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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 07:19

« Tigre blanc », film russe de Karen Shakhnazarov, 2012.

Duel de chars sur le front de l'Est.

Le Tigre blanc est un film d'un genre particulier mêlant action, reconstitution historique, mystère et science-fiction. L'histoire débute en 1944 alors que les troupes soviétiques progressent inexorablement en direction de l'Allemagne. Rien ne semble pouvoir arrêter cette avance, néanmoins un char allemand Tigre surgit mystérieusement anéantissant des dizaines de chars soviétiques. S'il ne peut à lui seul inverser le cours de la guerre, il constitue une épine du pied pour les militaires soviétiques. Pour mettre fin aux agissements de ce Tigre, dont même les prisonniers allemands ne connaissent pas l'existence, le maréchal Joukov fait constituer une équipe spéciale. Si le tireur et le chargeur du char T34 amélioré qui doit mettre hors d'état de nuire le Tigre sont des soldats ordinaires, le conducteur ne l'est assurément pas. Il a survécu à une attaque du Tigre blanc, guérissant miraculeusement alors qu'il était brûlé à plus de 90% mais devenant amnésique. Surtout il arrive à communiquer avec les blindés qui le préviennent de l'arrivée du Tigre lui permettant d'esquiver ses tirs. Cette formidable faculté lui est accordée par le Dieu des chars afin qu'il détruise le Tigre blanc, un engin sans conducteur et sans autre vie que son besoin de destruction.

 

Avouons que si le réalisateur a voulu faire passer un message philosophique en filmant l'affrontement entre une machine déshumanisé et maléfique et un soldat ressuscité et amnésique nous ne l'avons pas saisi. Tigre blanc est donc une sorte de conte où les hommes affrontent une puissance destructrice impossible à vaincre, la guerre. Néanmoins l'ensemble du film est réaliste ce qui lui permet de rester crédible notamment lors des scènes de combat qui sont particulièrement réussies. Soulignons qu'elles ne se complaisent pas non plus dans le sanguinolent où baignent certaines productions.

 

Le film souffre néanmoins de certains défauts. Des scènes n'apportent rien à l'économie générale du film, ainsi celle décrivant minutieusement le déroulement de la signature de la capitulation allemande à Berlin dans la nuit du 8 au 9 mai 1945 ou le dîner entre les généraux allemands vaincus. La scène finale, un long monologue d'Hitler, semble également de trop.

 

Voici au final un film agréable et rythmé où se laissent voir des paysages splendides entre forets de bouleaux et isbas. Surtout le spectateur est loin ici des films qui exaltent le patriotisme et la grandeur des soldats typiques des productions russes modernes. Les amoureux des films de guerre, de fantastique à la manière de X-Files et de contes philosophiques ne peuvent bouder leur plaisir avec ce film unique en son genre.   

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9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")