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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 07:32

Rolf-Dieter Müller , The Unknown Eastern Front: The Wehrmacht & Hitler’s Foreign Soldiers, I.B. Tauris, 2012.

Les légions étrangères d'Hitler

L'invasion de l'Union soviétique par l'Allemagne nazie à partir de juin 1941 est un grand classique de l'historiographie militaire, notamment anglo-saxonne. Mais généralement elle néglige les troupes finlandaises, roumaines, hongroises, italiennes, slovaques ou les corps de volontaires étrangers qui font de la guerre à l'Est une entreprise multinationale bien que le commandement des opérations soit exclusivement allemand. L'ouvrage ici présenté veut rendre compte de cette participation non-allemande à la guerre à l'Est.

 

L'auteur montre que sans cet apport extérieur la Wehrmacht aurait eu beaucoup de mal à tenir l'ensemble du front et les territoires occupés. Le recrutement de 750 000 volontaires dans les régions envahis de l'URSS est une aide précieuse pour la machine militaire allemande. Il fait également la distinction entre les alliés de l'Allemagne et les volontaires européens dans cet ensemble . Les États alliés ont fourni des armées entières avec leur propre encadrement mais qui furent généralement d'un potentiel militaire moindre que leurs homologues de la Wehrmacht. Les soldats qui combattent dans ces troupes ne sont pas des volontaires ce qui explique en partie leur manque de combativité. C'est pour cela d'ailleurs que les Allemands, dès 1942, essayent d’accroître leur contrôle sur ces troupes. Si certaines se comportent avec vaillance, comme les Finlandais, la plupart, à l'instar des Italiens, ne montrent guère d'entrain pour cette guerre.

 

Les volontaires étrangers forment une catégorie particulière, différente des non-allemands qui servent dans les armées des pays alliés de l'Allemagne. Venu d'Europe occidentale ou de Scandinavie ce sont pour la plupart des fascistes ou des anticommunistes fervents pour qui la guerre contre le judéo-bolchevisme est une nécessité à laquelle ils veulent prendre part. L'auteur note aussi que parmi ces volontaires se trouvent également des aventuriers en quête de gloire dans une armée allemande qui semble invincible. Ces volontaires se montrent généralement de bons combattants et surtout font preuve d'un grand loyalisme jusqu'à défendre Berlin début 1945.

 

La dernière catégorie d'étrangers dans la Wehrmacht est constitué de Soviétiques venant des pays baltes, de l'Ukraine, de Biélorussie ou du Caucase. Ils sont près de 500 000 à se porter volontaires, soit des civils mais aussi des prisonniers de guerre de l'Armée rouge. Ces Hiwis servent dans des unités de lutte contre les partisans, des unités de terrassement pour creuser des tranchées, mais surtout comme gardes dans différents types de camps.

 

Les volontaires qui ont combattu contre l'URSS ne sont pas les bienvenus quand ils retournent dans leur pays. Accusés de collaboration ils sont généralement emprisonnés et condamnés, certains exécutés. Le début de la guerre froide et la montée de l'anticommunisme en Occident permettent néanmoins de les réintégrer progressivement par le biais d'un combat, sous une nouvelle forme, contre l'URSS.

 

Le lecteur peut regretter que l'auteur, qui n'a aucune complaisance pour les combattants qu'il décrit, traite son sujet de manière superficielle. Il donne un aperçu complet et chiffré de la mosaïque des combattants non-allemands sur le front de l'Est mais ne fournit aucune analyse sur les motivations des volontaires, ni sur les formes de coopération qui s'établissent avec les Allemands. Il manque ainsi un examen de l'anticommunisme européen et de son évolution au début des années 1940 pour expliquer le désir de tant de non-allemands pour participer à ce qui est vu comme une croisade.

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communismeetconflits - dans Seconde Guerre mondiale

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9782749110356Serge Wolikow (sld), Pierre Sémard, Le Cherche-Midi, Paris, 2007, (Rédaction du chapitre "La mise à l'écart (1929-1932)")