envoie ainsi aux Chinois en novembre 1940 des I-153. Parmi les avions livrés au début de 1941 figurent également des bombardiers SB de la dernière série avec des moteurs M-103 et des tourelles MV-3.


 

Conclusion.

De 1937 à 1939, ce sont près de 200 pilotes soviétiques qui sont tués en Chine dont le lieutenant Gubenko qui le 31 mai 1938 écrase volontairement son appareil sur un chasseur japonais Mitsubishi A5M2. Sur ce total, 111 sont morts lors d’accidents causés par les conditions météorologiques difficiles et l’inexpérience de jeunes pilotes dans un environnement mal connu. Environ 80 appareils japonais ont été abattus par les Soviétiques lors de combats aériens. Parmi les pilotes soviétiques en Chine, 14 reçoivent le titre de Héros de l’Union soviétique et prés de 400 militaires sont décorés. En janvier 1940 la majorité des équipages a finalement quitté la Chine après avoir formé une génération de pilotes chinois et en leur laissant le matériel expédié depuis 1937.

 

L’efficacité du soutien soviétique se mesure à la réaction japonaise qui demande officiellement dés avril 1938 à l’URSS de retirer ses pilotes de Chine. La demande est rejetée par Moscou sous le prétexte que les pilotes soviétique servants en Chine sont des volontaires. Comme en Espagne, si l’aide de Moscou, ne permet pas de modifier le rapport de forces en Chine, elle donne néanmoins aux Chinois les moyens de résister et d’éviter un effondrement militaire. L’URSS profite aussi de son intervention pour à la fois tester son matériel militaire en situation de combat et aguerrir ses officiers, notamment les pilotes dont certains joueront un rôle important durant le conflit avec l’Allemagne. Elle en profite également pour approfondir ses connaissances sur le matériel ennemi. Ainsi quand les Soviétiques capturent 2 A5M2, ces appareils sont immédiatement envoyés en URSS et étudiés à l’Institut scientifique de l’armée de l’air.

 

De 1937 à 1941, l’URSS aura livré à la Chine 563 chasseurs (I-15, I-15 bis, I-16 et I-153) et 322 bombardiers (292 SB, 24 DB-3 et 6 TB-3) ce qui représente 1/3 des bombardiers et la moitié des chasseurs reçus par les Chinois durant l’ensemble de la guerre contre le Japon. Le relais sera pris ensuite par les Américains qui jusqu’en 1945, dans le cadre du Lend-lease, fourniront les nationalistes chinois en matériel militaire livrant ainsi par exemple 1038 chasseurs.


 

Bibliographie.

-Ray Wagner, Prelude to Pearl Harbor: The Air War in China, 1937–1941, San Diego Aerospace Museum, 1991.

-John Erickson, The Soviet High Command: A Military-Political History, 1918–1941, Routledge, 2001.

-Tomas Polak, Christhoper Shores, Stalin's Falcons : The Aces of the Red Star, 1999 Grub Street, 1999.

-Mikhail Maslov, Polikarpov I-15, I-16 and I-153 Aces, Osprey Publishing, 2010.

-Dmitry Shevchuk, « Soviet Planes and Pilots in China », Small Air Forces Observer, 3, octobre 1997.

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9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")